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  • il y a 13 minutes
On le connaît pour ses grands rôles au cinéma, de Léon aux Visiteurs. Mais cette fois, Jean Reno quitte les plateaux pour monter sur scène et se raconter autrement. Dans son nouveau spectacle, il revient sur son parcours, ses souvenirs et les rencontres qui ont marqué sa vie, avec des chansons et beaucoup de poésie. Jean Reno est l'invité d'Anne-Sophie Lapix dans RTL Soir.

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Transcription
00:06Nous avons le plaisir d'accueillir un grand comédien, solide et tendre, une star internationale qui a joué avec Tom
00:13Cruise,
00:14Denis Rowe, Nathalie Portman et Tom Hanks, le grand invité d'RTL Soir et Jean Reynaud. Bonsoir Jean Reynaud.
00:21Bonsoir, comment allez-vous ?
00:22Très bien et vous ?
00:24Ça va bien, merci beaucoup.
00:26Alors je précise que vous n'avez pas eu le temps d'arriver jusqu'à notre studio,
00:29donc on fait cet entretien à distance, on le regrette bien, sachez-le à RTL, il y avait du monde
00:34qui était venu.
00:35Et moi aussi, je suis désolé, on m'extrait d'une autre émission, on est très en retard, mais je
00:42suis très content de parler avec vous.
00:44Alors vous nous parlez d'un spectacle que vous jouez sur scène à partir du 1er décembre au théâtre Edouard
00:49VII à Paris,
00:50qui raconte votre parcours de Casablanca à Hollywood.
00:53Ce spectacle c'est le chameau, la traversée de la vie, le chameau c'est vous.
00:58Le chameau c'est moi, c'est mon animal interne, et à travers lui on fait un spectacle qui est
01:03joyeux, mais très touchant aussi.
01:06Mais il s'enseigne par Ladislage Sola à l'Edouard VII, donc en décembre.
01:11Alors ce spectacle raconte votre parcours, votre traversée de la vie donc.
01:15Cela débute avec votre enfance au Maroc à Casablanca, dans le 3 pièces de vos parents, où vous manquiez un
01:20petit peu d'espace et de liberté ?
01:23Dans le 2 pièces.
01:242 pièces pardon.
01:25En fait, il n'y a qu'une chambre et une cuisine, c'est tout.
01:28Oui, oui, oui, c'est un peu à l'étroit d'ailleurs, c'est dans le spectacle.
01:31Oui, ça commence là, et il y a la traversée de la Méditerranée, il y a l'arrivée, il y
01:38a le service militaire qui se fait en Allemagne,
01:40il y a l'arrivée en France, il y a le théâtre, il y a toutes les rencontres, toutes les
01:46périspécies, le haut, les bas, ça monte, ça redescend, ça monte, ça redescend.
01:50Et le théâtre, c'est à Montpellier, lorsque vous êtes collégien, parce qu'on vous envoie à Montpellier parce que
01:54vous êtes asthmatique,
01:55et c'est en jouant les précieuses ridicules de Molière que vous avez eu le coup de foudre, qu'est
02:00-ce qui vous a plu ? Le texte, l'ambiance, l'adrénaline ?
02:05Oui, la scène, mais aussi les coulisses, tous ces bruits feutrés, ces odeurs, le bruit des étoffes, la loge des
02:14femmes, tout, les lumières, le public,
02:18c'est un endroit formidable, le théâtre.
02:21Vous êtes tout jeune pour le coup de foudre, mais il va être long, le chemin est difficile avant que
02:25vous puissiez être comédien,
02:28que vous puissiez en vivre, ça va être possible grâce notamment à une rencontre avec Luc Besson ?
02:37Oui, c'est la rencontre la plus importante par rapport au cinéma, c'est quand Luc était premier assistant,
02:45je viens pour postuler, il m'emploie dans une petite comédie parce qu'il pensait, il m'avait remarqué ce
02:55jour-là,
02:56alors il m'emploie pour voir comment je travaille, et de là il me propose un court-métrage, et hop,
03:02on a fait quatre ou cinq films ensemble.
03:04Et dont, évidemment, le grand bleu, il vous plonge au fond de l'eau pendant des mois, je crois que
03:11vous arriviez à rester trois minutes sous l'eau, c'est ça ?
03:13Trois minutes sous l'eau, Jean-Marc avait trois minutes vingt-trois, je me souviens exactement du temps d'apnée,
03:21il fallait, parce qu'il fallait descendre à trente mètres et ça met à peu près une minute,
03:26donc on avait une minute pour descendre sans bouteille, sans air évidemment en apnée,
03:31une minute pour jouer la scène, c'est quand même assez long, et remontée, voilà, il y avait de la
03:37sécurité.
03:38Et votre personnage, Enzo, vous l'aimiez ce personnage ?
03:42Oui, j'aimais sa faconde, j'aimais aussi sa destinée, parce qu'il ne pouvait que s'en aller par
03:54le fond, quelque part,
03:55oui, son romantisme, quelque part.
03:58Il y aura Enzo, puis il y aura une galerie de prénoms de personnages, des durs, des drôles.
04:03Vous êtes en fait John Wayne et Bourville.
04:06Être John Wayne et Bourville
04:10Le cow-boy et l'imbécile
04:15Le soldat et le fragile
04:20Jouer l'idiot et l'homme tranquille
04:23Ah ben voilà ! C'est la belle surprise !
04:26Notre John Wayne et Bourville
04:28Oui, c'est une très belle chanson écrite par Didier Barbelivien, il y a très longtemps.
04:34Et donc vous chantez ?
