- il y a 16 heures
Ils sont six en lice, actuellement en campagne pour la fonction prestigieuse de secrétaire général des Nations unies, puisque le Portugais Antonio Guterres passera la main à la fin de l’année, après dix années et deux mandats, le maximum autorisé, à la tête de l’institution. Sur les six candidatures, celle de Macky Sall, l’ancien président du Sénégal entre 2012 et 2024, provoque une polémique, dans son pays et sur tout le continent.
Décryptage avec Benjamin König et Théo Bourrieau.
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NewsTranscription
00:01Qui sera le prochain secrétaire général de l'ONU ? Le président de la FIFA Infantino,
00:06le directeur de l'Agence Internationale d'Energie Atomique, ou peut-être Macky Sall,
00:09le portugais Antonio Gutiérrez, passera la main à la fin de l'année après dix années et deux
00:14mandats. Parmi les six candidatures, une retient particulièrement l'attention et surtout crée une
00:18polémique, celle de Macky Sall donc, l'ancien président du Sénégal entre 2012 et 2024. Avec
00:23moi pour en discuter Benjamin Koenig, chef adjoint du service monde et spécialiste du
00:27continent africain. Alors on va revenir évidemment sur Macky Sall et sur ce qu'il se passe au Sénégal,
00:32mais avant, il faut quand même qu'on évacue, enfin qu'on évacue, qu'on discute en tout cas de
00:37quelques
00:37sujets. Si vous suivez l'actualité, vous avez peut-être vu depuis deux trois jours des articles
00:41de presse dire est-ce que Gianni Infantino, donc je le rappelle on a beaucoup entendu parler de lui
00:46puisque c'est le président de la FIFA, on a beaucoup parlé de ses relations de proximité,
00:51de certains ont parlé de servilité avec Donald Trump, et donc là Donald Trump aimerait beaucoup
00:56que ce soit Gianni Infantino qui devienne le secrétaire général de l'ONU à la suite d'Antonio Gutierrez,
01:00je l'ai dit. À quel point c'est farfelu cette proposition ? Est-ce qu'on peut y croire
01:06? Est-ce
01:07que Gianni Infantino pourrait devenir le prochain secrétaire général de l'ONU ? Réponse non. Voilà,
01:13merci. Non, ça fait partie des dernières trumperies, c'était il y a deux trois jours après la fin de
01:21la
01:21Coupe du Monde, on sait que maintenant c'est un de ses meilleurs potes, Infantino cherche,
01:27enfin on peut dire souvent il est qualifié de paillasson, mais c'est plus que ça. Il s'est fait
01:33pote avec Donald Trump à qui il avait décerné un prix de la paix de la FIFA, on s'en
01:39souvient,
01:39c'était un petit peu avant la Coupe du Monde. Parce que Trump était très déçu de ne pas avoir
01:43été
01:44nommé prix Nobel de la paix, et du coup Gianni Infantino dit t'inquiète pas, on va consommer. Exactement. Il
01:48marche la main dans la main et on voit à quel point cette Coupe du Monde,
01:50qui est contestable en tellement de points, y compris pour tous les passionnés de foot dont je fais partie,
01:55qui sont dégoûtés du déroulement et de ce qui s'est passé dans cette Coupe du Monde, qui était vraiment
02:00la Coupe du Monde
02:02du fric, de l'exclusion, de tout ce qu'on veut quoi, de la corruption. Puisque Gianni Infantino, quand même,
02:08il faut se rappeler aussi
02:09comment il est arrivé à la tête de la FIFA, mais bon, peut-être qu'on y viendra. Si vous
02:12avez envie de creuser un peu le sujet,
02:14on a fait une vidéo un peu débrief avec Christophe Deroubet lundi, sur le débrief évidemment politique, financier,
02:20cette Coupe du Monde. Exactement. Donc voilà. Donc c'est la dernière trouvaille de Trump sur le fait qu'il
02:25verrait bien
02:25son pote Infantino à la tête de l'ONU. Bon, évidemment, c'est... Alors c'est impossible d'abord, bon,
02:32politiquement,
02:32et parce qu'en plus, il n'a rien à voir avec ça. C'est un financier, un footeux. Il
02:38vient que du monde du foot.
02:39Il a fait toute sa carrière à la FIFA. Mais c'est surtout complètement impossible, puisque de toute façon,
02:45le processus de désignation d'élection du secrétaire général de l'ONU est complètement...
