- il y a 2 heures
« Trimarans Ultim, au-délà des limites» raconte des destins et des aventures humaines hors du commun dans l’univers très fermé de la course au large à travers l’un des bateaux les plus rapides du monde : le trimarans ACTUAL ULTIM 4. Durant une année nous avons suivi la renaissance de l’un de ces 5 bateaux qui rivalisent, telles des « Formule 1 » des mers, sur des courses mythiques ou le dépassement de soi est la valeur première. Retrouvez l'épisode 2 : première épreuve, la course de la Fastnet.
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00:10On constate qu'on ne va pas très vite depuis quelques minutes et que Banque Populaire,
00:15qui est troisième à ce moment-là, revient assez fort sur nous.
00:19Il faut essayer de ne pas s'énerver et évacuer le problème sereinement.
00:26On cherche un peu d'abord et puis on en vient à inspecter de savoir si on n'a pas
00:32pris
00:32quelque chose dans les appendices.
00:48On voit grâce aux caméras qui éclairent nos appendices qu'on a sans doute quelque
00:53chose.
00:55C'est là que la nuit peut avoir un peu d'impact, c'est que c'est plus dur de
00:59voir
00:59dans les appendices quand il fait noir.
01:03Il faudrait quelqu'un qui filme, quelqu'un qui éclaire la dérive.
01:10Quand on prend ce morceau de filet et de cordage dans la dérive, de toute façon la course
01:14elle est entre parenthèses.
01:15On sait qu'il va falloir résoudre ce problème-là avant de penser à la suite donc on se met
01:20directement dans l'action, il faut arrêter le bateau et puis résoudre le problème.
01:27Pour faire une marche arrière, on n'a pas le droit d'utiliser le moteur en cours.
01:32Il faut essayer de se rapprocher face au vent, essayer de réduire la vitesse du bateau
01:37jusqu'à une vitesse nulle et commencer grâce au vent à repartir en marche arrière.
01:42Et comment ça ralentir ?
01:45Et tout ça forcément de nuit.
01:48Il faut être très précis dans un environnement très incertain, c'est toujours un petit peu
01:52stressant.
01:55Ok, j'ai le bateau, c'est bon !
01:59Pendant ce temps-là, les petits copains continuent d'avancer donc c'est dommageable mais il
02:03n'y a pas le choix.
02:10Le temps perdu, ça ne se rattrape jamais en mer.
02:13Chaque seconde de perdu, c'est une seconde de perdu et ça ne se rattrape jamais.
02:19Le vainqueur d'une course en bateau, ce n'est pas celui qui a fait une route parfaite
02:23et qui n'a jamais perdu de temps, c'est celui qui a fait le moins d'erreurs.
02:32On a réussi à s'en dépatouiller de ce filet de pêche.
02:39Le but, c'est d'essayer de tout de suite oublier ça, aller de l'avant et tout de suite
02:45essayer de se réunir et faire le même objectif pour la suite.
02:56Vous êtes prêts ? Transfers !
03:07Après cette première nuit, on est au coude à coude avec Banque Populaire
03:10qui est bien revenu sur nous du coup après un début de course, ils étaient plutôt derrière.
03:17SVR Lazarting s'est enfui et puis Sodebo pas très loin derrière en quatrième position.
03:24On monte en mer celtique, donc entre la Cornouaille anglaise et les côtes irlandaises.
03:29On a une zone sans vent qui nous barre un peu la route.
03:34On était vraiment dans des conditions de vent très chaotiques, très très faibles.
03:41Mais savoir quelle est la suite du vent, c'est pas simple, c'est se creuser les méninges.
03:53Et le but, c'était d'essayer de se positionner le mieux possible pour récupérer le futur vent.
04:023, 2, 1, maintenant !
04:07Avant le Fastnet, il y a plein de virements de bord long de la côte irlandaise.
04:12Le vent est très instable près des côtes, il y a des îles, il y a du courant aussi qui
04:16peut être à notre avantage ou aussi en notre défaveur.
04:20Donc c'est important de bien se placer, d'avoir le bon rythme, d'essayer de faire le moins de
04:26chemin possible et d'y arriver le plus rapidement possible.
04:31C'est vrai qu'on est presque tous à vue à ce moment-là, avec les concurrents.
04:36Donc on essaye de faire au mieux pour concéder le moins de distance, puisqu'après, derrière ça, il y a
04:41forcément un petit effet d'accordéon, puisqu'on part au portant, qui est au vent arrière, avec des bateaux qui
04:46accélèrent beaucoup.
04:47Et donc le premier qui passe, forcément, rentre sur l'autoroute en premier et la distance, ça croît. Donc c
04:56'est pas le moment de laisser démettre en chemin.
05:12À l'approche du Fastnet, c'est toujours un moment émouvant, un peu spectaculaire.
05:20C'est quand même un phare qui est perdu sur un caillou au large de Garland.
05:27Un peu tout seul, isolé, il y a toujours une atmosphère un peu glauque, angoissante, un peu magique à la
05:34fois.
05:37Et ce caillou, c'est un immeuble posé dans l'eau, quoi. Tu peux le contourner en bateau en passant
05:41très près.
