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  • il y a 15 heures
Dette : «Les efforts qu'on ne fait pas aujourd'hui, ce sont des impôts pour demain», rappelle Michel Barnier

Michel Barnier, ancien premier ministre et député LR de Paris, répond aux questions de Laurence Ferrari.

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Transcription
00:00La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
00:06Et notre invité ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Michel Barnier.
00:10Bonjour à vous.
00:11Bonjour, Laurence Ferrari.
00:12ancien Premier ministre, député à l'air de Paris.
00:14On va parler des lycéens.
00:15Le mouvement va repartir dès ce matin.
00:17Demain, journée nationale d'appel à manifester.
00:2117 octobre également, le préfet de police de Paris, Patrick Fort, se dit très inquiet
00:25de la présence de nombreux black box de tirs de mortiers contre les forces de l'ordre.
00:29Qu'est-ce que vous dites ce matin à ceux qui cassent ?
00:31Ça suffit, Michel Barnier ?
00:33Vous dites que le mouvement va repartir.
00:36Est-ce que c'est le mouvement qui va repartir avec ces violences instrumentalisées par l'extrême-gauche,
00:41par LFI, qui cherchent à tester ses propres réseaux, qui cherchent à tester les forces de police,
00:46qui cherchent à tester aussi sa capacité de créer dans le pays une atmosphère insurrectionnelle ?
00:57Je suis député depuis un an, député de Paris, du centre de Paris.
01:01Et je retrouve une assemblée que j'ai connue il y a quelques années,
01:04où il y a, à bien des moments, en raison de l'attitude de l'extrême-gauche,
01:09une attitude, une atmosphère pré-insurrectionnelle.
01:12Donc, est-ce que c'est le mouvement qui va repartir avec le dialogue ?
01:15Est-ce que c'est le dialogue qui repart ?
01:16Je le souhaite, parce qu'il y a de vraies préoccupations chez les jeunes.
01:19Il y a une angoisse sur l'avenir qui n'existait pas en 68.
01:22Par exemple, il y a des questions sur Parcoursup, il y a des problèmes de professeurs qui manquent,
01:27il y a des locaux que les régions pourtant subventionnent et modernisent.
01:32Mais là, vous dites qu'il faut stopper la violence avant de négocier quoi que ce soit ?
01:35Non, je dis qu'il faut, bien sûr qu'il faut stopper la violence.
01:38Et la violence, quand elle est là, il faut la stopper et il faut que les casseurs payent.
01:41Il faut que ceux qui cassent, qui bousculent ou qui violentent des professeurs ou des policiers
01:47payent et soient sanctionnés, que la justice doit passer très vite et sans faiblesse.
01:54Mais après, il faut que le dialogue reprenne.
01:55Il faut que les vraies préoccupations des jeunes, pas seulement dans les villes, en province,
01:59mais aussi dans les campagnes où il y a d'autres préoccupations,
02:02d'autres raisons parfois de désespoir ou de colère.
02:08La justice, Michel Barnier, un tout petit mot sur la réponse pénale.
02:10eu 6800 interpellations.
02:12Vous savez combien de personnes ont été placées en détention provisoire ?
02:1521.
02:16C'est ça la réponse pénale ?
02:17Ce n'est pas la première fois qu'on constate que des jeunes qui sont relâchés
02:22ont grand désespoir.
02:23Ce sont des mineurs, 86% de mineurs qui ont été interpellés.
02:25Je ne vais pas commenter ça.
02:26Je pense qu'il faut que la justice paye, que les gens soient sanctionnés,
02:29que les peines courtes soient rétablies et qu'elles soient rapides.
02:32Voilà ce que je pense.
02:33Et que ceux qui payent, ceux qui cassent payent,
02:36ou leur famille paye ce qu'ils ont cassé.
02:38La plupart sont insolvables.
02:39Maintenant, il faut trouver.
02:41Les familles ne le sont pas forcément.
02:42Il faut qu'on trouve le moyen de dialoguer plus régulièrement
02:46sans être obligés d'aller vers ces violences.
