00:0111h-13h, Christine Kelly sur Europe 1
00:05Comment faut-il s'armer ? S'armer de patience, s'armer de calme, s'armer de sagesse, c'est
00:10le plus important.
00:12Lorsque je vois ce tweet que je suis en train de lire, un armurier en ligne qui vend du matériel
00:18d'autodéfense,
00:19c'est-à-dire lacrymo, pistolet à pulsion électrique matraque, joint par une chaîne info,
00:24explique, document à la pluie, qu'il a multiplié par 6 ses commandes depuis le 18 octobre
00:31et n'a pas souhaité témoigner devant une caméra.
00:35On en est là, on en parlait hier également.
00:38Gilbert Collat, restez en ligne avec nous, on va prendre Alain et Virginie qui nous attendent depuis tout à l
00:41'heure.
00:42Bonjour Alain, vous dites qu'il faut s'armer, mais vous voyez que vous pensez que c'est la seule
00:45solution pour se défendre.
00:46Les chefs de l'État viennent de nous rassurer.
00:49Bonjour Christine, je ne sais pas si on m'entend.
00:52Oui, on vous entend très bien Alain.
00:53Voilà, donc moi je suis d'accord avec M. Pollard, mais sauf sur un point,
00:57quand les personnes viennent chez vous à 10, 20, 30 ou 40 ou 50,
01:02forcément l'article de légitime défense, je ne sais pas s'il est encore valable,
01:07parce que bon, ça c'est du 1 contre 1, quand on dit oui, il faut que c'est proportionné,
01:11mais quand les personnes viennent à 100 chez toi, moi franchement...
01:14Alain, ne bougez pas, je demande tout de suite à Gilbert Collat de vous répondre.
01:17Gilbert Collat, vous êtes en ligne avec nous, que répondez-vous Alain ?
01:20Alors, la jurisprudence est terrifiante, parce qu'il y a une vraie volonté des magistrats
01:27d'empêcher la réaction de légitime défense.
01:31Les cours d'assises acquittent très rarement dans le cas de légitime défense.
01:36Il faut, pour qu'on puisse utilement plaider la légitime défense,
01:41qu'il y ait une menace démontrée...
01:45Je ne dis pas que c'est bien, moi je pense que...
01:47Non, ce n'est pas évident.
01:48J'ai le bien que là, pardon, je sais qu'il y a la loi, il y a l'interprétation
01:52de la loi,
01:52il y a le juge, il y a les magistrats, il y a tout cela,
01:54mais c'est-à-dire qu'Alain qui nous dit, lorsqu'ils viennent à 50 comme ça chez vous,
01:58on ne peut pas, juste avec cet élément, selon vous, à vous entendre,
02:04déceler si c'est effectivement de la légitime défense.
02:06On peut...
02:08Vous comprenez, si il y avait une appréciation, c'est ce que je voulais moi quand j'étais député,
02:12de la peur psychologique pour justifier la légitime défense,
02:15on serait dans ce cas-là.
02:17Mais si vous avez affaire à une horde,
02:20il faut démontrer que cette horde constituait
02:24une réalité menaçante pour l'intégrité physique.
02:27Gilbert Collard, restez avec nous, hein, Gabriel Cuset, vous vous parlez.
02:30Oui, je crois savoir qu'en Suisse...
02:33En Suisse, c'est différent, oui.
02:34Il y a une exception de sidération.
02:35Si on considère que, effectivement, vous êtes attaqué,
02:38vous êtes considéré comme sidéré,
02:41donc, de fait, vous ne pouvez pas forcer de savoir, par exemple,
02:45parce que ça arrive parfois,
02:46que l'arme qu'il a en face de vous est factice.
02:49Voilà.
02:50Et j'avais demandé dans mon projet de loi
02:51que l'on intègre la notion de sidération.
02:54Bon, ça a été rejeté, évidemment, vous en doutez.
02:57Alors, j'ai bien collard, restez en ligne avec nous,
02:59parce que votre regard est capital
03:00pour bien comprendre le contour de la loi
03:03et informer les auditeurs d'Europe 1,
03:05parce qu'ils sont nombreux à nous appeler
03:07et dire qu'ils en ont marre
03:09et qu'ils n'en peuvent plus.
03:10Alain, vous avez entendu la réponse du maître...
03:13Oui, oui, oui.
03:15Moi, personnellement, j'ai le 12 à la maison.
03:17Enfin, voilà, si je ne m'en sers pas, tant mieux.
03:19C'est quoi ça ?
03:21Ah, c'est une arme à feu, pardon.
03:23Voilà, ouais, ouais.
03:24Si un jour, voilà, avec mes enfants ou autres,
03:28j'essaierai de ne pas m'en servir.
03:31Mais effectivement, il vaut mieux être en prison
03:33qu'en ce cas de planche.
03:35Moi, je ne suis pas d'accord avec vous, mais bon.
03:38Merci, mon cher Alain.
03:39Oui, elle dit aux armes, aux citoyens.
03:41Donc, quand il faut, il faut.
