Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 jour
Retrouvez le replay de l'épisode 1 de Trimarans Ultim : au-delà des limites du 17/10/2026.

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:00Où je suis le mieux, c'est en mer.
00:05Ce qu'on veut, ce qu'on recherche, c'est les bateaux volants.
00:10Un Ultime, c'est un trimaran géant de 32 mètres.
00:15Les bateaux de course au large, les plus rapides du monde.
00:18Formule 1 des mers.
00:20C'est le fruit de toutes ces années de travail.
00:24Il ne s'agit pas de voler.
00:28Il s'agit de rester en vol.
00:30Il s'agit de trouver qu'on est capable de réussir.
00:32Il faut se jeter dans le vide.
00:38On va faire une course amuse, mythique, plus haut niveau mondial.
00:47Le vainqueur d'une course, c'est celui qui a fait le moins d'erreurs.
00:52Là, c'est vraiment la tuile.
00:54Maybe, maybe.
01:02On est dans la cour des grands.
01:07Le voyage commence.
01:18C'est possible.
01:34Ça va, Anto ? Ça va ?
01:37Allez, grand sourire, on regarde par ici.
01:40Ici, là, là, là.
01:46Parfait, merci beaucoup.
01:50On a dit qu'à partir de 14h30, ça peut partir.
01:52Oui, ça peut passer.
01:56C'est la dernière dernière, là ?
01:58Oui, c'est la dernière.
01:59Et c'est presque un peu des bons sons,
02:01parce que c'est vrai qu'il y a eu pas mal de belles courses
02:04et d'aventures avec cette machine.
02:14Je suis un breton, amoureux de la voile, de la mer, de la nature.
02:23Quand j'étais gamin, je faisais l'optimiste,
02:24il n'existait pas ces bateaux-là.
02:26Donc je ne pouvais pas les rêver et vouloir en faire.
02:31La taille change, le bateau change, la cour change, le parcours change.
02:36Mais moi, je le vis un peu de la même manière.
02:40Je suis Anthony Marchand, skipper d'un des plus gros trimarons du monde.
02:44Les bateaux ultimes, les bateaux volants.
02:50Ce qui me fascine le plus,
02:52c'est de réussir à mener une machine comme ça en solitaire autour du monde.
02:57Il ne faut pas trop réfléchir, ça c'est sûr,
02:59parce que c'est des bateaux qui sont hyper stressants.
03:02Et si tu réfléchis trop, tu te poses trop de questions,
03:05en fait, tu n'y vas pas.
03:06À un moment, il faut se lancer, il faut se jeter dans le vide.
03:10Un ultime, c'est un trimaran géant de 32 mètres.
03:13C'est des bateaux très rapides,
03:15qui vont très vite sur l'eau, qui volent sur l'eau.
03:19Ils sont faits pour être courus en solitaire ou en équipage,
03:24pour traverser les océans, pour faire le tour du monde.
03:34Je m'appelle Itzel Marie Diaz, je suis journaliste.
03:43En 2024, on a six ultimes référents.
03:47On a Banque Populaire, avec Armel Lecléache,
03:50Sodebo, avec Thomas Coville,
03:55Adagio, avec Éric Perron,
03:57SBR Lazartigues, avec Tom Laperche,
04:00Charles Caudrelier, sur JTN17,
04:04et Actual Ultime 3, avec Anthony Merchand.
04:11Premier tour du monde en solitaire,
04:12c'était une expérience de dingue,
04:15qui dépassait presque mon imagination.
04:19L'Arca Ultime Challenge, c'est une course
04:21qui est réservée aux Ultimes.
04:23Une course autour du monde,
04:24c'est un peu le même parcours que le Vendée Globe,
04:26sauf que là, ça part de Brest.
04:28Ils descendent l'Atlantique jusqu'au Cap de Bonne Espérance,
04:32en Afrique du Sud.
04:33Ils traversent ensuite l'océan Indien jusqu'au Cap Léhuine,
04:37dans le sud de l'Australie,
04:39et puis là, ils entrent dans l'océan Pacifique,
04:41pour arriver au Cap Horn,
04:44dans le sud du continent américain.
04:45Et puis, ils remontent l'Atlantique jusqu'à Brest.
04:49En quatrième position, on a Anthony Merchand,
04:52sur Actual Ultime 3.
04:56C'est une bonne perf pour Anthony Merchand,
04:58parce qu'il est rentré dans le team
04:59en tant que skipper depuis pas si longtemps.
05:02Terminer quatrième, c'est quand même,
05:03il peut être content de lui.
