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#7INFO #VUDECOTEDIVOIRE

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Éducation
Transcription
00:05Et si le cinéma devenait un outil de valorisation de la culture africaine et du rapprochement des
00:11peuples? Mesdames et messieurs, nous sommes dans le département de Toumoudi, plus précisément dans
00:15le village d'Abli, où un espace dédié au septième art est sorti de terre. Cela s'appelle Abliwood.
00:22On va découvrir qui l'entretient, pourquoi ça a été créé. Suivez-moi, on va à la rencontre de
00:27l'homme qu'on appelle Charles Kouakou.
00:35Monsieur Charles Kouakou, merci de nous accueillir à Abliwood. Merci, merci beaucoup, merci.
00:41Alors, il y a quelque chose qui me frappe tout de suite quand je découvre cet endroit. Il est quand
00:46même large, on a bien envie de savoir, c'est sur quelle dimension c'est conçu? On va dire environ
00:51un hectare. Waouh! Et on décide de prendre un hectare qu'on dédie à la culture.
00:57Tout à fait. Pourquoi justement? Alors, parce que nous sommes convaincus qu'un peuple sans culture ne peut pas se
01:04développer.
01:05D'accord. Parce qu'un peuple sans culture est exactement comme un arbre sans racines. Et donc, il faut que
01:12nous nous connections à notre culture pour avoir les racines suffisantes pour aller au développement.
01:17C'est pour cela que nous avons pensé qu'il était bon de créer un espace dédié à la culture.
01:24Non seulement au cinéma, mais à la culture.
01:26En général. Parce que le cinéma, c'est le septième art, mais qui englobe beaucoup de, on va dire, beaucoup
01:34de métiers.
01:35Donc, à travers cet espace, nous allons valoriser l'ensemble de nos valeurs culturelles qui pour nous ont été un
01:44peu, on va dire, délaissées.
01:46C'est ça. C'est ça. Ça aurait pu être conçu à Abidjan. Pourquoi venir au fin fond de Toumoudi?
01:54Pourquoi Abli?
01:55Alors, parce que nous voulons inviter chaque cadre de ce pays à poser un acte fort dans son village.
02:03D'accord.
02:04Parce que je suis en train de vous parler de la culture comme de nos racines.
02:09Moi, je suis d'Abli. Si je peux commencer par Abli, je pense que ça fera plaisir à mes ancêtres
02:14et à mes parents.
02:15D'accord.
02:15C'est pour cela que nous avons commencé à Abli.
02:17Mais justement, comment naît cette idée?
02:19Alors, l'idée naît de ce que, comme nous l'avons dit tout à l'heure, nous voyons beaucoup de
02:25gens s'intéresser aux fruits de l'arbre.
02:29Mais ils oublient que pour que l'arbre donne des fruits, il faut qu'il ait un tronc solide.
02:34Très clair.
02:36Mais le tronc solide qui va faire que l'arbre va avoir les feuillages et les fruits ne peut se
02:41faire que si l'arbre a des racines bien implantées.
02:46Nous nous sommes rendus compte qu'aujourd'hui, en Côte d'Ivoire, l'ivoirien ne consomme que ce qui vient
02:53d'ailleurs.
02:56Notre culture est mis un peu en retrait.
03:00Au point où, ce qui m'a véritablement choqué, c'est quand je vois nos mariages traditionnels qui sont devenus
03:08autre chose.
03:08Carrément modernes.
03:09Carrément autre chose parce qu'on a vu d'autres peuples nous présenter ce qu'ils font.
03:15Mais c'est contre nos valeurs.
03:18C'est contre nos traditions.
03:22Désormais, la femme va se voiler.
03:25On va dire, est-ce que c'est elle qu'il faut payer le transport?
03:28Ça ne se faisait pas comme ça de façon traditionnelle.
03:31Et donc, nous avons dit qu'il est important de faire en sorte que les gens reviennent à la tradition
03:36en dédiant cet espace-là où, régulièrement, nous allons faire en sorte que les gens se reconnectent à leur culture
03:49et que notre culture soit le lévier de notre développement.
03:52Et vous faites bien de le dire, on comprend bien aisément qu'il ne s'agit pas seulement d'un
03:56espace dédié au septième art, comme je le disais, mais plus profondément à la culture elle-même, à la culture
04:03ivoirienne.