05:42Du coup, c'est devenu la marque de la course du Fastnet, qui a pris son nom.
05:48C'est un peu mythique dans l'histoire de la course au large.
05:55Il y a des courses qui sont mythiques et qui ne sont pas forcément les plus grandes ou les plus
05:59longues ou les plus dures.
06:01Je pense à Paris-Roubaix dans le vélo ou le Grand Prix de Monaco.
06:05C'est un Grand Prix comme un autre, mais en fait, personne ne le considère comme un Grand Prix comme
06:09les autres.
06:13On a toujours été bercé par les histoires du Fastnet plus jeunes des l'optimiste.
06:18Et puis aussi ce caillou qui est atypique, qui est différent, toujours un sentiment un peu angoissant.
06:29Et ce rocher du Fastnet est devenu mythique dans l'imaginaire collectif des gens qui naviguent.
06:35Donc contourner le Fastnet, ce n'est jamais tout à fait neutre.
06:37Et c'est quand même en mer d'Irlande.
06:39Et dans l'histoire de la course du Fastnet qui a lieu tous les deux ans,
06:42il y a eu l'édition 1979, dont tout le monde se rappelle,
06:46où il y a eu malheureusement une hécatombe qui a vraiment marqué la mémoire de la course-là.
06:56Tous les concurrents sont encore en mer et la tempête fait rage ce soir en Irlande.
07:01Une forte dépression est en train de semer le chaos parmi les voiliers qui disputent la course.
07:06Ces images ont été tournées en fin de matinée au large de la Cornweige
07:09sur les 54 bateaux qui ont pris le départ de Caux pour regagner Plymouth,
07:1425 sont naufragés ou portés manquants.
07:18Je m'appelle Jacques Caress, j'ai une carrière de navigateur
07:22et ensuite je me suis attaché à la direction de course d'épreuve océanique.
07:27Mon premier Fastnet, c'était en 1979, donc il y a bien longtemps.
07:32Et moi j'avais juste 20 ans, donc la fleur au fusil,
07:36pour aller faire ces belles régates qui étaient quand même une course engagée.
07:41Le Fastnet a toujours été marqué par un départ qui a été donné dans toutes les circonstances.
07:47Selon les organisateurs de la course, le bilan total pourrait bien s'élever à 30 morts.
07:51On a beaucoup polémiqué à propos des conditions dans lesquelles s'est effectuée cette course.
07:563, 2, 1, go !
08:01L'Angleterre et la France, c'est quand même deux nations avec une histoire maritime importante.
08:07Mais il y a vraiment deux approches différentes dans ce sport.
08:13En Angleterre, il y a plus cette culture de la responsabilisation.
08:16La direction de course va donner des informations météo,
08:20et c'est aux skippers de décider si oui ou non il le sent, si oui ou non il en
08:25est capable.
08:26La course part à une date donnée point barre.
08:29En France, on a tendance à décaler le départ des courses, à l'avancée ou à le décaler de plusieurs
08:37heures, de plusieurs jours,
08:38pour garantir la sécurité des coureurs.
08:48On devait être au moins 200 bateaux, c'est vrai que c'est une course multiclasse, il y a toutes
08:52les catégories.
08:56On était partis depuis 2-3 jours pour nous, on n'est pas très rapide avec nos petits monocoques à
09:01l'époque.
09:02Et donc on était pris en plein milieu de la mer d'Irlande, la mer celtique.
09:07Et là, ça s'est rapidement corsé avec un système dépressionnaire qui s'est creusé sur place, très violent,
09:12avec une mer très forte et contrariée par le vent, ce qui a fait beaucoup de déferlantes et des mers
09:17assez importantes.
09:21On était à peu près à 30-40 nautiques du phare à laisser à bâbord.
09:27Et malheureusement, on a été coiffé avant de passer ce fameux phare.
09:30Et là, effectivement, on n'a pas le temps d'esquiver.
09:32On est pris dans le phénomène qui n'est pas forcément annoncé non plus par l'organisateur
09:36parce qu'on n'a pas les moyens de communication à bord des bateaux.
09:45Ça s'est passé de nuit, donc c'est difficile d'avoir une image exacte,
09:48mais on a parlé de mer supérieure à 9-10 mètres.
09:52On s'était mis à un cap sèche, c'est-à-dire sans toile, pour essayer d'esquiver le plus
09:56gros des vagues.
09:57On s'est fait rouler par une déferlante et c'est ça qui nous a fait faire un tour complet,
10:02qui nous a fait démater, ouvert le pont.
10:06On a été malheureusement obligés d'évacuer le bateau puisqu'il était entre deux eaux.
10:10Et donc, on est parti sur notre bip de survie dans les déferlantes avec une mer très, très, très mauvaise,
10:15très forte.
10:18On est dans un moment de survie et dans la survie, on n'a pas trop le temps de philosopher.
10:23On entend les vagues, on entend les déferlantes qui arrivent sans les voir puisqu'on est sous la bâche.
10:28Et parfois, il y en a une qui est plus forte que l'autre et c'est là où on
10:31se dit qu'on va encore se retourner.
10:34Ça s'est hyper mal passé, surtout pour les concurrents les plus lents derrière, donc les plus vulnérables.