05:07Et tout cela, je le dois évidemment à Yves Leblévesque,
05:14qui a presque créé, avec ses meltuals,
05:16la team actuelle,
05:17qui a été skipper des bateaux actuels pendant des années,
05:20et qui est le team manager de l'équipe aujourd'hui.
05:24En 2001, j'ai acheté un bateau,
05:26et je me suis dit, je veux faire la Mini Transat,
05:29qui est une course large,
05:32accessible à un endettement acceptable.
05:40L'histoire du team actuelle,
05:41effectivement, ça ne date pas de l'Archea Ultime Challenge,
05:44c'est une histoire qui a commencé il y a très longtemps.
05:47Yves Leblévesque prépare en fait la Mini Transat,
05:50qui est une course en solitaire à travers l'Atlantique.
05:53Il cherche des sponsors,
05:55il approche Actuelle,
05:56et c'est plutôt une bonne chose
05:58qu'Actuelle accepte,
05:59puisque lors de sa troisième Mini Transat,
06:01en 2007,
06:02Yves Leblévesque va gagner,
06:04va remporter cette course.
06:05Il y a une anecdote assez marrante d'ailleurs.
06:08À l'arrivée de sa course à Salvador de Bahia,
06:11il n'est pas du tout au courant
06:11qu'il est en première position,
06:13et c'est le comité de course
06:14qui va lui annoncer qu'il a gagné.
06:29Et c'est ça aussi finalement
06:31qui a donné aussi le début de l'histoire,
06:34parce que quand on vit ce genre de choses,
06:35on a juste envie de les revivre autrement,
06:39de façon décuplée avec un projet plus ambitieux.
06:42Et c'est ça qui finalement a été un peu le moteur
06:45pour continuer avec lui.
06:51Actuelle, c'est inscrit dans la course large,
06:54d'abord dans la Mini Transat.
06:57Mais on peut aussi souligner
06:59une deuxième phase importante en multi-50,
07:02qui est d'ailleurs leur plus belle performance
07:04encore aujourd'hui,
07:05avec une victoire sur la Jacques Vabre en 2011.
07:15On peut dire que le multi-50
07:18et cette victoire d'Yves Leblévesque
07:20a été pour le groupe,
07:22le point de bascule
07:23pour le passage à la classe reine,
07:26la classe ultime.
07:29Les années passent quand même,
07:31et arrivé à un moment,
07:34autour de 2020,
07:36moi je me suis dit que
07:37si je veux vraiment être très honnête
07:38dans ma fonction qui est quand même
07:40d'aller gagner des courses,
07:42il y a quand même une certaine limite d'âge objective.
07:46Et arrivé à l'aube de la soixantaine,
07:48je n'étais pas forcément
07:49peut-être le plus punchy
07:51ou le plus énervé sur l'eau.
07:54Et ça faisait quelques années
07:55que je regardais autour de moi
07:57quels étaient les genres de profils
07:58avec qui j'aimerais bien collaborer.
08:00Et à plusieurs reprises,
08:02j'ai croisé Anthony,
08:03qui cochait à mon sens beaucoup de cases.
08:05Et donc je l'ai vraiment sollicité
08:08pour venir partager avec moi,
08:10venir co-skipper Actual Ultime
08:13sur la Transat de Jacques Vabre
08:16à l'époque, en 2021,
08:18avec quand même cette petite idée-là en tête.
08:25Quand Anthony arrive chez Actual,
08:27il navigue sur Actual Ultime 3,
08:30qui est l'ancien trimaran massif
08:32qui était auparavant skippé
08:33par François Gabart
08:35et qu'ils ont racheté en 2020.
08:40Il y a quoi devant, la moto ?
08:42Il y a un petit bateau de plaisance,
08:43c'est vrai qu'il est Mars-Atlantique comme nous,
08:45il va aux Antilles,
08:46sauf qu'on l'a eu à la VHF
08:48et il va faire un petit escala.
08:49À Madère, le chanceux.
08:57Entre sa première mini-transat
09:00et ses dernières années,
09:01j'ai pu voir l'évolution du marin
09:03qui, au fil des années,
09:05et par rapport à l'ambition
09:07qui s'est développée,
09:09est devenu un marin de très haut niveau.
09:20Le choix d'Anthony s'est très vite imposé
09:23parce que c'est un marin
09:24qui coche beaucoup de cases
09:26par rapport à son parcours,
09:28par rapport à ce qu'il a fait en classe Figaro,
09:31son esprit de compétiteur.
09:34C'était un nouveau challenge qui arrivait,
09:36une super opportunité.
09:37Je n'avais pas du tout dans l'idée
09:39de me dire
09:41« je suis co-skipper
09:42et peut-être que je récupérais
09:43le trimarin un jour ou l'autre ».
