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Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et enseignement supérieur, répond aux questions d'Alexis de la Fléchère.

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00:015h, 7h, Europe 1 bonjour, excellent mardi matin, nous sommes le 27 octobre, il est 5h41, Alex de la Féchère,
00:08votre invité, c'est Jean-Rémi Girard, enseignant à Anir-sur-Seine, président du SNALC, le syndicat national des lycées,
00:14collèges, écoles et enseignements supérieurs.
00:17Bonjour Jean-Rémi Girard, bonjour, merci d'être avec nous ce matin sur Europe 1.
00:22Alors après plus d'un mois de contestation lycéenne, le gouvernement, j'ai envie de dire, a sorti le chéquier
00:29hier, je vais faire une petite liste très rapide avant de vous poser ma première question de ce qui a
00:33été annoncé hier.
00:35Parcoursup réformé dès 2027, puis remplacé en 2028, un débat est d'ailleurs prévu mercredi demain à l'Assemblée nationale,
00:4315 000 places supplémentaires dans le supérieur,
00:4628 élèves maximum par classe de seconde annoncés, de nouveaux postes d'enseignants annoncés également, notamment pour remplacer les professeurs
00:55absents,
00:55et puis 5 milliards d'euros annoncés pour rénover les établissements scolaires et universitaires, dont 4 milliards sous forme de
01:02prêts aux collectivités, puisque c'est elles qui en ont la charge.
01:06Alors est-ce que le gouvernement, c'est ma question, Jean-Rémi Girard, a enfin pris la mesure du malaise
01:11des lycéens,
01:12ou est-ce qu'il cherche surtout à calmer la colère, il faut le dire, à 6 mois maintenant de
01:16l'élection présidentielle ?
01:17J'ai envie de dire que c'est les deux, en fait. Je crois que ça y est, il y
01:22a enfin une prise de conscience que ça ne va pas,
01:26et pas que chez les lycéens, chez les personnels de l'éducation nationale aussi, et qu'une grande partie des
01:31causes qui font que ça ne va pas,
01:33c'est même la politique qui a été menée sous le premier quinquennat d'Emmanuel Macron, avec Jean-Michel Blanquer,
01:38les réformes du lycée, ou le fonctionnement de Parcoursup.
01:44Alors j'ai énuméré les annonces qui ont été faites hier, il y a notamment Parcoursup, parmi elles,
01:51le gouvernement promet de le remplacer en 2028. Pourquoi, Jean-Rémi Girard, Parcoursup cristallise autant les critiques,
02:00les crispations, j'ai envie de dire ?
02:02Alors c'est déjà plus compliqué que ça, parce que le gouvernement a dit qu'on travaillerait sur Parcoursup
02:08et qu'il pourrait être remplacé par autre chose en 2028, mais ce n'est pas une certitude.
02:14Il faut faire très attention. Et de toute façon, s'il était remplacé, il sera probablement remplacé par Parcoursup2,
02:21Subparcours, ou quelque chose qui fonctionnera peu ou prou un peu de la même manière.
02:26Parcoursup cristallise parce qu'on voit qu'un bon bulletin, ou un bulletin qu'on peut considérer comme bon,
02:33n'est pas la garantie d'aller dans un établissement du supérieur qui semble correspondre.
02:40Mais en fait, ce n'est pas la faute de Parcoursup, ça.
02:42Parcoursup, j'ai envie de dire, il fait ce qu'il peut, c'est un outil, il est encore trop
02:46lent,
02:46il n'est encore pas assez transparent, mais néanmoins, il ne peut pas résoudre les problèmes
02:52qui sont que l'offre n'augmente pas suffisamment et pas forcément aux beaux endroits
02:57et que la demande augmente année après année puisqu'on n'a jamais eu autant d'étudiants
03:00et que ça va continuer d'augmenter pendant encore 10 ans.
03:03Et ce sont les établissements qui classent aussi les candidats, ce n'est pas Parcoursup,
03:08ça reste un outil Parcoursup.
03:09Oui, Parcoursup est un outil qui en fait cache une multitude d'outils
03:16puisque chaque établissement du supérieur a son propre système pour trier, classer,
03:22sélectionner pour les formations sélectives, ordonner les candidatures.
03:28C'est ça qui est la boîte noire un petit peu et que le gouvernement envisagerait
03:33de rendre plus transparent, ça ne va pas être facile parce que ça demande beaucoup
03:37de travail aux établissements du supérieur qui ne sont pas non plus dans des conditions
03:41de fonctionnement très très fabuleuses.
03:43Donc ce n'est pas forcément simple, mais effectivement on ne va pas d'un seul coup
03:48pousser les murs des universités, trouver des professeurs qui n'existent pas
03:51pour que tout le monde puisse aller à l'endroit où il veut y aller dès l'année prochaine.
03:57Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas créer des places, il y en a d'ailleurs
03:59qui ont été annoncées pour être créées, d'ailleurs des choses qui sont très positives
04:03puisque les places en BTS par exemple ou en BUT, c'est des choses dont on a absolument besoin.
04:09Alors, Parcoursup est très critiqué, notamment à gauche, voire très à gauche
04:13de l'échiquier politique, puisqu'on entend notamment la France Insoumise qui dit
04:18qu'elle veut complètement supprimer Parcoursup, plus rien du tout, mais à ce moment-là
04:23si on se projette, ça devient un petit peu la jungle, c'est-à-dire que vous le dites
04:26vous-même, on manque d'établissements dans le supérieur, si tout le monde peut être
04:30admis partout, ça va devenir compliqué quand même.
04:33Parcoursup a vraiment la tête un peu du coupable idéal en fait.