10:40Il y a eu un nombre d'interventions, les cause-garde anglais, enfin on en parle encore, ce Fastnet 79.
10:48Il y avait 303 bateaux qui étaient au départ de cette course, il n'y en a que 86 qui
10:52seront classés à l'arrivée.
10:5525 bateaux seront abandonnés en pleine mer, 125 marins secourus, 15 morts.
11:01Donc voilà, il y a quand même un lourd bilan.
11:08La course au large a été marquée vraiment par cette année 79.
11:12Je crois qu'il n'y a pas eu d'autres événements aussi dramatiques.
11:32Quand on approche du Fastnet, on est encore dans des conditions très agréables, il y a du vent.
11:37On doit tirer des bords le long de la côte irlandaise et puis on a ce DST, cette zone de
11:41trafic
11:42qui nous est interdite en course, qui sert pour le trafic maritime.
11:47L'actualement, on est à 100 mètres de la DST.
11:51Elle est vraiment pile sur la route, donc on doit la contourner.
11:56Il y a un peu de jeu stratégique autour de ça, à l'aller et au retour.
12:00Voilà, c'est virement dans 3 minutes.
12:03Dans 2 de 30 virements.
12:05Il va falloir manœuvrer parce qu'on arrive en tirant des bords face au vent et on repart au portant.
12:11Donc du rythme à bord, des changements d'allure, de voile et pas mal de manœuvres.
12:15Donc c'est assez dense.
12:16Transfert dans 3, 2, 1, maintenant.
12:21C'est aussi l'endroit où on met le kiloton à gauche et on retourne vers une île arrivée.
12:28C'est un objectif.
12:32On veut essayer de faire le moins de chemin possible, donc en rasant le phare le plus proche possible, tout
12:37en faisant attention au bateau qui est autour.
12:45À ce moment-là, tout l'équipage est sur le pont et à fond en train de manœuvrer, chacun à
12:51son poste.
12:55Il y a un peu l'effervescence à bord à ce moment-là.
12:57Et surtout, on sait très bien que les conditions sont parfaites pour avoir des vitesses géniales, haut portant, des grandes
13:06glissades à une vitesse élevée.
13:08Et que ça va être surtout aussi le kiff, en fait.
13:11À bord, on va être tout le temps à plus de 35 nœuds, que le bateau va voler en permanence.
13:20Ce bord-là, il est vraiment fabuleux.
13:22Je barre pendant 3 heures d'affilée, tout le temps autour de 40 nœuds.
13:27Et le bateau très facile, donc hyper plaisant.
13:34À ce moment-là, on sait ce qu'il a dans le ventre, mais on le découvre réellement.
13:41On découvre sa puissance, sa hauteur de vol, sa stabilité.
13:47Allez, allez, allez !
13:49Allez, allez !
13:51Merci beaucoup !
13:55Il y a du sourire dans le regard de chaque équipe qui a bord à ce moment-là.
14:09Nous, on regarde ça en disant, ça va bien se passer et à ce rythme-là, les bateaux vont arriver
14:15dans un mouchoir à Cherbourg.
14:17Donc, on est quand même très excités et très focus sur la progression des bateaux.
14:24Et dans le même temps, effectivement, comme on a les bateaux les plus rapides du monde, l'ensemble de la
14:29flotte, elle est à peu près au niveau de la pointe de Cornouailles des îles Silly, en train de monter
14:35vers le Fasnet.
14:37Les bateaux qu'on va recroiser, ils vont tous aller sûrement chercher la gauche, donc nous, on va rempanner, on
14:42va croiser un peu tout le tas-là.
14:44C'est du monde, hein ? Il faudra être vigilants.
14:48Le moment où tu as les quatre ultimes qui descendent plein de balles à 35 ou 40 nœuds, ils croisent
14:54les 200-300 bateaux qui sont, eux, en train de remonter vers le Fasnet.
15:01Donc, ça fait quand même une belle grappe de bateaux à croiser.
15:05Forcément, avec le Formule 1 des mers, on passe le Fasnet avant tout le monde et donc on recroise toute
15:10la flotte.
15:10Et nous, on est tout le monde lancé à plus de 35 nœuds à pleine vitesse, avec toutes nos voiles
15:15déployées, donc avec une visibilité qui est un peu moindre.
15:20Et puis, une collision à ces vitesses-là, je ne sais pas ce que ça peut donner comme dégâts, mais
15:24ça doit être catastrophique.
15:29Ça va durer 24 heures et pendant 24 heures, il faut être au focus, il faut être dessus.
15:37Dans toute la descente entre Fasnet et Cherbourg, au moment où les bateaux rentrent dans la Manche, la flotte est
15:44un peu comprimée.
15:46C'est comme si on lâchait un peu les deux côtés d'élastique et puis ça revient.
15:50Donc, on se dit, super, si ça va sur ce rythme, à l'arrivée à Cherbourg, ils vont être tous
15:55dans un mouchoir de poche et tout est possible.
16:02Là, il faut aller vite. Et donc là, on se relaie à la barre, on essaye de mener le bateau
16:06à 105 % de son potentiel.
