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  • il y a 2 jours
Christine Kelly revient, de 11h à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:0111h-13h, Christine Kelly sur Europe 1
00:05Comment faut-il s'armer ? S'armer de patience, s'armer de calme, s'armer de sagesse, c'est
00:10le plus important.
00:12Lorsque je vois ce tweet que je suis en train de lire, un armurier en ligne qui vend du matériel
00:18d'autodéfense,
00:19c'est-à-dire lacrymo, pistolet à pulsion électrique matraque, joint par une chaîne info,
00:24explique, document à la pluie, qu'il a multiplié par 6 ses commandes depuis le 18 octobre
00:31et n'a pas souhaité témoigner devant une caméra.
00:35On en est là, on en parlait hier également.
00:38Gilbert Collat, restez en ligne avec nous, on va prendre Alain et Virginie qui nous attendent depuis tout à l
00:41'heure.
00:42Bonjour Alain, vous dites qu'il faut s'armer, mais vous voyez que vous pensez que c'est la seule
00:45solution pour se défendre.
00:46Les chefs de l'État viennent de nous rassurer.
00:49Bonjour Christine, je ne sais pas si on m'entend.
00:52Oui, on vous entend très bien Alain.
00:53Voilà, donc moi je suis d'accord avec M. Pollard, mais sauf sur un point,
00:57quand les personnes viennent chez vous à 10, 20, 30 ou 40 ou 50,
01:02forcément l'article de légitime défense, je ne sais pas s'il est encore valable,
01:07parce que bon, ça c'est du 1 contre 1, quand on dit oui, il faut que c'est proportionné,
01:11mais quand les personnes viennent à 100 chez toi, moi franchement...
01:14Alain, ne bougez pas, je demande tout de suite à Gilbert Collat de vous répondre.
01:17Gilbert Collat, vous êtes en ligne avec nous, que répondez-vous Alain ?
01:20Alors, la jurisprudence est terrifiante, parce qu'il y a une vraie volonté des magistrats
01:27d'empêcher la réaction de légitime défense.
01:31Les cours d'assises acquittent très rarement dans le cas de légitime défense.
01:36Il faut, pour qu'on puisse utilement plaider la légitime défense,
01:41qu'il y ait une menace démontrée...
01:45Je ne dis pas que c'est bien, moi je pense que...
01:47Non, ce n'est pas évident.
01:48J'ai le bien que là, pardon, je sais qu'il y a la loi, il y a l'interprétation
01:52de la loi,
01:52il y a le juge, il y a les magistrats, il y a tout cela,
01:54mais c'est-à-dire qu'Alain qui nous dit, lorsqu'ils viennent à 50 comme ça chez vous,
01:58on ne peut pas, juste avec cet élément, selon vous, à vous entendre,
02:04déceler si c'est effectivement de la légitime défense.
02:06On peut...
02:08Vous comprenez, si il y avait une appréciation, c'est ce que je voulais moi quand j'étais député,
02:12de la peur psychologique pour justifier la légitime défense,
02:15on serait dans ce cas-là.
02:17Mais si vous avez affaire à une horde,
02:20il faut démontrer que cette horde constituait
02:24une réalité menaçante pour l'intégrité physique.
02:27Gilbert Collard, restez avec nous, hein, Gabriel Cuset, vous vous parlez.
02:30Oui, je crois savoir qu'en Suisse...
02:33En Suisse, c'est différent, oui.
02:34Il y a une exception de sidération.
02:35Si on considère que, effectivement, vous êtes attaqué,
02:38vous êtes considéré comme sidéré,
02:41donc, de fait, vous ne pouvez pas forcer de savoir, par exemple,
02:45parce que ça arrive parfois,
02:46que l'arme qu'il a en face de vous est factice.
02:49Voilà.
02:50Et j'avais demandé dans mon projet de loi
02:51que l'on intègre la notion de sidération.
02:54Bon, ça a été rejeté, évidemment, vous en doutez.
02:57Alors, j'ai bien collard, restez en ligne avec nous,
02:59parce que votre regard est capital
03:00pour bien comprendre le contour de la loi
03:03et informer les auditeurs d'Europe 1,
03:05parce qu'ils sont nombreux à nous appeler
03:07et dire qu'ils en ont marre
03:09et qu'ils n'en peuvent plus.
03:10Alain, vous avez entendu la réponse du maître...
03:13Oui, oui, oui.
03:15Moi, personnellement, j'ai le 12 à la maison.
03:17Enfin, voilà, si je ne m'en sers pas, tant mieux.
03:19C'est quoi ça ?
03:21Ah, c'est une arme à feu, pardon.
03:23Voilà, ouais, ouais.
03:24Si un jour, voilà, avec mes enfants ou autres,
03:28j'essaierai de ne pas m'en servir.
03:31Mais effectivement, il vaut mieux être en prison
03:33qu'en ce cas de planche.
03:35Moi, je ne suis pas d'accord avec vous, mais bon.
03:38Merci, mon cher Alain.
03:39Oui, elle dit aux armes, aux citoyens.
03:41Donc, quand il faut, il faut.