04:38Effectivement, nous on pense au SNALC, un, qu'il ne faut pas supprimer Parcoursup
04:42mais qu'il faut travailler à continuer à l'améliorer et que si on doit faire des
04:46choses et si on doit faire des investissements, c'est dans l'ouverture de place et là il
04:49faut déterminer lesquels et où et dans la transparence effectivement et la rapidité,
04:55l'accélération de la rapidité du processus.
04:58il faut aussi travailler à faire comprendre aux lycéens que les notes de contrôle
05:03continu, c'est un élément mais qui est un élément qui n'est pas tellement valorisé
05:07par les établissements du supérieur qui vont regarder d'autres choses parce que le
05:11poids du contrôle continu fait que d'un lycée à l'autre on ne note pas forcément tout
05:16à fait de la même manière, que ce n'est pas toujours révélateur de la capacité
05:21de l'élève à suivre la formation.
05:23Nous on sait que dans Parcoursup, beaucoup d'établissements du supérieur regardent
05:26beaucoup plus par exemple les notes des épreuves écrites du bac français et du bac de mathématiques
05:32en fin de première que les notes du contrôle continu en réalité.
05:36Alors Jean-Rémi Girard, vous êtes président du SNALC mais aussi enseignant à Annières-sur-Seine.
05:43Il y a un débat qui revient de fond aussi sur Parcoursup, certes, mais ce qu'on met
05:48en avant aussi, puisqu'on a un chômage de masse important en tout cas en France, des
05:53filières qui offrent plus de débouchés que d'autres.
05:56Faire croire à tout le monde que la fac de droit, que la fac d'éco, ça va leur permettre
06:00de trouver du travail, à un moment donné on se retrouve aussi avec un marché du travail
06:05bouché j'ai envie de dire.
06:06C'est ça, Parcoursup cristallise beaucoup d'angoisse sur le marché du travail et beaucoup
06:10d'inconnus aussi sur le marché du travail, l'intelligence artificielle est en train de
06:13changer des secteurs entiers par exemple.
06:16Et c'est vrai que ça, beaucoup de lycéens et d'étudiants se demandent un petit peu
06:20à quelle sauce ils vont être mangés.
06:22C'est pas toujours facile d'arriver à prévoir son parcours, surtout qu'on est jeune quand
06:27même quand on commence à réfléchir à ça.
06:29C'est pas toujours facile de savoir si au bout du parcours ça va marcher également,
06:35si on a réellement les capacités pour suivre la formation et il faut quand même avoir
06:41aussi un droit à l'erreur au moins à un moment parce que ça peut pas non plus être
06:46un tuyau dont on peut jamais sortir l'enseignement supérieur, ça arrive de se tromper.
06:52Maintenant il ne faut peut-être pas se tromper cette fois.
06:53La colère, on va voir si elle se calme, si ça diminue.
06:58Il y a de nouvelles manifestations annoncées le week-end prochain.
07:01Emmanuel Macron a reconnu hier à Marseille qu'il y avait eu une défaillance le 17 octobre dernier.
07:08Est-ce que vous craignez, vous, en tant qu'enseignant, de voir la situation à nouveau se déliter
07:14lors des prochains rassemblements qui sont annoncés ?
07:17Alors moi je n'ai pas de boule de cristal sur les rassemblements.
07:20Là on est sur des rassemblements qui ne sont pas que des rassemblements lycéens, très clairement.
07:24Nous on attend de voir surtout lundi prochain avec la rentrée, voir un petit peu où en est
07:29ce mouvement lycéen, est-ce qu'il reprend, est-ce qu'il reprend pas, est-ce qu'il est juste
07:32dans certains endroits ?
07:33Voilà, pour avoir un petit peu de la visibilité.
07:36Mais il ne va pas falloir que ce qui a été annoncé soit un pétard mouillé non plus.
07:41Parce que si finalement on se rend compte qu'en fait il y a beaucoup de vent dans les annonces,
07:45peut-être que ça ne reprendra pas tout de suite, mais peut-être que ça va se tendre d'autant
07:49plus
07:49et d'autant plus avec l'approche de l'élection présidentielle.
07:52En revanche, si ça se concrétise, les annonces qui ont été faites hier, selon vous, vont dans le bon sens
07:58et devraient a priori quand même calmer un petit peu les esprits sur de nombreux points ?
08:01Il y a en tout cas des annonces qui sont positives.
08:04C'est un peu la première fois qu'il y a du concret qui est mis sur la table.
08:07C'est ça aussi.
08:08Le fait de dire qu'on va limiter à 28 élèves maximum les classes de seconde,
08:12alors de seconde générale et technologique, parce qu'en lycée professionnel on a du mal parfois
08:16à avoir des professeurs des disciplines professionnelles supplémentaires,
08:19ce qui est très dommage, parce que les lycées professionnels, c'est un tiers des lycéens
08:24et c'est des conditions parfois compliquées.
08:26Ça, nous on a toujours au SNAC l'unité pour une baisse de la taille des classes
08:29parce qu'on a du mal à faire cours dans des classes à 35, on ne l'apprend à personne.
08:34Si on arrive à faire des milliards, alors c'est des prêts, attention,
08:38si on arrive vraiment à rénover plus rapidement le bâti scolaire
08:41pour avoir des meilleures conditions de travail, qu'il fasse froid ou qu'il fasse chaud,
08:45ça aussi ce sera bien, mais ce n'est pas encore gagné.
08:48On va suivre tout ça en tout cas avec beaucoup d'attention.
08:50Merci Jean-Rémi Girard, président du SNAC,
08:53syndicat national des lycées, collèges, écoles et enseignants supérieurs,
08:56d'avoir été avec nous ce matin.
08:57Je rappelle également que vous êtes enseignant à Anir-sur-Seine.

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