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Tous les jours dans la matinale d’Europe 1, Olivier de Lagarde scrute et analyse la presse du jour.

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00:00La revue de presse d'Europe 1 à présent, Olivier Delagarde, ce matin, vous vous attaquez à quelques idées reçues.
00:06Oui, parce que la réalité est parfois cachée derrière les gros titres un peu tapageurs.
00:11Première idée reçue, la jeunesse est dans la rue.
00:13Eh bien, c'est faux. Une jeunesse, tout au plus.
00:16Alors, comprenez-moi bien, je ne suis pas en train de dire qu'il ne se passe rien dans les
00:20rues.
00:20Il faut écouter les jeunes, a-t-on entendu ad nauseum depuis trois semaines ?
00:24Mais il serait peut-être temps d'écouter aussi leurs parents et tous ces jeunes qui veulent juste travailler.
00:30Selon le ministère de l'éducation nationale, plus de 96% des lycées étaient ouverts hier et fonctionnaient normalement.
00:37En tout cas, une chose est sûre, Olivier, la jeunesse est à gauche.
00:40Eh bien non, c'est encore faux.
00:41L'opinion publique en une très intéressante enquête sur la Gen Z, comme on l'appelle, ses 15-18 ans.
00:47Alors, c'est vrai, il y a 30 ans, la jeunesse était à gauche, 54% contre 46% à
00:54droite, selon l'IFOP.
00:56Mais en 2026, le rapport de force est inversé.
01:0056% des adolescents se déclarent à droite, signale Rémi Barbé.
01:05Simplement, ceux qui soutiennent Mélenchon font plus de bruit que les autres.
01:07Ils sont aussi plus sûrs de leur vote, sachant que le premier parti des jeunes est le parti des abstentionnistes.
01:14En fait, le vrai clivage gauche-droite s'opère entre ruraux et urbains.
01:18Plus le temps passé en voiture est long, plus le vote pour la candidate du RN croît, explique-t-il.
01:25En 2022, près de 40% des jeunes ruraux ont voté pour Marine Le Pen, contre 16% pour Jean
01:32-Luc Mélenchon.
01:33Autre idée reçue, les jeunes sont pacifiques.
01:36Non, et c'est sans doute l'une des choses les plus inquiétantes de ce mouvement.
01:39Toujours selon l'IFOP, 21% des jeunes considèrent que la violence contre des personnes est un moyen acceptable de
01:47défendre ces idées.
01:4921% !
01:50D'où les violences contre les forces de l'ordre, mais, et c'est plus nouveau, violences contre le personnel
01:56enseignant.
01:56Notre métier est devenu dangereux, témoigne Carole Zerbib, proviseur dans le 13e arrondissement de Paris.
02:02Elle répond aux questions d'Emma Ferrand, du Figaro.
02:04Nous sommes tellement exposés à de la violence que, oui, certains personnels ont peur, déclare-t-elle.
02:10Notre autorité est bafouée et ne suffit plus pour faire cesser l'irrespect.
02:15Aujourd'hui, il n'y a plus de discussion entre lycéens et équipes éducatives.
02:19Autrefois, les élèves manifestaient, puis nous échangeons avec eux, et le mouvement s'arrêtait là, raconte-t-elle.
02:25Aujourd'hui, des chefs d'établissement sont visés, délibérément, soit sur des affiches où des lycéens écrivent
02:30on ne veut plus de tel ou tel proviseur, soit ils sont pris à partie physiquement.
02:36Nous sommes devenus des cibles.
02:38Hier, Edouard Geffray a donné ce chiffre, rappelle le journal,
02:4140 chefs d'établissement ont été blessés depuis le début du mouvement lycéen.
02:45En tout cas, une chose est sûre, ce qui s'est produit hier à Aubagne,
02:48ce jeune qui a ouvert le feu sur ses professeurs avec une arme de chasse,
02:51ça n'a rien à voir avec le mouvement lycéen.
02:53Mais en fait, pour le moment, on n'en sait rien, Dimitri.
02:58Personne ne sait ce qu'il y avait dans la tête de ce gamin, qui ne s'est toujours pas
03:01exprimé.
03:01Ce qui est certain, c'est que très vite, certains médias et responsables politiques
03:05se sont précipités pour affirmer que cela n'avait rien à voir, surtout pas, ce serait un peu gênant.
03:11Donc, rien à voir avec le blocus des laisséens, écrit Vincent Trémolet de Villers à la une du Figaro, admettons.
