Quelles sont les nouvelles armes de la médecine face au glioblastome et aux tumeurs cérébrales ?
Représentant environ 1,5 % de l'ensemble des cancers en France, les tumeurs du système nerveux central restent redoutées, avec 3 000 à 3 500 cas de glioblastomes diagnostiqués chaque année.
Lors de Futurapolis Santé, le Pr Marc Ychou, le Dr Amélie Darlix (ICM) et Laëtitia Levère (présidente de l'association Des étoiles dans la mer) font le point sur les avancées thérapeutiques.
Du vorasidenib, première thérapie ciblée validée pour freiner l'évolution des gliomes de bas grade, à la BNCT (radiothérapie par capture de neutrons), capable de détruire les cellules tumorales de l'intérieur sans léser les tissus sains, découvrez les percées scientifiques qui redonnent espoir aux patients et à leurs proches.
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Représentant environ 1,5 % de l'ensemble des cancers en France, les tumeurs du système nerveux central restent redoutées, avec 3 000 à 3 500 cas de glioblastomes diagnostiqués chaque année.
Lors de Futurapolis Santé, le Pr Marc Ychou, le Dr Amélie Darlix (ICM) et Laëtitia Levère (présidente de l'association Des étoiles dans la mer) font le point sur les avancées thérapeutiques.
Du vorasidenib, première thérapie ciblée validée pour freiner l'évolution des gliomes de bas grade, à la BNCT (radiothérapie par capture de neutrons), capable de détruire les cellules tumorales de l'intérieur sans léser les tissus sains, découvrez les percées scientifiques qui redonnent espoir aux patients et à leurs proches.
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NewsTranscription
00:03Environ 1,5% de l'ensemble des cancers sont les tumeurs cérébrales, moins de 6000 nouveaux cas par an
00:08en France.
00:09Ça n'enlève rien au côté redoutable de ce diagnostic, mais il fallait un petit peu relativiser leur nombre.
00:16Et toutes les tumeurs ne sont pas des cancers comme on l'a vu avec le professeur Dufault.
00:20Alors avant de les détailler et de parler des nouveaux traitements, j'en fais tomber ma fiche,
00:25je vais vous présenter quand même nos intervenants.
00:27Donc Amélie Darlix, vous êtes neuro-oncologue à l'Institut régional du cancer de Montpellier
00:32et membre de l'équipe plasticité cérébrale, cellules souches et tumeurs gliales de l'Institut génomique fonctionnel.
00:40Laetitia Levers, vous êtes présidente de l'association des étoiles dans la mer.
00:45Et Marc Ichou, vous êtes professeur des universités, praticien hospitalier à la faculté de médecine de Montpellier-Nîmes
00:51et directeur général de l'Institut du cancer de Montpellier.
00:55Alors on va commencer avec Laetitia.
00:57Laetitia sera notre grand témoin pendant cette table ronde.
01:00Laetitia a eu le malheur de perdre son mari il y a quelques années d'un glioblastome.
01:05Elle a créé une association des étoiles dans la mer.
01:07Vous nous en dites quelques mots ?
01:09Oui, donc l'association elle est née à Montpellier par des soignants de la région de Montpellier.
01:17Et effectivement, ça fait sept ans, on regroupe des professionnels de santé, des familles, patients, aidants, des soignants et des
01:25chercheurs.
01:26On a un comité scientifique aussi qui étudie les appels à projets et on finance activement la recherche.
01:30On a financé 1,5 million d'euros en sept ans, donc 400 000 euros cette année.
01:34On est très heureux de pouvoir le faire.
01:38On a malheur.
02:02Et d'ailleurs, on les fait bouger activement que rien ne nous arrête.
02:06Ça peut être des événements sous toutes ses formes culturelles, sportives.
02:09Il y a un gros événement qui aura lieu d'ailleurs le 7 novembre à la piscine de Latte avec
02:13le soir, une soirée de gala.
02:15Et voilà, ça peut être divers horizons.
02:17Et il y a beaucoup de familles qui font des initiatives du coup partout en France, en Belgique aussi et
02:21en Suisse.
02:21Merci Laetitia.
02:23Alors Aurélie, Amélie, pardon, excusez-moi, pour bien comprendre ce dont on va parler, il y a gliome et gliome,
02:29il y a différents types de cancers.
02:30Ça a été un petit peu abordé avec le professeur Dufault, mais est-ce que vous pouvez nous expliquer cette
02:34grande famille de cancers, de tumeurs cérébrales ?
02:37Oui, alors déjà, quand on parle des tumeurs cérébrales, c'est un raccourci parce qu'on parle plus classiquement, nous,
02:43des tumeurs du système nerveux central,
02:44parce que ces tumeurs, elles peuvent toucher toutes les composantes du système nerveux central, qui sont donc le cerveau, mais
02:49aussi la moelle épinière et aussi l'enveloppe.
02:51du cerveau et de la moelle épinière, qui s'appelle la méninge, et puis les racines nerveuses qui en sortent.
02:56Donc les tumeurs peuvent toucher ces différents composants, les plus fréquentes étant évidemment celles du cerveau.
03:02Et après, en fait, il y a un très grand nombre de sous-types de tumeurs différents.
03:06Il y en a plus de 150 actuellement, donc on parle de choses qui sont très diverses.
03:13On va peut-être plus aujourd'hui parler des gliomes, en effet.
03:16Ces tumeurs-là, elles se développent à partir des cellules gliales, qui sont des cellules dans le cerveau,
03:21et dans la moelle épinière, et qui sont un peu les soutiens des neurones, c'est ça.
03:26Donc dans le cerveau, on a des neurones, et puis il y a des cellules qui ont plein de fonctions,
03:30qui s'appellent les cellules gliales, il y en a plusieurs types, les oligodendocytes et les astrocytes.
03:34Et donc il peut y avoir ces gliomes qui se développent à partir de ces cellules-là.
03:39Et ensuite, dans les gliomes, il y avait, dans les anciennes classifications,
03:43une grande classe de gliomes, et puis on les classait en fonction de leur degré d'agressivité.
03:49Et puis maintenant, puisqu'on accumule des connaissances sur la biologie de ces différentes tumeurs,
03:53on a un peu sous-classifié les choses avec globalement deux grands types.
03:58Il y a d'un côté le glioblastome, qui est le gliome le plus fréquent,
04:03qui est une tumeur cancéreuse cérébrale.
04:06Et puis de l'autre côté, les gliomes dits de bas grade,
04:10donc c'est plutôt de ces tumeurs-là dont le professeur Dufault vous a parlé tout à l'heure,
04:14qui sont caractérisés par des modifications biologiques spécifiques,
04:18notamment la mutation d'un gène qui s'appelle IDH.
