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  • il y a 10 minutes
David Lisnard, maire de Cannes et candidat “Nouvelle Énergie” à la présidentielle, était l’invité du Face-à-Face de ce mardi 13 octobre sur BFMTV et RMC. Il a été notamment interrogé sur la colère lycéenne, la crise sociale et le budget. 

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Transcription
00:00Bonjour David Lysnard. Vous êtes candidat à l'élection présidentielle, vous êtes maire de Cannes.
00:05Vous êtes celui dont certains commencent à murmurer « Tiens, il se passe quelque chose ».
00:10C'est votre nouveau hashtag sur les réseaux sociaux, très présent sur les réseaux sociaux, y compris sur TikTok.
00:15Vous êtes presque devenu un mème, c'est-à-dire que je ne sais pas si ça vous fera élire,
00:18mais ce qui est sûr c'est qu'au moins ça vous a fait connaître.
00:21Et ce hashtag « Il se passe quelque chose » qui devient presque une blague désormais.
00:26Mais j'imagine que vous vous en satisfaisiez, vous en êtes satisfait, puisque évidemment ça nourrit votre notoriété.
00:34On va y revenir dans un instant à votre candidature, mais d'abord les lycéens.
00:38Vous le voyez d'ailleurs sur les images côté BFM TV, les lycéens qui sont à nouveau dans la rue
00:43et qui promettent une mobilisation massive aujourd'hui.
00:45Il y a des blocages en cours à Paris, à Strasbourg, plus de 200 lycées bloqués d'après le ministère
00:50de l'Éducation nationale.
00:51Il y en a-t-il chez vous à Cannes ?
00:52Alors on n'en a pas eu ce matin, depuis huit jours, depuis que les lycées ont rouvert,
00:56puisqu'ils avaient été tous fermés, tous les lycées publics en tout cas avaient été fermés sur ma commune.
01:00On avait eu des mouvements violents en début du mouvement précisément.
01:05Tout de suite la police municipale, je tiens à le dire parce que ce n'est pas normalement notre job,
01:10a interpellé les fauteurs de troubles.
01:12On a interpellé plus de 25 qui ont été remis au procureur de la République par la police municipale.
01:17Et dès que les lycées ont rouvert, on a essayé d'apaiser sur place la situation,
01:22c'est-à-dire d'interpeller immédiatement ceux qui apportent de la violence
01:26et pas simplement de la revendication ou de l'expression, qui eux, elles, sont tout à fait légitimes,
01:31et de permettre aux lycéens qui veulent s'exprimer, de manifester, de manifester s'ils le souhaitent,
01:35mais tous ceux qui veulent étudier, d'étudier.
01:37Donc on met des couloirs.
01:38Des couloirs, c'est-à-dire quoi ?
01:39Des policiers municipaux, devant le portail notamment des deux lycées les plus concernés,
01:45il y a huit lycées en tout à Cana, et pour l'instant ça marche.
01:49Donc je suis très prudent parce qu'on ne sait jamais comment un mouvement peut évoluer,
01:52mais je pense qu'il faudra quand même en tirer des conclusions que j'avais déjà évoquées
01:56lors de précédents mouvements sociaux sur la doctrine d'emploi de la police nationale.
02:01On a peu de police nationale chez nous, c'est des bons policiers, ils font très bien le boulot,
02:04mais comme ils sont peu nombreux, quand ils interviennent,
02:06c'est vraiment lorsqu'il y a déjà le problème.
02:08Donc c'est une intervention qui vient a posteriori, très souvent avec des bombes lacrymaux, etc.
02:14Or c'est comme sur le front des incendies, c'est comme sur toute crise majeure,
02:17qui est un sujet qui me passionne aussi,
02:19plus on intervient vite auprès des éléments qui sont à la source du problème,
02:23moins on permet à l'événement de se propager.
02:26Donc je pense qu'il faudra qu'on analyse tout ça a posteriori.
02:29Qu'on analyse tout ça a posteriori, ça veut dire quoi ?
