00:00J'ai l'impression qu'il n'était pas… Oui, il y avait beaucoup de domaines dans lesquels il était
00:04dans l'ignorance.
00:05C'est quand même étonnant. Au dernier moment, pratiquement, on ne savait même pas encore où se dérouleraient les manifestations.
00:13Il y avait des autorisations qui étaient demandées, mais rien n'était établi.
00:18C'est invraisemblable, parce que dans un principe de sécurité, il vaut mieux connaître en amont, bien avant,
00:24pour avoir des observateurs et des éléments d'indication sur ce qui se passera
00:31et avoir ainsi des informations pour mieux positionner les forces en présence.
00:36Les forces en présence, on est bien obligé d'admettre.
00:41Et lui-même m'a dit, oui, on avait des rapports un peu asymétriques à certains endroits face à ceux
00:48qui se dressaient devant nous.
00:50Mais il y avait 14 bataillons de CRS qui étaient restés chez eux.
00:57Donc on n'avait pas du tout mobilisé tel qu'on pouvait l'espérer.
01:02Mais pourquoi ? On aime bien s'endormir dans ce pays et en particulier du côté de la présidence de
01:08la République
01:09et du ministère de l'Intérieur, en l'occurrence.
01:13On avait le sentiment que les lycéens, à ma foi, ces gaillards-là, les vacances arrivent,
01:21ils vont aller se donner quelques instants de repos et que par conséquent, d'ailleurs, dans les rues,
01:29l'agitation semblait s'essouffler légèrement.
01:32Mais oui, ils ne seront pas là.
01:34C'était quand même ignorer tout ce qui se passait sur les réseaux sociaux.
01:38Alors il y a par exemple le site 17octobre.jaune.net, enfin j'ai mal noté le site,
01:49où on avait les informations avec les points qui se multipliaient et là, rien !
01:54Du côté des renseignements territoriaux, on était en retard sur les réseaux sociaux.
02:01Ça pose quand même des questions essentielles.
02:03Comment faire en sorte que le peu de troupes mobilisées soient au bon endroit ?
02:10Par ailleurs, du côté de la préfecture, on avait suggéré qu'il serait bon de faire attention
02:16à ce qui s'était passé après le grand drame de l'Arc de Triomphe et des manifestations des Gilets
02:24jaunes.
02:25Des mesures, à ce moment-là, avaient été prises par un général de gendarmerie en disant
02:32« Voilà comment nous devons agir ».
02:33Et c'est vrai qu'après l'enflammement de l'Arc de Triomphe,
02:40les manifestations n'avaient pas été vraiment plus clames,
02:43mais avaient quand même été moins dramatiques que ce que l'on avait vécu.
02:47Mais ça, on ne voulait pas du tout en tenir compte.
02:49Donc, les alertes de la préfecture étaient ignorées.
02:54Mais non, on est entrés dans une période où l'essoufflement sera là.
02:59Ben oui, ça permet au président de la République d'aller voir Céline Dion.
03:03Tout le monde est chez soi, on regarde la télévision.
03:06La France est en paix.
03:08Agissez, braves gens.
03:09Voilà où nous en étions.
03:11Et quand on regarde toutes les manifestations telles qu'elles se sont déroulées,
03:17Bloquons-Tout, les manifestations des retraites,
03:21il y avait 1,1 million de personnes dans les rues.
03:25Et ça a été à peu près tenu.
03:26Mais parce qu'on avait su anticiper.
03:29Alors là, on nous dit, mais les choses iront beaucoup mieux la semaine prochaine.
03:35Espérons-le.
03:36Mais quand on a aussi, j'ai remarqué un témoignage d'un capitaine de gendarmerie,
03:43enfin de CRS, pardon, qui dit, voilà, moi, j'ai mon escadron à côté de moi.
03:48Quand je dois prendre une décision immédiate,
03:51à ce moment-là, je dois en rendre compte au chef de secteur
03:54qui lui-même rapporte à la préfecture,
03:57qui renvoie pour nous dire ce que l'on doit faire.
04:00Vous imaginez bien que ceux qui sont là en éparpillement,
04:04dans le bourdonnement,
04:06ça fait longtemps qu'ils ont disparu quand on passe à l'action.
04:10Sous-titrage Société Radio-Canada
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