04:21Et vraiment, ces deux grands types de gliomes sont très différents
04:25en termes de présentation clinique, d'histoire naturelle, de réponse au traitement.
04:30On est vraiment sur des choses qui sont maintenant bien séparées dans les classifications à juste titre.
04:35Pour chacun d'eux, est-ce qu'on peut connaître un petit peu la fréquence,
04:39le profil des patients, en savoir un petit peu plus ?
04:42Les glioblastomes, c'est des tumeurs qui touchent plutôt les sujets autour de 60 ans, 65 ans.
04:50C'est des tumeurs qui restent rares, même si c'est le plus fréquent des gliomes,
04:54ça reste des tumeurs qui sont rares.
04:55C'est à peu près 3 000, 3 500 patients par an en France qui sont diagnostiqués avec un glioblastome.
05:01En fait, la présentation clinique dans les tumeurs cérébrales en général,
05:05elle dépend de plusieurs choses, mais notamment de où se trouve la tumeur
05:08et à quelle vitesse elle grossit.
05:10Et en fonction de ça, les symptômes peuvent être différents.
05:13Et notamment parce que quand la tumeur grossit vite,
05:15c'est ce que le professeur Dufault vous a présenté tout à l'heure,
05:17mais le cerveau n'a pas le temps de s'adapter et donc les patients ont des déficits.
05:21Donc classiquement, les patients qui ont un glioblastome ont un diagnostic un peu brutal
05:26avec un symptôme déficitaire, soit un déficit moteur, soit des troubles du langage,
05:31soit des maux de tête parce que la tumeur prend trop de place dans la boîte crânienne
05:34qui, elle, est inextensible.
05:35Mais c'est souvent un tableau un peu aigu d'un symptôme brutal
05:40qui apparaît sur quelques jours, quelques semaines, parfois quelques mois
05:43pour certaines topographies, mais de façon assez rapide.
05:46Et ils peuvent se développer n'importe où dans la boîte crânienne, dans le cerveau ?
05:49Dans le cerveau, donc c'est vraiment des tumeurs du parenchyme cérébral,
05:53mais oui, alors plutôt pas trop dans la partie postérieure qui est le cervelet,
05:57même si ça arrive, les glioblastomes dans le cervelet,
05:59mais sinon, oui, ça peut se développer n'importe où.
06:02Et donc, en fonction de la localisation, les symptômes sont différents,
06:05les premiers symptômes sont différents, j'imagine ?
06:07Exactement, en fonction de la localisation,
06:09on peut avoir un déficit moteur à droite ou à gauche,
06:12on peut avoir des troubles du langage,
06:14et puis il peut y avoir ces symptômes qui s'appellent l'hypertension intracrânienne
06:17qui est lui dû juste, pas tellement à la localisation de la tumeur,
06:21mais au fait que cette tumeur, elle prend une place que le cerveau n'a pas,
06:24puisque le cerveau, il est dans une boîte crânienne qui est inextensible,
06:27donc si on rajoute un volume de tumeurs,
06:28et bien le cerveau est un peu comprimé,
06:30et donc ça, ça peut donner mal à la tête,
06:32ça peut donner envie de vomir le matin,
06:34ça peut aussi rendre un peu confus parfois.
06:37Donc ça, c'est pour le glioblastome,
06:39qui vraiment se révèle souvent par un tableau assez bruyant
06:42et un peu brutal,
06:44à la différence des gliomes dits de bas grade,
06:47qui sont donc des tumeurs qui évoluent tout doucement,
06:49qui infiltrent le cerveau très progressivement,
06:52qui fait que le cerveau a le temps de s'adapter,
06:55et donc c'est pas...
06:56Organiser aussi, de compenser.
06:58...plasticité cérébrale,
06:59et donc ces patients-là,
07:00ils sont le plus souvent diagnostiqués au moment d'une crise d'épilepsie.
07:04C'est vraiment ça le symptôme révélateur le plus fréquent,
07:08qui peut être soit une crise d'épilepsie partielle,
07:10où les patients sont en pleine conscience,
07:13mais ont soit un truc du langage,
07:15un mouvement anormal, que sais-je,
07:17ou bien une crise généralisée avec une perte de connaissances.
07:20Donc ça, c'est vraiment le mécanisme
07:22qui révèle la maladie la plupart du temps.
07:25Il y a parfois aussi quand même,
07:26dans cette maladie-là,
07:27des découvertes qu'on appelle fortuites,
07:29c'est-à-dire qu'on fait une IRM cérébrale
07:30pour une autre raison.
07:31On a mal à la tête, un bilan ORL, que sais-je,
07:35et puis on tombe sur une image en IRM
07:36qui ressemble à un gliome de bas grade,
07:38et puis c'est comme ça qu'on le diagnostique.
07:40Ça arrive aussi et ce n'est pas rare.
07:41Et là, c'est de la chance,
07:42parce qu'il est diagnostiqué tôt
07:44et on peut agir rapidement ?
07:46C'est probablement une chance, oui,
07:47parce qu'en général,
07:49les tumeurs qui sont découvertes de façon fortuite
07:51sont plus petites,
07:52n'ont pas encore été symptomatiques
07:54et donc on peut faire l'hypothèse
07:55qu'en effet, les traitements vont être plus efficaces.
07:58En tout cas, ils sont plus précoces.
07:59Globalement, Marc,
08:00quand un patient arrive comme ça dans un centre du cancer,
08:05le cheminement,
08:06qu'est-ce qui se passe ?
08:08Qu'est-ce que vous faites en premier ?
08:10Comment ça évolue ?
08:11Vers qui il se dirige après ?
08:14Alors, ça dépend un peu des organisations.
08:16Pardon, je vous ai coupé, Marc.
08:17Non, mais tu peux le dire,
08:19mais effectivement,
08:20sur le plan institutionnel,
08:22il faut dire qu'à Montpellier,
08:23on a quand même beaucoup de chance.
08:24On a beaucoup de chance
08:25parce qu'on a notamment,
08:28dans le domaine des tumeurs cérébrales,
08:30des expertises complètes
08:32qui sont à la fois au CHU de Montpellier,
08:36à la fois à l'Institut du cancer de Montpellier,
08:38avec une collaboration extrêmement étroite
08:42et très fluide.
08:43Vous avez vu le professeur Dufault,
08:45qui est vraiment un des référents mondiaux
08:47de la chirurgie des tumeurs cérébrales.
08:49Il y a aussi un service de neuroradiologie,
08:52parce que la radiologie est très importante dans ce domaine,
08:54avec des experts très compétents au CHU
08:57qui interviennent aussi à l'ICM,
08:59des pathologistes qui analysent les tumeurs opérées,
09:02qui sont aussi un élément très important.