02:30Ça veut dire que vous estimez qu'il y a eu quand même un problème dans le maintien de l
02:33'ordre,
02:33il y a eu un problème dans le comportement des policiers vis-à-vis de ce mouvement lycéen.
02:39Il y a 20 enquêtes IGPN, un peu plus même, qui sont tout bas.
02:42Je ne voulais pas aller sur ce sujet, mais je vais répondre très précisément.
02:45Ce n'est pas ça, parce que ce sont des rapports de force.
02:47Par exemple, à Paris, il y a énormément de police nationale.
02:50Il y a des policiers qui sont très habitués au maintien de l'ordre,
02:53il y a un très bon préfet de police,
02:54et ils sont face à eux des casseurs.
02:57Donc on ne peut pas incriminer les policiers ou les gendarmes.
03:01Je rappelle qu'il y a plusieurs centaines de policiers et de gendarmes qui sont blessés.
03:05Je rappelle que lorsqu'un policier envoie une bombe lacrymo
03:08ou intervient avec un tonfa ou quoi que ce soit,
03:10c'est parce qu'avant, il y a eu un mouvement de violence.
03:12Ce n'est jamais le policier qui spontanément engage le mouvement de violence.
03:15Ou si c'était le cas, le JPN, la police des polices fait son travail.
03:19Je parle vraiment de la doctrine, c'est-à-dire de la théorie.
03:21Dans des situations comme c'est le cas dans beaucoup de villes moyennes,
03:25même de grandes villes parfois, et a fortiori de petites villes,
03:28où on a peu d'effectifs de police nationale,
03:29où on n'a pas forcément des effectifs qui sont formés au maintien de l'ordre,
03:34qui sont des équipages de police secours, qui sont des équipages de bac.
03:38Et donc là, mais c'est facile à dire sur le terrain, c'est toujours plus compliqué.
03:42Quand on arrive, moi j'ai la chance, c'est aussi un travail,
03:44on a une police municipale très importante.
03:46Lorsqu'on arrive à être présents sur place,
03:48j'allais dire quasiment en même temps que les fauteurs de troubles,
03:51dès que vous...
03:52C'est comme le début d'un incendie, c'est exactement la théorie des pompiers.
03:57Il faut être présent le plus vite possible et intervenir de façon très massive tout de suite.
04:00Et c'est comme cela que vous arrivez à établir l'ordre en évitant trop de dégâts humains.
04:04David Lissnard, vous dites qu'il y a eu 25 fauteurs de troubles qui ont été arrêtés à Cannes.
04:09Plus, mais 25 par la police municipale.
04:11Par la police municipale.
04:12Vous distinguez les revendications des lycéens de ces fauteurs de troubles.
04:16Est-ce que vous estimez que les revendications des lycéens sont légitimes ?
04:19Il y a certaines aspirations des lycéens, comme tout le temps, qui sont légitimes.
04:22Par exemple, moi je suis père d'un lycéen.
04:27Les problèmes d'agenda.
04:30C'est vrai que depuis la réforme du lycée, on a parfois des trous de 3 à 4 heures.
04:35Donc ce n'est pas très rationnel.
04:36Ce n'est pas non plus la fin du monde.
04:38Ça ne justifie pas de balancer une poubelle enflammée ou un mortier sur un policier.
04:41Il faut remettre les choses dans le bon sens là aussi.
04:44Parcoursup, moi j'avais écrit des papiers quand j'écrivais dans l'Opinion il y a quelques années,
04:48en disant que ça posait un problème.
04:50L'ancien système n'allait pas, parce que tous ceux qui sont les nostalgiques de l'ancien système
04:53oublient quand même comment ça a dysfonctionné.
04:56Mais Parcoursup, si vous voulez, on a remplacé une gestion humaine chaotique
05:00par une gestion algorithmique qui est anonyme, qui enlève de l'humanité au truc.
05:08Est-ce qu'il faut supprimer Parcoursup ?
05:10Je pense qu'avant de supprimer...
05:11Vous, président, vous supprimez Parcoursup ?
05:13En tout cas, je mettrai en place un autre système,
05:14qui sera un système national de suivi des vocations des gamins.
