00:00Ce n'est pas normal qu'à six mois d'une élection présidentielle, notre pays soit dans cet état d
00:03'ébullition.
00:05Il y a des gens qui se réjouissent du désordre, moi non.
00:08Donc plus jamais le 17 octobre.
00:10Il y a normalement un débat présidentiel qui doit se faire pour qu'on ait des élections.
00:14C'est parce qu'il y a des élections qu'il n'y a pas de violence.
00:16C'est ça une démocratie. Il faut le rappeler aux gens.
00:19Mais on continuera de tenir à la fois samedi, le 5 novembre pour la journée de mobilisation sociale,
00:27et le samedi qui suivront.
00:29Si on fait bien notre travail collectivement, c'est un mouvement qui va se calmer
00:32parce qu'on répondra aux attentes légitimes et parce que l'ordre sera tenu.
00:36Alors puisque ça suscite un débat sur ce plateau, est-ce que vous trouvez ça logique, entendable, que le président
00:42dise cela ?
00:43Moi j'ai une vision très différente de celle du président de la République.
00:48Et dans son rôle, il défend la sécurité, c'est le premier des droits.
00:52Il permettrait d'avoir un mot pour tous ces commerçants.
00:54à qui moi j'avais dit à Marseille en 2023, ça ne se reproduira pas.
00:59Ça s'est reproduit.
01:00Et là aussi, ayant beaucoup d'expérience,
01:03j'ai dit aussi à des commerçants en 2005, au moment de la révolte des banlieues,
01:09quand nous avions déclenché l'état d'urgence avec Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy,
01:12ça ne se reproduira jamais.
01:14Ça s'est reproduit.
01:15Donc je pense que c'est sous-estimer la profondeur du mal.
01:18Et le mal, il est d'abord social.
01:22Bien sûr que ces pillages sont inadmissibles, condamnables, je l'ai fait, je l'ai dit, je l'ai répété,
01:27je me suis même prononcé pour l'état d'urgence, pour la protection.
01:29Mais quand j'entends que tout ça n'est pas normal, que cette ébullition,
01:35derrière il y a une souffrance, il y a une souffrance qui est réelle.
01:41C'est la souffrance de l'ouvrier que j'ai vu il n'y a pas très longtemps à côté
01:45d'Oré,
01:45qui a 35 ans, qui paye 150 ou 170 euros de plus pour son plein d'essence,
01:51qui ne s'en sort pas, qui fait des plaques en béton armé pour le bâtiment,
01:56il bosse et il ne s'en sort pas.
01:59C'est la souffrance de l'infirmière qui est à l'hôpital
02:02et qui a des conditions de travail qui sont difficiles.
02:05C'est la souffrance de tous ceux dans notre pays qui se disent
02:07mais de quoi l'avenir va être fait pour nous, pour nos enfants, on ne s'en sort pas.
02:12Et je pense que nous aurions tous intérêt, de gauche, de droite, peu importe,
02:16à comprendre que ce qui ne va pas en fait en France,
02:19c'est que ceux qui bossent ne s'en sortent pas
02:22parce que notre modèle économique est un modèle à somme nulle.
02:24C'est-à-dire qu'on finance tout notre modèle, toute la redistribution,
02:28toutes les aides sociales.
02:29Par le travail ?
02:29Par le travail.
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