09:04Et du côté ICM,
09:06avec le docteur Darlix,
09:08on a une des référentes européennes
09:11du domaine du traitement médical des tumeurs cérébrales,
09:14accompagnée de neuropsychologues.
09:16Elle a dit les problèmes qu'il y avait de conséquences
09:19sur l'état neurologique du patient,
09:23de ces tumeurs cérébrales.
09:23Et nous avons un spécialiste de neuropsychologie
09:26qui les aide au quotidien.
09:27Et puis, bien sûr, la radiothérapie externe.
09:31On en parlera sur un nouveau projet
09:33qui fait partie des armes thérapeutiques
09:35et où, là aussi, à Montpellier et l'ICM,
09:38on a une expertise tout à fait particulière.
09:40Donc, le parcours,
09:42il vient souvent par la neurochirurgie et au CHU,
09:46puisque les patients ont des symptômes neurologiques,
09:49sont vus au CHU.
09:49Les radiologues font le diagnostic.
09:52Souvent, les chirurgiens voient s'ils peuvent opérer.
09:54Nous avons très régulièrement, il y a ce qu'on appelle les RCP,
09:58qui sont maintenant bien connus,
09:59les réunions de concertation pluridisciplinaires,
10:01où les experts comme Luc Dufault, Luc Bochet, Amélie Darlix,
10:05avec les radiologues, décident de la meilleure stratégie.
10:09Est-ce qu'elle est chirurgicale d'abord ?
10:10Est-ce qu'elle est médicale ensuite ?
10:12Radiothérapique ou autre ?
10:14Et c'est là où se décident les prises en charge,
10:17avec, encore une fois, la chance d'avoir vraiment des experts
10:20de niveau mondiaux, de niveau mondial, à Montpellier.
10:25Laetitia, pour votre mari, ça s'est passé comment ?
10:27C'était une découverte brutale ?
10:29C'était un stade déjà avancé ?
10:32Alors, en fait, moi, je n'avais pas été présente
10:35lors des premiers signes,
10:36qui étaient plutôt des signes de malaise,
10:38qui finalement ont été fléchés après
10:40sur les crises d'épilepsie partielle.
10:42Donc, il y avait eu des investigations
10:44sur l'aspect thyroïde, cardiaque, diabétique.
10:49On avait exploré tout un tas de choses.
10:51Mais jamais devant moi, c'est malaise.
10:53Et il y avait eu quand même un signe
10:55durant l'été, lors d'une randonnée.
10:57On avait gravi quand même 1700 mètres.
10:59Mais il y avait eu un goût métallique.
11:00Ça aurait dû m'alerter,
11:01parce que j'avais travaillé en bloc neurochir
11:02et j'aurais dû peut-être y penser.
11:04Mais bon, je ne sais pas.
11:07Peut-être que c'était l'aspect sportif.
11:09Et puis, c'était un jour, effectivement,
11:12où là, il y a eu une absence
11:15avec un trouble du langage associé,
11:17avec une inversion de mots.
11:18Et là, forcément, en ayant travaillé en neuro,
11:21j'ai capté tout de suite qu'il y avait un problème
11:23et j'ai été tout de suite aux urgences.
11:25C'était coup.
11:28Après, il y a eu différentes choses.
11:29On a un petit peu dû insister pour avoir une imagerie.
11:34Mais voilà, l'imagerie s'est faite.
11:35Et là, le diagnostic s'est posé tout de suite.
11:37Et effectivement, le parcours chirurgical,
11:40parce que ça a été possible.
11:41Et après, à l'ICM, sur la partie radiothérapie et oncologique.
11:46Alors, on va maintenant parler des traitements,
11:48des différents traitements pour les différents types de tumeurs.
11:52Vous êtes une grande spécialiste.
11:53Alors, je vous écoute sur ce qui existe actuellement
11:56et puis tous les espoirs qu'on peut donner pour demain,
11:59en sachant que demain, c'est toujours un peu tard
12:02pour les patients et leurs familles.
12:05Alors, dans les traitements, c'est sûr qu'il y a une grande place déjà
12:09pour le chirurgien.
12:11La chirurgie, elle a une place dans les glioblastomes.
12:13Elle a aussi une place prépoderante dans les gliomes de Bagrade.
12:17Vous l'avez vu sur la conférence précédente.
12:19Mais j'insiste parce que c'est souvent le premier temps de traitement
12:22quand c'est possible.
12:23En tout cas, il y a des fois où les patients ne peuvent pas être opérés
12:25du fait de la localisation de leurs tumeurs
12:26ou pour d'autres raisons.
12:28Mais à chaque fois que c'est possible,
12:29on essaie d'opérer dans le but d'enlever le maximum de tumeurs
12:33et de poser un diagnostic.
12:34Pardon, je vous interromps.
12:35Ça veut dire qu'on ne peut pas faire comme pour d'autres tumeurs
12:37où on donne une chimiothérapie pour réduire sa taille
12:40et l'enlever plus facilement après ?
12:43Non, alors, dans les gliomes de Bagrade,
12:46il y a parfois des stratégies comme ça.
12:48C'est des tumeurs qui sont très diffuses
12:50et qui ont pu très bien répondre à un traitement médical de première ligne
12:53et qui sont opérées dans un deuxième temps.
12:55Mais ce n'est pas une stratégie classique
12:57comme on peut avoir dans d'autres cancers de stratégie néoadjuvante.
13:00Donc là, en général, dans la plupart des cas,
13:02il y a évidemment des exceptions.
13:03Le premier temps, il est chirurgical lorsque c'est possible.
13:06Et quand ce n'est pas possible,
13:07il faut quand même un geste chirurgical
13:09qui est une biopsie pour savoir à quoi on a affaire.
13:11Parce qu'encore une fois,
13:13évidemment, en imagerie,
13:14on a quand même des hypothèses fortes
13:16selon les caractéristiques en imagerie,
13:18en disant que c'est plutôt telle tumeur
13:19ou telle tumeur sans doute.
13:21Mais pour pouvoir traiter de façon adaptée,
13:22il faut qu'on en soit certain.
13:23Donc il faut, si on ne peut pas enlever la tumeur,
13:25en tout cas en partie,
13:26il faut au moins en prendre un petit bout
13:28pour pouvoir l'analyser au laboratoire
13:30et savoir exactement ce qu'on a en face de nous.
13:33Donc ça, c'est le premier temps.
13:34Donc il faut faire une biopsie ?
13:36Donc il faut passer par la boîte crânienne ?
13:38Oui.
13:40Encore une fois,
13:41dans les cas où on ne peut pas faire une chirurgie d'exérèse,
13:43c'est-à-dire enlever la tumeur.
13:44Quand on peut enlever la tumeur,
13:45on ne passe pas par la biopsie avant,
13:47on fait d'emblée la chirurgie d'exérèse.