05:19L'orientation n'est pas bonne.
05:20Elle n'est pas assez développée.
05:22Ça commence là.
05:22Ensuite, Parcoursup, c'est le symptôme algorithmique et froid de la massification du bac.
05:29Donc, il fait qu'on n'arrive plus à gérer quantitativement le nombre de lycéens
05:34qui veulent aller sur des études.
05:35Et puis, c'est cette hypocrisie qui fait qu'on continue de développer des filières
05:40qui ne servent pas à grand-chose, si vous voulez.
05:42Donc, il est évident qu'il faut rétablir un bac qui soit un vrai bac.
05:48C'est-à-dire qu'on met fin au bac blanquer avec plein de spécialités ?
05:52On revient aux trois grandes filières du bac ?
05:55On est plus exigeants ?
05:57Je pense que le plus important, c'est l'intérêt de nos enfants.
05:59Nos enfants, il faut les aguerrir.
06:01Il faut les aimer.
06:02Ça, c'est le problème des parents.
06:03Mais le reste, on n'est pas là pour faire des bisounours et de la niaiserie.
06:05On est dans un monde où il faut s'aguerrir.
06:07Les défis de notre époque, les défis économiques, le défi géopolitique,
06:11le défi du numérique, de l'intelligence artificielle.
06:13Il faut développer, inciter nos enfants à faire des efforts et pas à être paresseux.
06:18Donc, il ne faut pas cautionner l'éloge de la paresse et l'appel à la paresse.
06:23Quand j'entends certains représentants lycéens, j'ai l'impression de voir déjà des vieux syndicalistes.
06:27Je suis dans une tristesse à mourir.
06:29Donc, pour parler clair, il faut qu'il y ait des épreuves, qu'on les apprenne à affronter une échéance.
06:33La vie, ce sont des échéances.
06:34Vous avez eu peut-être un entretien d'embauche, ça se joue en quelques minutes.
06:38Ça veut dire que la sélection, apprendre la sélection, l'assumer...
06:42Ça veut dire que plutôt que de nourrir un algorithme avec des contrôles continus,
06:45il faut une partie de contrôle continu, mais il faut revaloriser l'épreuve et l'examen.
06:50Il faut évidemment revoir tout le système de l'éducation.
06:54Moi, j'ai fait beaucoup de propositions, j'en ferai d'autres.
06:55Je voulais les faire la deux semaines et puis j'ai remporté en raison du mouvement lycéen.
07:00Mais notre système éducatif, elle a bout de souffle.
07:02L'histoire des 3000 professeurs, elle est quand même un révélateur.
07:05Les 3000 professeurs qui, finalement, vont pouvoir rejoindre les épreuves.
07:10On donne raison, finalement, à des casseurs, puisque tout d'un coup, on se rend compte
07:13qu'effectivement, contrairement à ce qu'avait dit le président de la République,
07:16qui, une fois de plus, avait pris un engagement qu'il n'a pas tenu,
07:19s'était engagé à ce qu'il y ait un professeur devant chaque classe.
07:21C'est comme quand il avait dit qu'il fallait qu'il y ait 100% d'exécution des OQTF.
07:25Tout le monde disait, que raconte-t-il ?
07:26Bien évidemment, ça ne s'est pas passé comme ça.
07:28Et tout d'un coup, on se rend compte que dans un pays surendetté, la France,
07:32est surfiscalisé.
07:33On a le record du monde des prélèvements obligatoires.
07:35On a 3000 professeurs qui sont chez eux, qui sont des gens certainement très bien,
07:38payés et qui ne travaillent pas du tout.
07:41Alors, il vous explique que c'est compliqué, parce qu'ils sont à un point A,
07:45que le besoin de prof, c'est à 100 km, qu'ils ne sont pas dans la bonne matière.
07:50Mais bien sûr, mais il confirme ce que je dis depuis longtemps,
07:53c'est que le système hyper centralisé, hyper bureaucratisé,
07:55vous m'avez déjà reçu, vous savez que mon combat porte là-dessus,
07:59ne fonctionne pas.
