00:00Le bataillon de marins-pompiers qui a été présent, courageux, souvent bien seul d'ailleurs dans des opérations de sécurisation,
00:08dans des opérations de secours à la personne et au bien, pour éteindre des incendies qui ont été allumés de
00:13manière criminelle hier.
00:15Je remercie Madame la directrice de la police municipale et à travers elle toute la police municipale qui a dû
00:19sortir, faire ce qui n'est pas son métier.
00:23Mais j'ai pris la décision avec la directrice de la police municipale de le faire pour pouvoir éviter et
00:30atténuer le plus possible le drame qu'on a connu et qu'on a vu hier.
00:35Ce que j'ai vu hier, ce que nous avons ressenti, nous les Marseillaises et les Marseillaises, est insupportable.
00:41Ce matin, j'ai mal au cœur. Ce matin, je n'ai pas les mots pour décrire ce que jamais
00:50je n'aurais imaginé vivre dans cette ville.
00:55Hier, des hordes de casseurs et de pilleurs s'en sont pris à ce qu'on a de plus précieux,
01:02c'est-à-dire nos biens communs.
01:03S'en sont pris à une mairie, s'en sont pris à un commissariat, s'en sont pris aux forces
01:09de l'ordre, s'en sont pris à des pompiers, s'en sont pris à des agents, s'en sont
01:12pris à des lycéens.
01:14Sans aucune revendication. Dans le seul but de casser les revendications légitimes de celles et ceux qui venaient manifester de
01:23manière pacifique.
01:24Et j'ai assisté hier, tremblant, tremblant, pour la vie des gens, parce que des gens auraient pu risquer leur
01:32vie, à une forme de cynisme.
01:37Demain, j'aurai l'occasion de m'entretenir avec le ministre de l'Intérieur qui vient me voir à Marseille,
01:41qui vient à Marseille.
01:44Et on aura l'occasion de revenir exactement sur ce qui s'est passé, parce que je veux savoir ce
01:49qui s'est passé dans ma ville.
01:50Et je demande évidemment à ce que la lumière soit faite de manière totale et complète sur ce qui s
01:58'est passé.
01:59J'ai alerté des avant-hier sur une situation qui pouvait potentiellement dégénérer.
02:06J'espère que dans la sixième puissance du monde, j'espère que dans la deuxième ville de la sixième puissance
02:10du monde,
02:11certains ont bien compris qu'on ne jouait pas avec le feu, certains ont bien compris que la sécurité des
02:16biens et des personnes était quelque chose d'essentiel.
02:18C'est l'idée que je me fais de la République. La République ne peut pas être livrée à des
02:23hordes et à des bandes de casseurs
02:25que certains, de manière opportuniste d'ailleurs, assimilent à un mouvement pacifiste et normal de lycéens qui ont des revendications
02:34qui sont légitimes.
02:35J'ai moi-même manifesté, étant plus jeune, quand j'étais lycéen. J'ai moi-même manifesté, et quelquefois dans
02:41des conditions difficiles.
02:42Je n'ai jamais vu, jamais vu, une telle manière de maintenir l'ordre. Jamais.
02:47Et on n'en était même plus à du maintien de l'ordre, puisqu'on est passé à un stade
02:52différent, on en a été au rétablissement de l'ordre.
02:55Je n'imaginais pas voir ça de mon vivant. Je ne peux pas laisser ça se reproduire.
03:00Voilà, demain, je veux des explications et je veux des moyens pour que ça ne se reproduise plus dans ma
03:06ville, ni partout en France.
03:07Parce que je pense au reste de la France. Quand je vois la mairie de Limoges brûler le beffroi, effondrer,
03:14quand je vois la mairie de Lille attaquer,
03:15quand je vois les commerçants, et je pense à mes commerçants qui ont été valeureux pour certains d'entre eux,
03:19parce qu'ils ont été bien seuls quelquefois, et je veux remercier la police municipale et la police nationale quand
03:24elle a pu intervenir.
03:25Quand elle a pu intervenir. Et quand on leur a demandé d'intervenir. Parce que mon propos n'est pas
03:29d'incriminer la police nationale.
03:32La police nationale, elle fait ce qu'on lui demande. Elle fait en fonction de ce qu'on lui demande.
03:37Les gendarmes font ce qu'on leur demande. Et ils répondent à des ordres.
03:41Je veux savoir quels ordres leur ont été donnés. Je veux savoir s'il leur a été demandé de s
03:46'occuper uniquement des manifestants
03:47et de lancer des lacrymaux sur des manifestants, et de ne pas s'occuper des pillages dans la ville. Je
03:51veux savoir ça.
