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  • il y a 6 minutes
Laurent Nuñez a reconnu lundi "une perte de contrôle" des forces de l'ordre dans "certaines grandes villes" samedi lors de la journée de mobilisation contre la vie chère, émaillée de violences et de pillages. Le ministre de l'Intérieur a également indiqué que 350 personnes avaient été interpellées dimanche et dans la nuit à Paris. 

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Transcription
00:00Vous discutiez avec des commerçants, vous discutiez avec des habitants, qu'est-ce qu'ils vous disent ce matin ?
00:05Écoutez, ils nous disent ce qu'on sait et ce avec quoi on est parfaitement d'accord, c'est-à
00:09-dire qu'ils sont hallucinés, ils sont choqués, ils sont dégoûtés.
00:13Ils nous disent, et je voudrais saluer toutes les forces de l'ordre qui ont été mobilisées, notamment les différentes
00:19forces de la police,
00:20mais la réalité est qu'il n'y en avait pas assez, samedi soir, dimanche soir, deuxième jour d'émeutes,
00:26on a eu, nous, des émeutes en direct avec des informations, on était sur place et de fait, il y
00:32a des pillages qui se sont faits sans qu'il y ait une force de police
00:34qui soit à mesure d'intervenir au cœur de Paris et ça a commencé d'ailleurs en pleine journée, samedi,
00:40dimanche.
00:41C'était le prolongement de ma question. Est-ce qu'ils vous disent également, comme ils nous le disent à
00:46nous depuis ce matin,
00:47on a discuté avec beaucoup de commerçants de vos arrondissements, est-ce qu'ils vous disent que les pouvoirs publics
00:53sont défaillants ?
00:54Oui, il y a un sentiment d'abandon, d'habitants aussi d'ailleurs, pas que des commerçants, des habitants qui
00:59étaient chez eux,
01:00vous avez vu des images de gens qui ont jeté de l'eau ou des habitants, moi j'ai reçu,
01:04on est tous, tous les élus,
01:05on a reçu des vidéos en live, je n'arrivais même pas à faire le tri de tout ce que
01:09je recevais en direct de gens qui étaient chez eux
01:12où on était en train de caisser. À une heure et demie du matin encore dans le marais, j'avais
01:15des gens qui me disaient,
01:16regarde, en bas de chez moi, ils sont en train de défoncer une devanture. Et donc oui, il y a
01:21un sentiment un petit peu d'abandon.
01:22Enfin, les gens ont la gueule de bois, c'était le mot d'un commerçant, la gueule de bois, on
01:26ne comprend pas ce qui s'est passé.
01:27Et je dois dire, et que nous-mêmes, on a du mal à comprendre. C'est-à-dire qu'en
01:32fait, on ne comprend pas pourquoi on a été aussi démunis
01:35en force de l'ordre. Et encore une fois, je rends hommage à celles qui étaient présentes et qui sont
01:39intervenues.
01:39J'en ai croisé dans le marais cette nuit. Je leur rends hommage, mais ils n'étaient pas en nombre
01:45suffisant.
01:45– Certains commerçants ressentent une colère très profonde ce matin à notre micro, très intense.
01:53Certains nous disent, je ne sais pas, mais il va falloir que je me défende d'une manière ou d
01:57'une autre
01:57parce que manifestement, les pouvoirs publics ne sont pas en capacité de le faire.
02:01Qu'est-ce que vous leur répondez lorsqu'ils en arrivent à de telles options ?
02:06– C'est très dur parce que la milice, l'organisation, l'auto-organisation, c'est le début du bazar.
02:12La police est là pour ça. Force doit rester à la loi.
02:15Et puis la violence, le monopole de l'avion de l'hôpital, c'est ce qui caractérise une force de
02:19police.
02:19Mais moi, qu'est-ce que je voulais que je vous dise ?
02:20D'abord, je comprends. Les commerçants qui se défendent seuls.
02:23– Est-ce que, pardonnez-moi, parce que vous me disiez qu'est-ce que vous voulez que je vous
02:25dise,
02:25mais est-ce que vous vous sentez impuissant face à cette situation ?
02:29– On s'est senti assez impuissant, c'est vrai, c'est le cas là.
02:33Mais maintenant, le maire de Paris a demandé à ce qu'on soit reçu par le Premier ministre.
02:38Il est impératif qu'à l'échelle nationale, c'est une crise nationale,
02:41il faut qu'il y ait des moyens qui soient proportionnés.
02:43Et on est là, nous, pour ça, les élus.
02:45C'est notre boulot d'aller obtenir les moyens dont on a besoin
02:48pour protéger les commerçants, pour protéger les habitants,
02:50et qu'on n'a pas eu clairement ce week-end.

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