00:00Mesdames, Messieurs, permettez-moi d'adresser mes premiers mots à l'ensemble des victimes et à leurs proches.
00:05Nous nous partageons les mois et à qui je tiens à faire part de tout mon soutien.
00:11Ensuite des événements intervenus le 23 octobre 2026 dans la matinée à Trappes et à La Verrière dans le département
00:16des Yvelines,
00:18le parquet national antiterroriste s'est, comme vous le savez, très rapidement saisie de ces faits.
00:23Avisé par le procureur de la République de Versailles, nous avons ainsi ouvert une enquête de flagrance des chefs suivants.
00:29Assassinat et tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste,
00:33en visant, dès la saisine, la circonstance aggravante que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie
00:38ou supposée
00:39à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée.
00:44Acquisition et détention d'armes de catégorie A et B en relation avec une entreprise terroriste.
00:49Tentative de destruction par un moyen dangereux en relation avec une entreprise terroriste.
00:53Et association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation de crimes contre les personnes.
00:59Les investigations ont été confiées à la sous-direction antiterroriste de la Direction nationale de la police judiciaire,
01:04service coordonnateur, à la Direction générale de la sécurité intérieure,
01:08ainsi qu'aux directions zonales et à la Direction interrégionale de Versailles de la police nationale.
01:14Les premières investigations, notamment les auditions des témoins et victimes,
01:18permettent de préciser le déroulement des faits de la façon suivante.
01:22Le 23 octobre 2026, aux alentours de 10 heures, un individu ultérieurement identifié comme étant Kevin T,
01:29ouvrait le feu à l'aide d'un pistolet mitrailleur en 8 lieux, dans le cadre d'un périple de
01:3412 km,
01:35sur les communes de Trappes et La Verrière, avant d'être interpellé à Coignères,
01:40toute commune située dans le département des Yvelines.
01:43La première scène de crime se déroulait au niveau de l'avenue Hector Berlioz, à Trappes,
01:48où il visait, depuis son véhicule, une autre voiture, sans faire de blessés.
01:53La deuxième scène de crime intervenait au niveau de la Maison de la Santé,
01:57également avenue Hector Berlioz, où il tirait en direction d'un homme sans l'atteindre.
02:02La troisième scène de crime avait lieu au niveau du square Louis Pergot, à Trappes,
02:06où il assassinait M. Pengo Bossio Vangui.
02:09La quatrième scène de crime se déroulait au niveau de l'intersection Maurice Ravel-Clément Adair, à Trappes,
02:15où il tirait depuis son véhicule, en direction d'un autre véhicule, occupé par une personne, sans la blesser.
02:21La cinquième scène de crime intervenait au niveau de l'avenue Henri Barbuse, à Trappes,
02:25où il tirait depuis son propre véhicule, sur celui d'une autre personne, sans la blesser.
02:30La sixième scène de crime se déroulait au niveau de la station essence Esso,
02:34située boulevard Martin Luther King, à Trappes, où après être sorti de son véhicule,
02:38il tirait sur un autre véhicule, ainsi que sur des personnes aux abords de la station essence,
02:43et en blessait gravement une à l'entrée de la boutique.
02:45La septième scène de crime avait lieu au niveau de la pharmacie Bois de l'étang,
02:49située à La Verrière, où il tirait et blessait gravement deux personnes,
02:53après être sorti de son véhicule.
02:56Enfin, la huitième scène de crime se déroulait toujours à La Verrière,
02:59où il tirait à de nombreuses reprises et blessait gravement une enfant de 11 ans.
03:05A ce stade de l'enquête, au cours de ces huit scènes de crimes réparties sur les deux communes,
03:10alors que l'ensemble des personnes impliquées sont encore en cours d'identification ou d'audition,
03:15nous déplorons.