04:36Je résume un petit peu, oui, je chante huit chansons, qui ont été, les unes sont de Pierre Dominique, les
04:44autres de Didier Barbelivien.
04:46Il y a une chanson que mon fils a écrite, à la fin, qui résume un peu le parcours.
04:52C'est un spectacle qui est joyeux, qui touche les gens, parce qu'on a déjà tourné au Japon, on
04:59l'a joué 34 fois à Tokyo et on tourne au Japon.
05:03Et j'espère que la France sera touchée par ce spectacle à son tour.
05:08Mais alors c'est fou d'inaugurer un spectacle français au Japon.
05:12Il faut dire pourquoi vous êtes un dieu vivant au Japon ?
05:15Vous avez un public qui est assez acquis.
05:18J'ai des connaissances là-bas et donc les théâtres nationaux ont proposé qu'on le fasse et on a
05:24réussi à financer la tournée, oui.
05:29Et il y avait une traduction qui apparaissait ?
05:32Non, au Japon on joue dans sa langue et il y a une traduction en haut, il y a un
05:38bandeau qui traduit les mots que vous dites.
05:42Alors John Wayne et Bourville, c'est un peu Léon et Godefroy de Montmirail, des rôles que vous avez abordés
05:48avec la même rigueur, le même sérieux.
05:51Un petit peu, oui, avec tout le respect que je dois bourriller évidemment à John Wayne.
05:56Oui, dans les genres que je voulais décrire, je crois que quand vous travaillez vos personnages, vous êtes extrêmement méticuleux,
06:06sérieux et vous vous demandez toujours pourquoi, pourquoi il fait ça, pourquoi il dit ça, vous vous interrogez en permanence
06:12sur ses motivations.
06:13Pourquoi ? Oui, pourquoi est un mot que j'ai appris à l'atelier Andreas Voudinas au Bouffe du Nord
06:18quand je suis arrivé à Paris pour construire le personnage.
06:22Le mot pourquoi m'aide beaucoup ? Parce qu'il permet de définir les choses que le personnage ne peut
06:27pas faire.
06:29Et je défini mon personnage souvent par les choses ou les pensées ou ce qu'il ne peut pas faire.
06:36C'est un peu la méthode d'acteur studio à la française, hein ?
06:39Un peu la méthode d'acteur studio à la française, exactement, oui.
06:43La méthode d'acteur studio, c'est aussi celle de Robert De Niro, votre ami.
06:47Oui.
06:48Il se pose aussi beaucoup de questions ?
06:51Beaucoup. Robert est un méticuleux, c'est un stacanoviste.
06:56Il répète, il répète comme un malade.
06:58Jodie Foster a subi la méthode de travail dans Taxi Driver, vous vous rappelez de ce film,
07:04où Jodie Foster était très jeune, comme Nathalie Portman dans Léon,
07:08et Robert la faisait répéter presque jour et nuit.
07:12Alors, vous avez joué, vous, avec lui, dans Ronin.
07:17Oui.
07:17Et je crois que c'est comme ça que vous l'avez rencontré.
07:19Vous avez, parce que vous avez une carrière américaine, depuis Léon, notamment, de Luc Besson,
07:24Godzilla, Mission Impossible, Da Vinci Code.
07:27Vous avez joué avec Tom Cruise, Tom Hanks, vous disiez Nathalie Portman.
07:31Mais vous racontez aussi, dans votre spectacle, avoir croisé Romy Schneider, Yves Montand, Michel Piccoli.
07:39Qui vous a le plus inspiré dans votre carrière ?
07:43Ah, chacun vous apporte quelque chose.
07:46Chacun vous donne une parcelle de ce qu'il est.
07:51Michel aussi était quelqu'un qui avait un amour du travail.
07:56Michel Piccoli.
07:56Il m'a dit des choses très gentilles.
08:00Lesquelles ?
08:00Il m'a beaucoup encouragé.
08:02Oh, il m'a dit, ne regarde pas derrière, avance.
08:07Des choses comme ça.
08:08Et il était dans ce qui m'a philosophie, moi, je ne regarde pas derrière, j'avance.
08:13Il m'a dit, aie confiance en toi.
08:15Il m'a nommé ça, et c'est important.
08:18Il avait une voix magnifique.
08:20J'adorais cet homme-là.
08:22J'ai joué au théâtre de Nanterre avec lui.
08:25Oui.
08:26Cinquante-quatre fois.
08:28Il disait, oui, il parlait des femmes, et il disait, ah, les femmes.
08:33Alors quand je le dis comme ça, c'est vide.
08:35Et nous, on attendait derrière le rideau, dans les coulisses, on attendait.
08:39Il disait, ah, les femmes.
08:42Et tous les soirs, c'était différent.
08:45Tous les soirs, il mettait quelque chose dans...
08:47Ah, les femmes.
08:49Qu'est-ce qu'on aimait ça, sa voix et son talent.
08:54Je célèbre sa mémoire aujourd'hui.
08:56Je salue sa mémoire.
08:57Et qu'est-ce qu'on aime votre voix aussi.
08:59Merci beaucoup, Jean-Rénaud, de nous avoir accordé cet entretien un petit peu à distance, forcément.
09:06Oui, absolument.
09:07On vous retrouve donc en décembre avec ce spectacle
09:09Le Chameau, la traversée de la vie au théâtre Édouard VII, à Paris,
09:13mise en scène par Ladislas Chola,
09:15et à l'Anthéa d'Antibes aussi, les 26 et 27 novembre.
09:18Merci encore, Jean-Rénaud.
09:19Merci à vous, bonne soirée.
09:21Bonne soirée.

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