04:04Tout à fait.
04:04Alors, il y a un nom qui me frappe quand je suis ici, c'est Monseigneur René Kouassi. Il faut
04:11le rappeler, c'est le premier prêtre ivoirien.
04:14Je tiens à le préciser, mesdames et messieurs, ce n'est pas le premier prêtre de Côte d'Ivoire, c
04:18'est le premier prêtre ivoirien.
04:20Est-ce que ça veut dire qu'il est d'Abli, si vous le disiez cet espace?
04:24Monseigneur René Kouassi est d'Abli et en 2015, l'ensemble du clergé est venu à Abli pour reconnaître Abli
04:33comme le village de leur ancêtre René Kouassi.
04:35D'accord.
04:35Et donc, nous pensons que celui-là, on va dire notre aïeul, par là qu'il a posé, a planté
04:48quelque chose de fort.
04:50Et est-ce qu'on peut avoir un bref parcours, enfin, un bref, comment dire ça, un bref élément de
04:58son histoire?
04:58Alors, je ne vous dirai rien du tout sur son histoire, parce que bientôt va sortir le film Les larmes
05:05du pionnier.
05:06Et c'est de lui qu'on parle?
05:07Justement.
05:08Bah, c'est super ça. Et c'est vous qui êtes...
05:10Oui, le réalisateur, oui, à l'origine de ce film, pour que les gens puissent découvrir Pierre René Kouassi.
05:17Et savoir qu'aujourd'hui, l'Église catholique s'est développée, il y a des millions de catholiques à Abli.
05:24Mais ça a commencé par Abli.
05:25La racine, c'est ici.
05:27Donc, ce n'est pas que l'Église catholique. Mais là, aujourd'hui, on vient de mettre sur pied un
05:33autre centre pour promouvoir la culture, pour préserver cette culture ivoirienne.
05:39Bien sûr.
05:39Alors, qui peut venir à Abli? Pourquoi venir à Abli? Comment venir à Abli? Enfin, à Abliwood, on va dire
05:46ça.
05:46Alors, il y a... La première chose, c'est que nous voulons montrer notre culture. Mais en même temps, pourquoi
05:55Abliwood?
05:58Abliwood parce que, en chacun de nous, dans notre esprit, dans notre subconscient, il y a des films.
06:07Et régulièrement, nous sommes tous des réalisateurs de films. Alors, comment? Vous voulez vous marier? C'est un film privé.
06:14C'est clair.
06:14Vous faites votre casting, vous venez. Abliwood, vous pouvez venir réaliser ce film. Vous pouvez venir faire vos marais ici.
06:20Vous voulez célébrer votre anniversaire? C'est votre film privé. Abliwood donne l'occasion de venir tourner ce film privé.
06:28Vous avez un événement important. Nous sommes sur un hectare. Vous pouvez venir ici. Et en même temps, nous allons
06:35faire en sorte aussi que certains festivals sur le cinéma puissent s'implanter ici à Abli, comme à Cannes. Abli
06:42aura son festival de cinéma.
06:45J'ai envie de dire félicitations. Là, on voit des... Comment est-ce qu'on pourrait appeler ça?
06:52Alors, ce sont des bungalows, on va dire. Des bungalows. Des bungalows. Mais, mais, regardez l'autre côté.
06:59Oui. Je crois qu'on peut venir. Oui. On va visiter ensemble.
07:02Regardez l'autre côté. Et vous allez voir un autre nom.
07:07Là, c'est marqué Espaces Rose Armande Oula.
07:12La première ministre de Côte d'Ivoire, elle vient d'Abli.
07:16Waouh!
07:16Abli est un village qui regorge les pionniers de pas mal de domaines d'accueil d'Ivoire.
07:24Et là, c'est une scène qu'on comprend.
07:25Oui, c'est une scène. C'est une scène ici. C'est une petite scène qu'on a mis là.
07:32L'espace entre l'espace Rose Marie Oula, Armande Oula et l'espace René Kwasi,
07:38qui est aussi un espace pour des événements pas très grands.
07:41Ok.
07:42Mais bon, pour des événements qu'on va être dit assez sympathiques.
07:46Voilà.
