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  • il y a 7 minutes
Cinq jours après les violences du 17 octobre et à l'approche d'une nouvelle journée de mobilisation samedi, le gouvernement veut faire redescendre la pression. Des représentants de partis politiques seront reçus à Matignon par Sébastien Lecornu ce jeudi 22 octobre.

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Transcription
00:00Écoutez, on sort de cette réunion encore plus inquiets qu'on y était rentrés, et même, je pense pouvoir parler
00:05au nom de tous les écologistes, en colère.
00:07Il y a une chose sur laquelle tout le monde était d'accord, c'est que les manifestants, les casseurs
00:13et les pilleurs, c'était pas la même chose.
00:15Et y compris le directeur général de la Gendarmerie nationale a dit clairement que dans les cortèges de manifestants, tout
00:21s'était bien passé.
00:22Mais sur le reste, j'ai le regret de vous annoncer qu'on ne se comprend plus, en réalité.
00:27Monsieur le Premier ministre a commencé par préciser en début de réunion que c'était une réunion technique.
00:31De qui se moque-t-on ? On a d'ailleurs eu un powerpoint qui nous expliquait les trois piliers
00:35de la doctrine du maintien de l'ordre français.
00:37C'était assez lunaire, parce qu'à partir du moment où c'est les forces politiques de ce pays, tous
00:42les chefs de parti, les présidents de groupes parlementaires qui sont invités,
00:44non, c'est pas une réunion technique, c'est une réunion politique, parce qu'on est là.
00:47Et par ailleurs, je ne pense pas que le président de la République, quand il fait une allocution face à
00:50tous les Français à 20h, ce soit pour convoquer des réunions techniques.
00:53Donc c'était bien une réunion politique qu'on a animée, nous, comme telles, depuis la place où on était,
00:59c'est-à-dire une mise en scène assez enfantine,
01:01où ils étaient sur une estrade, chacun pour nous expliquer, leur exposer, et nous, sur des chaises, à prendre des
01:06notes sur nos genoux,
01:07comme dans une conférence de presse où on serait venu poser quelques questions, s'il voulait bien, à la fin.
01:11Donc on a essayé de reprendre un peu le contrôle sur cette réunion pour dire ce qu'on avait à
01:14dire, pour parler de l'ordre du jour que l'on voulait,
01:17parce qu'on peut parler de doctrine de maintien d'ordre.
01:19Évidemment qu'il faut parler de ce qui s'est passé le 17, et on était preneurs de réponses, mais
01:22il y a aussi les revendications des lycéens.
01:24On a été finalement très déçus parce que, vous savez, dans ces genres de réunions, on sort rarement avec des
01:30réponses,
01:31mais souvent on a des éléments d'analyse qui peuvent être intéressants.
01:34Des fois, on apprend des choses, des éléments qui ne peuvent pas donner hors huis clos.
01:38Et là, en fait, on n'a rien eu de tout ça.
01:41Et je dois vous dire qu'on sort avec beaucoup de colère sur la doctrine du maintien à l'ordre.
01:46On a pu s'exprimer, mais en réalité, il y a trois problèmes.
01:49Il y a la doctrine en elle-même, il y a comment aller appliquer avec des ordres parfois illégaux, par
01:52exemple les nassages, etc.
01:53Et il y a aussi le sujet des comportements parfois individuels.
01:58On a tous vu, vous êtes journaliste, vous voyez ces vidéos sur les réseaux sociaux,
02:01vous avez même vous-même vu et vécu peut-être des choses dans ces manifestations.
02:05Et ça, il faut pouvoir y répondre.
02:07On a relevé, rapporté des témoignages forts, des choses qu'on a vu qui ne sont pas admissibles,
02:12y compris les numéros de RIO, c'est quand même la base.
02:14Quand il y en a un qui ne le met pas par inadvertance, pourquoi pas ?
02:18Mais là, ce n'est pas de l'inadvertence, c'est une volonté de ne pas l'afficher.
02:21Et quand vous avez dans un groupe 3, 4, 5, 6, 10 qui ne l'affichent pas,
02:26personne ne leur dit « là, il faut le mettre ».
02:28Donc c'est aussi qu'il y a un dérapage aussi au sein des forces d'ordre,
02:31parfois dans ce qui relève de la délégalité, qui doit être rapporté.
02:34Et ce qu'on a quand même dit, c'est que dans le rapport de confiance entre une population et
02:38sa police,
02:39c'est important que les règles soient respectées.
02:41Parce que quand on porte l'uniforme et qu'on exerce la violence au nom de l'État,
02:45ça engage fortement.
02:46Et que si on veut, et c'est important pour tous les démocrates de ce pays,
02:50une relation saine entre une population et sa police,
02:53il y a des règles qui doivent être respectées.
02:56Ce qu'on a dit aussi, évidemment, c'est qu'un mouvement social
03:00ne pouvait pas avoir comme seule réponse du maintien de l'ordre.
03:03et que la force publique, à un moment, ne pourra pas contenir la colère.
03:07Et donc nous, on fait vraiment la différence entre les casseurs, les pilleurs,
03:11on condamne toutes leurs actions et les manifestants.
03:14Mais enfin, on voit bien que les casseurs profitent des manifestations
03:17et que si on veut éviter ça, il faut aussi pouvoir répondre aux manifestations.
03:21Merci.
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