13:49Et ensuite, si on commence par les glioblastomes,
13:52le traitement dit de première ligne,
13:55c'est-à-dire le premier traitement au moment du diagnostic,
13:57il est assez codifié à l'heure actuelle.
14:01Il associe, lorsque c'est possible,
14:03de la radiothérapie avec de la chimiothérapie.
14:07La chimiothérapie est en prise pendant la radiothérapie
14:10et puis ensuite au décours,
14:12après la fin de la radiothérapie également.
14:15Donc ça, c'est le traitement qu'on propose majoritairement
14:18aux patients qui ont un glioblastome en première ligne.
14:20Il y a des cas où ces traitements-là ne sont pas faisables
14:24parce que, par exemple, la tumeur est trop grosse
14:26et que la radiothérapie paraît un peu risquée.
14:29Et dans ce cas-là,
14:30on part sur plutôt d'autres types de traitements.
14:32Il y a des thérapies ciblées,
14:33il y a des chimiothérapies.
14:34Et tout ça, c'est vraiment discuté au cas par cas.
14:37En effet, Marc l'évoquait,
14:38lors de réunions collégiales
14:40qui s'appelle des réunions de concertation pluridisciplinaires
14:43où on discute de tous les dossiers de nouveaux patients
14:46et on réfléchit tous ensemble à la meilleure stratégie,
14:49la place de la chirurgie,
14:51la place de la radiothérapie,
14:52la place de la chimiothérapie.
14:54Mais globalement,
14:54la première ligne classique
14:56est aussi rayon et chimiothérapie dans les glioblastomes.
14:58Dans les glioblastomes.
14:59Et vous dites chimiothérapie,
15:01c'est vrai que dans les journaux,
15:02et on entend beaucoup parler d'immunothérapie,
15:05de thérapie ciblée,
15:07est-ce qu'il y a des voies qui progressent
15:10dans ce domaine-là ?
15:11Alors, il y a des voies qui progressent.
15:14Pour le moment, dans les glioblastomes,
15:16on n'a pas vraiment de thérapie ciblée
15:18qui ait montré une efficacité.
15:20On est vraiment sur des traitements
15:22de chimiothérapie, on va dire, standards.
15:25On utilise quand même certaines thérapies ciblées,
15:27notamment des thérapies ciblées
15:28qui ciblent les vaisseaux de la tumeur,
15:30qui essaient de détruire les vaisseaux de la tumeur
15:31pour en gros lui couper les vivres.
15:33Pour qu'elles ne soient pas trop nourries.
15:33Donc ça, on le fait.
15:36C'est vrai que c'est des tumeurs
15:38sur les dernières décennies
15:39où on a beaucoup, beaucoup appris
15:40sur la biologie de ces tumeurs.
15:42Et on sait maintenant très bien définir
15:44quels sont les gènes qui sont mutés
15:46ou fusionnés avec d'autres gènes, etc.
15:49Le but de définir bien
15:50et de décrire bien ces tumeurs,
15:51c'est ensuite de pouvoir traduire ça
15:53par un traitement
15:54qui s'appellerait donc une thérapie ciblée.
15:56Une thérapie ciblée, c'est une thérapie
15:58qui est basée sur une anomalie
16:00du génome de la tumeur, on va dire,
16:02et qui cible donc la cellule tumorale.
16:05Pour le moment, même si on sait assez bien
16:07encore une fois définir et décrire ces tumeurs-là
16:10sur le plan de leur modification
16:12sur le génome,
16:13on n'a pas encore bien réussi
16:15à transcrire ça vers une thérapie ciblée.
16:20Ce n'est pas tout à fait le cas
16:20des gliomes de Bagrade,
16:21dont on va reparler après.
16:23Mais dans les glioblastomes,
16:24pour le moment,
16:25il y a beaucoup de molécules
16:26qui sont à l'étude.
16:28Il y a beaucoup d'essais thérapeutiques actuellement,
16:30mais il n'y a pas encore
16:31de thérapie ciblée validée à cette heure.
16:34Donc la recherche est active,
16:35mais il faut encore un petit peu de patience.
16:37La recherche, elle est très active.
16:40Il y a beaucoup, beaucoup d'essais thérapeutiques
16:42qui sont faits.
16:43Certains sont négatifs,
16:45certains sont en cours.
16:47Moi, je vois la différence.
16:49À l'échelle de ma durée,
16:51depuis que je suis neuro-oncologue,
16:54je participe par exemple
16:55au Congrès européen de neuro-oncologie,
16:56qui était il y a dix ans un petit congrès,
16:58avec quelques centaines de participants,
17:00surtout des cliniciens.
17:01Et puis maintenant, c'est devenu un énorme congrès
17:03avec beaucoup de chercheurs,
17:04beaucoup de biologistes,
17:05beaucoup de cliniciens.
17:06Et tous ces gens travaillent activement.
17:08Donc de la recherche,
17:09il y en a vraiment beaucoup actuellement,
17:11avec des organisations qui sont assez efficaces,
17:15et des essais thérapeutiques
17:17qui ont lieu à l'échelle de l'Europe,
17:19mais parfois à l'échelle du monde aussi.
17:20Quand on veut aller vite
17:21pour avoir des résultats rapides
17:22dans une tumeur qui est rare,
17:23on travaille tous ensemble
17:24et on arrive à inclure des patients
17:26dans les essais
17:27et avoir des résultats rapides.
17:28Donc ça, c'est vraiment quelque chose
17:30de très encourageant.
17:32Et concernant les gliomes de Bagrade ?
17:33Et concernant les gliomes de Bagrade,
17:35donc premier traitement, la chirurgie,
17:37deuxième traitement,
17:37quand c'est possible, la chirurgie,
17:38troisième traitement,
17:39quand c'est possible, la chirurgie.
17:40Donc la chirurgie a une place majeure
17:43chez ces patients,
17:44mais évidemment,
17:45on ne veut pas toujours opérer
17:46et réopérer les gens.
17:48Et donc on a d'autres traitements.
17:51Alors, dans les gliomes de Bagrade,
17:53les différentes options qu'on a,
17:54c'est un peu les mêmes,
17:55c'est-à-dire radiothérapie,
17:57chimiothérapie, standard,
17:58on va dire,
18:00avec, à l'heure actuelle,
18:01pas du tout de consensus
18:02sur quelle est la meilleure stratégie,
18:04par quoi faut-il commencer.
18:06En tout cas, pas de consensus
18:07à l'échelle internationale.
18:11On choisit les stratégies de traitement
18:13en réfléchissant non pas seulement
18:14à l'efficacité,
18:15mais aussi à l'impact potentiellement
18:17délétère de nos traitements,
18:18puisqu'évidemment,
18:19on traite un cerveau.
