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  • il y a 3 minutes
Deux jours après les violences qui ont émaillé la journée de manifestations du 17 octobre contre la "vie chère", la classe politique continue de réagir tandis que l'exécutif veut, lui, reprendre la main. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a présenté sa démission à Emmanuel Macron, qui l'a refusée.

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Transcription
00:00Ce n'est pas du tout de la compétence du maire à Paris.
00:04Il y a plein de mesures techniques qui sont en discussion.
00:07Je n'ai pas à l'heure qu'il ait d'informations précises sur les décisions qui seront prises.
00:12Mais évidemment, la question du rétablissement de l'ordre républicain est importante.
00:17Mais je le dis, ça ne peut pas être non plus attentatoire à deux choses.
00:21C'est d'abord à la vie courante.
00:23D'une certaine manière, punir le plus grand nombre par les agissements de quelques-uns serait, je le crois, une
00:28double sanction.
00:28Et deuxièmement, je suis toujours très attentif en démocratie à ce qu'on fasse attention dans la façon dont on
00:37manie les armes juridiques
00:38qui contreviennent à des principes fondamentaux de liberté de circulation et de rassemblement.
00:43On parle qu'il y avait quand même très peu de policiers sur Paris.
00:46Est-ce que vous avez pu avoir discuté avec le préfet de police, avec le ministre ?
00:51J'ai des questions. Je n'ai pas encore les réponses.
00:54Je pense que ce sera l'objet à la fois de la commission d'enquête parlementaire,
00:59parce qu'au-delà des déclarations, il faut vérifier précisément combien a été mobilisé, où, comment, pourquoi.
01:06Et deuxièmement, je pense qu'il doit, et c'est en tout cas ce que je pense auprès du Premier
01:10ministre,
01:11y avoir une enquête indépendante sur le sujet de la disponibilité des forces et sur la doctrine d'intervention.
01:18Qu'est-ce que vous attendez de l'acte de l'annonce à Sainte-Saint-Denis ?
01:21Alors, d'abord, on va gérer chaque jour, parce que hier, on pensait que ça allait être calme,
01:26et c'est plutôt les informations que j'avais, et on avait observé que ce n'était pas le cas
01:29du tout.
01:30On est vraiment à pied d'œuvre 24 heures sur 24.
01:33Moi, ce que je crois, c'est que tant qu'il n'ait pas donné de réponse politique à la
01:37crise politique,
01:38ça ne se résoudra pas.
01:39croire que c'est par uniquement des mesures de police,
01:42et c'est pour ça que ma question et mes questions,
01:44elles seront principalement pour le Premier ministre,
01:48plus que pour le ministre de l'Intérieur, le ministre de l'Intérieur.
01:50Chacun peut avoir un regard nuancé sur son action,
01:52mais je crois que ce n'est pas comme ça qu'on dénouera le problème.
01:55La question de la réponse politique,
01:57moi, je pense qu'il faut rapidement travailler une plateforme de revendication
02:00qui soit plus précise, de façon à poser les conditions d'une sortie de crise.
02:05Deuxièmement, je pense que le Premier ministre doit se saisir,
02:09de ce sujet et engager une négociation avec les organisations lycéennes,
02:13avec les organisations étudiantes et avec les organisations représentatives des salariés.
02:17On a la conjonction d'un mouvement lycéen, d'un mouvement étudiant
02:21et d'un mouvement global de la population qui touche de très nombreuses professions,
02:25ceux qui sont victimes de la crise du niveau des carburants,
02:30ceux qui voient leur facture d'énergie s'envoler.
02:33On a besoin d'avoir une réponse,
02:35et avant d'avoir une réponse, un cadre politique de discussion sur tout ça.
02:38Ce n'est pas la main des maires,
02:39mais je pense qu'il y a un certain nombre de maires
02:40qui peuvent aussi pousser le gouvernement à prendre conscience de cela
02:44et à y répondre.
02:45C'est en tout cas ce que je porterai auprès du Premier ministre.
02:46Monsieur le maire, des commerçants pensent à se défendre eux-mêmes.
02:50Est-ce que ça vous inquiète ?
02:51Alors d'abord, on le comprend.
02:52Moi, j'ai vu des commerçants qui sont des petits chefs d'entreprise,
02:56avec des salariés modestes,
02:57qui ont vu leur outil de travail méthodiquement détruit.