03:18Mais tout a à voir avec l'impression commune de déglingue à tous les niveaux de la société française, ajoute
03:24-t-il.
03:24Cela fait longtemps que l'école n'est plus un sanctuaire, mais le réceptacle des pulsions les plus dangereuses.
03:30Samuel Paty et Dominique Bernard ont été tués au nom d'Allah.
03:33D'autres subissent les coups et parfois la mort d'élèves mal soignés de troubles psychiques.
03:37Le fanatisme idéologique ou religieux s'agrège aux maladies de l'âme.
03:42C'est au regard de ce mal-être qu'il faut analyser ce mouvement lycéen aux revendications souvent absurdes et
03:49confuses.
03:49Allez, on termine avec une ultime idée reçue.
03:51Oui, on l'aimait bien celle-là, l'idée selon laquelle l'équipe ne fait pas de politique.
03:56On se disait que cette année encore, à l'approche de la présidentielle, il allait être parfois précieux d'ouvrir
04:01notre quotidien sportif
04:03pour se reposer des petites phrases politiques et des polémiques un peu stériles.
04:07Eh bien, c'est pour ça qu'on est un peu surpris et déçus, il faut bien l'admettre,
04:11de découvrir aujourd'hui un portrait très agéographique de Bali Bagayoko,
04:16avec appel en une, s'il vous plaît, Bali Bagayoko, celui-là même qui estime que la violence des jeunes
04:22peut être légitime.
04:23Une pleine page pour nous le donner en exemple.
04:26Merci l'équipe.
04:27Voilà, le quotidien sportif a décidé d'afficher son camp, celui de LFI.
04:30C'est bien son droit et personne n'est obligé d'acheter un journal.
04:34Pas sûr toutefois que ce soit sur ce terrain-là que ses lecteurs l'attendaient.
04:37La victoire au bout du pied, et la gloire au fond des filets, l'ennemi désemparé, nous vaincrons, nous serons
04:51les premiers.
04:53Allez, trinquant, trinquant, trinquant, but, but, trinquant, trinquant, trinquant.
04:59Coup de tête, coup de tête !
05:01Mais oui, Jean-Jacques Haneau, 1979, Patrick Devers.
05:04Absolument.
05:05Je rembouise.
05:06Quand on aime le foot, on aime le coup de tête.
05:07Je reviens sur votre portrait de Balibaga Yoko dans l'équipe.
05:10C'est surtout le signe de sa notoriété, forcément sa popularité, mais sa notoriété croissante.
05:15C'est le signe que l'équipe est devenue un journal de gauche, voire d'extrême gauche, que je lis
05:20régulièrement.
05:21Vous constatez ça aussi, vous, Pascal Praud ?
05:23Mais évidemment, c'est un journal même wokiste.
05:25Donc, il ne faut pas que l'équipe s'étonne de perdre ses lecteurs.
05:28Parce que les gens qui achètent l'équipe, ils n'achètent pas l'équipe pour lire des papiers, comment dire,
05:36politiques.
05:37Mais c'est une tendance, je les connais, tous ces journalistes.
05:40Je les connais.
05:41Donc, je sais ce qu'ils pensent.
05:43Mais ce n'est pas très nouveau.
05:44Ce n'est pas très nouveau.
05:46Lilian Thuram avait pris la parole dans l'équipe il y a quelques années.
05:49Oui, mais là, ça me...
05:51Non, mais le positionnement du journal, ce n'est pas très récent.
05:54Sauf que LFiste, c'est quand même un positionnement extrême, si vous me permettez.
05:58Mais on ne découvre pas que l'équipe est à gauche.
06:00Ce n'est pas une grande découverte.
06:02L'équipe, comme tous les journaux de France, est faite par des journalistes qui penchent massivement.
06:09Avant, ils penchaient à gauche et maintenant, ils penchent pour la France Insoumise.
06:14Voilà, c'est la sociologie.
06:15Parce que dans les écoles, le journalisme, ce sont les élèves qu'on trouve.
06:19C'est la sociologie, on le dit chaque matin, c'est la sociologie aujourd'hui de toutes ces professions dites
06:26déclassées,
06:27toutes ces professions intellectuelles déclassées.
06:29Vous avez saché les artistes, vous avez saché les profs, les profs d'université, les journalistes, les magistrats.