02:49Vous comprenez le ras-le-bol des forces de l'ordre.
02:51Plus de 700, 800 blessés parmi les policiers.
02:54Évidemment, je comprends le ras-le-bol des forces de l'ordre.
02:56Ils sont pointés du doigt.
02:57Manque d'empathie, aurait dit le Président.
02:58Et puis, ils ont nos ras-le-bol de l'impunité aussi.
03:00Donc, c'est aussi le problème que nous soulevons avec Bruno Rotaillot,
03:03qui a commencé à agir quand il était le ministre de l'Intérieur dans le gouvernement que je dirigeais,
03:08et qui doit pouvoir continuer.
03:10Vous avez été Premier ministre.
03:11Comment soutenir les policiers ?
03:13En disant très clairement que tous ceux qui portent la main sur la policier vont en prison.
03:19C'est aussi simple que ça.
03:21Et leur affirmer en permanence notre soutien, comme nous le faisons à l'Assemblée nationale.
03:25Ce sont des moments, d'ailleurs, à l'Assemblée nationale,
03:27où nous parlons du soutien aux policiers, des moyens qu'on doit leur donner.
03:32L'autre jour, j'ai présenté avec un jeune député, Charles Rotoel,
03:35à une proposition de loi dite Philippine,
03:37qui a été adoptée, finalement, qu'avait porté en son temps Olivier Marlex.
03:41J'ai porté ce texte, j'ai vu dans le débat à l'Assemblée nationale,
03:44cette atmosphère pré-insurrectionnelle,
03:46cette violence, cette intolérance, cette haine,
03:50cette violence des mots qui, d'ailleurs, souvent entraîne la violence des actes.
03:53Vous avez évoqué la réponse à apporter aux revendications légitimes,
03:58dites-vous, des lycéens.
03:59Est-ce que celle du gouvernement est à la hauteur ?
04:01On parle de 3000 profs remplaçants sans affectation
04:03qui vont être déployés dès aujourd'hui.
04:05Je vous demande pourquoi ils ne l'ont pas fait avant.
04:07C'est mieux que rien.
04:08C'est très bien que M. Geoffrey, qui est d'ailleurs un homme que je respecte,
04:11ait trouvé ces 3000 postes.
04:12Est-ce qu'on n'aurait pas pu les trouver plus tôt ?
04:14Ça, ça pose un autre problème, Laurence Ferri,
04:16qui est celui de cette centralisation généralisée dans ce pays
04:19où on doit faire des violences, faire tout, remonter vers Paris.
04:23Ça suffit, il va falloir qu'on donne un coup d'oxygène et de respiration dans ce pays
04:28en décentralisant, notamment en matière d'éducation nationale.
04:30C'est-à-dire que vous comprenez les violences, Michel Barnier ?
04:32Non, je ne les comprends pas.
04:33C'est-à-dire que c'est le seul moyen de se faire entendre aujourd'hui ?
04:35Non, je regrette.
04:37On sait très bien qu'elles sont instrumentalisées.
04:38Et les jeunes, d'ailleurs, la plupart d'entre eux,
04:41si on engage un vrai dialogue, comme c'est le cas aujourd'hui,
04:43sur ces questions de professeurs, de locaux, avec les régions,
04:46il faut donner un coup de chapeau aux régions.
04:49Regardez ce que fait Valérie Pécresse avec la région Île-de-France.
04:52Il faudrait d'ailleurs que la ville de Paris l'accompagne plutôt que de la bloquer.
04:56Ce sont des efforts considérables que l'État serait incapable de faire.
05:00Les départements qui gèrent des collèges font des travaux, parfois de très beaux collèges.
05:05L'État serait incapable de le faire.
05:07Donc, il faut donner un coup de chapeau aux collectivités locales.
05:09Il faut décentraliser.
05:11Parcours, on supprime, on modifie.
05:14Jean-Luc Mélenchon parle de l'école du vice, Michel Barnier.
05:16Oui, mais M. Mélenchon a l'habitude d'utiliser des mots violents pour exacerber les tensions.
05:24Et ce n'est pas ce qu'il faut faire dans notre pays.
