00:00Je suis porte d'Italie, effectivement, puisque ce sera le départ officiel de ce nouveau cortège aux 14h.
00:08Et il y a de plus en plus de monde, comme vous le voyez à l'image, qui commence à
00:11arriver sur cette porte d'Italie.
00:14Précisément parce que l'intersyndical, les gilets jaunes, les étudiants, les lycéens ont accepté ce nouveau parcours entre la porte
00:22d'Italie et la porte de Vincennes.
00:23Beaucoup d'étudiants, beaucoup de lycéens sont présents actuellement.
00:27Une jeunesse manifestante qui est ici, je peux vous le dire clairement, et qui sera dans le cortège.
00:33Je suis précisément avec Léa, justement. Léa, vous êtes étudiante en bac pro pour devenir infirmière.
00:39Et Léa, ce que vous me disiez, c'est que vous étiez présente samedi dernier.
00:42Vous étiez présente sur les blocus de lycéens.
00:46Et vous me disiez que vous espériez aujourd'hui qu'on vous entende enfin à la place de la violence.
00:50C'est bien ça, parce que vous avez des revendications.
00:52Expliquez-moi quelles sont vos revendications, pourquoi vous êtes là aujourd'hui,
00:55et qu'est-ce qui se passe dans votre vie d'étudiante aujourd'hui ?
00:59Tout d'abord, passer aux informations.
01:02Ce qui est bien, c'est qu'on va pouvoir se faire entendre,
01:04parce que la casse a pris le dessus sur les informations.
01:07Donc nos revendications n'entendent moins parler.
01:09Et je pense qu'il faut les entendre, parce qu'on est légitime à parler aujourd'hui du système.
01:15Donc moi, tout d'abord, j'étais en bac pro à SSP.
01:20Pour devenir infirmière.
01:21Et en fin de compte, on a été mal traité pendant le bac par notre établissement,
01:26qui est soi-disant polyvalent, qui a mieux traité les bacs généraux que nous.
01:30Donc on a passé nos épreuves dans des salles où il faisait 40 degrés sans ventilateur.
01:36Dans la canicule.
01:37Voilà, qui étaient privilégiées pour les généraux, qui révisaient simplement là-haut.
01:41On a eu des salles où il y avait des tables qui n'étaient même pas mises en condition d
01:44'examen,
01:45où il y avait cours en fait.
01:46Et on a dû leur dire, en fait, nous, on passe notre bac.
01:50Donc voilà.
01:50Le bac pro, vous me dites, en fait, a été moins pris en considération que le bac général, c'est
01:54ça ?
01:55Oui, voilà.
01:55Pourquoi ?
01:57Apparemment, on est moins nuls.
01:59Enfin, franchement, on est considérés comme je ne sais quoi.
02:02Même via parcours sup, je n'ai pas eu d'école.
02:05Il y a au moins 5 000 étudiants qui n'ont pas eu d'école.
02:07Je ne trouve pas ça normal.
02:08J'ai été prise dans des écoles où c'était 10 000 euros l'année.
02:11Je ne me sens pas de payer cette somme-là et je ne peux pas, en fait.
02:15Donc voilà, pareil sur le fait que j'avais des copines qui avaient 17 de moyenne et qui n'étaient
02:20pas prises, en fait, dans les écoles en France.
02:22Donc elles se sont retrouvées en Belgique.
02:24Donc bon.
02:25Donc un système d'éducation nationale qui ne fonctionne plus, d'après vous, c'est bien ça ?
02:29Ah, mais plus du tout, en fait.
02:31Ça ne marche plus, en fait.
02:32Donc pareil pour les bacs pro, apparemment, on est moins légitimes à continuer nos études.
02:36Selon Parcoursup, de ce qu'ils m'ont dit, c'est qu'il fallait faire un bac G pour aller
02:40en école d'infirmière.
02:41Alors que bon, en bac pro, on a quand même des stages.
02:44On a quand même de l'expérience sur le terrain.
02:45On voit des morts dès 16 ans.
02:47On a toute l'expérience requise pour intégrer ces écoles.
02:50Mais voilà, pareil, les stages en bac professionnel qui sont, oui, rémunérés,
02:55mais il faudrait former aussi les personnes qui nous...
03:01Les professionnels qui nous accueillent sur le terrain.
03:03Parce que moi, j'ai eu des stages où j'étais clairement maltraité par les professionnels.
03:08Donc c'est assez compliqué à gérer à 15 ans quand on traite comme de la MERDE.