09:44Non, non, ce n'était pas du tout ça.
09:51Je me mettais un peu comme une éponge.
09:53Le but, c'était d'absorber
09:54le plus d'informations de ce marin
09:56qui a navigué sur beaucoup de mers
09:58autour du monde
09:59et qui avait surtout aussi
10:00beaucoup d'expériences du multicoque.
10:11Voilà le conflit de l'actual.
10:14On est partis depuis quelques heures.
10:17Et là, il y a Anthony à l'état d'un 4.
10:20Et tout va bien à bord de l'actual.
10:25Hop, hop.
10:27Et quoi est-ce qu'on est passé pour l'actual ?
10:29On est passé dans l'ISPR-Sud.
10:45À Pointe-à-Pitre, à l'arrivée,
10:48j'ai dit « maintenant, il faut ramener le bateau.
10:50Maintenant, si tu veux, c'est toi le skipper.
10:52Et avant de me donner ta réponse,
10:55tu vas prendre le bateau
10:55pour ramener le bateau en équipage.
10:57mais tu vas être le skipper du convoyage-retour.
11:01La prochaine obligation, c'est le premier step.
11:04C'est de partir du confond, déjà.
11:06On peut garder l'IS2 ?
11:08On va faire ça pour pouvoir l'IS2
11:10pour accélérer comme les gars.
11:14On était en équipage,
11:15mais j'essayais de mentaliser,
11:16voir si je me sentais à l'aise,
11:19si j'étais heureux.
11:22Ce sont des bateaux
11:24qui nécessitent un engagement
11:26incroyable,
11:27un engagement humain,
11:29un engagement sportif,
11:30un engagement mental énorme.
11:32Et j'avais la conviction
11:33que Anthony était la bonne personne
11:35au bon endroit.
11:42Et en fait,
11:43en arrivant à la Trinité,
11:44je pense que je n'ai même pas
11:45eu besoin de dire
11:47oui, j'accepte.
11:48J'avais un sourire
11:50qui voulait tout dire.
11:53Et voilà,
11:54je m'étais senti heureux
11:55pendant cette traversée,
11:56à l'aise, bien.
11:58Et ça, ça voulait dire oui.
12:05À ce moment-là,
12:06ce qui manque
12:07à acteur Ultime 3,
12:08c'est de ne pas être né
12:10Ultime volant.
12:15C'était un bateau
12:17qui a été conçu
12:18comme un trimaron classique
12:20de 32 mètres par 23,
12:23comme un Ultime,
12:25mais auquel on a rajouté
12:27des foils
12:27pour le faire voler.
12:28Il n'a pas réellement
12:29été conçu
12:31comme bateau volant.
12:32Et ça,
12:33c'est un handicap
12:34sur lequel
12:35on ne peut pas revenir.
12:39Je suis Guillaume Nérobancel,
12:40directeur du Team Actual.
12:43On sait que c'est frustrant
12:44pour notre équipe
12:45et pour notre skipper.
12:47Aller chercher
12:47des pôles de position,
12:48aller chercher
12:49ou prétendre à des podiums,
12:50c'est difficile
12:50parce que notre bateau
12:52est moins performant
12:53structurellement
12:54que ceux qui sont face à nous.
12:57Gitana, SVR,
12:59populaire Sodebo,
13:00et donc c'est frustrant
13:01pour nous,
13:01pour l'armateur,
13:02parce qu'évidemment,
13:03on a envie de gagner.
13:07On s'est retrouvés
13:08dans une situation
13:08où on avait un beau bateau,
13:10mais qui finalement,
13:11avec les évolutions
13:12des autres,
13:13s'est trouvé un peu distancé
13:15d'un point de vue
13:15innovation et technologique
13:17qui fait qu'on ne pouvait
13:19pas prétendre
13:20gagner une course
13:22spontanément.
13:23Et en tant que capitaine
13:25de l'équipe actuelle,
13:27j'ai envie que l'équipe gagne.
13:29Le fait que Gitana 17
13:30soit sur le marché,
13:31il y avait une opportunité
13:32à saisir.
13:34Et donc,
13:35on saisit l'opportunité,
13:36on achète Gitana
13:37et on passe
13:38à un nouveau projet.
13:40Au moment où Gitana 17
13:42est à vendre,
13:43c'est la bonne opportunité
13:44parce qu'en fait,
13:45faire construire un bateau,
13:46ça coûte très cher.
13:47Ça demande aussi
13:48beaucoup de temps.
13:49Donc, pendant ce temps-là,
13:50on n'est pas forcément
13:50en course.