08:01Est-ce qu'on garde un ministère de l'éducation nationale ?
08:03C'est-à-dire que vous, vous en faites sauter quand même un certain nombre,
08:05vous êtes libéral assumé, vous estimez qu'il y a beaucoup de choses
08:09dont la politique ne doit pas s'occuper.
08:11Je suis un réaliste affiché.
08:12Est-ce qu'on libéralise l'éducation ?
08:14Ah bien sûr.
08:15Ah oui.
08:16Mais comment ?
08:16Alors, d'abord, pourquoi d'autres pays ont un nettement meilleur ratio
08:21de dépenses et d'efficacité ?
08:22Vous pensez à quel pays et comment ça marche ?
08:24Finlande, Suisse, Allemagne, alors qu'Allemagne était derrière nous en éducation.
08:28Pays-Bas, je regarde beaucoup ce qui se passe aux Pays-Bas.
08:31Qui est aussi le savoir, le fait qu'on ait un programme commun ?
08:36S'il vous plaît, je suis pour un programme, un programme commun, ça fait un peu l'espèce.
08:40Oui, mais enfin, c'est un programme commun aux élèves, je dirais.
08:42Je suis pour un tronc commun d'éducation et rétablir un tronc commun d'éducation,
08:46notamment exigeant sur les mathématiques, sur le français, sur la grammaire.
08:49Et je voudrais établir la philosophie dès le plus jeune âge,
08:52parce qu'au XXIe siècle, on a besoin d'apprendre la raison critique.
08:54C'est ce qui va nous permettre de maîtriser l'époque du numérique.
08:57Je pense qu'il faut que, et ça, ça doit être le matin,
08:59il faut que l'après-midi, ce soit ce qu'on appelle les compétences douces,
09:02l'éducation artistique et culturelle.
09:03Que chaque enfant de France, quel que soit le statut de son établissement,
09:07apprenne l'amour et la compréhension des grandes œuvres de l'esprit français,
09:11littéraire, architectural.
09:12On va recréer du sentiment d'unité nationale.
09:14En revanche, ça, c'est le tronc commun pour le reste.
09:19Pourquoi avoir encore, il n'y a pas de DRH,
09:23il y a une direction des ressources humaines,
09:24mais aujourd'hui, personne ne manage les carrières.
09:25Ça veut dire que vous voulez individualiser davantage l'organisation des lycées, des collèges ?
09:30On va mettre autour de ce tronc commun très exigeant,
09:33autour du rétablissement d'épreuves,
09:35notamment aussi d'une évaluation sérieuse pour le passage en sixième,
09:40on va libérer les chefs d'établissement
09:42qui vont vraiment être, qui vont pouvoir commander dans leur établissement,
09:45recruter, gérer les carrières.
09:47Ça changera tout.
09:48La proximité est bien plus efficace.
09:49Est-ce que vous voulez plus d'écoles privées ou moins d'écoles privées ?
09:51Je vais vous répondre aussi.
09:52Je veux libérer le choix des parents.
09:53C'est-à-dire que les parents, aujourd'hui, de sortir de la sectorisation.
09:56Moi, je le vois très bien sur le terrain, partout en France,
09:58et dans ma commune, on a créé au nom de l'égalité...
10:01Oui, mais vous n'avez pas beaucoup de problèmes de mixité sociale ?
10:02Vous plaisantez ou quoi ?
10:03Ce n'est pas ça la question, fondamentalement ?
10:05Vous plaisantez ou quoi ?
10:05Est-ce que ce n'est pas ça, fondamentalement, la question ?
10:07Non, mais bien sûr que c'est la question.
10:07C'est fondamentalement la question.
10:09C'est-à-dire que si vous dites aux parents...
10:09Non, mais je vous en prie, pourquoi dites-vous
10:11que je n'ai pas de problème de mixité sociale ?
10:12C'est quand même le problème où tout est parti de Seine-Saint-Denis.
10:15Et en Seine-Saint-Denis, qu'est-ce qu'ils disent au Collège Paul-Éluard ?