16:14Après l'empalage dans le bord, dans la Manche pour aller vers Cherbourg, en fait, cette élastique-là, il s
16:19'est retendu.
16:20C'est-à-dire que les conditions étaient devenues plutôt un poil plus favorables aux bateaux de devant qui ont
16:25été plus vides.
16:36On a un peu à distance surveillé notre niveau de performance par rapport au bateau devant.
16:41Mais globalement, les écarts sont un peu figés et on est en troisième position, derrière Banque Populaire seconde et SVR
16:49Lasertig assez nettement en tête.
16:51Et puis, on se dirige vers une arrivée à Cherbourg dans la matinée.
17:01C'est quand même une belle course pour Actuel, ils finissent pas premiers.
17:05Mais voilà, ils ont quand même un podium.
17:07Donc c'est un bon début pour eux avec ce nouveau bateau.
17:16Ok.
17:19Au lever du jour, on va accueillir Actuel qui franchit la ligne d'arrivée.
17:30Il est quelle heure ?
17:32Cinq heures et demie, six heures.
17:51Première course, podium. Pour l'instant, on est dans le cadre de l'objectif qu'on s'est fixé.
17:57Notre objectif, c'était d'être au départ. Donc faire un podium, c'est bien.
18:03Il y a un petit casier rouge, tu le vois, Julien ?
18:05Un peu de casier.
18:08Trois, donne ça.
18:15Trois, deux, un. Encore un peu.
18:23Allez, c'est bon.
18:24Bravo la team !
18:26Trop cool.
18:28Bravo Alain. Bravo Juju.
18:34Actuel, franchi la ligne d'arrivée, troisième.
18:37Troisième...
18:40C'est pas premier.
18:42Bravo les gars. Bien joué.
18:44On veut toujours faire mieux.
18:45Par contre, on est vraiment content quand même parce que c'est la première course avec Actuel Team 4.
18:53Ça va Alain ? Bravo les gars.
18:55Podium, c'est bien parce que ça montre qu'on est au rendez-vous.
18:58C'est forcément un podium déceptif parce qu'on dit qu'il y a deux qui sont devant.
19:02Ça nous donne le reste à faire pour pouvoir continuer de progresser.
19:06Super, bravo.
19:16Là où Fafnet était quand même un objectif à court terme pour toute l'équipe et tout l'équipage,
19:23là d'un coup on change de mode et notre objectif c'est la Transat Café-Loire.
19:28C'est un petit côté aiguiste parce qu'on a passé des super bons moments avec l'équipage
19:32mais on est programmé pour la Transat Café-Loire.
19:41On peut monter un peu de géré.
19:46Doucement.
19:47Encore un peu.
19:48Stop.
19:49Ce qui est chouette, c'est sur la navigation l'Orient à la Trinité.
19:53Pour amener le bateau à la Trinité, c'est qu'on l'a fait avec Samuel.
19:58Ce sera plus simple maintenant que le bateau retrouve la Trinité.
20:03À la Trinité, c'est à la maison.
20:05Donc le fait de ramener le bateau à la Trinité, c'est le ramener à la maison.
20:10C'est vraiment important pour moi d'associer Samuel Thual à ce moment-là.
20:16Parce que l'histoire de la course au large actuelle, elle a démarré à la Trinité sur mer
20:21avec un petit bateau que je portais et avec Samuel.
20:27Et on est, plus de 20 ans après, à continuer d'écrire l'histoire avec un nouveau bateau.
20:36Bon, la Trinité, c'est par là, hein !
20:48Il n'est pas que loin du mal.
20:53Dans la bête qui brombe, il y avait suffisamment de vent pour commencer à voler un petit peu.
20:59Et donc, je donne la barre à Samuel.
21:09C'est la première fois que je prends la barre.
21:11Ouais, là, ça a volé bien !
21:13Ça a duré quelques minutes.
21:15Et c'est vrai que ça a été une sensation assez incroyable.
21:17C'est-à-dire un kiff incroyable de voler avec ce bateau, tout nouveau.
21:23J'avais le sentiment de conduire un kart.
21:24C'est très right-kiff, enfin.
21:25On bouge un tout petit peu la barre et le bateau est régi instantanément.
21:30C'est une navigation qui était belle, qui était chouette.
21:32Une navigation de partage.
21:35Il y a une forme de satisfaction avec ceux qui sont là.
21:38Et Anthony et Yves, à mes côtés, c'est vrai que symboliquement, c'est assez fort.
21:42Parce que c'est le fruit, tout simplement, de toutes ces années de travail.
21:45Maintenant, il va falloir prouver qu'on est capable de réussir.
21:51C'est fort, ce retour à la Trinité, parce que c'est quelque chose qui aurait pu ne jamais arriver.
21:57En fait, l'histoire d'Actuel avec la course au large, elle aurait pu se terminer bien plus tôt.
22:03Je pense notamment à l'épisode du chavirage d'Yves Le Blévesque en 2017 au large du Cap Horn.
22:12À ce moment-là, l'Actuel aurait très bien pu arrêter parce qu'ils sont passés pas très loin de
22:17la catastrophe, quand même.
22:21On venait d'accéder à la catégorie ultime.