03:16Une personne décédée, M. Pingo Bossiovangui, âgé de 26 ans et de nationalité française,
03:22quatre personnes gravement blessées,
03:25trois d'entre elles sont toujours hospitalisées à l'heure où je vous parle,
03:28et le pronostic vital de l'une d'entre elles est toujours engagé.
03:32En revanche, celui de l'enfant de 11 ans gravement blessé n'est plus engagé depuis hier.
03:37Trois personnes ont été plus légèrement blessées,
03:40huit personnes directement visées par les tirs n'ont pas été blessées physiquement,
03:44parmi elles se trouve une autre enfant, âgée de 12 ans.
03:48L'association d'aide aux victimes, France Victime 118, a été saisie pour leur apporter aide et soutien.
03:53Dès le 23 octobre 2026, un centre d'accueil des victimes et des impliqués
03:58était mis en place par le préfet des Yvelines,
04:00dans les hôtels de villes de Trappes et de La Verrière,
04:03avec l'appui des maires de ces communes.
04:05Une cellule d'urgence médico-psychologique était également déployée par le préfet.
04:11Nous avons par ailleurs appris que depuis hier soir,
04:14des vidéos représentant certaines scènes d'attaque circulées sur les réseaux sociaux.
04:18Je vous rappelle qu'au terme de l'article 35 quater de la loi du 29 juillet 1881 sur la
04:24liberté de la presse,
04:26la diffusion et la reproduction des circonstances d'un crime ou d'un délit,
04:31lorsque cette reproduction porte gravement atteinte à la dignité de la victime
04:35et qu'elle est réalisée sans l'accord de cette dernière,
04:38est punie de 15 000 euros d'amende.
04:40Je ne peux ainsi qu'appeler à la responsabilité de chacun
04:43et demander expressément que par respect pour les victimes et conformément à la loi,
04:48aucune image des faits ou les portées atteintes à leur intégrité ne soit diffusée.
04:56Dès les premières informations transmises par le procureur de la République de Versailles,
05:00la gravité intrinsèque des faits caractérisées par l'existence d'un périple meurtrier,
05:05particulièrement préparé, l'usage d'un pistolet mitrailleur
05:08et le ciblage de nombreuses victimes, dont des enfants,
05:12nous a conduit à retenir des qualifications terroristes et donc notre compétence.
05:17Le profil de la majorité des victimes et certains propos qui auraient été tenus par le mise en cause
05:23nous ont par ailleurs conduit à retenir la circonstance aggravante
05:26de faits liés à l'appartenance vrai ou supposé à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion.
05:34Cette circonstance aggravante avait déjà été retenue en matière de terrorisme
05:38pour les faits commis par exemple par Mohamed Merah à Toulouse en 2012
05:41ou plus récemment dans le réquisitoire ouvrant les informations judiciaires
05:45des faits commis à la grande motte en 2024 ou appuyés sur agent en 2025
05:49en application de la loi du 3 février 2003.
05:53Il doit être précisé qu'à ce stade des investigations,
05:57Kevin T, s'il ne conteste pas la matérialité des faits,
06:01conteste le caractère raciste de ces crimes.
06:04Le mise en cause est âgé de 39 ans et d'une unité française.
06:08Il était interpellé à 10h20 par les effectifs de la BAC de Saint-Quentin-en-Yvelines,
06:12quelques minutes après les faits, alors qu'il circulait à bord de son véhicule Renault Clio.
06:17Il ne posait aucune résistance lors de son interpellation.
06:21Son cagé judiciaire porte mention de quatre condamnations de droit commun,
06:25toutes réhabilitées de plein droit du fait de la loi au regard de leur ancienneté.
06:30Cette réhabilitation m'interdit aujourd'hui d'en faire état de façon plus spécifique.
06:35La dernière date de 2012.
06:39Kevin T était par ailleurs inconnu des services de renseignement.
06:43Les analyses toxicologiques réalisaient le concernant mettant en évidence la présence de THC et de cocaïne dans son sang.