03:43Il faut que les Français aussi gardent leur coronesse
03:46et puis aussi défendent leur famille en cas où.
03:49Et puis, voilà.
03:50On en est là par rapport à l'état d'esprit.
03:53Merci beaucoup, Alain,
03:53d'avoir appelé au standard d'Europe 1.
03:55On en est là par rapport à l'état d'esprit,
03:57mais nous sommes là pour rappeler la loi.
03:59Bien sûr qu'il faut rappeler la loi,
04:01mais on comprend ce que dit Alain.
04:02Dans la mesure où l'état ne joue plus son rôle,
04:04on revient presque à des peurs ancestrales.
04:06Vous savez, il y a des siècles, bien sûr,
04:08mais est-ce qu'un Français a le droit de se dire
04:12je vais laisser mes enfants se faire massacrer
04:16comme des agneaux ?
04:17Ben non, évidemment qu'il n'a pas envie de se dire ça.
04:19Mettez-vous en situation.
04:20Vous êtes chez vous, dans votre maison.
04:22Vous entendez des gens grimper.
04:24Vous appelez la police qui ne répond pas.
04:27Vous appelez les pompiers qui sont en train de déteindre des gens.
04:28C'est ce qu'on a entendu ce week-end.
04:30Alors qu'est-ce que vous faites ?
04:31Qu'est-ce que vous faites ?
04:32Et vous appelez les médecins où le samut les pompiers et qu'ils ne viennent pas.
04:35Votre femme est terrifiée.
04:36Vous-même, vous n'en menez pas large.
04:38Mais très honnêtement, il faut voir la situation concrète.
04:40Et ce n'est pas une situation comme ça fantasmée.
04:42Ça a été vécu.
04:44Ça a été vécu.
04:45Et ça, c'est la faute de l'impéricide d'État.
04:47J'ai vu des gens, je terminerai par là,
04:48mais parce qu'ils jetaient de l'eau chaude, samedi,
04:51vous savez, de leurs fenêtres.
04:53Ces moyens nageux ont jeté ça par les machicoulis.
04:55Vous vous souvenez ?
04:56Mais pourquoi ?
04:57Parce qu'aujourd'hui, l'État ne remplit plus son rôle.
05:00On lui avait délégué ce pouvoir.
05:01Il ne le remplit plus.
05:03Donc malheureusement, les Français sont tentés de s'organiser.
05:07Alors, Emmanuel Macron, je rappelle, a dit qu'il n'y a aucune violence légitime.
05:13La main de l'État ne doit pas trembler, dit Emmanuel Macron.
05:16Tout sera fait pour éviter le retour aux violences
05:19et pas besoin de l'État d'urgence.
05:20Virginie, vous nous appelez du Rhône,
05:21avant de revenir à Gilbert Collat,
05:23qui va nous donner peut-être la liste
05:25de ce qu'il est possible d'avoir à la maison,
05:27peut-être pour se défendre, peut-être un petit bâton.
05:29Bonjour Virginie.
05:30Oui, bonjour.
05:32Donc moi, j'ai apporté mon témoignage par rapport à votre phrase
05:35« Est-ce qu'une femme a le droit de se défendre
05:37avec, par exemple, une bombe acrymogène ? »
05:39Donc moi, je voulais apporter, malheureusement,
05:41mon expérience qui a été terrible.
05:44Je suis encore d'ailleurs un peu toujours émue en en parlant.
05:49Donc, il y a quelques temps,
05:51j'ai eu la malchance de tomber sur deux grands gaillards
05:55qui m'ont grillé la priorité sur un stop
05:58et j'ai eu la bêtise de klaxonner.
06:01Ils sont venus taper sur ma voiture,
06:04casser ma voiture,
06:04donc je suis sortie de ma voiture,
06:05deuxième bêtise,
06:06et là, en fait, ils ne s'en sont plus pris à ma voiture,
06:08ils ne s'en sont plus à mon visage et à mon corps.
06:11Ensuite, l'un des deux a sorti un couteau
06:13que j'ai appris plus tard à être un couteau au papillon
06:15parce que ça, j'ai eu une notion morale de la part des gendarmes là-dessus.
06:19Et voyant la situation,
06:20j'avais dans mon sac une bombe acrymogène,
06:23je me suis défendue.
06:23Je me suis bien défendue avec la bombe acrymogène,
06:26c'est vrai.
06:27Mais ça m'a sauvé la vie, je pense.
06:29Le deuxième jeune,
06:30enfin, la deuxième personne,
06:31très courageuse aussi,
06:32a pris un pied de table,
06:34parce que ce n'est pas considéré comme une arme,
06:36pour me taper dessus.
06:37J'ai eu la chance incommensurable
06:39d'avoir des personnes qui m'ont secouru,
06:42des hommes, dont un pompier,
06:44qui se sont interposés,
06:45qui ont fini de me protéger.
06:47Ils sont partis,
06:48ces deux personnes qui m'ont agressée sont partis,
06:51et nous, on attendait bien tranquillement les pompiers
06:54parce que j'avais mon visage qui était,
06:55ma foi, très tué.

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