00:01Il fait là quelque chose qui me paraît éminemment en revanche critiquable,
00:06c'est précisément nourrir cette pulsion de dégradation et cette pulsion de mort
00:11et cette pulsion de contestation de tout chez une certaine jeunesse.
00:16Il fait de ces jeunes des ennemis de tout.
00:19Il faut qu'ils détestent leurs parents, leurs grands-parents, la police, l'État, l'école.
00:26Il faut qu'ils détestent tout, l'avenir.
00:28– Est-ce que vous partagez cette analyse, Eugénie Bastier, Rachel Kahn ?
00:33– Ça c'est extrêmement juste et en sous-texte c'est la question de la civilisation.
00:36On a vu à quel point Mélenchon veut engendrer le chaos,
00:41que certains de ces inféodés ne parlent que de destruction ou de déconstruction.
00:46Effectivement, il y a une population d'un côté qui choisit la vie, la civilisation,
00:51avec les règles, avec les droits et les devoirs,
00:53et de l'autre, Jean-Luc Mélenchon qui veut drainer une population
00:56qui détruit tout avec cette pulsion de mort.
00:58– Ce qui est vrai, c'est qu'il y a beaucoup de gens qui sont en colère,
01:02qui ont de la rancœur, du ressentiment.
01:04On parle souvent des gens déclassés, des gens l'aigreurs, tout ça.
01:08Ces gens-là, ils veulent en découdre.
01:10– Mais la civilisation interdit la violence par rapport à ça.
01:13– Oui, mais moi je les entends, je les vois.
01:17On est parfois en 93, ils sont avec les fourches, parce qu'ils n'ont pas la vie qu'ils
01:21veulent.
01:21Donc ils sont prêts à cette méchanceté, à cette rancœur, ce ressentiment.
01:26Ils ont envie que…
01:29Et au cœur de tout ça, il y a l'argent, vous le savez bien.
01:31C'est une petite musique que j'entends.
01:34– Moi j'aimerais bien qu'on ne laisse pas le monopole de la jeunesse à Jean-Luc Mélenchon
01:38et que d'autres partis politiques parlent à cette jeunesse
01:40et parlent à une autre jeunesse qui a envie de réussir, qui a envie de travailler.
01:43C'est vrai que l'avenir de la jeunesse est assez sombre dans notre pays.
01:45Quand on voit le déclassement après dix années de macronisme,
01:48de notre économie, quand on voit la dette pharaonique
01:52que les nouvelles générations vont devoir rembourser,
01:55je comprends.
01:56La jeunesse a de bonnes raisons d'être angoissée par son avenir,
01:59ça je le pense sincèrement.
02:00Et je pense qu'il ne faut pas laisser à Jean-Luc Mélenchon
02:02le monopole d'un discours sur les jeunes.
02:04Il ne faut pas lui laisser s'arroger d'être le parti de la jeunesse.
02:08Il faut absolument que les autres partis politiques,
02:09et Marine Le Pen l'a fait un petit peu,
02:11s'adressent aussi à la jeunesse, le fassent des propositions,
02:13lui dessinent un avenir, parce qu'on ne peut pas se résoudre
02:16à ce que la moitié des jeunes, plus de la moitié des jeunes,
02:18vote Jean-Luc Mélenchon.
02:19Jean-Luc Mélenchon n'a pas le monopole de la jeunesse,
02:22ni dans les sondages, il est largement leader.
02:25C'est celle des gens politiques à leur parler frontalement directement.
02:28Je sais bien, mais ni des femmes, ni des soi-disant racisées,
02:32ni de personnes, on est quand même dans une démocratie,
02:34il n'y a pas de racialisation.
02:36Moi quand j'entends ça, Eugénie, je ne suis pas d'accord avec vous
02:41d'expliquer que cette jeunesse n'a pas d'avenir.
02:45Ils ont 20 ans, et c'est sans doute...
02:50Et ceux qui sont nés en 17, ils avaient quelle lisibilité ?
02:54Et ceux qui sont nés en 40 ?
02:57Je trouve qu'il y a, et souvent c'est une discussion qu'on a ensemble...
03:00en 60, 70...
03:02Mais arrêtez, j'ai toujours entendu ça.
03:04Vous l'avez dit vous-même, je vous ai entendu le dire vous-même.
03:06Mais il n'empêche, ils ont 20 ans.
03:09Oui.
03:11Donc il y a aussi un moment, tu peux être un peu positif...
03:14Oui, on en tient forcément des discours anxiogènes.
03:17On leur dit que leurs objets vont être remplacés par l'IA,
03:19on leur dit que le restaurant climatique va les exprimer,
03:22Vous leur dites, mais vous pouvez avoir un discours un peu plus positif, parfois.
03:29Vous avez un discours positif, Pascal ?
03:31Maintenant, vous dites que la France est foutue.
03:34Non.
03:36Non, je ne dis pas qu'elle est foutue.
03:40Je dis qu'elle est par terre en ce moment.
03:42Vous avez aussi un discours anxiogène.
03:44Écoutez, c'est anxiogène.
03:47C'est vrai que la situation dans le pays est compliquée.
03:49Je partage le même constat...
03:51Quand vous voyez la dette que nous avons dans ce pays...
03:53Mais il n'y a pas que la dette.
03:54Je partage le même constat de voir aujourd'hui que la France est par terre.
03:59Alors ça n'a pas commencé avec Emmanuel Macron peut-être,
04:01mais elle est par terre dans tous les domaines.
04:03Et vous avez un président de la République qui dit que tout va bien.
04:06J'exagère à peine.
04:07Et c'est là, d'ailleurs, la grande différence avec mai 68.
04:08En mai 68, c'était le summum des Trente Glorieuses et de la société d'abondance.
04:12Et finalement, contre quoi manifestait la jeunesse ?
04:15Elle manifestait contre la société de consommation, contre le capitalisme, etc.
04:19Et là, on a une jeunesse, on vit plutôt dans une époque de pénurie
04:23et qui manifeste pour avoir des moyens.
04:26Le contraste est assez saisissant.