18:20Donc les traitements,
18:22et notamment la radiothérapie,
18:23peuvent avoir des impacts négatifs,
18:25raisons pour lesquelles
18:25on essaie plutôt
18:26de faire la radiothérapie
18:28un peu plus tard.
18:28Et puis, on a en effet
18:30un nouveau venu
18:31qui s'appelle le voracidénib.
18:33C'est un nom un peu imprénentable,
18:34mais c'est une thérapie ciblée.
18:36Donc c'est la première thérapie ciblée
18:39qui a été validée
18:40dans les tumeurs cérébrales
18:41et en tout cas dans les gliomes,
18:44qui cible la mutation de ce gène
18:46dont je vous ai parlé tout à l'heure,
18:47qui définit les gliomes de Bagrade
18:48qui s'appelle IDH.
18:50Et un essai thérapeutique
18:51qui a été publié en 2023 maintenant,
18:53donc ça date un peu,
18:54mais pas tant que ça,
18:55a montré l'efficacité
18:57de cette molécule
18:58pour ralentir l'évolution
19:01de ces tumeurs.
19:02En tout cas,
19:02chez certains patients,
19:04il y a un ralentissement
19:04de la vitesse de croissance.
19:06Donc c'est très encourageant
19:07et c'est une molécule
19:08qu'on peut désormais prescrire
19:09en pratique clinique quotidienne.
19:11Ça, c'est vraiment une bonne nouvelle.
19:13Oui, tout à fait.
19:14Marc, on a beaucoup parlé
19:15de radiothérapie.
19:16Le mot a été prononcé.
19:17Donc, quid de la radiothérapie
19:19pour ces deux types
19:20de tumeurs cérébrales ?
19:23La radiothérapie,
19:24c'est un traitement externe
19:25par des rayons,
19:26par des électrons
19:29qui, maintenant,
19:30est de plus en plus ciblé
19:31grâce notamment
19:32aux techniques d'imagerie.
19:33En fait,
19:34de gros progrès
19:35de la radiothérapie
19:36ont été faits
19:37grâce à l'imagerie
19:37puisque la radiothérapie
19:39est guidée
19:39par l'imagerie scanner
19:41ou IRM.
19:42Et là, maintenant,
19:42on arrive à délimiter
19:45de plus en plus
19:45la zone à traiter
19:48de façon à économiser
19:49les tissus sains.
19:50Et dans le cerveau,
19:51bien sûr,
19:51c'est extrêmement important.
19:54Mais cette radiothérapie
19:56a du mal encore
19:58à guérir complètement
19:59cette tumeur cérébrale.
20:01Et c'est là où il faut
20:02trouver des nouvelles solutions.
20:04Donc, des nouvelles solutions
20:05arrivent.
20:06Alors, on parle d'espoir.
20:08Donc, il faut, bien sûr,
20:10toujours innover,
20:11toujours essayer
20:13de faire mieux.
20:14Je dois dire
20:15que de façon générale,
20:16actuellement,
20:17en cancérologie,
20:19le nombre
20:20de nouveaux traitements,
20:22de nouvelles recherches
20:23n'a jamais été
20:24aussi énorme.
20:25C'est vraiment...
20:26Hier, j'étais encore
20:27à la Société française
20:28du cancer,
20:29à l'Académie de médecine.
20:31On a eu
20:31des présentations
20:34sur vraiment
20:35toutes les nouveautés
20:36qui arrivent
20:38liées à
20:39donc les progrès
20:40d'imagerie,
20:41des thérapies
20:42ciblées,
20:43de l'intelligence
20:44artificielle,
20:44bien sûr.
20:45Et là,
20:47Montpellier
20:48va être
20:48un des trois
20:49premiers centres
20:51européens
20:51à expertiser
20:53un nouveau
20:55traitement
20:55de radiothérapie
20:57qui va arriver...
20:58Alors,
20:59pas tout de suite,
21:00tout de suite.
21:00Les premiers patients,
21:01on est sur...
21:03Si tout va bien,
21:04les premiers patients
21:05pourront être traités
21:05en 2029
21:06ou 2030.
21:07Donc, c'est loin
21:08et en même temps,
21:09c'est prêt.
21:09Pourquoi ?
21:11Cette technologie
21:12s'appelle
21:14BNCT.
21:15BNCT
21:16pour
21:17BOR,
21:18Neutron,
21:19Capture Thérapie.
21:20Alors, ça veut dire quoi ?
21:21C'est déjà
21:22la première
21:23radiothérapie
21:24externe
21:25qui va être
21:26guidée
21:27et ciblée
21:28par l'injection
21:29d'un produit
21:29d'une biothérapie.
21:30Cette biothérapie,
21:32c'est le BOR.
21:33Alors, le BOR,
21:33c'est un élément
21:34qu'on trouve
21:34dans la lave
21:35qui est inactif
21:38et une société
21:40a réussi
21:41à coupler
21:42ce BOR
21:42à ce qu'on appelle
21:43un acide aminé.
21:44Pourquoi un acide aminé ?
21:46Parce que, justement,
21:47certaines tumeurs,
21:48dont les tumeurs cérébrales
21:49et notamment
21:50les glioblastomes,
21:51ont beaucoup
21:52de récepteurs
21:53aux acides aminés.
21:54Donc, lorsqu'on injecte
21:56ce produit,
21:56ce BOR,
21:57couplé
21:58à l'acide aminé,
21:59ce produit
22:00va se fixer
22:00préférentiellement,
22:02lorsqu'il y a une tumeur
22:02cérébrale
22:03et un glioblastome
22:04dans cette tumeur.
22:05À ce stade,
22:06c'était inactif.
22:07Et pour l'activer,
22:09il faut le N
22:10du neutron.
22:12Le neutron,
22:13c'est un rayonnement
22:14qui est d'abord
22:16produit
22:16par une production
22:18de protons
22:19et puis il y a
22:20une sorte
22:20de membrane
22:22électrostatique
22:22qui transforme
22:24ce proton
22:25en neutron.
22:26Le neutron,
22:27comme son nom l'indique,
22:28c'est neutre,
22:28donc c'est inactif aussi.
22:30Donc, lorsqu'il pénètre
22:31le corps humain,
22:32il n'a pas d'activité,
22:34sauf lorsqu'il rencontre
22:35le bord.
22:36Et quand il rencontre
22:37le bord,
22:38qui a été fixé
22:40dans ces tumeurs
22:40cérébrales,
22:42il le fait éclater
22:43en un rayonnement
22:44qu'on appelle
22:44le rayonnement alpha.
22:46Et ce rayonnement alpha,
22:47lui,
22:48il est extrêmement
22:48thérapeutique
22:49et toxique
22:50pour les cellules,
22:51notamment les cellules tumorales,
22:53et surtout avec un rayon
22:54d'action extrêmement court.