13:52Donc, c'est la bonne opportunité
13:54pour eux.
13:57Lorsque j'ai eu
13:57le coup de téléphone
13:59de Samuel Tual
14:00qui dit
14:00« J'ai pris ma décision,
14:02j'ai fait une proposition
14:03et on rachète Gitana 17 »,
14:05j'ai dit « Bah là,
14:07dans le titre actuel,
14:07on va changer de monde là ».
14:13Oh, putain.
14:15Ça y est.
14:17On va pouvoir titiller
14:19les copains
14:19et se battre
14:21sur l'eau.
14:25C'est un bateau
14:26qui reste magique,
14:26en tout cas.
14:27Il a gagné
14:28les plus grosses courses
14:28majeures
14:29dans cette catégorie.
14:32Il a gagné
14:33la route de Rome
14:34en 2022.
14:36Il a gagné
14:37l'Arkea
14:37le tour du monde
14:39ultime
14:40en 2024.
14:43En acquérant Gitana 17,
14:45notre objectif est simple,
14:46c'est casser le plafond de verre
14:48qu'on a la sensation
14:50d'avoir au-dessus de la tête
14:51et se mettre dans une situation
14:52où on est en capacité
14:53de gagner.
14:55On a hâte de vraiment
14:56commencer à l'explorer
14:57un peu plus en détail
14:58et s'y approprier
14:59surtout pour la santé.
15:00Alors qu'on est
15:01en quasi-finalisation
15:03de l'achat
15:03de Gitana 17,
15:05on est prêt
15:08à acheter.
15:09Ils reviennent
15:10de Méditerranée
15:11et ils cassent leurs mains.
15:14Dans la voie,
15:14il y a toujours
15:15des imprévus.
15:16Ce ne serait pas drôle
15:17sinon.
15:21Sur le moment,
15:21c'est un peu la tuile.
15:22On se dit
15:23qu'est-ce qu'ils font ?
15:25Qu'est-ce qu'ils ont foutu
15:26pour casser leurs mains
15:26alors qu'on va leur acheter
15:27leur bateau ?
15:30C'est la merce.
15:31Est-ce que ça remet en question
15:33l'achat du bateau ?
15:35Enfin, voilà,
15:35plein de questions.
15:38Maintenant,
15:38ils ont fait un dématage
15:39hyper propre.
15:40C'est-à-dire que
15:41le mât s'est cassé
15:43un peu plus haut
15:44que la mi-hauteur du mât.
15:46C'est-à-dire que
15:46le bout de mât
15:47en tombant,
15:47il est resté accroché.
15:48Il n'a absolument
15:49pas abîmé le bateau.
15:53La vraie question,
15:54c'est est-ce qu'on aura
15:55le temps d'avoir
15:56un mât neuf ou réparé,
15:57de mettre notre bateau
15:58à l'eau ?
15:58Et de faire la transat ?
16:00C'est ça notre question
16:01parce que pour nous,
16:02il n'est pas envisageable
16:03qu'on soit sur une saison
16:04blanche sans course.
16:08Samuel prend quand même
16:09la décision de continuer
16:10l'achat du bateau.
16:12Et donc,
16:13tout a été très vite.
16:15Et on a pris tout de suite
16:17la bonne décision
16:18de réparer ce mât-là.
16:24Néanmoins,
16:24on garde quand même
16:25cette petite appréhension
16:26en disant
16:27bon,
16:27on le répare,
16:28il ne faudrait pas
16:28qu'il pète une deuxième fois.
16:30Donc,
16:30c'est pour ça
16:30qu'on conditionne la vente
16:32aux tests statiques du mât.
16:34Donc,
16:34c'est les tests d'effort
16:35et de résistance du mât
16:36qui se feront
16:37au moment de la mise en eau,
16:39au moment de l'installation
16:40du nouveau mât.
16:54Cette transition de bateau,
16:55c'est toujours des moments
16:56assez excitants
16:57dans l'équipe.
17:00C'est la première fois
17:02et la seule fois
17:03où on était invité
17:05à rentrer dans le hangar Gitana.
17:07C'est quand même
17:08l'espace
17:10fermé,
17:10privé
17:11de Gitana Team
17:12où là,
17:13on est rentré dedans
17:13pour prendre
17:14notre nouveau bateau.
17:15On est sortis avec
17:16et puis d'ailleurs,
17:17je ne suis plus retourné depuis.
17:21Je regarde un peu autour
17:23quand même
17:23comment ils sont installés.
17:27C'est un peu impensable
17:28d'imaginer
17:29une autre équipe
17:30entrer dans le hangar
17:31d'un concurrent.