10:17Ils disent, nous n'avons pas les mêmes dotations qu'ailleurs.
10:19Et si vous ne faites pas la sectorisation,
10:22est-ce que vous n'allez pas vous retrouver avec des gens
10:23qui vont choisir où est-ce qu'ils vont ?
10:24Écoutez-moi.
10:25Alors, ils ont raison de dénoncer ce manque de mixité sociale.
10:30En revanche, ils ont tort puisqu'ils veulent amplifier
10:32les mêmes causes qui ont produit les mêmes effets.
10:34Alors, comment est-ce qu'on les fait sauter ?
10:35J'ai dans mes politiques, quartiers politiques de ma ville de Cannes
10:39qui a un taux de pauvreté très élevé
10:40et qui est une ville d'immigration pauvre, Cannes.
10:42Il y a beaucoup plus de pauvreté à Cannes qu'à Paris.
10:44Je suis obligé à chaque fois de démystifier
10:46puisque vu de Paris, on croit que Cannes, c'est un tapis rouge
10:49avec des stars mondiales.
10:50Mais ces stars, elles sont précisément mondiales.
10:52Elles ne sont pas cannoises.
10:53Je ferme la parenthèse.
10:54Donc, ce qu'il faut comprendre, c'est que c'est la sectorisation,
10:58la planification qui a ghettoïsé l'école.
11:00Au nom de l'égalité, on a fait de l'injustice.
11:02Donc, ce qu'il faut, c'est appliquer ce qui s'est fait ailleurs aussi,
11:05y compris dans les États baltes.
11:06Tiens, vous nous demandez des exemples.
11:07C'est-à-dire que mieux informer les parents.
11:10Aujourd'hui, tous ceux qui sont pour la sectorisation
11:12dans le débat politique ne respectent pas la carte scolaire.
11:16Regardez, ils mettent tous leurs gamins dans des établissements
11:18qui sont des établissements privés, etc.
11:19Et ils ont raison d'un point de vue rationnel pour leurs enfants.
11:21Donc, moi, le but, ce n'est pas le statut, ce qui compte.
11:25C'est que les parents puissent choisir...
11:27Alors, ce que je dis est contraintif, c'est pourtant extrêmement pertinent, je crois.
11:31Puissent choisir l'établissement où ils mettront leurs enfants.
11:33Il est liberté de choix des parents.
11:35Que le financement public suive le choix des parents.
11:39Que les professeurs ne soient pas enfoncés dans le statut.
11:42Qu'ils puissent être aussi contractuels.
11:44Qu'ils peuvent avoir des contrats de droit privés.
11:46Et donc, qu'en réalité, on crée de l'émulation.
11:50On crée de la compétition.
11:51On permette aux enfants des milieux modestes.
11:54Notamment des milieux pauvres, immigrés, d'accéder aux meilleures écoles.
11:58On est en train de gâcher des centaines de milliers de gosses.
12:00C'est un scandale.
12:01Donc, il faut évidemment libérer localement l'éducation nationale.
12:06Il faut qu'il y ait un seul ministère pour l'éducation.
12:09Enfin, l'instruction, d'ailleurs.
12:10C'est l'instruction.
12:11L'éducation, c'est avant tout les parents.
12:12Donc, pour l'instruction publique, la recherche scientifique, l'enseignement supérieur, la culture.
12:18Et ça, et là, croyez-moi, on va gagner en efficacité.
12:21Et que le reste, on libère les énergies locales.
12:23Une question encore sur la révolte des lycéens.
12:27Et notamment l'aspect violence.
12:28C'est l'hyper-bureaucratisation.
12:30C'est l'hyper-collectivisme.
12:32C'est l'hyper-centralisation qui sont en train de flinguer nos enfants.
12:35David Lissnard, j'ai encore pas mal de questions à vous poser.
12:37Je voudrais une dernière sur ces questions-là.
12:39Sur les violences, notamment.
12:40Qui doit payer ?
12:41Quand vous entendez Valérie Pécresse qui dit
12:42« Je vais envoyer la facture.