22:55Ce qui fait que
22:57ce bord,
22:58lorsqu'il l'explose
22:59en rayonnement alpha,
23:00va détruire la tumeur
23:02de l'intérieur
23:03sans toucher
23:04les tissus sains.
23:05Et ça,
23:06on peut le dire
23:06parce qu'il y a déjà
23:07des résultats cliniques,
23:09alors malheureusement
23:10pas encore chez nous,
23:11mais en Asie,
23:13notamment en Chine,
23:14avec un centre
23:15qui a déjà
23:16cette technologie,
23:17qui a déjà montré
23:18des résultats
23:19sur les glioblastomes
23:20tout à fait impressionnants.
23:22et donc,
23:23à Montpellier,
23:24on fera partie
23:25des trois premiers centres
23:26européens
23:27à acquérir
23:27cette technologie.
23:29Les Etats-Unis
23:30vont équiper bientôt
23:31une quinzaine de centres.
23:32Il y a des centres
23:33aussi au Japon.
23:34Le premier centre
23:35qui va débuter
23:37avant Montpellier
23:37en Europe,
23:38c'est Pavi en Italie.
23:39Et je pense
23:40que d'ici 2028,
23:42ils pourront commencer
23:43à traiter des patients.
23:44Et nous,
23:45il faut qu'on...
23:47Voilà,
23:47on est en train
23:48de faire finaliser
23:49un appel d'offres
23:50et on espère
23:52signer l'accord
23:53avant la fin de l'année
23:54de façon à acquérir
23:57cette technologie,
23:57cette machine.
23:58Par contre,
23:59il faut un très gros bâtiment
24:00pour l'abriter
24:01avec tous les problèmes
24:03de protection
24:04qu'il faut.
24:04Donc,
24:05il faut construire
24:05ce bâtiment,
24:06faire les premiers essais,
24:08etc.
24:09Et donc,
24:09on espère que,
24:10voilà,
24:10d'ici 2029
24:11ou début 2030,
24:13on sera capable
24:14de traiter
24:14les premiers patients
24:15dans des essais cliniques
24:17pour démontrer,
24:18bien sûr,
24:18l'efficacité
24:19et travailler
24:20encore sur améliorer
24:21la technologie
24:22avec toutes les techniques
24:24de radiologie
24:25et autres.
24:27Et vraiment,
24:28on a un très,
24:29très gros espoir,
24:30mais bien sûr,
24:31il faut le temps
24:32de l'acquérir
24:33et de mettre en place
24:35ce traitement.
24:36Mais des résultats
24:37qu'on a vus,
24:38japonais
24:39et chinois,
24:40nous montrent vraiment
24:42un espoir
24:42très important,
24:44notamment pour ces glioblastomes,
24:46où jusqu'à présent,
24:47on était un peu démunis
24:48sur le traitement
24:50de radiothérapie.
24:51Donc,
24:51voilà,
24:52j'espère,
24:53on saurait
24:53quand on aura signé
24:55ce contrat
24:56définitivement
24:57et que le temps
24:59de mettre en place,
25:00eh bien,
25:01alors peut-être
25:02que certains patients
25:03iront en Italie
25:04se faire traiter
25:05dès que,
25:06parce qu'on va bien sûr
25:06travailler avec eux
25:07de façon très étroite,
25:09dès que ce sera possible
25:10et puis on l'espère
25:11à Montpellier
25:13dans quelques temps.
25:15J'ai juste un dernier mot
25:16sur la recherche
25:16parce que ce type
25:18de cancer,
25:19les tumeurs cérébrales,
25:19je parle d'une façon large,
25:20le principal problème,
25:22c'est de monter
25:23des médicaments
25:23jusqu'à l'intérieur
25:24de la boîte crânienne.
25:26La barrière hématoménagée,
25:27on peut nous parler
25:29encore mieux d'Amélie,
25:30mais qui est effectivement
25:31une barrière.
25:32Qui est une vraie barrière.
25:33Et c'est un des sujets,
25:34alors j'ai vu,
25:35fracons,
25:35on est su,
25:36j'ai lu qu'il y avait
25:36des nouvelles recherches
25:37pour essayer maintenant
25:38de passer mieux
25:40cette barrière hématoménagée,
25:41mais peut-être Amélie
25:41a des nouvelles là-dessus.
25:43Oui, cette barrière,
25:44elle existe là
25:44pour protéger notre cerveau.
25:46C'est vraiment un sanctuaire
25:47et donc elle est là
25:48pour le protéger,
25:49mais c'est sûr
25:49qu'elle ne nous aide pas
25:50forcément quand on veut
25:51traiter une tumeur cérébrale
25:53pour que la molécule
25:54passe dans le cerveau.
25:55Alors déjà,
25:56en fonction des tumeurs cérébrales,
25:57il y en a certaines
25:57où cette barrière,
25:58elle est un peu dysfonctionnelle
25:59déjà du fait de la tumeur.
26:00Donc la tumeur en elle-même
26:02fait que les molécules
26:03peuvent rentrer plus facilement.
26:05Ensuite,
26:06il y a en effet
26:07des techniques,
26:08notamment un essai actuellement
26:09porté par une équipe parisienne
26:12qui essaie d'ouvrir
26:14cette barrière
26:15avec un système
26:16qui est appliqué
26:17avant la perfusion
26:19de la chimiothérapie
26:20qui ouvre la barrière
26:21pendant un temps donné
26:22pendant laquelle
26:23on injecte la chimiothérapie
26:25pour voir si on améliore
26:26le passage de la chimiothérapie
26:28ou de la thérapie d'ailleurs,
26:29ce n'est pas que des chimiothérapies
26:30dans le cerveau
26:31et ainsi on améliore
26:33l'efficacité.
26:34Donc c'est sûr
26:35que ça fait partie des limites.
26:36Après, cette limite
26:37elle peut être contournée.
26:38Le voracinib
26:39dont je vous ai parlé tout à l'heure
26:40il est dans une classe
26:41de médicaments
26:42qui est les anti-IDH.
26:43Il y a d'autres molécules
26:45anti-IDH qui existent
26:46mais ce voracinib
26:47il a été justement développé
26:48pour être un anti-IDH
26:49qui passe facilement
26:50la barrière.
26:52Donc c'est sûr
26:53que c'est une de nos contraintes
26:54mais ça n'est pas
26:55une limite absolue.
26:57Pour terminer,
26:58avant de prendre les questions
26:59je voudrais qu'on parle
27:00d'un sujet
27:00qui est vraiment important.
27:01Laetitia,
27:02comment vit-on aujourd'hui
27:04quand on a
27:05ce type de maladie ?
27:08Est-ce que cette épée
27:09de Damoclès
27:09est-ce que vous êtes un peu
27:11enfin vous
27:12globalement
27:12les patients
27:13sont suivis pour ça
27:14sont aidés
27:15parce que
27:16c'est une période difficile
27:18j'imagine ?
