00:00Vous discutiez avec des commerçants, vous discutiez avec des habitants, qu'est-ce qu'ils vous disent ce matin ?
00:05Écoutez, ils nous disent ce qu'on sait et ce avec quoi on est parfaitement d'accord, c'est-à
00:09-dire qu'ils sont hallucinés, ils sont choqués, ils sont dégoûtés.
00:13Ils nous disent, et je voudrais saluer toutes les forces de l'ordre qui ont été mobilisées, notamment les différentes
00:19forces de la police,
00:20mais la réalité est qu'il n'y en avait pas assez, samedi soir, dimanche soir, deuxième jour d'émeutes,
00:26on a eu, nous, des émeutes en direct avec des informations, on était sur place et de fait, il y
00:32a des pillages qui se sont faits sans qu'il y ait une force de police
00:34qui soit à mesure d'intervenir au cœur de Paris et ça a commencé d'ailleurs en pleine journée, samedi,
00:40dimanche.
00:41C'était le prolongement de ma question. Est-ce qu'ils vous disent également, comme ils nous le disent à
00:46nous depuis ce matin,
00:47on a discuté avec beaucoup de commerçants de vos arrondissements, est-ce qu'ils vous disent que les pouvoirs publics
00:53sont défaillants ?
00:54Oui, il y a un sentiment d'abandon, d'habitants aussi d'ailleurs, pas que des commerçants, des habitants qui
00:59étaient chez eux,
01:00vous avez vu des images de gens qui ont jeté de l'eau ou des habitants, moi j'ai reçu,
01:04on est tous, tous les élus,
01:05on a reçu des vidéos en live, je n'arrivais même pas à faire le tri de tout ce que
01:09je recevais en direct de gens qui étaient chez eux
01:12où on était en train de caisser. À une heure et demie du matin encore dans le marais, j'avais
01:15des gens qui me disaient,
01:16regarde, en bas de chez moi, ils sont en train de défoncer une devanture. Et donc oui, il y a
01:21un sentiment un petit peu d'abandon.
01:22Enfin, les gens ont la gueule de bois, c'était le mot d'un commerçant, la gueule de bois, on
01:26ne comprend pas ce qui s'est passé.
01:27Et je dois dire, et que nous-mêmes, on a du mal à comprendre. C'est-à-dire qu'en
01:32fait, on ne comprend pas pourquoi on a été aussi démunis
01:35en force de l'ordre. Et encore une fois, je rends hommage à celles qui étaient présentes et qui sont
01:39intervenues.
01:39J'en ai croisé dans le marais cette nuit. Je leur rends hommage, mais ils n'étaient pas en nombre
01:45suffisant.
01:45– Certains commerçants ressentent une colère très profonde ce matin à notre micro, très intense.
01:53Certains nous disent, je ne sais pas, mais il va falloir que je me défende d'une manière ou d
01:57'une autre
01:57parce que manifestement, les pouvoirs publics ne sont pas en capacité de le faire.
02:01Qu'est-ce que vous leur répondez lorsqu'ils en arrivent à de telles options ?
02:06– C'est très dur parce que la milice, l'organisation, l'auto-organisation, c'est le début du bazar.
02:12La police est là pour ça. Force doit rester à la loi.
02:15Et puis la violence, le monopole de l'avion de l'hôpital, c'est ce qui caractérise une force de
02:19police.
02:19Mais moi, qu'est-ce que je voulais que je vous dise ?
02:20D'abord, je comprends. Les commerçants qui se défendent seuls.
02:23– Est-ce que, pardonnez-moi, parce que vous me disiez qu'est-ce que vous voulez que je vous
02:25dise,
02:25mais est-ce que vous vous sentez impuissant face à cette situation ?
02:29– On s'est senti assez impuissant, c'est vrai, c'est le cas là.
02:33Mais maintenant, le maire de Paris a demandé à ce qu'on soit reçu par le Premier ministre.
02:38Il est impératif qu'à l'échelle nationale, c'est une crise nationale,
02:41il faut qu'il y ait des moyens qui soient proportionnés.
02:43Et on est là, nous, pour ça, les élus.
02:45C'est notre boulot d'aller obtenir les moyens dont on a besoin
02:48pour protéger les commerçants, pour protéger les habitants,
02:50et qu'on n'a pas eu clairement ce week-end.