07:47Donc, il y a cet espace-là, qui est à la disposition de ceux qui veulent...
07:53Là, je pense que c'est une salle.
07:54Oui.
07:55Et aussi un bureau.
07:56Oui, un bureau et puis une salle.
07:58Une salle, on va dire, VIP.
08:00La fête 7, Blongalo.
08:02Le chiffre 7, le chiffre de la perfection.
08:04Le chiffre de la perfection.
08:06Et là, il y a la place à Medekwaku.
08:08Oui, parce que quand vous êtes arrivé à Abli, vous avez vu que Abli a changé un peu grâce à
08:15ce monsieur.
08:16Et il fallait absolument que nous lui en donnes hommage.
08:19Parce qu'il a montré qu'il aime son village.
08:24Il a montré qu'il aime son village.
08:26Il est bon que tous ceux qui viendront ici, qu'on va venir Kwasi,
08:31mais sauront aussi qu'à Medekwaku à contribuer au développement.
08:33À contribuer au développement de Abli.
08:36Et vous le dites si bien.
08:37Parce que moi, c'est ma première fois dans le département de Toumoudi.
08:40Mais je n'ai jamais vu un village autant modernisé.
08:45Il y a du goudron partout.
08:47L'air est pur.
08:49Et je ne veux même pas vous dire le reste.
08:51Comme il a dit, venez, vous allez découvrir.
08:53Oui, on va dire, le goudron partout, ce n'est pas forcément à Medekwaku.
08:58Parce que nous avons la chance d'avoir eu beaucoup de cadres ici.
09:02D'accord.
09:03On a le ministre Patrice Kwame, qui était le secrétaire exécutif du conseil de l'entente,
09:09qui est le frère du président.
09:11Ok.
09:11Et quand le président vient à Toumoudi, c'est Abli qui se repose.
09:14C'était normal qu'il nous ait établi dans des conditions.
09:17C'est clair.
09:18C'est clair.
09:18Voilà.
09:19Et puis bon, bien entendu, le ministre, ça m'a aidé Kwaku à ajouter un peu.
09:23C'est ça.
09:24Et là, on a une grande scène.
09:28À quoi ça sert?
09:29Alors, on a, on va dire, 300 mètres carrés.
09:33On a 300 mètres carrés de seines qui vont servir, on va essayer un événement.
09:41Quand il y a une grosse projection ici.
09:43Et là, il y a une grande scène là-bas aussi.
09:44Il y a une grande scène ici.
09:45Donc, les gens pourront s'asseoir ici.
09:47On a, on a 300 mètres carrés là.
09:52Et puis là, on a un peu plus de 400 mètres carrés.
09:56Donc, vous avez un espace suffisamment grand pour recevoir beaucoup de gens.
10:00Bah, félicitations.
10:03Et là, vous, vous nous faites découvrir un nouvel endroit.
10:07Oui.
10:07C'est lequel?
10:08Alors ici, on va dire, c'est le sous-bois.
10:11Alors, c'est l'espace où on a fait comme à l'ancienne, comme au village.
10:15Où les soirs, on va raconter des comptes.
10:20De façon traditionnelle, on va s'asseoir, raconter des comptes.
10:23Pour que notre jeunesse puisse être éduquée comme nous l'avons été, avec des comptes.
10:29Et on sent tous les outils africains là, avec tous les schémas, tous les décès au mur.
10:34Oui, tout à fait.
10:35Pour rester dans notre africanité, et je suis fier d'être africain.
10:38Et je pense que se développer, c'est accepter aussi se développer avec ses valeurs.
10:43Se développer avec ses valeurs.
10:44Là, je crois qu'on remarque quelqu'un qui souffle dans du palmier.
10:47Oui, c'est ça le bandi.
10:48C'est ça le bandi.
10:50Justement, il y a une sorte de calebasse juste en bas.
10:52Oui.
10:53Et là, on est en quelque sorte au village.
10:55Oui.
10:56Avec cette image là.
11:00On est au village avec des cases.
11:05C'est bien.
11:06En plus, ce que je veux dire ici, c'est une belle image.
11:09Mais voilà, c'est ça qui était important pour moi.
11:12Pour dire qu'au village, venez dans vos villages, vous reposez.
11:14C'est tranquille.