03:01Et ceux qui n'ont pas vu leur outil de travail détruit s'inquiètent.
03:05Donc évidemment non, ils ne doivent pas faire la police eux-mêmes,
03:08d'abord parce que ce serait eux-mêmes se mettre en danger,
03:11mais je ne peux pas leur reprocher d'avoir une réaction de colère et d'inquiétude.
03:17Et donc moi, ce que je veux, c'est que dans les heures qui viennent,
03:20soient réunies les conditions pour que, entre guillemets,
03:23la sérénité et la tranquillité publique reviennent,
03:25pour qu'on n'en arrive pas à de tels excès,
03:27ou en tout cas à ne pas prendre ce type de risque.
03:29Qu'est-ce que vous avez ressenti personnellement
03:31quand vous avez vu ces images de Paris faire le tour du monde de manière négative ?
03:34Alors ça, ce n'est pas mon sujet.
03:35Mon sujet, c'est d'abord les gens que j'ai vus pleurer sur le terrain.
03:38C'est ça mon sujet.
03:39Évidemment, je me préoccupe énormément de l'image de ma ville et de l'image de mon pays,
03:42parce que quand Paris ne va pas bien, c'est la France qui ne va pas bien.
03:45Paris, c'est le grand Paris, c'est 33% du PIB national.
03:48Quand nous, on ne va pas bien, derrière, c'est les territoires entiers qui vont subir les conséquences.
03:52Ce n'est pas seulement Paris.
03:54Et je redis l'interdépendance majeure de nos territoires
03:56en matière de solidarité, économie, politique et démocratique.
04:01La deuxième chose, c'est que j'ai vu des gens qui avaient peur
04:04et j'ai vu des gens qui étaient tristes.
04:05Et donc, c'est deux sentiments que je ne crois pas normal dans l'opinion publique.
04:10Et donc, le premier sujet, c'est de rassurer.
04:13Rassurer, faire en sorte que ça n'arrive plus, protéger.
04:15Moi, j'ai reçu hier soir au moins une cinquantaine d'appels de gens en pleurs
04:19qui me demandaient de venir sur place.
04:20Et je ne peux pas le faire partout.
04:22Et vous comprenez bien que ce n'est pas ma mission.
04:24Mais je ne peux pas rester sourd non plus à leurs préoccupations.
04:27La peur et la tristesse, ce ne sont pas des valeurs qui sont bonnes pour la vie en société.
04:32Et donc, il est urgent que l'État fasse son boulot, que les mairies fassent leur boulot,
04:35et j'en prends ma part, et qu'on retrouve un cadre de dépasser.
04:38Mais je le redis, la question pour la sortie de crise est évidemment un sujet de réponse politique aux mobilisations.
04:45Les casseurs, ils s'infiltrent dans les manifestations,
04:48faisant en sorte que les gens y trouvent moins besoin de manifester,
04:51parce qu'ils ont le sentiment d'être mieux entendus, plus entendus,
04:54et qu'il y aura des bouchers à leur demande.
04:57Et les casseurs ne pourront plus s'infiltrer.
04:59Merci à tous.
04:59En tout cas, hier, du président de la République, justement, par rapport aux requêtes citoyennes et lycéennes.
05:03Alors, je pense que son expression n'était pas alignée par rapport à ce qu'attend le mouvement social.
05:11Et je pense qu'il devra mettre à profit les heures qui viennent,
05:14que ce soit lui-même ou son Premier ministre,
05:17pour donner des signes qu'on ne répond pas que sur le sujet du maintien de l'ordre,
05:21qui est indispensable, je le redis.
05:22Mais encore une fois, il faut dénouer la crise.
05:25Je le dis pour deux raisons.
05:26La première, c'est qu'on peut rétablir l'ordre.
05:29Mais si le mouvement social continue, les risques que ça recommence sont grands.
05:33Et deuxièmement, il y a six mois avant les prochaines élections présidentielles.
05:37Six mois.
05:38Et six mois, c'est très long dans ces circonstances.
05:40Et donc, il faut que le gouvernement démontre sa capacité à continuer
05:44un minimum de continuité d'action de l'État
05:48et ne pas laisser prendre ce sentiment d'effondrement, de déstabilisation par quelques-uns.
05:55Merci à tous.
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