05:26En ce moment, il y a suffisamment de tensions.
05:28Il faut évaluer Parcoursup, objectivement, et puis réformer ou changer.
05:33Mais on a besoin d'un système.
05:34Mais pas le supprimer.
05:35Pas le supprimer, et aussi réfléchir au fait d'orienter un peu mieux les jeunes vers des filières,
05:41notamment professionnelles, des métiers qui ne soient pas tous intellectuels,
05:46mais qui soient des métiers manuels, où il y a de l'avenir et du travail.
05:49Et du travail.
05:50Vous avez parlé de Jean-Luc Mélenchon, de la France insoumise.
05:52Est-ce que vous estimez que ce mouvement politique instrumentalise ce qui se passe aujourd'hui ?
05:56On a vu la présence de nombreux élus sains de leur écharpe tricolore devant les blocus délités dans les manifestations.
06:02Je vous l'ai dit, je peux le répéter autrement.
06:03Je pense que la France insoumise, dans la lignée de son attitude à l'Assemblée nationale,
06:08qui est très violente, faite de haine, d'intolérance généralisée,
06:12les faits ne comptent plus, le raisonnement ne compte plus.
06:15Il n'y a jamais de nuance.
06:16C'est ça qui est insupportable.
06:18Dans cet esprit-là, on voit bien qu'ils instrumentalisent, mais il faut faire attention.
06:21Il faut faire attention à la France insoumise en particulier.
06:23Est-ce que c'est la leçon que vous tirez du résultat de la primaire de la Social-Démocrate d
06:27'hier,
06:28où Raphaël Glucksmann a été élu largement ?
06:30C'est dire non à une éventuelle alliance à Jean-Luc Mélenchon ?
06:33Oui, on voit bien qu'il y a un mouvement de ce côté-là.
06:34C'est une primaire qui s'est bien déroulée.
06:35Il faut leur donner acte.
06:37Ça prouve qu'une primaire peut marcher, d'ailleurs.
06:39Ça peut être utile pour d'autres.
06:40Ça porte de l'eau à votre moulin.
06:41Oui, et Raphaël Glucksmann a clairement gagné, avec le soutien de M. Guetsch.
06:46D'ailleurs, ça fait 72% de ceux qui ont voté, qui refusent l'alliance avec la France insoumise.
06:51J'espère qu'ils auront la force d'aller jusqu'au bout.
06:54Vous y croyez ?
06:55Et de ne pas céder.
06:56J'espère qu'ils ne céderont pas aux tentations, aux menaces, aux chantage de la France insoumise.
07:03Ça n'a pas toujours été le cas de la part du Parti Socialiste.
07:05Je le vois à l'Assemblée Nationale.
07:06Je l'ai vu, on l'a vu au municipal, où dans beaucoup de communes, ils ont cédé.
07:10Je l'ai vu au moment de la censure qui a fait tomber mon gouvernement.
07:13Le PS est souvent soumis à la France insoumise.
07:15Et maintenant, s'ils se sont libèrent, tant mieux.
07:17Il y a une autre leçon que je tire plus générale, c'est que c'est la fin du en
07:21même temps.
07:22On retrouve ce clivage gauche-droite, que M. Macron a voulu supprimer depuis dix ans patiemment, méthodiquement,
07:29et qui a donné ce pouvoir incroyable aux extrêmes, de la droite et de la gauche.
07:34Il faut retrouver un clivage gauche-droite, avec une gauche sociale-démocrate.
07:37Elle est en train de se reconstituer.
07:39Et une droite républicaine, c'est ce que nous faisons avec Bruno Rotaillot.
07:42Et ça met un terme, selon vous, aux espoirs de François Hollande d'éventuellement revenir...
07:47Oui, je ne vais pas faire du commentaire là-dessus.
07:49Je pense que c'est au Parti Socialiste de décider ce qu'il veut faire.
07:52En tout cas, il a son candidat...
07:54Qui n'est pas socialiste.
07:56Enfin, qui est le candidat du Parti Socialiste.
07:58La primaire, donc, de la droite et du centre.
