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00:01Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:03Et à 12h18 sur Europe 1, cette question, l'état des finances de la France est-il en chute libre
00:07?
00:08Va-t-on vers un scénario à la grecque à 200 jours de la fin du mandat d'Emmanuel Macron
00:13?
00:13Vous réagissez 01, 80, 20, 30, 21 et nous sommes avec François Pierhard, fondateur de l'Observatoire Hexagone.
00:19Votre invité Europe 1, Christine.
00:20Absolument, c'est un plaisir de vous accueillir François Pierhard, mais je ne sais pas si c'est réellement un
00:25plaisir parce qu'on a peur.
00:27On a peur de l'état de santé dans lequel Emmanuel Macron, le président, nous laissera à la France puisqu
00:35'on est à 200 jours de son départ de l'Élysée.
00:38On a peur parce que, et on s'interroge parce qu'on voit lorsque le gouverneur de la Banque de
00:43France appelle le monde politique, je cite,
00:45à prendre ses responsabilités lors d'une conférence internationale.
00:49On a peur lorsqu'on entend la patronne du FMI qui avertit et qui appelle lors du budget de la
00:56France que ça prendra du temps pour restaurer la confiance.
01:01On a peur et on se demande est-ce qu'on ne va pas vers un scénario grec.
01:07Comment se situe l'état de la France aujourd'hui, François Pierhard ?
01:11Alors aujourd'hui, la France se situe dans une situation en termes de finances publiques qui est catastrophique
01:17et les solutions qui sont proposées par le gouvernement et peut-être même la classe politique au sens plus large
01:23ne sont pas à la hauteur de la situation.
01:26Alors le budget est examiné à l'Assemblée nationale en ce moment.
01:29Deux questions déjà d'emblée.
01:32Qu'est-ce que vous entendez par la hauteur de la situation et qu'est-ce que vous entendez par
01:35catastrophique ?
01:36Parce que ça fait des années qu'on entend que c'est catastrophique.
01:39Donc à quel point, si vous voulez, c'est catastrophique ?
01:42Alors pour vous dire, il faut avoir le contexte en tête.
01:46En 2017 encore, la France était parmi les élèves moyens de la zone euro
01:51quand on regarde à quel taux la France empruntait sur les marchés financiers.
01:56Et bien sûr à l'époque, les maillons faibles c'était le Portugal, la Grèce, l'Italie, l'Espagne.
02:01Et beaucoup de Français sont restés bloqués dans cette période-là et pensent que c'est toujours le cas.
02:07Or, le monde a changé. Il a changé brutalement.
02:11Aujourd'hui, le maillon faible de la zone euro, c'est la France.
02:14Nous sommes le pays qui emprunte le plus cher parmi les pays de la zone euro sur les marchés.
02:19Ce qui veut dire qu'on a complètement perdu la confiance des marchés.
02:22On emprunte plus cher que la Grèce, plus cher que le Portugal, plus cher que l'Espagne, plus cher que
02:27l'Italie.
02:27Ce qui veut dire qu'aujourd'hui, en cas de crise, c'est la France qui est le pays le
02:32plus exposé.
02:33Et ça, c'est une crainte que nous avons nous en France, mais qui est également partagée à l'international
02:38parce qu'une défaillance de la France aurait des répercussions au moins régionales et peut-être même mondiales.
02:45François Péirard, en direct sur Europe 1, fondateur d'Hexagone.
02:51En quoi ? J'entends bien les conséquences au niveau international.
02:55Je suis un téléspectateur d'Europe 1.
02:58Je travaille tous les jours.
03:00Je suis un Nicolas qui paie.
03:02Quelles conséquences concrètes se passera en ce qui me concerne, là, à l'heure qu'il est ?
03:08Eh bien, ce qui risque de se passer, c'est deux choses.
03:12Déjà, il y a une première chose qui est une certitude.
03:14C'est l'augmentation de la charge de la dette.
03:16La charge de la dette, qu'est-ce que c'est ?
03:17Ce sont les intérêts que nous devons payer pour financer notre endettement
03:22qui explose suite au déficit qu'on enregistre.
03:25Et cette charge de la dette est représentée qu'une quarantaine ou une cinquantaine de milliards
03:29au début du premier mandat d'Emmanuel Macron
03:32et risque de s'élever à environ 100 milliards dans les toutes prochaines années.
03:36Ce qui veut dire que ça fait une soixantaine de milliards de dépenses en plus pour la dette,
03:42mais c'est 60 milliards qu'on n'a plus pour le reste des services publics.
03:46Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
03:47Soit on maintient le même niveau de dépenses et dans ce cas-là, on coupe les dépenses partout,
03:51soit on augmente les dépenses, mais dans ce cas-là, on augmente les impôts.
03:54Et ça, ça a des répercussions concrètes déjà pour les contribuables.