27:20L'épée d'Amoclès
27:21c'est un mot
27:21qui revient souvent
27:22dans les témoignages
27:24des patients
27:24et des aidants aussi
27:26parce que forcément
27:26ils sont absolument
27:27imbriqués
27:28dans ce parcours
27:29ça vient forcément
27:30bousculer
27:32brutalement
27:32la vie
27:33comme le disait
27:33le docteur Darlix
27:34tout à l'heure
27:35on parle de brutalité
27:37brutalité de diagnostic
27:38brutalité d'impact
27:40du coup aussi
27:41cognitif
27:41avec tous les
27:42les signes associés
27:44il y a un rythme de vie
27:46qui est différent
27:47avec des imageries
27:48d'IRM
27:49ça dépend effectivement
27:50de gliombagrat
27:51c'est totalement
27:52deux enjeux différents
27:54mais sur le glioblastome
27:56voilà
27:56sur des IRM
27:57rapprochés
27:58de deux mois
27:58trois mois
27:58peut-être écartés
27:59un peu plus
27:59selon chaque personne
28:01mais ces imageries
28:02sont redoutées
28:04et à chaque fois
28:05c'est hop
28:05un ticket
28:06allez j'ai un ticket
28:06pour jusqu'au prochain IRM
28:08en fait
28:08c'est cette périodicité
28:10comme si
28:10je peux aller
28:11jusqu'au prochain IRM
28:13mais
28:14le vécu
28:15il va être vraiment varié
28:16forcément
28:17d'un individu
28:18à l'autre
28:19nous on est en contact
28:20avec des familles
28:21de tous âges
28:22même si c'est vrai
28:23que la médiane
28:24est plus élevée en âge
28:25en tout cas
28:26nous on est en contact
28:27avec de très jeunes personnes
28:29encore hier
28:29j'étais une jeune femme
28:30de 22 ans
28:31qui vient d'être diagnostiquée
28:33d'un glioblastome
28:33donc ça peut arriver aussi
28:35chez les plus jeunes
28:37et ça vient les percuter
28:38dans tous leurs projets de vie
28:40mais il y a une force de vie
28:42qui est vraiment très puissante
28:45qui est vraiment impressionnante
28:48en fait
28:48nous on a des bénévoles
28:50qui sont atteints du glioblastome
28:51qui sont référents
28:52qui tiennent des permanences
28:54qui font des événements
28:56c'est vraiment incroyable
28:58parce que ce temps
29:00le temps de la vie
29:01il revêt une dimension
29:04tout à fait nouvelle
29:05en fait
29:06il y a vraiment
29:07ça vient revisiter tout ça
29:09et chaque moment
29:09en fait
29:10devient très important
29:12des choses les plus simples
29:14et c'est vrai
29:15qu'on encourage
29:15à rester dans des projets
29:17de vie
29:17en fait
29:18qui maintiennent
29:19dans cette existence
29:20de la vie avant tout
29:22et je pose la question
29:23aux médecins
29:24pour les patients
29:25qui ont un gliome
29:28comment est assuré
29:29le post-op
29:30le suivi opératoire
29:32en sachant en plus
29:33qu'il y a un risque
29:35d'une nouvelle intervention
29:37il y a des
29:38comment vous aidez
29:40ces patients là
29:41alors sur la paire
29:42donc les patients
29:43de toute façon
29:44à partir du moment
29:44où ils ont un diagnostic
29:45de gliome
29:45sont suivis en continu
29:46de façon régulière
29:47tous les 3 mois
29:48tous les 6 mois
29:49parfois tous les ans
29:50au bout d'un moment
29:51la période post-opératoire
29:53c'est évidemment
29:54une période
29:54où les patients
29:54sont suivis
29:55de façon plus rapprochée
29:56notamment sur le plan cognitif
29:58où ils sont évalués
30:01à 3 mois
30:02après la chirurgie
30:03etc.
30:04mais en fait
30:04pendant toute la durée
30:05de la maladie
30:07une partie de notre travail
30:08comme neurochirurgien
30:09comme radiothérapeute
30:10comme neuro-encologue
30:11c'est aussi
30:11d'essayer d'évaluer
30:13ces aspects
30:13qualité de vie
30:14quels sont les symptômes
30:15que vous avez
30:16comment vous vivez
30:16la maladie
30:17et c'est aussi
30:18notre travail
30:19d'essayer
30:19d'accompagner
30:21au mieux
30:21les patients
30:21dans leur vécu
30:23de la maladie
30:24dans l'église de Bagrade
30:26notamment
30:26d'essayer d'accompagner
30:27la poursuite
30:28de l'activité professionnelle
30:29qui est quand même
30:29un point souvent central
30:30chez les patients
30:32donc pour ça
30:34les organisations
30:35sont différentes
30:35en fonction des centres
30:36nous on a
30:37c'est vrai la chance
30:38d'être un centre
30:38où on a une équipe
30:40assez fournie
30:41en ce qu'on appelle
30:41en soins de support
30:42avec un bâtiment
30:44qui est dédié
30:44aux soins de support
30:45et donc on essaye
30:46au mieux possible
30:48d'accompagner
30:49ces patients
30:50il y a des psychologues
30:50des neuropsychologues
30:51des assistantes sociales
30:54des médecins
30:54de soins de support
30:56pour les Guillaume de Bagrade
30:57par exemple
30:58ils ont maintenant
30:58chez nous
30:59en tout cas
30:59un parcours particulier
31:00où ils voient
31:01de façon régulière
31:03différents intervenants
31:05c'est le même type
31:06d'effort
31:06qu'on voit
31:07dans à peu près
31:07tous les centres
31:08qui s'occupent
31:08de ces patients
31:09il y avait à Paris
31:09la semaine dernière
31:10une réunion
31:11justement
31:12qui réunissait
31:13tous les soignants
31:14qui sont impliqués
31:14autour de la prise en charge
31:16il n'y a pas que
31:16l'oncologue
31:17le chirurgien
31:17mais il y a vraiment
31:18tout un panel
31:19de professionnels
31:19qui sont formés
31:21à cette maladie
31:22et qui essaient
31:23d'accompagner
31:23les patients
31:24sur ces différents aspects
31:26sans doute
31:26faudrait-il qu'on soit
31:27encore plus performants
31:28plus systématiques
31:31et incluant
31:31les patients partenaires
31:33les associations
31:34qui ont un rôle
31:35aussi important
31:36et donc on a
31:37un espace
31:37d'associations
31:38à l'ISEM
31:39où interviennent
31:40selon les gens
31:41de la semaine
31:42les associations
31:43comme la vôtre
31:44qui permettent
31:46comme ça
31:46de prendre en charge
31:48les patients