22:24Et donc, à l'époque, le bateau que nous avions racheté à Sodebo était un bateau robuste, fiable,
22:31mais qui, au niveau technologique, était une génération en retard par rapport aux autres.
22:36Le projet pour nous, ça consiste à exister et être présent dans cette classe
22:40et avoir la visibilité de la classe.
22:42Et c'est comme ça qu'avec Yves, qui est un garçon courageux,
22:45on a eu cette idée de faire un tour du monde à l'envers.
22:48Alors voilà, on voit la terre derrière, là, et on est rendu au bout du monde.
22:54C'est le Cap Horn.
22:56On savait que le Cap Horn était un premier point de passage très sensible, très difficile.
23:01Et on me signale qu'il a finalement passé le point Cap Horn.
23:05Et alors que depuis 15 jours, je dormais avec le téléphone allumé sur mon chevet,
23:10ce soir-là, je me dis, il a passé le Cap Horn, c'est bon, j'éteins mon téléphone.
23:13Et puis, à 4 heures du matin, je rallume mon téléphone.
23:18Et là, 10 minutes après, je reçois un message.
23:21Le bateau a eu un accident.
23:24On savait que le bateau était perdu, mais le seul objectif qu'on avait,
23:27c'était de récupérer Yves, évidemment, le plus tôt possible.
23:30Et dans les situations où il était, là où il était,
23:33les secours étaient très longs à organiser.
23:38Pendant ce moment, cette douzaine d'heures, là, sur un bateau cassé,
23:42j'ai attiré dans les mers du Sud, enfin, dans des situations très inconfortables,
23:45je me suis quand même trouvé confronté à une forme de finitude, enfin, tu vois,
23:51de me dire, moi, là, Yves, là, je suis quand même dans une situation bien moisi,
23:55dans laquelle je me suis mis.
23:56Il faudrait peut-être qu'avant d'aller renaviguer, j'y réfléchisse un peu,
23:59parce que tu fais quand même pas très le malin, là.
24:02Donc, forcément, cette confrontation-là, elle laisse forcément des traces.
24:06Dans ma sensation qu'il ne pouvait rien m'arriver de grave,
24:09cette espèce d'insouciance, elle s'est brisée.
24:13Quand on l'a eu au téléphone, il m'a posé la question,
24:15c'est comment on va venir à mon contact ?
24:17Je ne lui ai pas donné la réponse directement,
24:20je lui ai posé la question, tu penses pouvoir tenir combien de temps ?
24:23Il va y avoir 4-5 heures.
24:26Et puis, avec l'armée chélienne, on a réussi à trouver une solution et à l'y porter.
24:32Michelin a accepté d'envoyer un hélicoptère,
24:36et on a réussi à le sauver.
24:39Ça a été une expérience évidemment terrible.
24:47À l'issue du Tour du Monde 2017, Samuel aurait pu décider d'arrêter.
24:52En fait, il prend la décision de continuer.
24:56À partir du moment où on décide de continuer,
24:59c'est Samuel qui est le plus fort, qui prend la main,
25:01et qui emmène le projet malgré les difficultés.
25:06Repartir, ça passait par acheter un nouveau bateau.
25:08Si on n'avait pas eu cette situation très compliquée,
25:12on n'en serait peut-être pas là où on en est aujourd'hui.
25:14Les échecs, ça peut arriver.
25:16Le plus important, c'est qu'est-ce qu'on en fait, finalement.
25:22C'est l'autre zone qui arrive.
25:26C'est vrai que quand on revient à la Trinité, on a envie de le faire savoir.
25:29Ça fait six mois que le bateau est dans un hangar, qu'on ne communique pas.
25:33Donc là, on a une première course, puis c'est arrivé.
25:35On essaye de l'événementialiser pour enfin dire
25:37« Regardez notre bateau, c'est le plus beau et c'est le meilleur. »
25:48Et autour de nous, il y a même l'école de voile qui est là avec des optimistes.
25:52Et c'est vrai qu'on se dit qu'il y a peut-être un des petits qui est sur
25:55cet optimiste
25:56et qui regarde le bateau comme ça, qui aurait pu être moi il y a 25 ans.
25:59Quand je voyais les courses de grands multicoques dans le port de la Trin,
26:04j'imaginais bien qu'un jour, ce serait moi qui arriverais sur un des plus gros des multis du port.
26:09Le plus gros multis du port.
26:10Aujourd'hui, d'avoir une place de skipper, ça a forcément quelque chose de l'ordre du rêve.
26:15Si je repense à moi quand j'avais une dizaine d'années,
26:19j'aurais signé direct pour faire ce rêve-là.
26:31On avait juste annoncé localement que le bateau allait revenir.
26:35Donc il y a eu une forme de spontanéité dans l'événement.
26:38Et ce qui a été très surprenant, c'est de voir la quantité de personnes qui sont venues voir le
26:43bateau arriver et qui ont assisté à l'événement.
26:46Merci encore, s'il vous plaît, de revenir le talentueux jeune et généreux Anthony Marchand. Merci beaucoup.
26:54Le public considère à juste titre que nos marins sont plus que des sportifs de haut niveau.
26:59Il y a une dimension aussi un peu héroïque avec un imaginaire autour de tout ça qui est juste incroyable.
