00:03C'est à la une sur Sud Radio, cette mobilisation aujourd'hui, le mécontentement qui s'exprime partout, y compris
00:08au sein des forces de l'ordre.
00:10Bonjour Jean-Christophe Couvie.
00:12Bonjour.
00:13Soyez le bienvenu ce matin sur l'antenne de Sud Radio.
00:16Vous êtes secrétaire nationale du syndicat Unité Police.
00:20Les policiers sont fortement mobilisés aujourd'hui dans toute la France.
00:25Quand je dis les policiers, en général les forces de l'ordre, puisqu'il y a aussi les gendarmes.
00:28Mais également les pompiers seront sur le terrain.
00:32Jean-Christophe Couvie, est-ce que vous avez la sensation aujourd'hui d'être entendu vous-même,
00:38quand vous voyez les commentaires qui sont tenus depuis plusieurs semaines,
00:43concernant notamment les forces de police, ainsi que les gendarmes,
00:47vous qui êtes repris entre cette violence des casseurs qui s'invitent dans les cortèges, dans les manifs,
00:54mais également vous qui êtes aussi soumis à des poursuites, bien souvent, après que les exactions soient commises.
01:05Oui, c'est sûr qu'aujourd'hui, être policier, c'est compliqué, parce qu'en fait, on est là pour
01:10faire notre travail,
01:11ça va faire respecter la loi, et en même temps, on est soumis à des critiques incessantes de la part
01:16de certaines personnes
01:17ou de partis politiques qui font des policiers une cible, qui font des policiers un tract électoral, j'allais dire.
01:23Et donc, forcément, la pression, elle est là.
01:25Et ça fait plusieurs semaines, d'ailleurs, que les policiers et les gendarmes, effectivement, font englober tout le monde.
01:30On est quand même mis sous pression, on nous rappelle sur nos congés, on nous décale tous les jours les
01:35prises de services.
01:36Et puis, n'oublions pas qu'il y avait quand même eu une crise aussi cet été dans les rangs
01:40de la police.
01:41On a fait, nous aussi, des manifestations pour demander un peu plus de considération de la part de notre ministre,
01:46et ça, on ne l'a pas oublié.
01:48Donc, en fait, si vous voulez, aujourd'hui, on est à un carrefour.
01:50Voilà, un carrefour entre le mécontentement et la grogne en interne,
01:54parce qu'on voit bien qu'il y a des choses qui ne vont pas au sein du ministère de
01:58l'Intérieur.
01:59Et de l'autre côté, on est envoyé un petit peu en première ligne,
02:02et puis on est au contact de personnes qui sont violentes, qui, d'ailleurs, c'est le risque d'aujourd
02:10'hui.
02:10Aujourd'hui, autant il peut y avoir une manifestation qui peut être dans le calme,
02:14mais on sait très bien qu'on va se faire infiltrer ces manifestations par des groupuscules assez hétéroclites, d'ailleurs.
02:20Jean-Christophe Couvy, Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, a confirmé
02:23que les grenades assourdissantes qui font objet de polémique
02:28pourraient être utilisées en cas de violences urbaines.
02:31Il y a un argument qu'on entend régulièrement qui dit
02:33« Ah, la police, elle utilise ces grenades, on est les seuls en Europe, etc. »
02:37Et vous êtes régulièrement épinglé là-dessus.
02:38Qu'est-ce que vous répondez ?
02:40Je réponds tout simplement.
02:41Déjà, le ministre avait annoncé une suspension à titre conservatoire.
02:44C'était sur les manifestations lycéennes.
02:47Là, on revient, j'allais dire, dans des manifestations avec, entre guillemets,
02:52une possibilité de violence plus large.
02:56Donc, du coup, on récupère nos moyens d'intervention, j'allais dire, d'intermédiaire, en fait.
03:03Si vous voulez, le maintien de l'ordre à la française,
03:05comparé aux autres maintiens de l'ordre européens,
03:07on essaie de maintenir à distance les manifestants.
03:10Quand il y a des problématiques, là, vous verrez aujourd'hui,
03:13là où il y a un service d'ordre et que c'est bien encadré,
03:15vous ne verrez pas de policiers.
03:17Là, effectivement, ce n'est pas du tout encadré
03:19et il y a des dégradations, voire des pillages.
03:22Forcément, vous allez voir des policiers.
03:23Donc, les grenades assourdissantes,
03:25elle n'est utilisée que dans un cas vraiment extrême
03:28où on perd le terrain
03:29et vraiment, les policiers ne peuvent pas faire autrement
03:32que d'utiliser cette grenade pour faire un bon,
03:34j'allais dire, offensif et récupérer le terrain.
03:36Donc, voilà, encore une fois, c'est les outils aussi
03:38que nous met dans les mains, j'allais dire,
03:40notre administration et notre employeur qui est l'État.
03:42D'un mot, rapidement, qu'est-ce que vous redoutez aujourd'hui le plus ?
03:46Aujourd'hui, ce qu'on redoute, c'est l'agglomération,
03:49effectivement, de petits groupes opportunistes
03:53qui peuvent venir pour piller.
03:54Alors, les black blocs, mais pas que.
03:56On sait qu'il y a aussi des groupes venus de certains quartiers populaires
03:59qui vont patrouiller, regarder un peu la situation
04:01et quand ça sera dégradé, faire venir aussi le coup de poing
04:04ou alors des pillages d'opportunités.
04:06Voilà, donc, ce qu'on redoute, c'est ça, en fait.
04:08C'est quand les choses ne sont pas cadrées et encadrées,
04:10effectivement, on peut s'attendre.
04:12Là, on voit des romponts bloqués,
04:14des usagers qui vont s'énerver
04:16avec peut-être des bagarres ou des voitures folles
04:18qui vont foncer sur les gens
04:20ou alors des manifestations qui dégénèrent
04:22avec des scènes de guérillas urbaines
04:24comme, malheureusement, on a trop l'habitude d'en voir en France.
04:26Merci Jean-Christophe Couville.
04:28Je rappelle, vous êtes secrétaire nationale, unité, police.
04:32Merci pour cette réaction ce matin en direct
04:35sur l'antenne de Sud-Rat.
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