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00:078h moins le quart, la jeunesse doit être une grande cause nationale.
00:11C'est l'appel, ou plutôt le cri d'alarme de 80 présidents d'universités et directeurs d'établissements d
00:15'enseignement supérieur.
00:16Ils veulent mettre le sujet au cœur des débats en vue de l'élection présidentielle dans 6 mois.
00:21On en parle ce matin avec le président de l'université de Nîmes.
00:25C'est votre invité, Xavier Ponroix.
00:27Bonjour Benoît Rouag.
00:28Bonjour.
00:28Merci d'être avec nous.
00:30Avant d'entrer dans le cœur de votre appel, la jeunesse va encore pour partie d'entre elles se mobiliser.
00:35Demain, les manifestations du week-end, vous leur dites quoi ?
00:38Allez-y, mais ne cassez rien.
00:40Comme tout le monde, oui.
00:41Ils ont des revendications qui sont extrêmement légitimes, que ce soit les ICA ou les universitaires.
00:46Mais la violence ne leur permettra pas d'arriver à leur fin.
00:50Alors que les revendications sont totalement justifiées.
00:54Ça fait un moment que nous-mêmes, les présidents d'universités et présidentes, on alerte sur la situation de notre
00:58jeunesse.
00:59De l'université, mais même en amont.
01:01On n'est pas entendus.
01:03Les jeunes également.
01:04Ça fait un petit moment quand même qu'on ne les écoute pas.
01:07Donc ils trouvent un autre moyen que je...
01:09En tout cas que l'on conteste et qu'on dénonce.
01:12Donc on leur dit oui, allez-y.
01:13Faites des banderoles, faites ce que vous voulez.
01:15Mais surtout, restez calmes.
01:16Mais sinon, votre message ne portera pas.
01:18Dans les cortèges Nîmes, on a vu beaucoup de lycéens, un petit peu moins d'étudiants.
01:22Ils sont plutôt calmes pour l'instant, les étudiants Nîmes-Ois ?
01:24Alors sur Nîmes, en tout cas, sur notre établissement, ils sont calmes.
01:27Mais après, il y en a pas mal quand même dans les cortèges.
01:29Oui, mais c'est surtout les lycées qu'on voit en tête, plutôt, des manifestations ici.
01:33Aujourd'hui, je trouve que le mouvement qui se passe dans les universités est complètement invisibilisé
01:38par rapport à ce qui se passe dans les lycées.
01:39Mais je peux vous assurer qu'encore aujourd'hui,
01:42la semaine dernière, on avait 80% des universités en France qui étaient bloquées.
01:46Mais ça n'a pas été le cas à Nîmes ?
01:48Non.
01:49Faisons de la jeunesse une grande cause nationale.
01:51C'est donc le titre de cet appel.
01:52Pourquoi ce n'est pas le cas en ce moment ?
01:55Selon vous, ils sont sacrifiés, ces jeunes ?
01:58En fait, on s'aperçoit que, en tout cas, nous, on s'aperçoit qu'il n'y a pas les
02:01moyens qui sont mis sur la jeunesse.
02:03Alors que la jeunesse, on parle de tout.
02:05On parle de pouvoir d'achat, on parle des retraites, on parle du carburant,
02:09on parle de tout ce que l'on veut, mais on ne parle pas de la jeunesse.
02:11Nous, on a tous essayé de mettre la jeunesse déjà au centre des élections municipales.
02:16On n'y a pas réussi.
02:17Là, il y a une grande élection qui arrive, on n'en parle toujours pas,
02:20alors que c'est l'avenir de demain.
02:22Aujourd'hui, si on mise place sur notre jeunesse, qui va payer les retraites pour le coup ?
02:25Qui va avoir les emplois ?
02:26On a besoin de docteurs, d'ingénieurs, de tout ce que vous voulez.
02:29Et puis, c'est cette jeunesse qui va fournir toute cette matière première, toute cette main-d'oeuvre.
02:35Et aujourd'hui, on n'écoute pas, on ne donne pas les moyens aux établissements de bien les former.
02:40Ou de les former tout court.
02:40On demandait un milliard d'euros, pas que pour Nîmes, mais les universités françaises demandent un milliard d'euros supplémentaires.
02:44Oui, c'est 15 milliards d'euros aujourd'hui, le budget de toutes les universités.
02:47Un milliard d'euros, parce que depuis quelques années, en fait, on nous a étranglés.
02:52Il faut savoir que les universités, elles payent leurs fonctionnaires.
02:55Donc, dès que vous augmentez des charges sur les salaires, forcément, si vous n'êtes pas compensé, c'est sur
02:59les budgets des universités.
03:00Donc, ce que l'on met d'un côté, on ne peut pas le mettre de l'autre.