03:52Pour vous, l'État vous a complètement abordé. Le dispositif était largement insuffisant.
03:58Je pense que la situation de la ville et les images que vous voyez me permettent de ne pas répondre
04:07à cette question.
04:08Je n'entrerai pas dans la polémique. Je vous ai dit que demain, je voyais le ministre de l'Intérieur,
04:12que j'ai, avec Emmanuel Grégoire et le maire de Lyon, demandé un rendez-vous au Premier ministre pour être
04:17reçu.
04:17J'ai demandé au président de la République à être reçu.
04:20Ce n'est pas ma conception de la République. Ce n'est pas mon idée de la liberté dans ce
04:25pays.
04:25Dans ce pays, il y a un État de droit. L'État de droit doit être respecté.
04:31Il y a des libertés fondamentales qui doivent être respectées.
04:35L'ordre fait partie de l'État de droit. Le droit de manifester fait partie de l'État de droit.
04:42Ni l'un ni l'autre n'ont été respectés.
04:44Je ne comprends pas pourquoi on a fait de la police de la chair à canon.
04:48Je ne comprends pas pourquoi on a fait des lycéens de la chair à canon.
04:50A quoi on joue ? A quoi est-ce qu'on joue ? A avoir voulu se faire plaisir en
04:58voyant des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ?
05:02Pendant qu'à 100 mètres derrière, il y avait des scènes de guérilla urbaine.
05:07Pendant que je voyais, avec les moyens de la police municipale, et je veux dire ce matin,
05:12que ce sont plus de 700 forces de marins-pompiers et de policiers municipaux qui ont été sur le terrain
05:19toute la nuit.
05:21L'État aura à dire ce qu'il a déployé.
05:24Encore une fois, je veux bien me faire entendre.
05:28Je ne veux pas ici que quelqu'un remette en cause l'intégrité de ce qu'ont pu faire les
05:35policiers nationaux et les gendarmes.
05:36La question, c'est comment est-ce qu'ils ont été employés ? A quel escient ils ont été employés
05:40?
05:40Pourquoi est-ce qu'ils ont été employés ou non employés de cette manière-là ?
05:44Aujourd'hui, vous savez combien de boutiques ont été touchées en centre-ville ?
05:47Non, on est en train de faire le diagnostic, mais c'est énorme.
05:50C'est plus que 2023 après les émeutes ?
05:52Mais bien évidemment.
05:53Est-ce que vous envisagez un fonds d'aide pour les commerçants ?
05:57Oui, je pense d'abord que le gouvernement va prendre ses responsabilités.
06:00Moi, je prendrai les miennes.
06:01Et évidemment, d'abord, on est ici pour aller aider les commerçants à fermer leurs vitrines.
06:05Donc ça, c'est la ville qui le prend en charge.
06:07Le fonds d'indemnisation, évidemment, je demande à la région, à la métropole et au département de venir m'aider.
06:13Mais les collectivités, vous savez, elles ne peuvent pas pallier aux carences de l'État.
06:16Les collectivités, à moi, il va me manquer 50 à haut marseillais.
06:20On va nous prendre 50 millions d'euros l'année prochaine pour faire quoi ?
06:23Je crois que ce n'est pas pour embaucher ni des policiers, ni des gendarmes, ni des pompiers.
06:29Je ne sais pas à quoi ça va servir, tout ça.
06:31Donc oui, il va falloir que l'État prenne ses responsabilités.
06:33La ville a été cassée parce que l'ordre républicain n'a pas pu être assuré.
06:37Et donc, j'attends de l'État qu'il prenne ses responsabilités.
06:40Et qu'il indemnise, évidemment, les commerçants.
06:43Et qu'il fasse en sorte que ça ne se reproduise plus.
06:47Quant à ce qui se passe dans le pays, avec un pays qu'on voit divisé et fracturé,
06:51je veux dire ma très grande inquiétude de voir ce qui est en train de se passer.
06:56Ma très grande inquiétude de voir que certains ne sont pas capables d'entendre des revendications légitimes.
07:02De voir que certains vont, à ma place ici, devant vos micros,
07:05confondre des voyous et des casseurs dont la place est devant un juge ou en prison et des manifestants.
07:12De voir que certains vont en profiter pour diviser, pour invisibiliser,
07:18les revendications légitimes de ceux qui demandent simplement à pouvoir vivre leur scolarité normalement.
07:23On a le droit de demander la suppression de Parcoursup sans se prendre une grenade.