27:03Et donc, on ressent ça à ce moment-là.
27:06L'admiration sur les visages, les sourires, les regards des uns des autres, sur tout ça, sur le bateau, sur
27:11les marins.
27:11Et c'est très intéressant.
27:18Le monde était plein, beaucoup d'enfants.
27:21Enfin, c'était une belle fête populaire en fait, très simple.
27:24Et on se sentait chez nous en fait.
27:27La course au large, elle est imprégnée partout en Bretagne Sud.
27:32La Mecque historique, ça a été la Trinité.
27:35À l'époque, la Trinité accueillait des maxi-multicoques énormes.
27:39Des bateaux qui partaient faire le tour du monde.
27:42Je considère que c'est partie des communes mythiques de la course au large, la Trinité.
27:54C'est pas par hasard si les 5 ultimes sont dans cet endroit concentré de la région l'Orientaise.
28:00C'est parce qu'il y a tout pour les accueillir.
28:03Ils ont des beaux bâtiments, ils ont une belle structure.
28:05Ils ont tout le côté technologique, industriel autour de tout ça.
28:09Que ça soit des boîtes de mécanique, que ça soit des voiliers.
28:12On a là les 5 ultimes qui sont quand même les bateaux de course au large les plus rapides du
28:17monde.
28:17Et ces 5 bateaux-là sont regroupés entre la Trinité-sur-Mer et Concarneau.
28:25Qui bornent à peu près ce qu'on appelle la Selling Valley.
28:28Qui va, on va dire, de Vannes à Quimper.
28:31C'est 150 kilomètres de littoral.
28:36Sur la côte atlantique, on parle de Selling Valley.
28:39C'est pour se rappeler la Silicon Valley.
28:41Mais c'est vrai, c'est exactement ça.
28:42On a une façade atlantique incroyablement merveilleuse pour la course au large et pour les coureurs au large d'aujourd
28:50'hui.
28:50Elle est mondialement reconnue aujourd'hui.
28:53C'est une vraie carte de visite aussi pour l'extérieur, pour nous.
28:59Aujourd'hui, il y a tous les marins ou les acteurs de la course au large
29:03qui viennent sur cet espace de la Bretagne Sud
29:06chercher un peu cette densité de bateaux et tout cet écosystème
29:09parce que c'est là qu'on y trouve les savoir-faire.
29:13Tu n'as pas d'équivalent dans le monde entier où tu peux trouver le meilleur architecte, le meilleur ingénieur,
29:21le meilleur chantier.
29:22Tu as tous les corps de métier qui te permettent d'avoir le meilleur bateau de course au large au
29:28monde
29:28qui sont regroupés sur une bande de 100 kilomètres.
29:33Le monde entier nous envie cette techno-là.
29:39C'est vrai qu'on a la chance de pouvoir construire un ultime volant de 32 mètres par 23 dans
29:46la Sailing Valley.
29:48Ça passe par les voiles, par le carbone, la construction.
29:51Nos bateaux sont quasiment 100% français.
29:55Moi, je suis Australien passionné de course au large.
29:59Je peux essayer de m'entraîner à Sydney.
30:01Il y a plein de gens très bien à Sydney.
30:03Mais si je veux aller là où est le niveau, aussi bien en technique qu'en sportif,
30:10je vais m'installer à Trinité-sur-Mer, Concarneau, Lorient.
30:14Je vais venir là.
30:15C'est là où je vais être au plus haut niveau mondial.
30:24Le 1er août, on arrive à la Trinité.
30:27C'est une grosse étape de franchise.
30:32Symboliquement, le bateau revient à son port d'attache.
30:38Il y a toute l'équipe qui revient.
30:41Ça va du bureau d'études jusqu'aux techniciens.
30:44On a besoin de cette base pour se rassembler et avoir les outils à disposition pour continuer à travailler sur
30:51le bateau, le faire évoluer et préparer la transat qu'a fait l'heure.
30:58En distance au bâtiment, c'est bien ?
31:00On est bien, là ?
31:01Oui, oui.
31:03Le team actuel, c'est grosso modo une vingtaine de personnes où tu as 4 ou 5 ingénieurs qui sont
31:09les plus faciles à déplacer parce qu'ils ont besoin d'un ordi et un écran.
31:13Donc, ce n'est pas compliqué.
31:16Mais tu as 3 ou 4 techniciens composites où il faut qu'ils redéploient leur affaire.
31:21Tu as 2 techniciens grémants à castillage qui réinstallent leur poste de travail.
31:27Enfin, chacun réinvestit son espace de façon à être le plus rapidement possible opérationnel à bord du bateau.
31:36Je m'appelle Sandrine Berthaud.
31:38Je suis actuellement sur un poste de direction et de logistique pour le team actuel et je travaille dans le
31:46projet depuis 2009.
31:47Donc, on réinstalle les ordinateurs, le simulateur. Chaque pôle de travail va se réorganiser en très peu de temps.
31:58L'avenir, c'est toujours la train de cap et l'or, en ligne de mire, sauf qu'à ce
32:02moment-là, il faut faire sa qualif, il faut s'entraîner le plus possible.