08:00Vous dites, il faut la remettre sur le tapis.
08:01Regardez, ça marche à gauche, c'est le socialiste.
08:04Il faut la remettre sur le tapis.
08:05Il faut l'unité.
08:06Nous avons...
08:07Les Français attendent.
08:08Qu'est-ce qu'ils nous disent aux municipales ?
08:10Qu'est-ce qu'ils disent sur le terrain ?
08:11J'étais encore à Clermont-Ferrand avec les agriculteurs vendredi.
08:14Toutes les semaines, je vais écouter les gens, y compris naturellement dans les arrondissements
08:18qui m'ont choisi comme député.
08:20Ils nous disent, entendez-vous là-haut et réglez nos problèmes.
08:24Entendez-vous comme on s'entend dans des municipalités, dans des départements,
08:27entre les gens de la droite et du centre.
08:29Donc, il faut qu'on s'entende.
08:31Et personne n'est capable de s'entendre.
08:32Nous verrons bien, on va nous en donner encore quelques semaines,
08:35de décantation, de débat.
08:36Et c'est aussi dans cette période que je soutiens sans ambiguïté
08:39et de manière très déterminée Bruno Rotaillot.
08:41Mais quitte à lui dire, le moment venu,
08:44rallie-toi plutôt au panache de tel ou tel candidat,
08:46s'il est mieux placé que toi.
08:47Oui, dire à tel ou tel candidat, ralliez-vous au panache de Bruno Rotaillot.
08:51Et alors, il ne faudrait pas qu'il fasse déjà un ticket avec David Lissnard, Bruno Rotaillot, pour commencer ?
08:54Écoutez, David Lissnard est quelqu'un qui a une voix singulière,
08:56que je respecte, et qui porte des idées qui sont très proches de celles de Bruno Rotaillot
09:01sur le plan de l'économie, de la liberté, du desserrement de cette contrainte bureaucratique et réglementaire.
09:08Et je souhaite très sincèrement que, sur la base de ces idées, ils puissent se rejoindre.
09:11On va parler des problèmes de fonds de la France, les problèmes économiques et financiers.
09:15Vous dites d'ailleurs que la première politique pour la jeunesse, c'est de ne pas augmenter la dette.
09:18C'est ça la clé, en réalité, Michel Barnier ?
09:20Évidemment.
09:21J'ai dit, quand j'étais Premier ministre, je dis aujourd'hui la même manière,
09:24avec la même force, et un peu plus de force, parce que la situation s'est beaucoup dégradée.
09:29On parle des jeunes, mais la principale faute immorale que l'on fait actuellement,
09:35nos générations, c'est de faire porter une dette toujours plus lourde sur la tête ou les épaules des jeunes,
09:40de tirer des chèques sans provision.
09:42Et les efforts qu'on ne fait pas aujourd'hui, ce sont des sacrifices pour demain,
09:45ce sont des impôts pour demain.
09:47Il y a un ancien Premier ministre plutôt de gauche que je respectais beaucoup,
09:52Pierre Madès France, il y a très longtemps, qui avait cette très belle phrase,
09:54ne jamais sacrifier l'avenir au présent.
09:57On est en train de sacrifier l'avenir et de faire porter le poids de notre irresponsabilité sur les jeunes.
10:02Ce n'est pas possible.
10:03Donc c'est pour ça que je voulais distribuer, diminuer d'un point le déficit il y a deux ans.
10:07À l'époque, oui.
10:07Et nous sommes exactement aujourd'hui, deux ans plus tard...
10:09Et vous êtes tombé pour ça, Michel.
10:10Oui, je suis tombé, enfin pour d'autres raisons.
10:12Madame Le Pen, avec son cynisme habituel, le Parti Socialiste avec son irresponsabilité à l'époque,
10:19je suis tombé à cause de cette...
10:21Comment dire ?
10:22Le fait que les grands partis politiques que j'avais en face de moi,
10:25les gens de l'opposition, n'ont pas été à la hauteur de la situation.