11:15Dans votre hamac, vous allez oublier tous les soucis.
11:18Et vous pourrez réfléchir véritablement au développement.
11:21C'est bien dit.
11:21Mais je crois qu'on peut poursuivre.
11:24Ça, c'est un tambour ?
11:25Oui.
11:26Là-bas, il y a le masque.
11:29Voilà.
11:31Tout ça, c'est la tradition.
11:32C'est la tradition.
11:33Bienvenue à Blue Hood.
11:35Merci beaucoup.
11:35On peut s'installer.
11:37Merci beaucoup.
11:37Mesdames et messieurs, nous vous l'annoncions.
11:40Notre invité est un acteur de cinéma.
11:43C'est un spécialiste du 7e art.
11:47Vous vous décidez de mettre sur pied à Blue Hood.
11:51En termes de...
11:53Enfin, créer un espace tel qu'à Blue Hood dans un village,
11:58c'est clair que ça représente un investissement.
12:00Mais surtout, un grand pari.
12:03Comment est-ce que vous financez cette initiative ?
12:05Et finalement, à quoi ressemble le modèle économique
12:09que vous envisagez pour assurer la pérennité de cet espace ?
12:14Déjà, il faut dire que ça fait un peu plus de 3 ans
12:17que nous sommes sur ce projet.
12:18On a pris le temps.
12:20On est allé doucement à notre rythme.
12:25Et puis, pour nous, il fallait que ça existe.
12:28Il fallait que ça existe.
12:30D'abord, pour que d'autres personnes puissent s'en inspirer.
12:34pour que dans chaque ville de Côte d'Ivoire,
12:38nous puissions avoir un espace comme ça.
12:40Parce qu'aujourd'hui, l'un des gros problèmes que nous avons,
12:44c'est le manque de salles.
12:46C'est le manque de salles.
12:48Et donc, beaucoup de productions ne peuvent pas se montrer.
12:53Et donc, si on a des espaces comme ça,
12:56pour nous, ça va être l'occasion de présenter les films.
13:00Et donc, beaucoup de producteurs qui ont les films
13:03pourront venir les présenter ici.
13:05Et donc, comme je vous le disais tantôt,
13:11c'est un investissement.
13:12Donc, on sait que le cinéma aujourd'hui n'est pas encore,
13:16n'a pas pris son essor.
13:18Donc, c'est pour ça que nous donnons,
13:20nous mettons l'espace à la disposition
13:22de ceux qui ont des événements privés.
13:24Et je pense que ça nous permettra.
13:26Parlant de films, parlant de films,
13:29je me rappelle, vous êtes à la base du film à succès
13:32qu'on appelle Tukwe, qui met en lumière, justement,
13:36les alliances interethniques.
13:38Pour ceux qui ne le savent pas,
13:39pourquoi est-ce qu'on décide d'opter sur le choix de Tukwe ?
13:46Pourquoi on parle d'alliances interethniques
13:48dans un pays comme la Côte d'Ivoire ?
13:50Oui, parce que c'est important.
13:52Comme l'avons dit, c'est même extrêmement important.
13:56Si vous perdez vos valeurs culturelles,
14:00qu'est-ce qui vous reste ?
14:01Nous avons vu que des actes se sont posés dans ce pays
14:06pour des raisons politiques.
14:09Des actes qui ne devaient pas se poser.
14:12Parce que dans notre culture,
14:16il y a des choses qui ne peuvent pas se faire.
14:17Et quand vous faites un pays cash,
14:20ce sont ces alliances-là qui ont été tissées par nos aïeuls.
14:23Nous n'avons pas les codes pour les décoder.
14:28Voilà, donc ça tient.
14:30C'est toujours en vigueur.
14:33Moi, comme je vous le disais, en tant que Baoulé,
14:36je n'ai pas le droit de verser le sang d'un Agni, d'un Brun, d'un Andorre.
14:42Pour quelque motif que ce soit.
14:45Vice versa.
14:47Quand vous prenez un Yacouba, il n'a pas le droit de verser le sang d'un Sénopho, d'un
14:53Gouraud, d'un Lobby.
14:56Mais quand vous ne savez pas ces choses-là.
14:58Justement, c'est ça le problème avec la nouvelle génération.