06:35Tout ça, c'est une sociologie assez comparable des gens qui ont fait des études,
06:38qui sont généralement d'un bon niveau intellectuel,
06:41mais qui sont confrontés à une réalité financière dont ils ne les satisfont pas.
06:46Et ils veulent, effectivement, il y a beaucoup d'aigreurs, de ressentiments, beaucoup de colère,
06:51et ces gens veulent renverser parfois la société.
06:53Alors Pascal, on va retrouver cet après-midi, comme tous les après-midi, 16h, 18h.
06:57Qu'est-ce qui vous intéresse dans l'actualité ce jour ?
06:59D'ailleurs, c'est que la directrice, la propriétaire de l'équipe, elle n'est pas du tout sur cette
07:05ligne-là.
07:05Mais c'est souvent le cas, le patron n'est pas forcément en ligne avec les équipes.
07:10Et elle est incapable d'imposer ça, parce qu'ils ont tous peur, ils sont effrayés de leur rédaction.
07:15Ils sont effrayés, donc c'est Mme Amaury, elle n'est pas du tout sur cette ligne.
07:18Non, Mme Amaury, mais bon, il ne faut pas s'étonner que l'équipe perde des lecteurs.
07:23Ce n'est pas le but, tu n'achètes pas l'équipe pour ça.
07:25Tu achètes Libération pour ça, ou tu achètes l'humanité pour ça.
07:30Évidemment que l'équipe ne ferait pas un portrait d'un maire du Rassemblement National.
07:36Oui, c'est sûr que ça...
07:38Je trouve que c'est un vrai sujet.
07:39Quelle est la justification, d'ailleurs, de ce portrait de l'équipe, Olivier ?
07:42Je trouve que c'est un vrai sujet.
07:43C'est l'ancienne casquette d'adjoint au sport, je crois, de l'Amérique de Saint-Denis.
07:47C'est qu'il aime beaucoup le basket, et donc il a eu un rôle d'éducateur.
07:51En plus, un rôle d'éducateur auprès des jeunes.
07:53C'est un vrai sujet.
07:54Quelqu'un qui a, quelqu'un qui est quand même à justifier la violence des jeunes.
07:58En disant que c'est de la violence légitime.
07:59Bien sûr.
08:00Allez dire ça à des jeunes sur un terrain.
08:02Vous avez la violence légitime, allez taper sur l'équipe d'en face.
08:05Mais je veux dire, l'équipe, c'est quasiment une des rédactions les plus engagées, politiquement.
08:10Écoutez, je ne dis pas assez l'équipe pour vous rendre compte.
08:12Il y a un lien avec Victor Wem-Bagnama dans cet article aussi.
08:14C'est un échange avec Victor Wem-Bagnama et Bali Bagayuco.
08:18Mais rassurez-vous, ça n'a aucune influence sur la société.
08:22Aucune.
08:23C'est-à-dire que ça va être, jusqu'à la présidentielle, vous aurez tout l'espace médiatique
08:30qui fonctionne comme cela.
08:32Comme les castors.
08:33Voilà.
08:33Faire marrage.
08:35C'est la liberté d'expression, ils ont le droit.
08:37Et puis, je veux dire, c'est le public qui décide.
08:40C'est le public qui décide.
08:42Est-ce que le public a envie de lire ça ?
08:45Voilà, chers camarades.
08:46Autre sujet dont on va parler avec vous aujourd'hui, mon cher Pascal.
08:49Ben évidemment.
08:50On a un peu de temps ce matin.
08:53Encore un.
08:54Il nous reste 30 secondes.
08:55Je connais un poème que j'ai appris dans mon enfance.
08:58Non, on va parler d'économie.
09:00Je vous ai écouté, vous m'avez beaucoup influencé.
09:02Quand vous dites que le gouvernement bâtit un budget avec des chiffres fantaisistes.
09:05D'ailleurs, vous serez dans notre émission.
09:07Dans quelques instants, oui.
09:08Parce que vous êtes un bon spécialiste économique.
09:10C'est très rare.
09:11Les journalistes connaissent assez mal l'économie en général.
09:15Et vous, non.
09:16J'aime bien ça.
09:17Ça m'intéresse.
09:18Bon, écoutez, en tout cas Pascal.
09:19A tout de suite.
09:19A tout de suite.
09:2016h-18h cet après-midi.
09:21Vous n'hésitez surtout pas à embrasser Manuel Ducroix qui nous revient très vite.
09:25Et je vous souhaite une excellente journée lors des pros dans un instant sur Europe 1.
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