12:44Je vais supprimer les aides de la région pour les familles dont les enfants ont cassées. »
12:47Est-ce que vous êtes pour ?
12:48Il y a un principe de base qui permet à une société d'être apaisée et performante,
12:52prospère, c'est à la fois morale et utilitaire.
12:54C'est la responsabilité individuelle.
12:56On a dilué toutes les responsabilités individuelles.
12:58« J'ai des enfants, lorsqu'ils sont mineurs, je dois les assumer. »
13:02Alors, soit on revoit la...
13:05Donc, les parents doivent assumer et payer.
13:07Soit on revoit l'excuse de minorité,
13:09comme nous le proposons avec Alexandra Martin depuis 5 ans.
13:11Tous ceux qui baliaient ça d'un revers de main
13:13le reprennent aujourd'hui dans leur programme.
13:14J'ai entendu Gabriel Attal et tout.
13:16Tant mieux, il faut gagner la bataille des idées.
13:17Et ces gamins sont responsables de leurs actes.
13:20Donc, on fait comme je fais à Cannes.
13:21On leur fait faire des travaux d'intérêt général.
13:23On les met avec des tenues municipales devant leurs copains.
13:25Ils nettoient et ils réparent.
13:27J'arrive à faire ça.
13:28On l'a déjà fait plusieurs reprises.
13:29On va le faire à nouveau.
13:31Soit ils ne sont pas responsables
13:33et ce sont leurs parents qui doivent assumer.
13:35Quand les parents sont solvables, ils payent.
13:37Quand ils ne sont pas solvables,
13:39on déduit des aides de la société.
13:41La société n'a plus à être masochiste
13:43et à sponsoriser ceux qui détruisent la société.
13:46On n'a pas à subventionner la casse.
13:48Aujourd'hui, on subventionne la casse.
13:49David Lissnard, cette nuit, le FMI a abaissé la perspective de croissance de la France.
13:54Tous les autres pays de l'Union européenne ont vu leur perspective de croissance revue à la hausse,
13:59notamment l'Allemagne.
14:00Nous, c'est l'inverse, à la baisse 0,4%.
14:03Que faire pour sauver la France ?
14:07Vous pourrez me rendre grâce d'avoir dit, il y a un an sur ce plateau,
14:13il y a deux ans sur ce plateau, que ça allait se passer comme cela.
14:15Parce que là, le problème, c'est qu'avec cette perspective de croissance
14:18et avec la dette que l'on a, c'est un cercle vicieux.
14:21Pourquoi n'y a-t-il pas de croissance ?
14:22Il n'y a pas de croissance parce qu'il n'y a pas de stabilité et de prévisibilité
14:26depuis notamment la dissolution incompréhensible du président de la République.
14:31De premièrement et deuxièmement surtout parce qu'on a Bercy, une bercycratie,
14:35dont la seule obsession...
14:36Une bercycratie ?
14:37Bien sûr. L'État profond en France, c'est Bercy.
14:39Et avec des gens très bien formés, mais qui sont tous dans leur couloir.
14:42Donc il y a ceux qui s'occupent des dépenses, ceux qui s'occupent des recettes,
14:45ils se font des notes, je ne sais pas où elles vont.
14:47Comment ça se passe ?
14:48C'est-à-dire que quand ils font un budget, ils croient que c'est un gâteau et un stock.
14:52Donc ils disent, on va rétablir les comptes, donc on va augmenter les prélèvements
14:55sur les entreprises, sur les ménages, sur les collectivités.
14:59Et ils ne savent pas la base de la théorie économique,
15:02c'est-à-dire que l'économie, ce sont des flux.
15:03Pourquoi on est les plus mauvais élèves de l'Union Européenne depuis 10 ans, en réalité ?
15:07Depuis 10 ans. Même quand on allait mieux, ça allait moins vite que chez les autres.
15:11Et quand ça va mal, ça va plus vite que chez les autres.
15:13Pourquoi ? Parce qu'on a le record du monde
15:15des prélèvements obligatoires impôts et charges et de la dépense publique
15:19qui font qu'on augmente le poids sur le moteur de la croissance,
15:23on bride la croissance,
15:25et on prend de plus en plus sur ceux qui créent de la richesse.