10:28Cette situation est insupportable et elle nous affaiblit à l'interdiction,
10:32puisqu'elle fait porter le poids sur nos enfants et nous affaiblit à l'extérieur.
10:35Je peux bien vous le dire, parce que vous savez que je suis patriote en plus d'être européen.
10:40Je dis bien en plus, à la place d'être européen aussi très ardemment
10:45quand on regarde la situation internationale.
10:48Le fait qu'on ne sache pas régler nos problèmes à l'intérieur du pays,
10:51qu'on ne sache pas mettre de l'ordre chez nous, de l'ordre dans les rues,
10:53aux frontières, dans la rue, dans les comptes,
10:56ça fait que nous sommes faibles à l'extérieur, notre influence diminue.
10:59Michel Bernier, vous avez envoyé une lettre à Sébastien Lecornu.
11:02Qu'est-ce que vous lui dites dedans ?
11:04Est-ce que vous lui donnez le manuel pour ne pas tomber en tant que Premier ministre
11:07ou au contraire vous lui dites, attention, les choix qui seront faits là sont déterminants ?
11:11Je souhaite qu'il y ait un budget pour la France,
11:13parce qu'ajouter une instabilité politique supplémentaire au désordre actuel du pays,
11:18ce serait très grave.
11:18Et les entreprises, les petites et moyennes entreprises,
11:21les consommateurs, les citoyens attendent un peu de visibilité, de stabilité.
11:25Je lui dis d'être courageux.
11:27Je lui dis parfois qu'il faut savoir préférer une censure à un budget
11:30où on laisserait filer les déficits et les dépenses.
11:33Il faut être courageux, à condition de démontrer que les mesures que l'on prend
11:39soient justes et bien équilibrées.
11:41J'ai beaucoup regretté l'abandon de la réforme des retraites,
11:44parce que c'était aussi reporté pour plus tard les décisions.
11:47Il faut arrêter ça.
11:48Il faut être courageux, indiquer un cap.
11:51Et j'ai dit au Premier ministre qu'il me trouvera à ses côtés
11:53pour prendre des mesures courageuses,
11:55à condition de ne pas laisser filer les...
11:57Mais vous le dites, qu'il vaut mieux que même aller vers la censure
12:01plutôt que de céder ?
12:02Il faut savoir prendre ce risque.
12:04Maintenant, on peut trouver d'autres méthodes, des ordonnances,
12:06ou le 49-3.
12:07Et puis, il faudrait que chacun prenne ses responsabilités.
12:09Mais le gouvernement doit prendre les siennes.
12:11Mais la crise financière qui découlerait d'une censure
12:13et d'une éventuelle chute du gouvernement,
12:15elle serait majeure, Michel.
12:16C'est ce que je viens de vous dire.
12:16Je souhaite qu'il y ait un gouvernement
12:18qui soit capable de trouver un chemin
12:20et qu'il y ait un budget pour la France
12:22pour ne pas rajouter de l'instabilité à ce désordre.
12:25Nous sommes en pré-crise financière actuellement.
12:28Quand vous regardez ce qu'on appelle...
12:29Ça veut dire quoi, une pré-crise financière ?
12:31Ça veut dire que les marchés...
12:31Ça veut dire que demain, quoi, on ne pourrait plus emprunter ?
12:33Ça veut dire que les marchés financiers qui nous prêtent
12:34pourraient cesser de nous prêter.
12:36On nous prête déjà à un taux
12:38qui est de plus en plus éloigné de celui de l'Allemagne,
12:40qui est supérieur à ceux de l'Italie ou de la Grèce.
12:43Si vous regardez un autre indicateur,
12:45qui est celui du prix des assurances
12:46que nous payons pour nos dettes publiques,
12:48on est au niveau du Maroc ou des Philippines aujourd'hui.
12:50Donc, ça prouve que la confiance est de moins en moins là
12:53à l'égard de la France.
12:54Et comment la confiance reviendra
12:56si on est capable de mettre de l'ordre,
12:58de faire des réformes, de réduire notre déficit ?
13:00Et ça, c'est l'intérêt général du pays.
13:01Il faut dire la vérité.