03:43Il faut que les Français aussi gardent leur coronesse
03:46et puis aussi défendent leur famille en cas où.
03:49Et puis, voilà.
03:50On en est là par rapport à l'état d'esprit.
03:53Merci beaucoup, Alain,
03:53d'avoir appelé au standard d'Europe 1.
03:55On en est là par rapport à l'état d'esprit,
03:57mais nous sommes là pour rappeler la loi.
03:59Bien sûr qu'il faut rappeler la loi,
04:01mais on comprend ce que dit Alain.
04:02Dans la mesure où l'état ne joue plus son rôle,
04:04on revient presque à des peurs ancestrales.
04:06Vous savez, il y a des siècles, bien sûr,
04:08mais est-ce qu'un Français a le droit de se dire
04:12je vais laisser mes enfants se faire massacrer
04:16comme des agneaux ?
04:17Ben non, évidemment qu'il n'a pas envie de se dire ça.
04:19Mettez-vous en situation.
04:20Vous êtes chez vous, dans votre maison.
04:22Vous entendez des gens grimper.
04:24Vous appelez la police qui ne répond pas.
04:27Vous appelez les pompiers qui sont en train de déteindre des gens.
04:28C'est ce qu'on a entendu ce week-end.
04:30Alors qu'est-ce que vous faites ?
04:31Qu'est-ce que vous faites ?
04:32Et vous appelez les médecins où le samut les pompiers et qu'ils ne viennent pas.
04:35Votre femme est terrifiée.
04:36Vous-même, vous n'en menez pas large.
04:38Mais très honnêtement, il faut voir la situation concrète.
04:40Et ce n'est pas une situation comme ça fantasmée.
04:42Ça a été vécu.
04:44Ça a été vécu.
04:45Et ça, c'est la faute de l'impéricide d'État.
04:47J'ai vu des gens, je terminerai par là,
04:48mais parce qu'ils jetaient de l'eau chaude, samedi,
04:51vous savez, de leurs fenêtres.
04:53Ces moyens nageux ont jeté ça par les machicoulis.
04:55Vous vous souvenez ?
04:56Mais pourquoi ?
04:57Parce qu'aujourd'hui, l'État ne remplit plus son rôle.
05:00On lui avait délégué ce pouvoir.
05:01Il ne le remplit plus.
05:03Donc malheureusement, les Français sont tentés de s'organiser.
05:07Alors, Emmanuel Macron, je rappelle, a dit qu'il n'y a aucune violence légitime.
05:13La main de l'État ne doit pas trembler, dit Emmanuel Macron.
05:16Tout sera fait pour éviter le retour aux violences
05:19et pas besoin de l'État d'urgence.
05:20Virginie, vous nous appelez du Rhône,
05:21avant de revenir à Gilbert Collat,
05:23qui va nous donner peut-être la liste
05:25de ce qu'il est possible d'avoir à la maison,
05:27peut-être pour se défendre, peut-être un petit bâton.
05:29Bonjour Virginie.
05:30Oui, bonjour.
05:32Donc moi, j'ai apporté mon témoignage par rapport à votre phrase
05:35« Est-ce qu'une femme a le droit de se défendre
05:37avec, par exemple, une bombe acrymogène ? »
05:39Donc moi, je voulais apporter, malheureusement,
05:41mon expérience qui a été terrible.
05:44Je suis encore d'ailleurs un peu toujours émue en en parlant.
05:49Donc, il y a quelques temps,
05:51j'ai eu la malchance de tomber sur deux grands gaillards
05:55qui m'ont grillé la priorité sur un stop
05:58et j'ai eu la bêtise de klaxonner.
06:01Ils sont venus taper sur ma voiture,
06:04casser ma voiture,
06:04donc je suis sortie de ma voiture,
06:05deuxième bêtise,
06:06et là, en fait, ils ne s'en sont plus pris à ma voiture,
06:08ils ne s'en sont plus à mon visage et à mon corps.
06:11Ensuite, l'un des deux a sorti un couteau
06:13que j'ai appris plus tard à être un couteau au papillon
06:15parce que ça, j'ai eu une notion morale de la part des gendarmes là-dessus.
06:19Et voyant la situation,
06:20j'avais dans mon sac une bombe acrymogène,
06:23je me suis défendue.
06:23Je me suis bien défendue avec la bombe acrymogène,
06:26c'est vrai.
06:27Mais ça m'a sauvé la vie, je pense.
06:29Le deuxième jeune,
06:30enfin, la deuxième personne,
06:31très courageuse aussi,
06:32a pris un pied de table,
06:34parce que ce n'est pas considéré comme une arme,
06:36pour me taper dessus.
06:37J'ai eu la chance incommensurable
06:39d'avoir des personnes qui m'ont secouru,
06:42des hommes, dont un pompier,
06:44qui se sont interposés,
06:45qui ont fini de me protéger.
06:47Ils sont partis,
06:48ces deux personnes qui m'ont agressée sont partis,
06:51et nous, on attendait bien tranquillement les pompiers
06:54parce que j'avais mon visage qui était,
06:55ma foi, très tué.