15:28Donc ce système est dingue.
15:29Mais sur des exemples...
15:32Un exemple, parce que j'ai encore des questions aussi.
15:34Je sais qu'Edouard Philippe vous a envoyé un mail,
15:35j'aimerais bien savoir ce que vous lui avez répondu.
15:37Mais je n'ai pas encore répondu, mais je vais vous répondre.
15:38Non, mais je l'ai reçu hier.
15:40Attends, pardon.
15:40Il l'a envoyé vendredi, ça me manque un mail ?
15:42Oui, je l'ai reçu hier.
15:43Voilà, je l'ai reçu hier.
15:44Si je l'avais reçu vendredi, je vous dirais que je l'ai reçu vendredi.
15:46Puis j'ai autre chose à faire dans la vie que de me jeter sur les mails d'Edouard Philippe
15:49ou des autres, mais je vais y répondre.
15:51Mais, parce que je suis bien élevé.
15:54Donc, regardez, il y a eu une taxe sur les transports aériens.
15:5890% des gens, très bien, on taxe les transports aériens, on ne s'en fout, on ne voit pas
16:01l'avion.
16:01Qu'est-ce qui s'est passé ?
16:02L'État en attendait 850 millions d'euros.
16:04En réalité, ça a déporté le transport vers les compagnies étrangères, vers les aéroports étrangers.
16:09On a perdu 1,6 milliard d'euros.
16:11En théorie économique, ça appelle la courbe de l'affaire.
16:13Trop d'impôt tue l'impôt.
16:15Et, j'allais dire, trop d'impôt tue le contribuable.
16:17Donc, il faut absolument redonner confiance à ceux qui bossent, à ceux qui créent de la richesse.
16:23Et le projet que je propose, il va rendre, par la baisse des dépenses,
16:27on va rendre 60% des baisses des dépenses de l'État que j'ai sourcées, documentées,
16:31au pouvoir d'achat des Français, et notamment des plus modestes.
16:33C'est un projet de libération du pouvoir d'achat, donc du pouvoir de produire,
16:38au profit des travailleurs les plus modestes, de ceux qui méritent, de ceux qui veulent s'en sortir.
16:42On va tout renverser.
16:43– Édouard Philippe vous a envoyé un mail, à vous et à tous les responsables de la droite et du
16:47centre,
16:47il dit qu'il faut entamer un dialogue dans la première quinzaine de novembre,
16:52c'est-à-dire là, à partir de dans deux semaines, en vue de la présidentielle et des législatives.
16:56– Moi, je dialogue avec tout le monde.
16:57Dans la vie, il faut dialoguer, il faut essayer de ne pas être trop stupide,
17:01de ne pas trop être étroit et borné.
17:03Donc, j'ai toujours dialogué.
17:04Ce que je propose à Édouard Philippe, moi, depuis un an et demi,
17:07c'est que, comme je ne crois pas à la possibilité d'Édouard Philippe de bien diriger le pays,
17:11je ne pense pas que ceux qui ont gouverné et qui ont mené le pays à l'échec
17:15et qui ont fait monter les extrêmes vont être la solution.
17:19Je pense qu'ils sont le problème.
17:21Je pense qu'Édouard Philippe fait partie du problème.
17:23Donc, ce que je propose, c'est de l'affronter.
17:25Mais comme on a une division des voix dites de droite et du centre,
17:30moi, je n'appartiens pas au bloc central.
17:32Je ne reconnais pas cette notion de bloc central.
17:34Et je ne suis pas au RL.
17:35Mais alors, du coup, qui voterait dans cet affrontement ?
17:37Donc, voterait qui veut et se présenterait qui veut à cette primaire.
17:40Une primaire complètement ouverte.
17:41Mais oui, pour éviter la division qui fait perdre,
17:44et il a raison, Édouard Philippe, là-dessus, je ne cesse de le dire.
17:47Et pour éviter aussi la compromission des arrangements entre notables.
