Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 minutes
«Si le congrès du RN est annulé, vous donnez raison à la rue et à la violence», considère Serge Grouard

Chaque matin dans Europe 1 Matin, Dimitri Pavlenko reçoit un invité pour évoquer les dernières actualités. Aujourd'hui, Serge Grouard, maire d’Orléans.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:007h, 9h, Europe 1 Matin.
00:02Il est 7h11 sur Europe 1, Dimitri Pavlenko, vous recevez ce matin le maire LR d'Orléans, Serge Gouard.
00:09Bonjour Serge Gouard.
00:10Bonjour, bonjour.
00:11Bienvenue sur Europe 1, la ville que vous dirigez sera-t-elle samedi l'épicentre des perturbations et des violences
00:16que tout le monde redoute après les pillages du 17 octobre ?
00:19Il se trouve que le Rassemblement National, hasard du calendrier, tient congrès à Orléans ce week-end.
00:24D'or, le ministère de l'Intérieur prévient que plusieurs dizaines de milliers de manifestants, avec défilés, villages antifascistes et
00:32surtout le risque que des éléments radicaux profitent de la masse pour s'y greffer,
00:36tous ces gens-là sont attendus ce week-end.
00:38Les services de renseignement auraient même conseillé au Rassemblement National d'annuler son congrès, ce qu'ils refusent.
00:43Vous êtes le maire d'Orléans, Serge Gouard. Qu'est-ce que vous nous dites ce matin sur Europe 1
00:47?
00:48Je dis que mon objectif est de faire en sorte de maintenir la tranquillité le plus possible sur Orléans, de
00:54protéger Orléans et de protéger les Orléanais.
00:57Voilà mon objectif et pour cela j'ai demandé un dispositif exceptionnel, la situation exceptionnelle, dispositif exceptionnel.
01:05Je l'ai obtenu, on est en train de mettre tout cela en place avec le préfet.
01:09Vous avez peur pour votre ville, pour votre mairie, on pense à ce qui s'est passé notamment à Limoges
01:13la semaine dernière, Serge Gouard.
01:15Vous craignez une répétition de ce genre d'événements ?
01:17Je n'ai pas peur, je suis inquiet. Inquiet et déterminé à faire en sorte qu'il n'y ait
01:23pas tout ce que l'on a vu le week-end dernier.
01:26Je précise que sur Orléans, nous avons eu quelques dégradations, mais peu de dégradations au regard du chaos que l
01:33'on a vu partout en France.
01:34Donc on est extrêmement vigilants, on est déterminés et je suis sur le pont, j'ai reni tous les jours
01:40une cellule de crise.
01:41On est en échange permanent avec la préfecture et l'on prend toutes les mesures de sécurité et les mesures
01:49préventives nécessaires.
01:51Maintenant, je ne suis pas devin et évidemment que je suis inquiet.
01:56Vous êtes maire d'une grande ville de France, vous êtes un républicain, Serge Gouard.
02:01Qu'est-ce que vous dites aussi au Rassemblement National ? Est-ce qu'il serait plus sage, pensez-vous,
02:05que le Congrès soit annulé, sinon reporté, déplacé ?
02:09Mais si ce Congrès était annulé, vous donnez raison à la rue et à la violence.
02:14Donc vous n'aurez plus de campagne présidentielle et finalement vous n'avez plus quoi ?
02:19Si vous n'avez plus de campagne électorale, vous n'avez plus de démocratie.
02:23C'est aussi simple que ça.
02:24Il y a un moment où il faut dire stop.
02:26Ce n'est pas la rue qui décide dans une démocratie.
02:30Ce sont les électeurs, c'est le peuple.
02:33Et le peuple, il en a ras-le-bol.
02:35Les gens en ont ras-le-bol.
02:37Vous savez, hier, j'étais encore avec les commerçants d'Orléans.
02:42Ils en ont ras-le-bol.
02:44Voilà, il y a une majorité silencieuse en France qui ne supporte plus tout cela.
02:49Alors il faut l'entendre, cette majorité-là.
02:52Alors Sébastien Lecornu va recevoir cet après-midi les maires de Paris, de Marseille, de Lyon aussi.
02:57Est-ce que vous auriez aimé être convié à cette réunion à Matignon, Serge Gouard ?
03:02Écoutez, vous savez, moi, depuis que je suis élu des réunions, j'en ai vu, j'en ai entendu, tout
03:07cela.
03:09On voit bien, on va faire des images, on va faire des photos, on va râler un petit peu et
03:14puis rien ne changera.
03:15Ce n'est pas ça.
03:16Moi, je veux de l'efficacité.
03:18Et là, avec le préfet, nous avons les moyens de répondre à cette violence possible.
03:25Voilà, c'est ça qui m'importe, moi.
03:26C'est l'efficacité.
03:28Ce ne sont pas les palabres.
03:29Alors, le dispositif de sécurité pour ce week-end chez vous à Orléans, il va être présenté dans la journée.