13:02Il faut que les hommes politiques
13:04et les femmes politiques aussi dans ce pays
13:07affrontent la réalité.
13:08C'est ça que je trouve un peu hors-sol aujourd'hui
13:11dans le débat présidentiel.
13:11C'est qu'on a l'impression qu'on est au-dessus de la réalité.
13:15Non, on est pile-poil, si je puis dire, en face du mur.
13:18Est-ce qu'il y a le spectre, Michel Barnier,
13:20d'une mise sous tutelle de la France ?
13:21Jean-Luc Mélenchon, hier à Clermont-Ferrand,
13:23dit « Nous ne sortons pas de l'œuf,
13:24nous savons nous battre,
13:26nous n'accepterons pas cette mise sous tutelle ».
13:28Bien sûr, mais le meilleur moyen
13:29de ne pas accepter cette mise sous tutelle,
13:31c'est de faire des réformes dont le pays a besoin
13:33et de réduire notre dette.
13:35Voilà, c'est la seule manière.
13:37En faisant des sacrifices ?
13:38En faisant des efforts, des efforts pour éviter des sacrifices plus tard.
13:42De faire des efforts aujourd'hui, des efforts qui soient justement répartis.
13:45Et des efforts aussi qui nous permettent de rester influents
13:48et présents dans le jeu européen.
13:49Ce que j'observe, c'est que, aussi bien Mme Le Pen,
13:51dont on n'a pas beaucoup parlé,
13:53et que M. Mélenchon sont des anti-européens.
13:56Ils veulent détruire...
13:57Aucun ne veut sortir de l'Europe, hein ?
13:59Aucun ne dit qu'il veut sortir de l'Europe publiquement,
14:01mais ils ont les mêmes intentions de détruire le projet européen.
14:04Quand Mme Le Pen propose de réduire de 50% le budget français à l'Europe,
14:09c'est du Frexit.
14:10Elle n'ose pas dire les choses,
14:12parce qu'elle sait que ça peut lui porter des torts dans l'opinion publique.
14:16Mais elle a exactement la même position
14:17que lorsque les Anglais sont sortis de l'Union Européenne,
14:20il y a 10 ans maintenant...
14:21Et on voit le résultat du Brexit.
14:22On voit le résultat aujourd'hui,
14:23où les Anglais regrettent leur vote.
14:25Mme Le Pen, elle ment ou elle ne dit pas la vérité sur ses intentions.
14:28Elle veut sortir de l'Union Européenne.
14:30Vous avez étudié son contre-budget à Marine Le Pen du RN.
14:35Est-ce que vous le trouvez cohérent ?
14:38Non, je viens de vous le dire.
14:39À propos d'un exemple qui est peut-être...
14:41140 milliards d'euros d'économie.
14:43Oui, on sait bien que ce n'est pas vrai.
14:44Règle d'or, déficit sous les 3% en 2013.
14:46Oui, elle n'est pas la première à évoquer cette règle d'or.
14:49Elle aurait mieux fait de voter le budget que je proposais
14:51plutôt que de me faire tomber,
14:52parce que ça serait une preuve qu'elle était prête à faire des efforts.
14:56Et notamment, comme la règle d'or l'exigerait.
14:58La règle d'or, ça consiste à dire dans la Constitution,
15:00ou de manière solennelle, qu'on ne dépassera pas 3% de déficit.
15:03On est à près de 6% aujourd'hui.
15:05Et Mme Le Pen est responsable en partie de ce résultat.
15:09Non, je ne trouve pas ce budget sérieux.
15:10Il est plein de démagogie.
15:12Et le plus grave, c'est cette sortie déguisée de l'Union Européenne
15:16que Mme Le Pen propose.
15:17Quand vous voyez M. Trump,
15:18qui nous agresse en permanence et qui dit n'importe quoi,
15:21notamment on le voit sur l'Ukraine,
15:22quand vous voyez les Chinois qui détruisent méthodiquement
15:25les pans entiers de notre industrie
15:26à coup d'exportations subventionnées.
15:28Quand vous voyez M. Poutine
15:30qui agresse un pays européen,
15:32vous vous dites, comment on se défend ?