17:33C'est un peu comme si
17:34en Formule 1,
17:35Mercedes allait espionner
17:36la voiture de Ferrari.
17:38C'est impensable.
17:40C'est un rêve en fait.
17:42Il y a toujours
17:43les yeux qui traînaient
17:44tout le temps partout
17:44pour essayer de trouver
17:45la moindre info
17:46de toutes les questions
17:47qu'on se posait
17:48pendant plusieurs années.
17:50C'était vraiment
17:50de curiosité en fait.
18:00à ce moment-là,
18:01le bateau est encore
18:02sur leur responsabilité.
18:05Ça se passe moins vite
18:06que l'achat
18:06et la revente
18:07d'une voiture.
18:09On était responsable
18:10de rien.
18:10S'ils font tomber
18:11le bateau,
18:12c'est le leur.
18:15Quand on récupère
18:16le bateau,
18:17donc après la signature
18:18de l'acte de vente,
18:19le timing est hyper compliqué,
18:21hyper contraint.
18:21On a un objectif, nous,
18:23qui est de pouvoir être présent
18:24sur la Rolex Fastnet
18:25fin juillet.
18:26Ça veut dire qu'il faut
18:26qu'on mette à l'eau
18:27début juillet,
18:28qu'on ait quand même
18:28le temps de quelques navigations.
18:30Il faut qu'il y ait
18:30des retards nulle part,
18:31il faut que le mât
18:32qu'on répare
18:32arrive dans les temps.
18:33Bref, il y a vraiment
18:35extrêmement peu
18:36de marge de manœuvre
18:38pour pouvoir tenir
18:39cette cadence.
18:41Et là,
18:42en rentrant au mois d'avril,
18:44un chantier de peinture,
18:45il faut globalement
18:46quatre mois
18:46pour faire une peinture
18:47du bateau.
18:48On compte les semaines.
18:50Ça ne rentre pas.
18:52C'est dangereux
18:53d'être au Fastnet.
18:54On va faire des bêtises,
18:55on va aller trop vite.
18:56Il ne faut pas
18:57bâcler le boulot.
18:59Ce n'est pas possible.
19:03Est-ce que vous avez
19:04tous le temps
19:04de regarder le programme
19:06des prochaines semaines ?
19:07Oui.
19:11Je m'appelle Jérémy Plas
19:12et je suis directeur
19:13technique du team actuel.
19:15L'idée,
19:15c'est que j'ai fait
19:16deux équipes
19:16parce qu'on ne peut pas
19:17être 12 000 sur le bateau
19:19parce que sinon,
19:19c'est vite le bazar.
19:21Une fois que le bateau
19:22est rentré dans le hangar,
19:24je sais déjà
19:25que j'ai une date
19:26de mise à l'eau
19:26qui est fixée
19:27à la mi-juillet.
19:28Du coup,
19:28le plus contraignant,
19:29ça a été évidemment
19:30la peinture.
19:32Et dans ces trois
19:33moyens de peinture,
19:34j'ai une phase
19:35de démontage des systèmes
19:36et j'ai une phase
19:37de remontage des systèmes.
19:40L'idée, c'est vraiment
19:40de checker les mâchoires
19:41et qu'ensuite,
19:43on voit ce qu'on doit
19:44commander en nouvelles pièces
19:45ou en remplacement.
19:48Il faut tout démonter
19:49pour tout inspecter.
19:50Il y a plein de pièces
19:52qui ne sont pas accessibles
19:53quand elles sont montées
19:54dans le bateau.
19:55Donc, il faut qu'on les mette
19:56sur l'établi
19:56et qu'on fasse
19:57des contrôles visuels
19:59ou même voir des contrôles
20:00un peu plus poussés,
20:01mécaniques.
20:01Et ça permet aussi
20:02de comprendre
20:03comment ça fonctionne.
20:04Quand on a toutes les pièces
20:05sur l'établi,
20:06on a des schémas
20:07et puis après,
20:08on fait le remontage
20:08un peu comme un Lego
20:10et ça permet de vraiment
20:11bien appréhender les choses.
20:14Il y a un côté
20:15hyper important,
20:16c'est que ça permet
20:17à tous les techniciens
20:18de l'équipe
20:19de s'approprier le bateau
20:20parce qu'on sait
20:21que le bateau, là,
20:21il est au sec,
20:23très accessible
20:23avec des échafaudages
20:24partout.
20:25Donc, de démonter le bateau,
20:27de voir comment c'est fait,
20:28de réviser l'ensemble
20:30des systèmes
20:31et de les remonter
20:31chacun dans son domaine.