17:51Parce que, quel serait le critère ?
17:52On discute et puis on dit, on va derrière toi, pourquoi ?
17:55Parce que tu as fait l'ENA ?
17:56Ah oui, mais moi, je n'ai pas fait l'ENA.
17:58Et pourtant, je vais être président de la République.
17:59Et je crois que c'est plutôt bien que je n'ai pas fait l'ENA pour être président de
18:01la République.
18:01Ça n'a pas l'air d'être son critère, c'est plutôt la dynamique dans les sondages ?
18:04Oui, oui, oui.
18:05Donc, c'est bien, on va voter Édouard Balladur.
18:09Qui, à ce niveau de la compétition, était effectivement plutôt mieux placé que Jacques Chirac.
18:13Non, mais tout ça, c'est...
18:15Mais faisons plus d'élections même.
18:17Après tout, faisons le parcours sup de désigner le président de la République.
18:23J'ai bien compris que pour l'instant, en tout cas...
18:24Mais vous voyez, je ne veux pas d'arrangement notable.
18:27Je ne suis pas...
18:27Je ne veux pas de ça.
18:29J'ai un projet que je crois différent de celui de tous les autres,
18:32qui repose sur la liberté, sur la propriété privée, sur l'émancipation,
18:36qui n'est pas celui des technocrates qui nous gouvernent depuis des décennies.
18:39Merci David Lissnard.
18:40Je précise qu'on a commencé un peu en retard.
18:42Vous n'êtes pas du matin ?
18:44Si, je suis très du matin.
18:44C'est la deuxième fois que vous me faites le coup.
18:46Mais c'est parce que je...
18:46On va préciser les choses.
18:47Une fois, je me souviens très bien, vous aviez cinq minutes de retard.
18:50C'était il y a deux, trois ans.
18:51La première fois que je vous ai reçus à huit heures et demie.
18:52Vous étiez arrivé en courant dans le studio.
18:54Et là, ce matin, deux minutes avant, tout d'un coup, hop, donc on a eu lieu décalé à 31.
18:58Est-ce qu'il ne faut pas être du matin pour présider la France ?
19:00D'abord, je suis du matin, de la nuit, de la nuit.
19:01C'est parce qu'en fait, il faut se faire désirer dans la vie.
19:03Ah, ça doit être ça.
19:04Ensuite, parce que, non, non, en plus, je suivais la rentrée dans...
19:07Je ne voulais pas arriver ici et être...
19:09Voilà, donc je suis un maniaque des choses et pardonnez-moi.
19:13Non, non, mais ce n'est pas grave.
19:15C'est juste que je me pose...
19:16Ça n'aurait été qu'une fois, mais il se trouve que c'est la deuxième fois que vous me
19:19faites le coup.
19:19Ensuite, vous demandez si vous bossez avec moi et ça va me...
19:21Aux Etats-Unis, on parle du 2 o'clock wake-up call.
19:25C'est-à-dire, pour être président, il faut être capable à tout moment de répondre à ce fameux coup
19:30de fil de 2 heures du masque.
19:31Eh bien, c'est ce que je fais.
19:32Et c'est pour ça que si je n'avais pas répondu à ce coup de fil de 2 heures
19:34du matin, celui de 4 heures du matin, celui de 5 heures du matin,
19:37si je n'avais pas été en contact ce matin avec toutes mes équipes sur le terrain,
19:40notamment avec les policiers municipaux, les équipes du nettoiement qui sont présentes,
19:43parce qu'on débarrasse tout de suite les dégâts des manifestations...
19:46C'était votre dernier coup du carrosse, semble-t-il, David Lissnard.
19:48Non, mais il faut...
19:49Mais vous savez que sur RMC, on se dit tout, sur RMC, BFM TV, donc voilà.
19:53Et puis, vous savez...
19:55Vous serez à l'heure la prochaine fois ?
19:56Je suis à bloc.
19:57Est-ce que je pourrais oser vous réinviter et vous serez à l'heure ?
19:59Et vous verrez qu'encore plus, il se passe quelque chose.

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