00:037h-9h30, RTL Matin, avec Céline Landreau
00:077h17, l'enquête RTL maintenant. Qui sont les casseurs-pilleurs ?
00:11Ceux qui ont saccagé la France ce week-end ?
00:13On ne parle pas là des black blocs, ces individus politisés, souvent associés à l'ultra-gauche
00:16qui mènent des actions violentes contre les forces de l'ordre et l'État.
00:19Non ce matin, on s'arrête sur le profil de ceux qui ont pillé les commerces à Paris, Lyon, Marseille,
00:24Lille ou encore Bordeaux.
00:26Bonjour Arthur Pereira.
00:27Bonjour Céline, bonjour à tous.
00:28Vous avez vu, suivi ces casseurs-pilleurs pendant tout le week-end dans les rues de la capitale. Qui sont
00:33-ils ?
00:33En majorité, des jeunes venus en groupe de 10, de 20, de 30.
00:37Ceux avec qui j'ai échangé avaient généralement entre 16 et 25 ans.
00:41À Paris, par exemple, selon le parquet, un quart des gardés à vue sont des mineurs.
00:45Pour les autres, compliqué de leur donner un âge puisqu'ils étaient cagoulés, habillés de la même façon, en noir,
00:50de la tête aux pieds.
00:52Ces petits groupes se sont rassemblés pour détruire à coups de pied, à coups de barre de fer,
00:55les devantures, des supermarchés, des boutiques de vêtements de sport ou encore des boutiques de luxe,
01:01des commerces qu'ils ont pillés, dévalisés en quelques minutes.
01:04Des scènes identiques à Marseille, à Bordeaux, à Lille, à Lyon.
01:08Lyon, où selon notre correspondant sur place, ces casseurs-pilleurs étaient très organisés.
01:14Certains utilisaient des scooters et des trottinettes pour repartir avec la marchandise volée le plus rapidement possible.
01:20Et puis, il y a aussi les voleurs opportunistes, Arthur.
01:24Oui, et là, on peut parler de très jeunes adolescents de moins de 15 ans.
01:27Samedi, il est 17h lorsqu'à l'angle d'une rue, sous mes yeux, un riverain interpelle un garçon,
01:33les bras chargés de paquets de gâteaux et de baskets de sport.
01:35Il lui demande son âge, 13 ans, répond le collégien, qui dissimule son visage sous un cache-coup,
01:41selon les correspondants de RTL à Lille, à Rennes, à Marseille.
01:45Les profils sont similaires.
01:47Écoutez ce témoignage d'un Marseillais diffusé ce week-end sur notre antenne,
01:51le sentiment de déclassement qui pousse à l'opportunisme.
01:54On essaye de récupérer ce qu'on paye toute l'année.
01:57En fait, on est taxé toute l'année quand on achète un truc.
01:59Et là, on saisit l'occasion de récupérer un petit peu, que ce soit des paires de baskets, des habits,
02:03des bijoux.
02:04Normalement, quand on vole, on a un minimum de culpabilité.
02:06Ce n'est même pas le cas, vous le voyez, toute la ville est en train de se servir.
02:09Dans les rangs des jeunes pilleurs, on retrouve aussi des adolescentes.
02:12Elles ressortent des boutiques saccagées avec des produits de beauté, des sous-vêtements, des téléphones dans des sacs en papier.
02:18Mais Arthur, ces pillages avaient-ils été planifiés, organisés ?
02:22Alors, compliqué de donner une réponse catégorique.
02:25Mais ce qu'on peut néanmoins confirmer, c'est que des vidéos circulaient depuis quelques jours sur les réseaux sociaux
02:30avec des messages clairs.
02:32J'irai voler chez Sephora, chez Nike.
02:34On casse tout, sauf Lidl.
02:35Pour autant, dans certaines rues, beaucoup de pillages ont été commis de manière opportuniste en l'absence de policiers.
02:42Enquête RTL avec Arthur Pereira, ce matin, 7h20.