15:34Comment on défend l'intérêt national ?
15:36Puisque c'est ça notre mission,
15:37défendre l'intérêt national de la France.
15:39Et ça passe par le fait, sur certains sujets,
15:41d'être ensemble en tant qu'Européens.
15:43Sinon, on est foutus.
15:44Sinon, on est définitivement dépendant
15:46de la Chine ou des Etats-Unis.
15:48Michel Barnier, il y a aussi la crise des carburants.
15:51Aujourd'hui, les grands groupes,
15:52les distributeurs de carburants
15:54sont reçus à Matignon
15:55pour discuter des modalités de la baisse des prix du gasoil.
15:57C'est une bonne idée d'avoir libéré des stocks stratégiques
16:00pour faire baisser la tension ?
16:01C'est une idée un peu la dernière chance.
16:05Je pense qu'on n'a pas toujours intérêt
16:07à baisser la garde, si je puis dire,
16:10en diminuant des stocks stratégiques
16:11puisqu'ils sont précisément des stocks stratégiques.
16:13Il faudra les reconstituer.
16:14Il faudra l'effet que ça fait.
16:16Et dans combien de temps ?
16:17On a proposé, pour nous retrouver,
16:19une autre mesure sur les certificats
16:21qu'on pourrait supprimer
16:21pour alléger le coût de l'énergie
16:24et le coût de l'essence en particulier.
16:26Mais vous demandez, par exemple,
16:27à TotalEnergie,
16:28à tous ceux qui distribuent le carburant
16:30de jouer le jeu,
16:30de répercuter ces prix à la pompe très vite ?
16:33Je ne suis pas leur porte-parole.
16:34Loin de là,
16:34on a déjà pris des mesures de plafonnement.
16:37Mais ce sont des mesures, encore une fois,
16:38qui sont des véritables chèques en blanc
16:39ou pas, pour vous ?
16:40Non, dans l'occurrence,
16:42il faudra que quelqu'un paye.
16:43Il faudra que l'État paye,
16:43donc fasse des économies par ailleurs.
16:45D'accord.
16:46La situation politique est instable,
16:48on l'a dit.
16:48Situation économique assez sombre.
16:51Qu'est-ce qui peut se passer de pire,
16:52dans les mois qui arrivent,
16:54Michel Barnier, pour nous ?
16:55Le pire, c'est que le pays
16:57continue à être dans le désordre,
17:00que les gens ne voient pas le cap,
17:01soient désespérés.
17:04Comme je l'entends souvent,
17:05les gens ne croient plus à la politique.
17:06Ils se disent,
17:06à quoi ça sert la politique ?
17:07Moi, je pense que ça sert à quelque chose.
17:09Je pense que si on dit la vérité,
17:10si on montre du respect à l'égard des gens,
17:12et qu'on est respectable soi-même,
17:14qu'on indique un cap clair,
17:16la France vaut la peine
17:17qu'on se batte pour elle.
17:19Un autre jour,
17:19je regardais un reportage
17:20sur une chaîne de télévision
17:22où on montrait
17:23la sortie du film De Gaulle.
17:25Un jeune de 18 ans
17:27qui disait,
17:27j'ai compris pourquoi
17:29je devais être fier de mon pays,
17:31fier de la France.
17:32Voilà.
17:32Je pense qu'il faut rester fier
17:33de la France.
17:33On a des raisons
17:34d'être fier de la France.
17:35Une France éternelle,
17:36ce n'est pas une France nouvelle,
17:37une France éternelle
17:40qui garde son âme,
17:41mais qui vit avec son temps.
17:43Et ce temps,
17:43aujourd'hui,
17:44c'est le temps de l'Europe,
17:45c'est le temps des crises mondiales,
17:47c'est le temps d'Internet,
17:48de l'intelligence artificielle.
17:50C'est le temps
17:51où il faut être moderne,
17:53mais il faut aussi garder
17:54une fierté de la France éternelle.
