00:017h-9h30, Céline Landreau, c'est RTL Matin.
00:05Et oui RTL Matin, on est ensemble jusqu'à 9h30 comme chaque jour et à 8h43 en compagnie de notre
00:12médecin Jimmy Mohamed et d'Olivier Dauvert, notre monsieur Conso qui est en balade en Pologne ce matin.
00:18Un pays qui commence à faire beaucoup d'ombre à nos agriculteurs.
00:21Ce pays parti de rien ou presque il y a 20 ans qui nous inonde aujourd'hui, Olivier, de poulet,
00:26de pommes ou même de champignons de Paris.
00:28Oui on va commencer par cette provocation d'ailleurs, les champignons de Paris.
00:324 champignons de Paris sur 10 vendus en France, figurez-vous qu'ils viennent désormais de Pologne.
00:37Alors du champignon de Paris polonais ça peut surprendre, mais le sujet c'est pas tant l'appellation parce que
00:41le champignon de Paris c'est une variété, c'est pas une origine.
00:44Non, le vrai sujet c'est la compétitivité du champignon polonais.
00:49Comment une enseigne française qui a des magasins à Brest peut trouver intérêt à faire traverser l'Europe entière à
00:55un camion rempli de champignons ?
00:57C'est ça la vraie question.
00:58Et la réponse elle tient en une idée parce qu'ils sont moins chers tout simplement.
01:03Et donc parce que l'agriculture polonaise est beaucoup plus compétitive que l'agriculture française,
01:08ce qui est en train de faire de la Pologne une grande puissance agroalimentaire européenne et ça c'est nouveau.
01:14C'était pas le cas avant ?
01:15Non pas du tout, il faut se rappeler que la Pologne a intégré l'Union Européenne en 2004.
01:20Alors cette année-là, la Pologne elle exportait pour 5 milliards d'euros de produits alimentaires selon le ministère de
01:26l'agriculture ici à Varsovie.
01:28Alors 5 milliards vraiment à l'échelle d'un pays c'est rien du tout.
01:32L'an dernier, 21 ans plus tard, c'est 10 fois plus, 58 milliards d'euros.
01:38Là ça commence à peser, la ferme polonaise elle exporte jusqu'en France et sur d'autres marchés européens évidemment,
01:44où elle est alors en concurrence avec les agriculteurs français.
01:48Et donc les Polonais nous piquent des marchés, c'est pour ça qu'il faut au moins accepter de réfléchir
01:53sur comment la Pologne s'est-elle prise pour y parvenir.
01:56On imagine que le coût de la main d'oeuvre notamment est bien plus bas ?
01:59Oui, mais pas uniquement.
02:02Alors pour les champignons de Paris, c'est vrai, c'est une activité très manuelle.
02:05Le salaire minimum qui est ici deux fois moins élevé, ça explique que le champignon de Paris soit aussi compétitif.
02:11Mais l'essentiel il est ailleurs, il est dans la modernisation des exploitations agricoles, des fermes et des outils de
02:18transformation, les usines.
02:20Bref, dans le développement des capacités de production.
02:23Elles sont ici plus grandes, plus mécanisées, plus efficaces et donc au final elles sont moins coûteuses.
02:28C'est ça les fermes et les usines polonaises.
02:31Alors que dans le même temps en France, on chipote pour ouvrir des poulaillers.
02:34Ici en Pologne, on déroule.
02:36Résultat, 20 ans après avoir intégré l'UE, la Pologne est le premier producteur de volailles en Europe.
02:42Oui, oui, le premier.
02:43Alors qu'historiquement, c'était la France.
02:45La conséquence, c'est que le poulet polonais, il est souvent dans nos nuggets, dans nos cordons bleus.
02:50Et trop souvent d'ailleurs, sans qu'on le sache.
02:52Et ce poulet polonais, il nous met devant nos paradoxes.
02:56Comme on ne veut pas de poulailler en France, ou plus généralement qu'on ne veut pas de fermes de
03:00grande taille,
03:01eh bien on laisse le soin aux autres de remplir nos assiettes.
03:05Et la Pologne en est une formidable illustration, tandis qu'en France dans le même temps, on rêve de quoi
03:09?
03:09Eh bien on rêve encore d'une agriculture façon Martine à la ferme.
03:13On ferait bien de regarder davantage les Polonais.
03:15Je vais m'employer toute la journée.
03:17Olivier Devers qui ne sillonne pas donc que les magasins d'Hexagone, mais qui traverse toute l'Europe pour vous
03:23éclairer chaque matin.
03:24Merci Olivier.
03:25Ça va beaucoup mieux maintenant avec le docteur Jimmy Mohamed.
03:27L'ancienne ministre de la Santé, Michel Barzac, est décédée hier.
03:31C'est elle qui dans les années 80 avait dû gérer l'épidémie de SIDA, femme très engagée dans la
03:36lutte contre ce virus.
03:37C'est vrai qu'aujourd'hui on en parle moins Jimmy, mais il y a encore des contaminations et la
03:41recherche continue.
03:42Oui la recherche elle continue et la lutte contre le VIH de Michel Barzac débute il y a 40 ans
03:47par l'accès aux seringues, notamment pour les patients toxicomanes.
03:50En fait il faut bien comprendre qu'on contracte le VIH de trois manières.
03:53La plus connue c'est lors des relations sexuelles.
03:55La deuxième c'est la transmission de la mère à l'enfant durant la grossesse, l'accouchement ou l'allaitement.
04:00Et le troisième mode de contamination c'est la contamination par le sang.
04:04Et notamment les personnes qui utilisent des seringues, les toxicomanes, peuvent se contaminer.
04:09Dans les années 80, pour obtenir une seringue, il fallait procéder à un contrôle d'identité.
04:13En 1987, Michel Barzac décide de supprimer cet obstacle.
04:17Et à l'époque on se dit mais elle favorise la consommation de drogue.
04:20Elle permet aux gens de récupérer des seringues de manière beaucoup plus simple.
04:23Or en réalité, elle a été très pragmatique, elle s'est dit qu'une personne qui consomme des drogues,
04:27quoi qu'il arrive, elle risque de continuer.
04:29Donc plutôt que de mettre des obstacles, on va lui permettre d'obtenir des seringues stériles
04:33pour éviter de contracter le VIH, même s'il utilise une drogue.
04:36On évitera un problème supplémentaire, c'est ce qu'on appelle la stratégie de réduction des risques.
04:41On est exactement ça en ce moment avec, vous savez, les salles de shoot,
04:44qu'on appelle les salles de consommation à moindre risque.
04:47C'est pas très populaire, mais en réalité, en 1987,
04:50c'était déjà une première mesure de santé publique extrêmement efficace.
04:53L'autre révolution dans la prise en charge du VIH, Timmy,
04:55ce sont les traitements qui ont énormément progressé.
04:58Oui, en fait, il y a 40 ans, apprendre que vous étiez séropositif,
05:01c'était presque une condamnation à mort.
05:03Aujourd'hui, grâce au traitement, vous pouvez avoir le VIH
05:06et avoir une vie, on va dire, presque normale.
05:08Une vie sans problème de santé.