20:37C'était un challenge
20:38de toute l'équipe
20:38de s'approprier une machine,
20:40essayer de la comprendre
20:41en trois mois.
20:42Sachant qu'elle était
20:43en peinture,
20:44on n'avait pas accès
20:44à toutes les pièces du bateau,
20:46à tous les flotteurs,
20:47on démontait des choses.
20:48Déjà, on voit
20:49qu'un mobile Ikea,
20:50tu te démontes
20:50une fois ou deux,
20:51il te reste trois pièces
20:52dans les mains.
20:53Donc, un ultime géant,
20:55voilà, on n'a pas le droit
20:56qu'il nous reste
20:56des pièces dans les mains.
20:59Surtout que quand on démonte,
21:00on découvre toujours
21:01des petites surprises,
21:02des choses qui sont
21:02cassées,
21:03des choses à remplacer.
21:05Toutes les pièces
21:06sont prototypes.
21:07Donc, ça demande du temps
21:08à refabriquer,
21:09à redessiner
21:10si on n'arrive pas
21:11à refaire exactement
21:11la même chose,
21:12à comprendre
21:13pourquoi ça a été fait
21:13comme ça.
21:16On n'a pas fait
21:17de gros changements
21:17pendant le chantier
21:18sur la mécanique
21:19et la technique.
21:21Par contre,
21:22c'est vrai que l'ergonomie,
21:23j'avais envie de mettre
21:23un peu ma patte.
21:26un truc qui sonne.
21:28Ça, c'est trop facile, ça.
21:30Surtout là-bas,
21:31c'est trop facile, en fait.
21:32Tu peux le faire
21:32en mode somnambule,
21:34tu ne te rends même pas compte.
21:36Je me souviens
21:37sur d'autres séries,
21:39à force d'enquils,
21:39des micro-siestes
21:40de 10 minutes, 20 minutes.
21:41À un moment,
21:42j'éteins le réveil
21:43qui était accessible
21:44de la bannette
21:46et j'oublie
21:46de remettre 20 minutes.
21:48Et je m'endors
21:49pendant deux heures.
21:57Je me réveille
22:00par chance
22:03juste avant
22:03de me prendre un cargo.
22:07Donc, chaque détail,
22:10chaque chose
22:12est importante.
22:14Et même le déplacement
22:16du bouton
22:18pour éteindre le réveil.
22:28Ah ouais, c'est rouge.
22:31Attends, je vois dedans.
22:33Fini le bleu marine.
22:37Vous savez qu'à l'occasion
22:39de remontages stratégiques,
22:41d'opérations un peu délicates,
22:44on se cale
22:45avec le Jitana Team
22:47pour que des membres
22:48de l'équipe
22:50correspondant
22:51à ce dont on a besoin
22:52viennent
22:53de façon à qu'on fasse
22:54le boulot ensemble.
22:57Il faut faire attention
22:58quand les yocs arrivent
23:00sur l'arrière du tableau.
23:02De ne pas se cogner
23:02dans les glissières.
23:03Voilà.
23:04Il faut une façon
23:05de le positionner
23:07avant de le monter.
23:08de le faire.
23:11OK, super.
23:13Stop.
23:15Dans le deal d'acquisition,
23:18évidemment,
23:18on ne rachète pas
23:19le bateau au point.
23:20On achète aussi
23:21une expérience,
23:23donc un transfert
23:23de connaissances.
23:24Les équipes de Jitana
23:25vont nous accompagner.
23:28Ce pourquoi on avait besoin de l'équipe Gitana, c'est de connaître tous les petits tips de méthode de
23:33montage et de démontage des systèmes.
23:36Pas trop, doucement.
23:39Ravancez.
23:41Ok, il est en place.
23:44Tout ça, c'est du gain de temps.
23:45Le fait de collaborer avec l'équipe qui a conçu le bateau avant, ça fait gagner du sein.
23:51Je veux bien que tu me passes le premier axe.
23:59Là, sur ce bateau-là, c'est pas le même montage.
24:03Le safran, en fait, il pivote autour d'un axe et non pas d'un palier.
24:10La transmission est essentielle parce que sur des pièces prototypes, il y a tellement d'évolutions, d'historiques qui n
24:18'est pas archivé dans les ordinateurs
24:21qu'on a besoin de savoir quel a été le cheminement intellectuel pour en arriver là.
24:27Ça arrive que des équipes permettent à l'équipe qui rachète le bateau d'en apprendre un peu plus, de
24:33lui donner un peu les premières clés, on va dire.
24:42Il y a des éléments particulièrement secrets, je pense notamment à l'aile de Rey.
24:52Ça, c'est vraiment la pièce maîtresse d'un ultime.