32:10Si on va à cette vitesse-là, on va tous le défoncer après.
32:13C'est quoi, 5G ?
32:14Ouais.
32:16C'est sûr, avec ce qu'on a trouvé.
32:19Le simulateur, il a plusieurs fonctions.
32:21C'est un jumeau numérique du bateau.
32:22L'idée, c'est de pouvoir utiliser le bateau ou tester des choses sur le bateau dans le virtuel.
32:29Donc, un peu comme dans un jeu vidéo.
32:32Le simulateur aujourd'hui, il se rapproche un petit peu de la vérité, mais c'est quand même pas de
32:36la navigation.
32:37Donc, il faut toujours prendre les données avec parcimonie et un peu avec recul.
32:42Il faut essayer de venir à des réglages un tout petit peu plus sur le fil.
32:47Tu vois, trouver où est le fil, justement.
32:49On peut facilement se contenter de voler dans ce bateau-là.
32:52Mais voler, ça ne veut pas dire aller vite.
32:54C'est assez nouveau pour le Team Actual de travailler avec un simulateur.
32:57On a commencé à le faire avec Actual Team 3 et avec Actual Team 4, ça fait partie du bateau.
33:05C'est-à-dire qu'on a acheté le bateau et le simulateur en même temps.
33:08Ça faisait partie du paquet.
33:11Et là, en feuille, on n'est pas à 100%.
33:14Forcément, nous, c'est très instructif.
33:15Après, le simulateur est plutôt utile sous pilote automatique
33:19pour essayer de comprendre comment fonctionne en fait le bateau
33:21et continuer de faire des essais quand le bateau n'avigue pas.
33:25Je pense que déjà, on était à 80% en bordure.
33:27On est monté à 95%.
33:29Et c'était beaucoup mieux déjà.
33:31On peut vite l'oublier un peu aussi, la bordure.
33:33Avant la qualif, on a déjà des éléments en disant
33:35dans le simulateur, ça, ça fonctionne.
33:37C'est ces réglages-là qu'il faut se forcer à aller chercher sur l'eau.
33:53Le prochain objectif, c'est de valider notre qualification
33:55pour la Transat Café-Lore avec Anto.
33:58C'est un parcours 2000-1000 qu'on doit effectuer en double.
34:03Dans l'avis de course, qui est le contrat qu'on passe
34:06avec chacun des teams et chacun des marins,
34:09il est spécifié qu'avant une Transatlantique,
34:11on doit faire une qualification.
34:15Ça, c'est le G1-4.
34:17Pour la Transat Café-Lore, c'est 1000-1000
34:20avec le bateau sur lequel ils vont courir,
34:23mais surtout avec la personne, le coastkeeper,
34:26avec lequel ils vont partir.
34:28Le but, c'est au final de vérifier.
34:31Un, ça paraît un peu étrange, mais que le duo va bien s'entendre.
34:37La deuxième, c'est de s'assurer que tous les deux ont pris en main le bateau
34:41et plus le bateau est neuf ou plus le projet est nouveau
34:45et plus on est attentif à cette qualification,
34:48de façon à ce qu'au moment où ils vont arriver au Havre,
34:51que toute cette partie soit absolument derrière eux.
34:57Néanmoins, cette qualif, au-delà d'une contrainte,
34:59c'est un super exercice.
35:00Il faut commencer à sentir ce que c'est
35:02que d'être en double, Anto et moi, sur ce bateau,
35:05prendre nos marques.
35:05On se projette plus facilement dans ce que va être la Transat Café-Lore.
35:10La mise en situation dans la qualification pour Anto et Julien,
35:13ça change les choses parce qu'on est plus rassurés
35:16quand ils sont nombreux à bord,
35:17surtout en ce qui concerne tout l'électronique, le pilote automatique.
35:21Mais quand même, si vous avez un crash,
35:23vous serez peut-être content de passer sur l'ordinateur numéro 2 ?
35:25Oui, oui.
35:28Il suffit qu'on fasse une restauration de paramètres,
35:30c'est vraiment pas compliqué.
35:31Je sais que quand ils sont deux,
35:33ils comptent beaucoup plus sur les systèmes du bord.
35:35Donc on a cette pression qui monte un petit peu
35:37à envoyer juste deux marins sur cette machine
35:41pendant un peu plus de 48 heures.
35:45Là, le départ, déjà, la décision est prise par Anto et Julien,
35:50qui font un schéma de parcours
35:53qui va permettre de naviguer dans différentes conditions,
35:58dans différentes allures, différentes manœuvres,
36:00avec le bateau.
36:03On prend la première occasion, pourquoi ?
36:05Parce qu'on est en plein mois d'août
36:06et que pour faire mille mille,
36:09il faut quand même aller assez loin.
36:11Et qu'à cette période-là, on est en plein été,
36:14il peut souvent y avoir peu de vent.
36:18Donc on voit qu'il y a cette situation météo-là
36:21qui est propice, juste comme il faut,
36:23en termes d'intensité de vent et de ce qu'on va trouver.
36:27Ciao les gars !
36:28Donc c'est le bon moment.
36:36Prends ça !
36:39OK !
36:403, 2, 1, parti !