03:57Mais il y a pire.
03:58Parce qu'en raison de la situation qu'on vit,
04:01ce qu'on risque d'avoir, c'est un véritable dérapage financier
04:04et de devoir prendre des mesures très fortes pour réduire nos déficits
04:08et donc réduire notre dépense publique.
04:10C'est quoi des mesures très fortes pour réduire nos déficits ?
04:13Qu'est-ce qu'il faut faire concrètement ?
04:14Quelle est la mesure ?
04:15François Pierrin, fondateur de l'Observatoire Hexagone,
04:18ensuite on a Martine qui nous appelle de réloir.
04:21Tout simplement, pour faire très simple,
04:23aujourd'hui, nos administrations publiques, dans l'ensemble,
04:27dépensent quasiment 10% de plus que ce qu'elles perçoivent en recettes.
04:31Ce qui veut dire que si on voulait revenir à l'équilibre,
04:33il faudrait qu'environ 1 euro sur 10 qu'on dépense pour les services publics
04:37n'existe plus, ne soit plus dépensée.
04:39La tronçonneuse.
04:41Imaginez baisser les salaires des fonctionnaires de 10%,
04:43baisser les dotations des hôpitaux de 10%,
04:45baisser les retraites de 10%.
04:47Et pourquoi on ne le fait pas ?
04:48Ce serait un choc d'une violence extrême
04:51auquel, aujourd'hui, les citoyens ne sont pas prêts à consentir.
04:53Donc on attend un autre choc, en fait, finalement.
04:56On attend d'être complètement forcé pour le faire,
04:58et peut-être aussi qu'une intervention de la Banque Centrale Européenne
05:04pour nous aider à restructurer notre dette
05:08permettrait donc aux politiques de se dédouaner
05:11et d'avoir des intervenants externes
05:13qui prennent les décisions courageuses à leur place.
05:15Martine, vous nous appelez de Réloire.
05:17Comment vous réagissez ?
05:19Oui, bonjour Christine, bonjour toute l'équipe.
05:21Eh bien, écoutez, c'est vraiment là, je suis en lit.
05:25Et moi, pour moi, payé, parce que le gouvernement
05:31et tous ces administrés, en passant par les députés
05:38et tout ce qui va bien, ont dépensé pas leur argent,
05:42bien sûr, l'argent des autres.
05:43Parce qu'en fait, c'est comme quand vous héritez.
05:46Si c'est pas vous qui avez gratté,
05:48excusez-moi, je vais être un petit peu cash,
05:50mais si c'est pas vous qui avez gratté,
05:52forcément, l'argent, vous la dépensez un petit peu différemment.
05:55Et là, en fait, on est en train de nous demander,
05:58en plus, ces grands gens,
06:02qui gagnent des sommes astronomiques,
06:04parce qu'ils se sont votés un petit peu des lois,
06:08un petit peu à l'étouffée, etc.,
06:10et de nous dire, moi, je vois,
06:14je suis à la retraite depuis pas longtemps,
06:16tout ce que j'ai cotisé et tout ce que,
06:18enfin, ce que je gagne, c'est hallucinant, quoi.
06:22Donc, ben non, en fait, moi,
06:24j'ai pas trop envie de participer,
06:27je paye beaucoup d'impôts,
06:30et encore, en plus,
06:32on va encore nous presser le citron.
06:33Enfin, moi, je suis...
06:36Moi, j'invite M. Macron,
06:39parce qu'en fait, M. Macron,
06:41il prend pas sa carte.
06:42Il monte dans la voiture,
06:44il est conduit par son personnel.
06:49Moi, je l'invite à venir passer
06:51huit jours à la maison,
06:52il y a de la place.
06:53Martine invite Emmanuel Macron.
06:56On entend bien, en tout cas,
06:58ce consentement à l'impôt.
07:00On va marquer une pause, ma chère Martine.
07:02Ce consentement à l'impôt,
07:03vous dites non.
07:04Voilà, j'ai travaillé toute ma vie,
07:05je viens d'être à la retraite,
07:06je n'ai pas suffisamment de moyens,
07:08et qu'on va me demander de payer plus,
07:09je ne pourrai pas,
07:11et je ne voudrai pas.
07:12Merci beaucoup, ma chère Martine.
07:14Oui, c'est ça ?
07:15Merci.
07:15Oui, voilà.
07:16Merci de nous avoir appelé
07:17au Standard Europe, ma chère Martine,
07:19pour ce témoignage très fort.
07:21On marque une pause,
07:21on revient avec François Pierrare
07:24pour parler de cette dette.
07:26Et dans un instant,
07:26on reçoit Franck Calizio
07:27pour parler de ce policier frappé
07:29avec un coup de marteau,
07:30et on parlera aussi
07:31de qui paye, encore une fois,
07:33la facture de cette mobilisation.

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