00:00 Le monde s'écroule lorsqu'on apprend qu'on est infecté par une maladie qui n'a aucun traitement.
00:06 En 2014, lorsque j'ai appris la mauvaise nouvelle,
00:18 j'étais en exercice, je suis pilote de ligne commandant en bord à Air France sur Boeing 777
00:25 et j'exerçais mon métier comme tous mes collègues sans savoir que quelque part à l'intérieur de moi
00:32 il y avait quelque chose de dramatique qui se préparait.
00:35 Je ne me suis jamais exposé volontairement au soleil
00:40 et pourtant j'ai développé la maladie tardant ma vie à 56 ans.
00:44 Le mélanome métastatique, on commence à en parler parce que c'est de plus en plus fréquent.
00:50 Ce grain de beauté muté sur l'épaule, de façon très fortuite,
00:56 en jardinant la sangle d'une des broussailleuses qui a arraché le grain de beauté,
01:03 ça s'est mis à saigner, mon épouse a vu que j'avais du sang dans le dos et m'a dit "il faut que tu consules".
01:07 La biopsie a montré que c'était muté, donc c'est arrivé très rapidement
01:13 et donc ça a permis au docteur Lordat de demander ma mise sous surveillance imagerie, dans le scanner,
01:22 pour suivre s'il n'y avait pas une évolution métastatique, bien que peu probable on m'avait dit.
01:26 Au bout de 14 mois, ce qui était improbable est devenu réalité.
01:31 Les métastases sont apparus dans les poumons et à partir de là, le compte à rebourrer était lancé.
01:38 Un vieil instructeur, quand je suis rentré à Air France, m'avait dit "tu sais, tant que l'avion vole encore, t'es pas mort".
01:46 J'y ai beaucoup pensé, j'ai dit "ben écoute, il reste 14 mois, on va les utiliser, on va faire tout ce qu'on peut".
01:53 Je voulais tout savoir, tous les symptômes, les conséquences, disons les choses comme elles sont, la déchéance.
02:01 Un médecin qui habitait à Espelette à l'époque, le docteur Pierre Hanoury,
02:06 qui avait des contacts auprès de l'Institut Gustave Roussy et donc de Caroline Robert,
02:11 m'a pu avoir très rapidement un rendez-vous.
02:14 Il y avait peu de lumière au bout du tunnel à l'époque, les traitements n'avaient pas porté leurs fruits,
02:19 les métastases grandissaient à une vitesse absolument incroyable,
02:25 les espoirs d'une thérapie miracle s'amenuisaient.
02:30 Le professeur Robert, avec beaucoup de pugnacité, m'a rattaché à un essai thérapeutique de certification d'une molécule
02:40 qui s'appelait à l'époque le pembrolizumab, c'est un peu barbare,
02:44 mais qui n'avait pas de nom commercial à l'époque parce que non certifié.
02:50 Le téléphone a sonné, c'est Caroline Robert qui m'a appelé pour me dire "est-ce que vous pouvez monter à Paris demain ?"
02:58 "Oui, pourquoi ?" "J'ai votre ATU."
03:01 L'ATU c'est l'autorisation temporaire d'utilisation délivrée par le ministère de la Santé pour pouvoir être attaché à un essai thérapeutique.
03:08 Et donc je me suis dit "oui, je suis là même ce soir s'il faut."
03:11 En l'espace de dix mois de ce traitement, les métastases ont totalement disparu.
03:16 L'Institut, au travers du professeur Robert, a constaté qu'il y avait une rémission pérenne et complète.
03:22 Et le protocole de fin de traitement a eu lieu en juillet-août 2015 et depuis je n'ai plus de traitement,
03:31 ni aucune séquelle visible à part un léger vitiligo qui en soit plutôt bénin.
03:37 Lorsque le médecin qui gère la thérapie vous dit "pour moi vous êtes guéri, ça ne reviendra pas, on va vous surveiller"
03:46 pour moi il n'y a plus rien. On est au premier de l'an, de l'an zéro, on recommence une vie.
03:52 Mon but c'était pas de survivre, c'était de retravailler, c'était un jour de repiloter un avion.
04:00 L'affection que j'avais subie m'interdisait normalement de réexercer un jour de mon métier.
04:07 Ce n'était pas possible, c'était interdit.
04:09 Là je m'apercevais au moment où le docteur Robert m'a dit "t'es guéri", c'est là que la bataille commençait.
04:16 Ça a été une bataille qui a duré 18 mois.
04:18 Ils ont su, c'était courageux de leur part, c'était visionnaire de leur part,
04:30 d'écrire cette histoire qui, j'espère, profitera à quelqu'un d'autre.
04:34 Parce que je suis le premier, je ne suis certainement pas le dernier.
04:36 J'ai été un peu déçu, j'ai eu peur.
04:38 J'ai eu peur de la mort, j'ai eu peur de la mort.
04:40 J'ai eu peur de la mort, j'ai eu peur de la mort.
04:42 J'ai eu peur de la mort, j'ai eu peur de la mort.
04:44 J'ai eu peur de la mort, j'ai eu peur de la mort.
04:46 J'ai eu peur de la mort, j'ai eu peur de la mort.
04:48 J'ai eu peur de la mort, j'ai eu peur de la mort.
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