00:00Tout simplement un ras-le-bol général de l'ensemble de mes collègues.
00:05Ils ont été appelés par unité, notre syndicat de police.
00:10Et suite à notre appel, on va aller manifester jusqu'à la République.
00:14On en a marre des décalages à répétition.
00:17On en a marre de tout ce qu'on revendique à chaque fois, les salaires.
00:21Et là, ce qui vient couronner le tout aujourd'hui, en plus du manque d'effectifs
00:25et le manque de moyens matériels, c'est le manque de considération.
00:28Et ça, ça devient insupportable.
00:31Vous voyez là, pour vous donner un exemple très concret, deux ans après les JO,
00:35on reçoit un lien qu'on doit télécharger pour télécharger un petit diplôme
00:39pour nous féliciter d'être allé sur les JO.
00:42Et puis la médaille, il faudra qu'on l'achète.
00:44Donc c'est juste insupportable.
00:46Quand on fait 12 heures d'affilée et nous donner, comme ça a été déjà dit plusieurs fois,
00:51une compote, une madeleine et une boîte de thon, ça devient insupportable.
00:55Ce manque de considération, on ne demande pas grand-chose.
00:57On a énormément de choses à mettre sur la table.
01:01On a des choses qui sont crédibles, on n'en veut pas trop.
01:04Et quand aujourd'hui, on constate que les seuls qui arrivent à obtenir gain de cause,
01:09ce sont les partisans de la haute hiérarchie.
01:12Et comme on le dit, sans nous, sans la base,
01:14aujourd'hui, on est 2700 au Grand Rex à l'appel d'unité.
01:18Et sans la base, je pense qu'ils ne seront rien.
01:20Et mettre des croix dans des cas, ça ne suffit pas.
01:22Benoît, je voulais vous faire réagir à un chiffre.
01:24937.
01:25C'est le nombre de policiers et gendarmes blessés depuis le début des mouvements lycéens,
01:30avec ces violences incommises en marge du mouvement.
01:33C'est beaucoup.
01:33Et dans deux jours, il y a une grande manifestation à Paris et dans tout le pays.
01:37Vous êtes inquiet ?
01:38Oui, on est très inquiet.
01:39Je pense que, véritablement, on va passer la barre honteuse des 1000 collègues blessés.
01:45Et alors, j'entendais effectivement les hauts responsables nous soutenir.
01:51Mais le soutien, la parole, ça ne suffit pas.
01:52Nous, on veut des actes.
01:53Et aujourd'hui, voilà, on va aller jusque la République pour dire qu'on continue le combat
01:59et qu'en fait, on ne lâchera pas tant qu'on n'aura pas eu gain de cause.
02:03Comme je le dis souvent, aujourd'hui, c'est tout le service public qui est en berne.
02:06Et il ne faut pas oublier que nous aussi, on en fait partie avec des revendications
02:11qui sont propres à notre corps, à notre syndicat.
02:15Et il faut qu'on aille au bout.
02:17Une dernière question.
02:18Il y a un de votre porte-parole, Reda Bellach, qu'on connaît bien sur l'antenne de CNews,
02:21qui a dit il y a quelques jours, ça fait beaucoup de bruit,
02:23si un des policiers tombe, on lâchera tout.
02:27Oui, c'est vrai qu'il faut le prendre en compte parce qu'à un moment donné,
02:30quand on voit tout ce qui se passe, on parle de quasiment 1000 blessés.
02:34De toute façon, on y arrivera.
02:36On ne peut pas accepter.
02:37Et s'il faut en arriver là, on en arrivera là.
02:39On reste une police républicaine, on reste des policiers régaliens,
02:42on a besoin du service public, on le fera.
02:44Mais par contre, à un moment donné, stop, stop aux violences.
02:47Et dans le sens où je l'entends, les violences contre les policiers,
02:50pas les violences faites par les policiers, comme on entend un peu trop sur tous les plateaux.
02:53Nous aussi, on est victime et il y en a marre.
02:56Et effectivement, s'il le faut, on donnera des consignes
02:59et on posera les boucliers et les casques.
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