00:008h46, c'est l'invité d'ici matin, Noémie Philippot.
00:02Avec notre invité, nous parlons de la mobilisation des lycéens du point de vue des parents.
00:06Est-ce qu'ils comprennent la colère des élèves ?
00:08Quelles sont leurs inquiétudes ?
00:10Pour en parler, on reçoit ce matin la présidente dans l'Académie de Grenoble de la PEP,
00:14l'association des parents d'élèves.
00:15Bonjour, c'est Louis Messina.
00:16Bonjour, merci de nous recevoir.
00:18Ce matin, est-ce que vous êtes inquiète alors que la mobilisation reprend pour un acte 5 ?
00:24On est inquiète par rapport aux violences qu'il y a des deux parties.
00:29On est inquiète pour les enfants qui prennent du retard puisqu'on a des blocus qui reprennent, qui s'arrêtent,
00:36on a des fermetures, des ouvertures de lycées.
00:38Donc les parents sont très inquiets pour la sécurité de leurs élèves, mais aussi pour l'apprentissage qui continue.
00:44Vous par exemple, une de vos enfants est au collège, mais son établissement se trouve entre deux lycées.
00:50Vous m'expliquiez ça, donc forcément, elle a vu ses tensions en allant en cours.
00:56Ça fait partie de son quotidien aussi.
00:57Nous, on a mené une chaîne solidaire entre parents pour être là, présents aux entrées et aux sorties,
01:02pour une flash info sur WhatsApp qui rassurait les parents pour leur dire que tout se passait bien et pour
01:10faire rentrer les élèves.
01:11Donc vous vous êtes organisé pour être présent, pour accompagner les enfants ?
01:14Oui.
01:15Vous parliez aussi d'inquiétude par rapport au parcours scolaire.
01:18Ça dure depuis maintenant plus de deux semaines, cette mobilisation.
01:22Ça fait presque trois semaines en tout de cours perturbés.
01:25Qu'est-ce que vous disent les adhérents de l'association de parents d'élèves ?
01:29Comment ça se passe pour leurs enfants ?
01:31Alors, il y a du distanciel qui est mis en place, mais du distanciel sur Pronote.
01:35Il n'y a pas forcément de visio.
01:37Tout dépend de ce qui est mis en place par les lycées pour les élèves.
01:41Et tout le monde n'a pas les équipements appropriés pour suivre le distanciel.
01:47Donc les parents sont très inquiets.
01:49Ils savent pertinemment que c'est les élèves qui vont payer les pots cassés à la fin, ceux qui ont
01:52des examens.
01:53Parce que c'est très variable d'un établissement à l'autre, c'est ça.
01:56Et puis selon aussi les façons de suivre de chaque enfant finalement.
02:01Exactement.
02:02Comment ça se passe concrètement ?
02:04Ça veut dire que c'est à chacun de se connecter ?
02:06C'est un petit peu selon la bonne volonté des élèves quand le distanciel est mis en place ?
02:10Alors c'est surtout déjà sur les mises en place faites par chaque lycée.
02:14C'est différent sur chaque lycée.
02:17Il y en a qui se connectent directement sur Pronote, qui ont du travail à faire.
02:19Mais l'élève n'a pas forcément son professeur pour lui poser des questions et pour pouvoir lui répondre.
02:25Comment en tant que parent vous accompagnez vos enfants sur ce point de la scolarité pendant cette période de cours
02:34perturbés ?
02:35Les parents accompagnent au mieux.
02:37Il y a des parents qui se posent la question à savoir s'il va falloir après donner des cours
02:40particuliers à leurs enfants.
02:41Donc c'est encore eux qui vont mettre la main à la poche pour pallier au retard qui sera pris
02:46durant les grèves.
02:48Si les cours sont perturbés, c'est qu'il y a les blocages certes, mais des établissements qui ont été
02:52fermés ces derniers jours.
02:55A Echirol par exemple, il y a eu une intrusion la semaine dernière pendant le blocage.
02:59Une enseignante nous a dit son inquiétude également.
03:03Est-ce que là, alors que ça repart, il aurait fallu fermer d'office certains lycées malgré les difficultés pour
03:09les cours ?
03:10Alors ce que je peux vous dire, c'est que le lycée Marie Curie, qui a ouvert hier, est fermé
03:14aujourd'hui, dû à la sécurité justement.
03:16Cette fois, du point de vue des heurts et des violences qui ont pu éclater ?
03:20Certainement craindre ce qui peut arriver.
03:22On sait qu'il y a des étudiants, mais on sait qu'il y en a d'autres qui se
03:24mêlent aux manifestants, aux étudiants, pour aller faire de la casse.
03:30Donc nous, on est contre toute violence, quelle qu'elle soit.
03:36Manifesté, ça fait des années qu'on fait remonter leurs revendications.
03:39Ce qu'ils disent, on est avec eux.
03:40Donc vous le comprenez ce mouvement ?
03:41On est avec eux.
03:43Maintenant, je pense qu'il est temps qu'ils reprennent le chemin du lycée, puisqu'on les a entendus.
03:48C'est à nous maintenant de prendre le relais et d'aller parler aux différents ministères.
03:51Vous considérez qu'ils ont été entendus, ces jeunes, vous le disiez, parce que ce n'est pas leur sentiment.
03:55On entendait encore des reportages ce matin.
03:56Alors, le sentiment qu'ils ont, ce n'est pas d'être entendus.
04:01On leur a ouvert une plateforme Agora.
04:04On sait que sur Grenoble, d'ailleurs, M. Dubelko a dû vous le dire.
04:07Le recteur de l'académie.
04:08On a déjà plus de 2500 postes.
04:10On sait qu'il y a des élèves qui ne vont pas sur cette plateforme,
04:13puisqu'ils ont l'impression justement de ne pas être entendus.
04:16Mais on sait qu'il y a des échéances politiques qui font qu'il y a des choses qui ne
04:21seront pas forcément mises en place tout de suite.
04:23Donc, pour vous, aujourd'hui, il est temps que les associations de parents d'élèves,
04:28que les représentants d'enseignants aussi prennent le relais, c'est ça, pour porter ces revendications ?
04:33Maintenant, c'est notre relais à nous de prendre, c'est à nous de le faire.
04:36Merci beaucoup, Sylvie Messina, d'être venue parler de cette mobilisation des jeunes et des lycéens en Isère.
04:41Je rappelle que vous êtes présidente dans l'académie de Grenoble de la PEP, l'association de parents d'élèves.
04:46Bonne journée.
04:47Merci à vous, bonne journée.