07:27On a le droit de se battre pour avoir des conditions dignes dans son lycée,
07:31quand on est enseignant ou quand on est jeune, sans se prendre une grenade.
07:35On a le droit de manifester dans ce pays.
07:36C'est ainsi que la République est faite.
07:38C'est tous les fondements de notre République aujourd'hui qui sont mis en question.
07:41Et donc il appartient au gouvernement de m'apporter et de nous apporter,
07:45parce que là il n'y a pas de maire de Marseille qui parle.
07:48Je suis un citoyen de la République française.
07:50J'ai des opinions politiques, mais je suis avant tout français.
07:54Je suis avant tout un citoyen qui a le droit de réclamer et de demander des comptes comme n'importe
08:00qui.
08:01En tant que maire j'ai pris mes responsabilités.
08:03Je veux maintenant, en tant que maire et en tant que citoyen, avoir des réponses à ce qui s'est
08:08passé.
08:09La ville de Marseille n'a pas à se substituer à l'État.
08:11Ce que nous avons fait hier soir avec les forces de police municipales est anormal à avoir fait.
08:18Hier, il y avait plus de 22 équipages de police municipale à l'extérieur, des centaines de marins pompiers.
08:26Je ne vous parlerai pas de ce que j'ai vu parce que la loi me l'interdit.
08:30Mais je peux vous dire qu'ils se sont sentis, pour certains d'entre eux, bien seuls.
08:34Je peux vous dire que des pompiers ont été pris à partie.
08:37Je peux vous dire que des policiers ont été pris à partie.
08:41Des policiers municipaux, des policiers nationaux, sans doute aussi d'ailleurs.
08:45Et d'ailleurs, 4 policiers nationaux, je crois, ont été transportés par le bataillon de marins pompiers.
08:50Un policier municipal a été transporté par le bataillon de marins pompiers pour des blessures graves.
08:57Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que ça raconte, en fait, de la doctrine du
09:01maintien de l'ordre dans ce pays ?
09:03Du droit, de l'idée que l'on se fait de l'état de droit, en fait.
09:11Je remets en cause personne. Chacun prendra ses responsables.
09:14Je m'expliquerai, avec le ministre de l'Intérieur, avec son supérieur, de ce qui s'est passé.
09:20Le préfet, je me suis déjà exprimé sur cette question.
09:23Et devant toutes les personnes qui sont ici.
09:27Il y a un an et demi, en Conseil des ministres, a été pris la décision,
09:32à l'encontre de tous les anciens ministres de l'Intérieur présents ce jour-là,
09:37qui se sont tous exprimés les uns après les autres
09:41pour dire que la décision de supprimer la préfecture de police de Marseille
09:44et un préfet de police de Marseille était non pas une erreur mais une faute.
09:49J'ai prévenu en disant que Marseille ne méritait pas
09:53et que les Marseillais ne méritaient pas qu'on leur supprime un préfet de police.
09:56Aujourd'hui, on en paie les conséquences.
09:57Je me souviens avoir traversé des difficultés avec, madame la directrice,
10:02avec votre prédécesseur amiral, avec la préfète de police Camilleri,
10:05et notamment pendant les émeutes, après la mort de Naël.
10:10Ça a été difficile, mais croyez-moi, j'avais du répondant,
10:15j'avais du monde en face de moi.
10:17Je me sentais, bien sûr, dans la difficulté,
10:20mais j'étais, et on était police municipale, police nationale,
10:24gendarmerie nationale, bataillon de marins-pompiers,
10:27service de la ville, service de la métropole que je veux remercier,
10:29parce qu'ils sont là, tous, main dans la main, pour arrêter ça.
10:33Qu'est-ce qui s'est passé depuis ?
10:42C'est bien ce que je vous dis, oui.
10:44C'est bien ce que je vous dis, c'est bien pire.
10:45C'est bien pire.
10:46Vous êtes en journée, sachant quelque chose ?
10:47Non, c'est le fait que, quand ça s'est passé pour Naël,
10:50nous avions les forces de sécurité qui s'occupaient de ça.
10:54Là, je ne sais pas à quoi elles ont été employées,
10:56et c'est la question que je poserai au ministre de l'Intérieur.
10:59Je ne veux pas entrer dans la polémique.
11:00Je sais simplement qu'à Marseille, je crois comprendre que certains avaient des informations,
11:05notamment sur la volonté de certains black blocs d'en découdre.
11:11une compagnie de CRS, ça fait 80 CRS,
11:13pour une ville qui fait 5 fois Lyon et 2 fois et demi Paris,
11:16et ça, c'est insupportable.
11:17Le ministre sera là demain matin.
11:19Merci.