03:03Et finalement, pour arriver à encadrer et accueillir tout le monde, il nous faut les moyens à la hauteur des
03:10ambitions.
03:10Et par exemple, parlons de moyens, je reviens encore une fois aux lycéens qui, eux-mêmes, ont dit, nous, on
03:14a des lycées où le bâti, parfois, n'est pas en bon état.
03:16Est-ce que l'université de Nîmes, c'est la même chose ? Vous avez des salles, des amphithéâtres qui
03:20ne sont pas en bon état aussi, qu'il faudrait rénover ?
03:23Nous, on a de la chance. On a des bâtiments qui sont finalement neufs, puisqu'ils ont été rénovés.
03:28Donc, celui de Vauban, il a été rénové il y a 30 ans.
03:30Et nous, on a fait une grosse partie de rénovation ces cinq dernières années.
03:33Donc, tous nos sites, finalement, chez nous, ont été rénovés, puisqu'on a pu le faire.
03:37Mais il y a beaucoup d'universités qui sont dans des états lamentables.
03:40Et c'est vrai que, quand vous avez très chaud l'été, très froid l'hiver, qu'il y a
03:43des gouttes d'eau dès qu'il pleut,
03:44ou que vous n'avez pas suffisamment de place pour accueillir tout le monde,
03:47ça commence à faire beaucoup pour des jeunes qui sont hyper stressés,
03:51parce qu'ils ne savent pas ce qui va se passer dans leur avenir, que ce soit au lycée ou
03:55à l'université.
03:57Donc, le tout fait que ça devient un peu bouillonnant.
04:00Des étudiants qui sont aussi, pour partie d'entre eux, de plus en plus pauvres, c'est ce que révèlent
04:04plusieurs études.
04:06La photographie de cette situation à Nîmes, c'est quoi ?
04:08C'est le cas aussi ? Vous avez des étudiants, des étudiantes qui, vraiment, sont à sec dès le 5,
04:13le 10, le 15 du mois ?
04:14Nous, on a beaucoup de boursiers.
04:15On a plus de 50% de boursiers, là où la moyenne nationale est à 34.
04:19Et ensuite, on a des étudiants qui, vous savez, n'ont pas les ressources suffisantes pour être boursiers.
04:24Donc, ils sont sur le seuil.
04:25Et donc, ils sont, on appelle ça des précaires.
04:27Et donc, ils sont dans grandes difficultés.
04:28Donc, oui, nous, sur notre population, on doit avoir 60-60% de jeunes qui ont des difficultés.
04:33Donc, on met en place un certain nombre de mesures alimentaires, hygiéniques, etc.
04:37Mais, on a la chance, je pense encore aujourd'hui sur Nîmes, que le logement n'a pas explosé comme
04:43il a explosé dans d'autres villes.
04:44Et donc, bon.
04:46Mais il y a quand même des difficultés.
04:48Benoît Ravac, l'université, c'est un lieu de savoir.
04:50C'est un lieu de transmission des savoirs.
04:51Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez l'impression, finalement, de plus faire votre métier, ou en tout cas, moins,
04:55et d'être beaucoup concentré, justement, sur des questions socio-économiques, sur des questions de bâti.
05:00Vous venez d'en parler.
05:02Presque logistique, plutôt que d'être là pour organiser des cours, tout simplement.
05:05Non, on ne peut pas dire ça.
05:06Parce que, de toute façon, la vie étudiante, au sens large, on l'a vu de campus, c'est aussi
05:09une démission de l'université.
05:10Donc, on se doit de la mener.
05:12La difficulté, aujourd'hui, c'est que ce pan de notre activité prend de plus en plus d'importance, notamment
05:18financièrement.
05:19Et donc, à un moment donné, avec des financements qui sont en baisse, on n'a pas le loisir d
05:24'arriver à faire toutes nos missions telles qu'on souhaiterait le faire.
05:28C'est ça, plutôt, le problème.
05:29Parce qu'ensuite, on continue à accueillir les étudiants, on continue à bien les former, on continue à être un
05:34lieu de partage, de débat et de discussion.
05:39Mais voilà, il faut qu'on arrive à maintenir les moyens suffisants pour que les universités françaises puissent mener à
05:46bien les missions de services publics telles qu'on nous l'a demandé.
05:50Un sujet que vous espérez donc voir au cœur de la prochaine campagne présidentielle.
05:53Merci beaucoup, Benoît Arouag, président de l'université de Nîmes, d'avoir été avec nous ce matin pour faire suite
05:58à cet appel.
05:58Je le recite son titre, faisons de la jeunesse une grande cause nationale.
06:01Bonne journée, merci.
06:02Merci beaucoup.
06:02Merci beaucoup.

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