31:49de les rassurer
31:51de les accompagner
31:52et d'échanger
31:54avec un dialogue
31:55qui est différent
31:55de celui
31:56qu'avec les médecins
31:56parce qu'ils peuvent
31:57parler avec
31:58d'anciens patients
31:59ou d'associations
32:00de choses un petit peu
32:01plus intimes
32:02et autres
32:03de leur vie quotidienne
32:04plus sur le quotidien
32:05donc c'est très important
32:06aussi maintenant
32:07et on inclut ça
32:08dans notre fonctionnement
32:09tout ce qu'on appelle
32:10les patients partenaires
32:11et les associations
32:12de patients
32:12et dans les questions
32:13qui reviennent
32:14j'imagine systématiquement
32:15c'est
32:17est-ce qu'il y a un risque
32:17pour mon entourage
32:19est-ce qu'il y a des formes
32:20familiales
32:21est-ce qu'on est plus
32:21exposé
32:22elles sont minoritaires
32:23dans les gliomes
32:24elles sont très rare
32:25c'est moins de 5%
32:26des cas
32:26donc il n'y a pas
32:27d'indication
32:28de dépistage génétique
32:30systématique
32:31sauf s'il y a
32:31dans la famille
32:33des antécédents
32:34déjà de tumeurs
32:34cérébrales
32:35ou du système nerveux
32:35central
32:35ou si le patient
32:36lui-même
32:37a déjà eu
32:37d'autres cancers
32:39en plus du gliome
32:40mais c'est vraiment
32:41très minoritaire
32:42avec un sur-risque
32:45très faible
32:45dans la famille
32:46donc il n'y a pas
32:47de dépistage
32:47pourquoi moi
32:47est-ce qu'il y a
32:48des facteurs
32:49environnementaux
32:50qu'est-ce qu'on sait
32:52pas grand-chose
32:54non c'est pas
32:55pas grand-chose
32:55il n'y a pas de facteur
32:56contrairement à d'autres
32:57cancers
32:58le tabac
32:58le cancer du poumon
32:59etc
32:59il n'y a pas de facteur
33:00de risque environnemental
33:01qui soit connu
33:03il y a eu beaucoup
33:04de recherches
33:05à ce sujet
33:05il y a de la recherche
33:05épidémiologique
33:06notamment avec la question
33:08de la place du téléphone
33:09portable
33:09des grandes études
33:10qui ont
33:11beaucoup parlé de ça
33:12évalué
33:13c'est des études
33:14qui sont compliquées
33:14à mener
33:15parce qu'il faut arriver
33:16à bien mesurer
33:16l'exposition
33:18mais toutes ces études
33:19finalement
33:20en tout cas
33:21sont très majoritairement
33:22notamment
33:22celles qui ont été
33:23bien conduites
33:24négatives
33:24donc on n'a pas
33:27de facteur de risque
33:30démontré
33:30à l'heure actuelle
33:31dans la littérature
33:32scientifique
33:32il y a des choses
33:33intéressantes
33:33sur par contre
33:34un facteur protecteur
33:35qui serait
33:36le fait d'avoir
33:37des allergies
33:37d'être un patient
33:39avec un terrain allergique
33:40ça a été montré
33:41de façon assez systématique
33:42comme protecteur
33:44vis-à-vis du risque
33:44de glium
33:45donc il y a peut-être
33:46quelque chose
33:46à creuser
33:47du système immunitaire
33:48exactement
33:49sans doute
33:49en tout cas
33:51les aspects mécanistiques
33:52ne sont pas connus
33:52mais c'est vrai
33:52que c'est une association
33:53qui est vraiment
33:55retrouvée systématiquement
33:56dans la littérature scientifique
33:57donc ça c'est
33:58quelque chose d'intéressant
33:59mais en termes de facteur
34:00de risque
34:01stricto sensu
34:01il n'y a pas de chose
34:03connue à l'heure actuelle
34:04Laetitia
34:04je voudrais juste compléter
34:07c'est vrai que
34:07l'épidémiologie
34:09déjà la neuro-oncologie
34:10quand même peine
34:10à trouver des financements
34:11alors l'épidémiologie
34:13dans la neuro-oncologie
34:14peine encore plus
34:15c'est vraiment
34:16les derniers wagons
34:18des financements
34:19on peut le dire
34:19même s'il y a eu
34:20un effort sur les cancers
34:21de mauvais pronostics
34:22depuis quelques petites années
34:26c'est vrai qu'il faut
34:27constater que les chercheurs
34:28s'ils n'avaient pas
34:28des appuis aussi
34:29d'autres associations
34:30d'ailleurs
34:31peindraient à pouvoir
34:32continuer leur projet
34:32sur l'épidémiologie
34:34juste il y a quand même
34:34le recensement
34:35qui a été
34:36pour le registre national
34:37qui a été voté
34:38en décembre 2025
34:40qui pour l'instant
34:41n'est pas encore
34:42mis en application
34:42mais qui pourra en tout cas
34:43même si les travaux
34:45épidémiologiques
34:45sont déjà menés
34:46depuis plusieurs années
34:47notamment avec le docteur Bochet
34:49mais d'avoir ce recensement
34:51via le registre national
34:52permettra en tout cas
34:54d'avoir une incidence géographique
34:55de l'ensemble
34:56des cancers en France
34:57qui sera probablement
34:58en avancée
34:59pour après
34:59travailler sur ces déterminants
35:02merci
35:02il y a quand même
35:03juste effectivement
35:04des progrès à temps
35:06d'une part
35:07parce que
35:08grâce à nos plans cancer
35:09à l'institution nationale
35:11du cancer
35:11et à la stratégie décennale
35:13dans la dernière
35:14stratégie décennale
35:15les tumeurs
35:16dites de mauvais pronostics
35:18sont prioritaires
35:19il y en a deux surtout
35:20le pancréas
35:21dont je m'occupe
35:22plus particulièrement
35:22mais ce n'est pas le sujet
35:23et les glioblastomes
35:25donc il y a
35:25beaucoup de moyens
35:26qui vont être mis
35:27et puis
35:28on va aussi
35:29mettre en place
35:29justement un registre national
35:31des cancers
35:32l'ensemble des cancers
35:33pour avoir justement
35:34des études complètes
35:36à l'échelle nationale
35:37donc on peut espérer
35:39avoir des progrès
35:40mais ils sont toujours
35:40difficiles sur le plan
35:41de l'épidémiologie
35:42c'est vrai
35:42merci beaucoup
35:43merci
35:44on vous applaudit
35:45tout d'abord
35:46bravo
35:46parce que
35:47c'est extrêmement riche
35:49merci
35:50merci
35:51merci
35:52merci
35:52merci
35:53merci
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