36:46Avec Julien, on est vite dans le vif du sujet.
36:50On a une navigation un peu ingrate.
36:53Et dès que tu navigues dans des conditions un peu dures,
36:55un peu rudes, il y a tout qui ressort.
36:58Stop ! Stop !
37:01Un tour dans la drisse.
37:02Ça n'a pas été pris bien au pied de moi.
37:05C'est là qu'on voit les choses à travailler ou pas dans un binôme.
37:15Il faut aborder devant, je pense, c'est pas mal aborder.
37:18C'est un super entraînement, ça permet vraiment de se rendre compte
37:21de l'exercice du double à bord que moi je n'avais pas fait.
37:24Il faut bien augmenter la target speed.
37:27Si tu mets la mode perf,
37:30qu'on soit trop bas en target speed.
37:31Il faut schématiser, Julien, il est cartésien.
37:35Le dernier dessus, on est à un degré au-dessus.
37:37Et moi, je fonctionne beaucoup au feeling.
37:39Et on a appris l'un et l'autre à essayer de réfléchir
37:43sur comment l'autre fonctionne.
37:44Et on se rend compte qu'on arrive souvent à la même idée,
37:47au même constat, par nos chemins différents.
37:49Et ça coule de source.
37:52Je me dis direct que je suis content d'avoir choisi Julien
37:55et que c'est la bonne personne pour m'accompagner
37:57pour l'attendre qui a fait l'or.
38:00Il y a le danger isolé du là où est nous, mais ça passe partout.
38:04Et il est où, il est à ma gauche ?
38:06Il est à ta gauche.
38:07Une course en double, c'est très particulier.
38:11Il passe le relais l'un à l'autre
38:13en se faisant confiance à 200%.
38:18Donc la question de la confiance, c'est juste la base
38:20de la course en double.
38:21Et donc la question, c'est est-ce qu'ils s'étaient bien ensemble ?
38:25J'avais pas de doute, vu le profil des deux avant.
38:28Je voulais juste avoir la confirmation
38:29que ça se passait bien à bord.
38:31Ils m'ont très vite rassuré.
38:42C'est une machine qui fonctionne très bien
38:47dans du gros temps, dans de la grosse mer,
38:49qu'on se sent en sécurité, mais qui est puissante.
38:51Par contre, c'est un bateau qui est beaucoup plus physique.
38:53Tu vas plus vite pour faire le même parcours.
38:55Par contre, t'es rincé et épuisé à l'arrivée.
39:18La qualification pour nous, honnêtement, c'est une formalité.
39:21J'avais pas de doute sur le fait que cette qualification est positive.
39:24Donc là, ce qui est intéressant, c'est comment Anthony et Julien, ensemble,
39:29ont fait cette qualification de façon engagée, en situation réelle,
39:33comme s'ils étaient en course.
39:36À l'arrivée du bateau, ce qui est vraiment important pour moi,
39:39c'est de voir les sourires d'Anthony, de Julien,
39:42et de voir à quel point ils fusionnent.
39:45Ils fusionnent ensemble en tant que coéquipiers.
39:47Ils fusionnent avec le bateau.
39:48Il y a quelque chose qui est en train de se construire
39:51et qui va exactement dans le sens de notre objectif,
39:54qui est de mettre au départ, pour la Transat Cafélor,
39:58le bateau avec le binôme d'équipage au top de sa forme.
40:02Là, il faut que l'équipe ait le bateau pendant une dizaine de jours
40:04pour refaire tout ce qu'on doit refaire.
40:07Puis repartir naviguer avec toutes les nouvelles petites modifs.
40:11Il n'y a jamais de temps mort, que ce soit en mer ou à terre.
40:14On a besoin d'immobiliser le bateau pour faire certaines réparations,
40:18dont la réparation de la gomme.
40:19Et on a aussi couplé cette immobilisation-là
40:22pour travailler sur les appendices et d'autres systèmes.
40:25Ça nous permet d'aller un petit peu plus loin dans ce qu'on veut faire.
40:28Donc ça va prendre une semaine.
40:30Le côté négatif, c'est que le bateau, pendant une semaine, il n'évite pas.
40:36Néanmoins, on est conscient quand on est skippeur d'un ultime
40:38qu'on navigue sur des machines très techno,
40:42avec beaucoup de systèmes embarqués.
40:43Donc il y a forcément des phases
40:45où le bateau doit être à disposition de l'équipe technique,
40:47sinon eux, ils ne peuvent plus bosser non plus.
40:51Il ne faut pas prendre la moins petite fissure à la légère.
40:53Il faut sécuriser tout ça,
40:55parce qu'on peut vite avoir l'effet boule de neige.
40:57Si la boum, elle est mal réparée
40:59et que là, elle s'ouvre vraiment en deux,
41:01là, ce n'est plus huit jours.
41:02Le bateau à quai, c'est vite un mois, un mois et demi.
41:08Ah, ils vont vite quand même !
41:10C'est tout de suite !
41:11C'est tout de suite !
41:13C'est tout de suite !
41:18Rupture de la chape de la guette.
41:21Ce n'est pas la croisière Samuels.
41:22qui nous a montré.
41:22Ça va en fin.
41:23C'est tout !