06:51Dans la fouille de son véhicule Renault Clio était découvert un pistolet mitrailleur de marque Sten,
06:56calibre 9 mm, ainsi que plusieurs éléments d'armes et de munitions,
07:00en particulier des chargeurs et un pointeur laser,
07:03un couteau, une bombe lacrymogène, une paire de menottes et un brassard police.
07:08Je tiens à préciser qu'aucun tract d'un parti politique n'a été découvert dans son véhicule.
07:15Un des comptes plus précis sera communiqué ultérieurement,
07:18mais en l'état, 128 munitions tirées ont été dénombrées.
07:23Kevin T ayant déclaré avoir piégé son domicile, dont il était propriétaire, situé à plaisir dans les Yvelines,
07:30la perquisition a été réalisée avec le soutien du RAID et des services de déminage.
07:34Ces services ont indiqué que le système, composé de deux minuteurs branchés sur des prises de courant,
07:39était assez basique et mal configuré en ce que les brins de fil étaient torsadés et non écartés.
07:44L'ouverture de la fenêtre puis de la porte par le RAID ont permis de faire baisser l'intensité en
07:49gaz.
07:50Cela étant, le dispositif était fonctionnel et était de nature à détruire l'appartement et à endommager les appartements adjacents.
07:59L'examen médical, réalisé en début de la garde à vue le 23 octobre 2026,
08:04concluait à la compatibilité de son état de santé avec la mesure.
08:09Face au comportement de Kevin T, notamment des actes auto-agressifs et de propos incohérents dans le temps de sa
08:15garde à vue,
08:16ainsi qu'au regard des témoignages de ses proches sur son état psychique,
08:19les enquêteurs faisaient appel aux pompiers qui préconisaient, après examen, la poursuite de la mesure dans un cadre hospitalier.
08:27L'intéressé est alors transféré au sein de l'unité Cusco de l'Hôtel Dieu à Paris, le 24 octobre
08:32dans l'après-midi.
08:33A nouveau examiné par un médecin légiste de l'unité Cusco,
08:36la mesure de garde à vue était déclarée compatible avec son état de santé, sous réserve de son déroulement hospitalier.
08:43En fin de journée, au regard des éléments précités, un examen psychiatrique était requis par le PNAT.
08:49Le médecin concluait que son état nécessitait une période d'observation psychiatrique susceptible de durer 48 heures maximum.
08:57En conséquence, la garde à vue de Kevin T. est élevée à minuit 30 le 25 octobre 2026.
09:02Il était transféré, conformément aux conclusions de l'expert psychiatre,
09:06au sein de l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police,
09:08en observation, en application de la procédure prévue par l'article L3213-2 du Code de la santé publique.
09:16Ce jour, 26 octobre, un psychiatre de l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police,
09:22intervenant dans le cadre de cette procédure, procédait à un nouvel examen de l'intéressé.
09:28Il relevait que Kevin T. ne présentait pas de symptômes de décompensation aiguë,
09:33ni de signes directs ou indirects, en faveur d'une activité hallucinatoire ou délirante.
09:38Il ne présentait pas de signes cliniques d'une pathologie aliénante décompensée,
09:43justifiant une hospitalisation sous contrainte.
09:46L'expert considérait donc que la garde à vue de Kevin T. pouvait reprendre.
09:51Cette mesure était donc reprise ce jour à 14h46.
09:55Elle est en conséquence au regard des délais légaux,
09:58susceptibles de durer jusqu'à jeudi 29 octobre 2026 à minuit 36.
10:05Quatre membres de son entourage familial et amical ont par ailleurs été placés en garde à vue
10:09dans le cadre de l'enquête de flagrance.
10:11Ces mesures ont été levées dans la soirée du 25 octobre 2026, sans suite à ce stade.
10:16Nous ne manquerons pas de vous tenir informés, comme habituellement,
10:19des suites qui seront données à cette procédure.
10:22Je vous remercie.