15:01Comment est-ce qu'on arrive à leur communauté ?
15:03C'est pour ça que nous avons fait le film.
15:07Parce que nous voulons que les parents puissent, à travers ce film-là,
15:13prendre ce film comme levier pour enseigner ses valeurs à leurs enfants.
15:17C'est très important.
15:19Parce qu'on voit beaucoup de gens aujourd'hui chez des religieux, chez des prophètes et tout,
15:26parce qu'ils ont des problèmes et ils pensent que c'est là.
15:28Non, quand vous avez failli la tradition, vous allez payer le prix.
15:32Si moi, j'ai fait du mal volontairement à un Agni, je vais payer le prix.
15:39Alors, on sait que les tensions identitaires peuvent créer de la fragilité.
15:45Enfin, peuvent créer la fragilité dans la cohésion sociale.
15:49Comment est-ce qu'à travers le cinéma, on arrive à changer la donne ?
15:53Alors, d'abord, il faut dire que le cinéma, c'est l'outil le plus puissant d'éducation de masse.
16:00Et en même temps, l'outil le plus puissant de destruction de masse.
16:04C'est vrai.
16:04C'est pour cela qu'un pays qui a envie de se développer doit contrôler son cinéma
16:09et doit injecter beaucoup d'argent dans le cinéma tout en faisant en sorte que les réalisateurs,
16:21les producteurs puissent aller dans la ligne pour nous conduire vers ce qui est bon.
16:27Donc, c'est important.
16:29Je remarque que de plus en plus, nos dirigeants commencent à comprendre.
16:36Ils commencent à comprendre.
16:38Donc, il y a beaucoup de productions en Côte d'Ivoire.
16:40Mais il faut que ces productions-là soient suffisamment éducatives
16:43et surtout que ça mette en valeur notre culture.
16:48Parce que c'est dedans.
16:49Comme je disais, c'est la racine.
16:51On ne peut pas couper notre racine.
16:53On ne peut pas couper notre racine, mais il y a un constat qui est quand même malheureux.
16:57C'est que nos sociétés possèdent des traditions.
17:00Elles possèdent des langues, des légendes et même des valeurs
17:03qui normalement doivent se transmettre de génération en génération.
17:08Ce n'est pas forcément le constat qu'on a aujourd'hui.
17:11En ce moment-là, comment est-ce qu'on peut trouver une solution ?
17:14Alors, déjà, le cinéma peut aider à trouver une solution.
17:19C'est toujours, on va dire, un prétexte à travers un film bien réalisé.
17:26C'est un prétexte pour que le père ou la mère à la maison qui regarde ça
17:31puisse saisir ce prétexte-là pour enseigner un peu ses enfants.
17:40Mais quand on n'a pas ce prétexte, c'est qu'on est assis,
17:42on ne sait même pas, on regarde des choses qui viennent d'ailleurs et tout.
17:45Bon, bien entendu...
17:49Vous dites ça, c'est bien, sauf que beaucoup de productions africaines
17:52peinent quand même à trouver leur public malgré la richesse de leur histoire
17:59racontée donc au sein du film.
18:02Selon vous, le principal problème se situe à quel niveau ?
18:06Je vais dire quelque chose qui peut faire mal, mais bon, je veux dire, on nous a fait croire
18:15que nos valeurs traditionnelles sont diaboliques.
18:20Et petit à petit, on a fini par accepter et rejeter nos valeurs.
18:26C'est ce qui fait que quand vous racontez une histoire, vous êtes en train de raconter une histoire africaine,
18:31les gens se disent « Ouf, qu'est-ce qu'ils disent ? »
18:34Voilà.
18:34Donc, on ne va pas laisser les autres venir nous faire croire que ce que nos ancêtres ont fait n
18:40'est pas bon,
18:41sinon on ne serait plus là.
18:43Voilà.
18:43Et qu'est-ce que tu vas raconter ?
18:46Les histoires des blancs, ils ont fini de raconter.
18:48Mais chez nous, on a tellement d'histoires à raconter.
18:52Et donc, je pense qu'il faut que nos dirigeants comprennent qu'ils doivent injecter de l'argent dans le
19:01cinéma.
19:02Ils doivent injecter de l'argent dans le cinéma et injecter de l'argent dans les espaces de diffusion de
19:08films.