03:35Dans la semaine, Serge Gouard aussi, vous vous êtes fait remarquer en appelant Emmanuel Macron à déclencher l'article 16
03:42de la Constitution.
03:43Donc, c'était un peu le bazooka constitutionnel, les pleins pouvoirs en cas de crise majeure.
03:48Est-ce que ça ne vous paraît pas un peu inadapté tout de même, ces pleins pouvoirs dans le contexte
03:54qui est le nôtre en ce moment ?
03:55Alors, si vous me le permettez, ce n'est pas exactement les pleins pouvoirs.
03:59C'est une concentration de pouvoir qui est donnée constitutionnellement au Président de la République lorsqu'il y a menaces
04:06graves sur le pays, sur les institutions,
04:08et pour reprendre le texte, lorsque le fonctionnement régulier des pouvoirs publics est interrompu.
04:14Je considère effectivement que ces conditions sont remplies.
04:18Le général de Gaulle l'avait utilisé, cet article 16, en 1961.
04:22Voilà, donc c'est parfaitement constitutionnel et légal, mais cela permet beaucoup plus d'efficacité.
04:28Cela permet, de mon point de vue, de répondre à ce que je constate, ce que beaucoup de Français constatent,
04:35c'est en fait une sorte de paralysie de croissance de l'État, et de rétablir l'ordre dans le
04:42pays.
04:43Voilà, parce qu'on est au bord du gouffre.
04:45Donc il faut qu'il y ait des mesures fortes qui se prennent.
04:49C'est dans les mains du Président de la République.
04:52Il y a des contreparties pour éviter justement cette concentration des pouvoirs, les conséquences possibles.
05:00Donc tout cela est parfaitement encadré, c'est possible.
05:03Je pense qu'il faut marquer les choses, et je pense que l'on irait vers ce que je vous
05:07disais à l'instant,
05:07c'est-à-dire de l'efficacité dans les décisions.
05:10Si je vous donne un exemple très concret, on parle, on est d'accord ou pas d'accord, peu importe,
05:15mais on parle du principe casseur-payeur.
05:19Bon, très bien. Vous le mettez comment en œuvre aujourd'hui ?
05:21Moi, je vous pose la question.
05:23Vous ne le mettez pas en œuvre.
05:26L'article 16 vous permettrait rapidement, si vous le souhaitez, encore une fois,
05:30je ne préjuge pas du fond, mais de mettre en œuvre des dispositifs comme ceux-là et beaucoup d'autres.
05:35Oui, on a eu une jurisprudence Notre-Dame en contournant certains règlements.
05:40C'est la même chose, le même état d'esprit qu'il faudrait adopter sur le plan de la sécurité,
05:43vous pensez aujourd'hui ?
05:44Oui, c'est exactement cela. C'est un très bon exemple Notre-Dame.
05:48On a vu enfin quelque chose qui fonctionnait dans ce pays.
05:51Ben voilà. Donc il faut s'inspirer des choses qui fonctionnent.
05:53Sauf que, dans le domaine ordre public-sécurité, j'allais dire, vous ne pouvez pas refaire le coup de Notre
06:00-Dame ou des Jeux Olympiques.
06:01Ça, ça ne fonctionnera pas.
06:03Et notamment, il y a aujourd'hui aussi une paralysie du législatif, de l'Assemblée nationale, très concrètement.
06:10Eh bien, vous êtes paralysé, vous ne pouvez pas faire.
06:12Alors, qu'est-ce que vous faites ?
06:13Vous faites des grandes déclarations, vous faites de la tchatche, vous faites éventuellement, comment dire, quelques mesurettes.
06:21Mais vous ne répondez pas à la situation dramatique du pays aujourd'hui.
06:26Et quand je dis dramatique, je parle en termes de sécurité, mais avec tout ce qui va là-dedans, y
06:33compris en termes économiques.
06:35Moi, je vois en permanence des chefs d'entreprise qui n'arrivent plus à travailler, etc., etc.
06:42Donc, je pense qu'il faut...
06:43Tout dépend de l'analyse que l'on fait.
06:45Si l'on dit, bon, écoutez, il y a quelques petits soucis, mais ça va continuer, bon, d'accord.
06:51Si on dit le pays est au bord du chaos, alors à ce moment-là, là aussi, à situation exceptionnelle,
06:57mesure exceptionnelle.
06:59Et c'est de la responsabilité de l'exécutif.
07:02Et De Gaulle, à l'époque, a donné les moyens de sortir de ce type de crise.
07:06Eh bien, il faut les utiliser.
07:07Merci à vous, Serge Groir.
07:08Le maire d'Orléans était donc, ce matin, notre invité sur Europe 1.
07:11Merci, Serge Groir.
07:12Bonne journée à vous.
07:13Merci à vous.
07:14Et on suivra, évidemment, l'annonce des moyens qui vont être déployés à Orléans, dans votre ville.
07:20Ce journais en perspective de ce week-end compliqué qui vous attend à Orléans.
07:24Bonne journée, Serge Groir.

Recommandations