24:54C'est là où on va mettre énormément de temps, d'énergie, d'investissement en recherche et développement.
25:02Ce qu'on va garder le plus secret, ce sont tous les systèmes qui sont dans l'eau qui permettent
25:06de faire voler le bateau.
25:07Donc, dedans, on a les safrans qui permettent de faire voler l'arrière du bateau et en même temps de
25:11diriger le bateau.
25:12Et on a la dérive et les foils.
25:15C'est ce qui technologiquement est le plus développé, c'est là-dedans qu'on met le plus de ressources
25:20de recherche.
25:22Si on veut être le meilleur et que pour être le meilleur, ça passe par des innovations technologiques,
25:28on n'a pas nécessairement envie que nos concurrents connaissent ces innovations-là.
25:34Le bateau, c'est toujours une affaire de compromis.
25:36On ne peut pas tout avoir parfait ou tout qui fonctionne sur toutes les conditions de vent ou toutes les
25:41conditions de mer.
25:42Donc, on fait des choix de configuration et qui font qu'on va se dire,
25:44« Tiens, là, je vais plutôt axer mon bateau pour gagner une route du Rhum ou pour gagner un tour
25:49du monde. »
25:49Ça ne va pas être les mêmes choix techniques.
25:51Donc, du coup, pour garder cette stratégie secrète, on cache certaines pièces du bateau,
25:57où on garde certains secrets pour ne pas dévoiler où on a placé notre compromis.
26:08Dès lors qu'on allie innovation et performance, il y a forcément une part de secret.
26:19Quand les échafaudages se démontent, c'est bon signe.
26:22C'est que la mise à l'eau approche.
26:24Faire un petit tour à l'intérieur.
26:28Julien, co-skipper pour la Transat Café-Lor.
26:32Je m'appelle Julien Villon.
26:34Ma mission, c'est d'être le co-skipper d'Anthony Marchand pour cette saison 2025,
26:39avec comme objectif principal la Transat Café-Lor.
26:43Julien Villon.
26:45C'est pas là que tu es.
26:46Très grand navigateur.
26:47Non, il va faut une pièce.
26:49C'était un élément hyper important dans le projet.
26:52OK, on avait une super machine.
26:55OK, l'équipe monte en puissance.
26:59Mais il faut continuer à progresser et à s'accompagner des meilleurs navigants.
27:05Très rapidement avec Anthony, on s'est dit, mais c'est hyper important de savoir avec qui il va naviguer,
27:09avec qui il va collaborer.
27:11On va regarder comment ça se goupille.
27:17T'es dedans ?
27:18Ouais, ça y est.
27:19OK.
27:20On a mis plein de noms comme ça.
27:22Puis de toute façon, il n'y avait rien qui sortait de la liste, mais de façon énorme.
27:28C'est un super météorologue, navigateur, un excellent marin d'une manière générale.
27:34Et la série sur le gâteau, c'est qu'il connaît extrêmement bien Gitanet 17,
27:39puisqu'il était pendant deux ans dans la cellule navigant pour les records pour les trophées Jules Verne.
27:44Et voilà, il connaît tous les petits réglages fins de la machine, du bateau.
27:48La connaissance technique, c'est plutôt l'écurie Gitanet qui a fait la passation avec les techniciens du team.
27:54Et moi, j'arrive plutôt avec le mode d'emploi du marin.
27:57On exploite le plus vite possible à 100% le bateau.
28:04Ça fait ça, la galette là.
28:08Papo, ça va être à toi.
28:12Petit à petit, avec l'équipe, on a réussi à gagner des jours.
28:17Et à faire en sorte que le dernier coup de peinture, il a eu lieu la première semaine de juillet.
28:24Et on a pu planifier une sortie de chantier le 15 juillet, où le bateau était terminé.
28:41Ça va monter ? Ça, ça va monter.
28:45À chaque bateau qui sort du chantier, c'est toujours le plus beau qui sort le chantier.
28:49Parce qu'on est dessus, on a bossé, on y croit.
28:56Un, deux, trois.
28:58On peut la mettre le long du terre-plein là-bas.
29:01Enfin, juste devant, le long du truc en béton.
29:04Ouais, voilà, exactement.
29:07Personne d'entre nous n'avons vu le bateau.
29:10On l'a vu dans une boîte, un hangar, il y a 50 cm de chaque côté.
29:14Et on a toujours le nez dessus, en fait.
29:16Même si le hangar est très grand, le bateau est tellement grand qu'on est toujours...
29:21On ne le voit pas avec du recul.
29:33T'es ok, t'es prêts ?
29:35Écoute, c'est pas mal.