19:09Parce que celui qui veut se développer doit remplir sa tête.
19:16Qui convertit à la tête, remplit sa tête.
19:18Et le cinéma, c'est le canal le plus puissant pour remplir notre tête.
19:22Cinéma africain, réseaux sociaux ?
19:25Oh oui, les réseaux sociaux, aujourd'hui…
19:28Enfin, comment les utiliser sans perdre autant la profondeur de cette culture africaine ?
19:35Oui.
19:36Vous savez, nous, on a été élevés par des comptes.
19:41Mais le compte va te prendre peut-être une dizaine, quinzaine de minutes pour aboutir à la grande leçon qu
19:47'on veut te donner.
19:48Aujourd'hui, nous sommes dans une situation pressée.
19:50On te dit de raconter en une minute.
19:53Mais en une minute, tu racontes quoi ?
19:54Donc, tout le monde scrolle.
19:56Et finalement, ils n'ont pas la profondeur des messages qu'on doit envoyer.
20:00Mais ici à Bliwood, quand les soirs, tous les jeunes seront là et on va leur raconter les histoires.
20:07Comment les choses se sont passées et pourquoi on ne doit pas faire ceci, on ne doit pas faire cela.
20:13Et quand tu fais, voici les conséquences.
20:15Je pense que très bientôt, vous serez fiers des jeunes d'Abli et peut-être même des jeunes de Toumoudi.
20:20Parce qu'ici à Bliwood, nous allons contribuer à transformer les mentalités.
20:24Justement, vos projets à moyen terme pour Abliwood ?
20:26Alors, déjà, très bientôt, nous allons ouvrir parce qu'on a vu tout ça, mais ce n'est pas encore
20:31ouvert.
20:31Très clair.
20:32Ça fait un peu plus de trois ans et dessus, mais on va ouvrir grâce à Dieu.
20:36Et très, très bientôt.
20:38Et notre souhait, c'est que beaucoup d'autorités puissent venir.
20:43Mais justement, on saisit donc le moyen et le micro que vous avez pour vous adresser aux autorités de Côte
20:50d'Ivoire.
20:50Ça sera votre dernier mot.
20:52Qu'est-ce qu'ils doivent savoir comme message ?
20:54Alors, moi, je suis un homme de culture, donc je m'adresse à madame la ministre de la Culture.
21:00Elle fait beaucoup.
21:01J'ai eu le privilège d'être décoré par elle dans l'ordre de la culture.
21:07Et donc, je me permets de lui dire de se battre pour avoir suffisamment de ressources
21:13pour faire en sorte que le cinéma ivoirien puisse jouer son rôle dans le développement de la Côte d'Ivoire.
21:20Mais allez-y, je pense que vous pouvez l'inviter aussi pour visiter Abiyoud.
21:23Oui. Et en même temps, madame la ministre, notre souhait le plus ardent, nous allons faire la démarche pour qu
21:30'elle soit là à l'ouverture
21:32et pour qu'elle puisse donner sa bénédiction de sorte à ce que notre souhait le plus ardent puisse se
21:39réaliser,
21:39c'est-à-dire avoir un festival de films ici à Abiyoud.
21:43Merci beaucoup, Charles Kwaku. Et nous, on vous souhaite vraiment plein succès dans cette entreprise.
21:48En tout cas, merci beaucoup.
21:49Mesdames et messieurs, on a pris beaucoup de plaisir à découvrir avec Charles Kwaku
21:54cet espace dédié à la culture en général, mais plus spécifiquement au 7e A.
21:59Ça se passe dans le département de Toumoudi. Le village s'appelle Abiyoud.
22:04On a pris beaucoup de plaisir à découvrir Abiyoud.
22:07Merci beaucoup, Charles.
22:07En tout cas, merci beaucoup.
22:08Et très bonne chance pour la suite.
22:09En tout cas, je prie pour que vous aussi puissiez retourner tranquillement
22:13grâce à nos gens celles qui vont vous accompagner.
22:16Merci beaucoup. On a pris beaucoup de plaisir à réaliser cette émission.
22:18Merci de nous avoir suivis. Au revoir.
22:20Au revoir.

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  1. 7info
    il y a 2 semaines