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  • il y a 15 heures
Si Hunger Games ou le manga One Piece servent de point d’ancrage pop culturel pour les étudiants et bon nombre de manifestants réunis samedi 17 octobre en France, une tout autre franchise s’invite comme nouvelle référence après les événements violents perpétrés en marge de cette même mobilisation du 17 octobre.

Son nom ? The Purge, ou American Nightmare en français. Une série de cinq films horrifiques et dystopiques sortis entre 2013 et 2021 dans laquelle les États-Unis, dirigés par un régime réactionnaire, autoritaire et policier, ont instauré une purge annuelle, sorte de catharsis nationale pour évacuer la violence. Une fois par an, il est donc permis de régler ses comptes ou de s’adonner aux pires actes sans risquer de poursuites. Un défouloir extrême jugé comme un « mal nécessaire » par le héros du premier volet.

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Transcription
00:10Pourquoi certains parlent-ils d'une purge pour évoquer les événements du 17 octobre ?
00:14Cette référence vient de la série de films d'horreur The Purge ou American Nightmare en
00:19français. La saga, dont le premier volet est sorti au cinéma en 2013, se déroule aux Etats-Unis dans
00:25un futur proche. Une fois par an, pendant 12 heures, le gouvernement autorise toute activité
00:31criminelle, sans intervention de la police ni des secours. Cette nuit de violence débridée est connue
00:37comme la purge. Cette nuit permet aux gens d'évacuer toute la haine et la violence qu'ils ont accumulée
00:43en eux. Ce message d'alerte annonce le début de la purge annuelle. Après la sirène, tous les services
00:50d'urgence seront suspendus. Sur les réseaux, avant même la mobilisation du 17 octobre et les débordements
00:56qui ont eu lieu, certains s'étaient gentiment amusés de la comparaison avec les films.
01:03Quand vous entendrez la sirène, tous les crimes incluant les meurtres seront autorisés pendant
01:0812 heures consécutives. Suite aux violences en marge des manifestations dans toute la France,
01:19de nombreuses vidéos ont repris le terme de purge pour parler des pillages au son de l'alarme
01:24angoissante du film. Certains ont estimé que la France vivait son propre American Nightmare,
01:37renommé par certains French Nightmare ou Cauchemar français. Des affiches et vidéos générées
01:46par IA transposant l'intrigue des films en France ont aussi circulé. Mais cette comparaison avec la
01:57saga American Nightmare est à prendre avec des pincettes. Déjà, les vidéos en question ne montrent
02:03que les pillages et la casse provoqués par une minorité d'individus en faisant abstraction des
02:08manifestations pacifiques qui ont rassemblé des centaines de milliers de personnes. Elles participent
02:13donc à créer une représentation anxiogène et négative de cette journée de mobilisation nationale.
02:18Ensuite, sur certaines vidéos, les scènes de violence et de chaos sont liées à la répression
02:23policière. Or, dans les films, la violence vient uniquement des citoyens, la police n'intervenant
02:36pas pendant la purge. De même, dans American Nightmare, les hôpitaux sont fermés et ceux qui
02:41participent à cette nuit sans limite doivent se débrouiller seuls. Dans la vraie vie, en France le
02:4617 octobre, les pompiers, le SAMU et autres street medics étaient plus que présents sur le terrain pour
02:52soigner les blessés. Et surtout, la référence à American Nightmare pose question par sa récupération
02:57politique. Depuis ce week-end, l'extrême droite reprend allègrement la comparaison avec les films.
03:03L'eurodéputé Marion Maréchal a écrit sur X à propos d'une vidéo de violence à doué.
03:08« Ceci n'est pas un épisode de la purge, ceci est ce que sont en train de vivre les
03:13Français,
03:14livrés aux barbares ». De même pour l'influenceuse d'extrême droite Mila, qui demande le déploiement
03:19de l'armée face à ce qu'elle estime être le French Nightmare. L'eurodéputé RN Julien Sanchez a même
03:25évoqué une situation comparable aux films d'horreur toute l'année dans d'autres quartiers. Ce genre de
03:30propos volontairement angoissants vise à faire peur et à diaboliser la contestation sociale qui a lieu
03:35depuis plusieurs semaines. Des références à d'autres films, comme la saga Hunger Games,
03:40donnent à voir une autre réalité de la journée du 17 octobre.
03:47La musique « Hanging Tree », symbole de la révolte du peuple dans la dystopie, est par exemple
03:53utilisée pour montrer la forte mobilisation des manifestants, mais aussi la violence,
03:57policière cette fois. Une référence qui n'a, elle, pas été récupérée
04:10par l'extrême droite.

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