17:56Mais avons-nous un De Gaulle,
17:57aujourd'hui,
17:57Michel Barnier,
17:58le voyez-vous,
17:59parmi les rangs des candidats
18:00qui sont extrêmement nombreux ?
18:02Qui voyaient De Gaulle
18:03en 1937 ou 1938.
18:05Donc,
18:05il faut des circonstances.
18:07Ne comparons pas
18:08des personnages
18:08ou des hommes
18:09qui ne sont pas...
18:09Je pense qu'il y a
18:10des hommes de bonne volonté.
18:11Bruno Rotaillot
18:12est l'un de ceux-là.
18:13C'est pour ça que je le soutiens.
18:14Je pense qu'il est capable
18:15d'être l'homme du rassemblement.
18:17Quand vous le regardez
18:18faire sa campagne,
18:19il est clair,
18:20il sait ce qu'il veut.
18:21Il est sincère.
18:22Il est sincère.
18:23Et c'est à quelqu'un
18:24qui a le sens de l'État.
18:25Je ne peux en témonir
18:26puisque j'ai eu l'occasion
18:27de diriger le gouvernement
18:29dans une sépartie.
18:30Et vous,
18:31vous verriez en recours
18:32si d'aventure
18:33la campagne de Bruno Rotaillot
18:35ne décollait pas ?
18:36D'abord,
18:37je pense qu'elle peut décoller
18:38et qu'elle va décoller.
18:39Et ensuite,
18:39je veux simplement
18:40continuer d'être utile
18:41à l'unité de mon camp,
18:43de la droite et du centre,
18:45de tous ceux
18:45qui doivent travailler ensemble
18:46comme ils ont travaillé
18:47avec moi
18:47lorsque j'étais Premier ministre
18:49et utile à mon pays
18:50qui vérifie qu'on se bat pour lui.
18:51Mais qu'est-ce qui manque à la droite ?
18:52On voit bien
18:52que voilà le projet
18:54est sur la table.
18:55C'est une affaire de dynamique,
18:57qu'une présidentielle
18:57vous le savez parfaitement.
18:58Oui, mais la dynamique
18:58vous la créez par l'unité
19:00en ayant un seul porte-parole
19:01et pas 4 ou 5.
19:02Donc il faut maintenant...
19:03Et quand personne n'a l'aveu,
19:05c'est la division.
19:06Le pire n'est jamais sûr.
19:07Il faut continuer à se battre.
19:09Chacun actuellement
19:10est dans son couloir
19:10avec son drapeau
19:11de grâce qu'il ne prononce pas
19:13de mots les uns
19:14contre les autres
19:14pour ne pas rendre
19:15la réunion impossible.
19:18Et je pense qu'à la fin
19:19de cette année,
19:19en novembre ou décembre,
19:20il sera possible.
19:21J'espère encore
19:22d'organiser une primaire
19:24qui est un outil démocratique
19:25qui permet aux gens
19:27de se respecter,
19:27de débattre
19:28et finalement
19:29quelqu'un d'émerger.
19:30Et qui errait jusqu'à
19:30Gabriel Attal ou pas ?
19:32Il faut que ce soit
19:33tous les gens du centre
19:34et qu'ils puissent être capables.
19:35Ils ont tous travaillé avec moi
19:36quand j'ai des premiers amis.
19:37Donc on sait bien
19:38qu'ils devront travailler ensemble.
19:39Mais aussi à Lysnard
19:41et je vous le répète
19:42à Bruno Retailleau
19:43qui fait une très bonne...
19:44Jusqu'à Eric Zemmour ?
19:45Non, je ne pense pas
19:45que M. Zemmour
19:46ni Manac Nafo
19:47font partie de ce camp-là
19:49quand je vois leur position
19:50sur l'Europe notamment.
19:52Michel Barnier
19:52a été notre invité.
19:53Merci beaucoup
19:54d'être venu ce matin
19:55sur CNews et sur Europe.
19:56Bonne journée à vous.
19:56Merci Michel Barnier
19:57merci Laurence Ferrari.
19:58Dans un instant,
19:59restez avec nous
20:00votre signature du lundi
20:01Philippe Vall
20:02et votre club culture.

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