29:36Aujourd'hui, c'est pas une journée particulière pour toi ?
29:38Ha ha !
29:39Voilà, c'est l'anniversaire.
29:4060 ans.
29:41Ouais.
29:41Oui, 60 ans.
29:43Moi, j'ai trouvé ça sympa d'inviter 300 personnes à mon anniversaire.
30:02C'est vraiment avec la sortie du hangar où on voit vraiment toutes ses formes,
30:10toute sa splendeur et on découvre presque la machine et notre bateau.
30:17On est toujours hyper fiers de sortir un bateau du chantier parce qu'on découvre,
30:22au même titre que le reste du monde, ce à quoi ressemble le bateau.
30:26Donc forcément, on le trouve très bon.
30:28Et après, un bateau beau, c'est forcément un bateau rapide.
30:32Quelque chose qui est bien dessiné, qui a des lignes.
30:35Les filets d'eau, ils vont faire pareil sur le truc.
30:39Mesdames et Messieurs, c'est qu'il y a de la team actuelle.
30:43Samuel, Anthony, avec cette équipe.
30:47Porter un projet ambitieux dans le domaine de la voile, ça a du sens pour moi.
30:52Ça a du sens parce que ce sont des bateaux formidables et on a des choses incroyables à écrire.
30:57Et évidemment, on est très fiers d'avoir un vaisseau amiral qui porte nos couleurs comme ça,
31:02aussi hautes.
31:02Et évidemment, je souhaite qu'on remporte plein de victoires.
31:14Quand on fait ce type de projet, oui, c'est forcément pour gagner.
31:18On sait qu'on a un programme où on doit marquer les esprits le plus tôt possible parce qu'on
31:24est là.
31:24On a comme course majeure la Transat Café L'Or en novembre.
31:28Si on veut faire une bonne Transat Café L'Or, il faut réussir les 24 heures ultimes, on va être
31:31confronté aux autres.
31:35Et pour optimiser les 24 heures ultimes, il faut que la face nette soit une première course plutôt réussie.
31:40C'est tout ça qui s'enchaîne finalement au moment où on met le bateau à l'eau et on
31:43dit on a quelques jours pour commencer l'histoire.
31:57Bonjour à toutes et tous.
32:03C'est la journée la plus importante.
32:06Tout le monde voit où il se positionne.
32:10Lors des mises à l'eau du bateau, ce qui peut créer des tensions, ce sont les imprévus.
32:17Surtout quand il est tout neuf.
32:19Est-ce que vous avez des questions ? Est-ce que quelqu'un ne sait pas ce qu'il fait
32:22aujourd'hui ?
32:23Super, et bien bonne journée à tous.
32:27Il ne faut pas aller trop vite parce qu'on manipule des choses qui sont lourdes.
32:32La chenille roulante, des grues, effectivement il y a beaucoup de force en présence.
32:36Ça va doucement, mais on peut faire des grosses bêtises.
32:41Attends, t'as un truc qui est tombé à Miche ?
32:43Miche, Miche, Miche !
32:44Attends.
32:53Yves ?
32:56On est d'accord qu'on est plutôt perpendiculaire à celui-là ?
32:58Ah oui, oui.
32:59C'est ça, hein ?
33:00Oui, il faut vraiment venir en butée.
33:06Vous vous surveillez bien ce côté-là ?
33:08C'est la première fois qu'on le voit, c'est fantastique.
33:16Et puis surtout, c'est extrêmement imposant.
33:19On se sent très petit.
33:22On a levé le bateau, là.
33:25Ok, il est décollé.
33:31C'est pas très anodin d'avoir un bateau de cette envergure-là à 15 mètres de haut au-dessus
33:35du bitume.
33:37C'est toujours aussi impressionnant.
33:40Déjà, on est un peu rassuré quand il commence à toucher l'eau.
33:42On se dit que s'il tombe, il tombe de moins haut.
33:45Voilà, parfait. Pour au moins deux mètres.
33:48Ok, mais là, tu descends, t'es bien.
33:53Ok.
34:03Nous, on a la responsabilité du bateau,
34:05parce que le transfert de responsabilité du bateau est fait.
34:08Donc, c'est le nôtre.
34:10On le met à l'eau, on en est responsable.
34:12Et le mât,
34:13il est encore propriété de Gitana Team.
34:16Et c'est l'équipe de Gitana Team
34:18qui assure l'opération de mise en place du mât.
34:25doucement en pierre, doucement en pierre.
34:28Ouais, il peut tourner, il peut tourner.
34:31J'ai fait ralentir le levage.
34:33Je t'en suis là.

Recommandations