02:53Alors c'est pas qu'il est verrouillé, mais il est déjà enclenché, en tout cas. Et il y a
02:57déjà des candidats
02:58qui ont été sélectionnés et ensuite qui seront soumis d'abord au vote et à l'approbation à la fois
03:05du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale de l'ONU à la fin de l'année. Donc effectivement,
03:12Gianni Infantino, malgré la dernière trouvaille de Trump, ne sera jamais secrétaire général de l'ONU.
03:17Et c'est heureux.
03:17Oui, tu l'as dit, il y a déjà des candidatures. Il y en a six. Il y a six
03:20candidatures pour devenir
03:22le prochain ou la prochaine secrétaire générale de l'ONU. Je relis ton papier. Caroline Rodriguez-Birquette,
03:28ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana. Maria Fernanda Espinoza-Garces,
03:32ex-ministre des Affaires étrangères de l'Équateur. Michel Bachelet, ancienne présidente du Chili.
03:38Raphaël Grossi, actuel directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Et
03:41Rebecca Greenspan, secrétaire générale de l'agence de l'ONU pour le commerce. Et puis
03:46Macky Sall. On va revenir sur le profil de Macky Sall. Mais avant de revenir sur Macky Sall,
03:49parce que c'est vraiment le cœur du papier que tu as réalisé il y a deux ou trois jours,
03:53parmi toutes ces candidatures, alors on peut avoir l'impression que c'est des profils
03:55assez différents. Il y a plutôt des politiques, plutôt directeurs de l'énergie atomique, etc.
04:00C'est tous des diplomates, quand même.
04:01Tous des diplomates. Et un autre point commun, j'ai quand même regardé, c'est qu'ils font
04:04tous partie du sud global, on peut dire ça comme ça. Même Raphaël Grossi est argentin.
04:12Rebecca Greenspan, je regardais, elle est costaricaine, il me semble.
04:16Oui, je crois que c'est ça, oui.
04:17Voilà. Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas une candidate allemande ?
04:22Alors, parce qu'en fait, c'est une règle qui est officieuse, mais qui est une règle.
04:27Le poste de secrétaire général est normalement tournant selon les continents.
04:32Donc Guterres est là, depuis dix ans, c'est un Européen, il est portugais.
04:38Avant, il y avait eu, on ne va pas tous les faire, Ban Ki-moon, Boutros-Boutros Rallye en son
04:45temps,
04:47qui était égyptien, si je ne me plante pas.
04:50Donc, voilà, à chaque fois, ce n'est pas écrit, mais c'est officieux.
04:55Donc là, normalement, ça devrait être le tour d'un Africain ou plus sûrement même d'un Sud-Américain,
05:00enfin d'une Sud-Américaine en l'occurrence, parce qu'il y a plusieurs aussi candidats de femmes.
05:04Il faut rappeler qu'il n'y a jamais eu de femme secrétaire générale de l'ONU,
05:07et ça aussi, ça pourrait être un critère.
05:10Oui, parce que le poste de secrétaire général de l'ONU, alors, c'est un poste très dans la représentation,
05:15mais il est quand même censé incarner la défense des droits humains, la défense de l'environnement,
05:18et donc, évidemment, la défense aussi des droits...
05:20Oui, c'est un poste très politique quand même, même si, effectivement, on peut considérer qu'il est polissé,
05:26mais il est politique quand même.
05:27On le voit d'ailleurs avec Guterres, qui n'a pas hésité à pointer les violations des droits humains,
05:33notamment le génocide à Gaza, mais parmi d'autres.
05:36L'ONU pointe toutes les violations, et c'est sa fonction.
05:41Et d'ailleurs, ce qui lui a valu d'être taxé d'antisémite, d'être mis au banc...
05:47Donc, c'est quand même un poste où on prend des coups.
05:50C'est aussi un poste hyper important, parce que, notamment, on le sait ici en tant que journaliste,
05:54c'est quelqu'un qu'on écoute beaucoup, on scrute très attentivement...
05:57que le secrétaire de jeu général de l'ONU a à dire sur, tu l'as dit, la situation en
06:01Palestine,
06:02sur l'environnement, etc.
06:04C'est quand même une voie extrêmement importante.
06:06Est-ce que tu veux nous dire un mot sur les autres candidats,
06:09avant vraiment de s'attaquer à Makissal, ou est-ce que tu penses qu'on...
06:11Oui, rapidement, juste notamment sur les deux qui avaient été pressentis pour être...
06:15Enfin, dont on considère encore aujourd'hui qu'ils sont les favoris.
06:18C'est Michel Bachelet, ancienne présidente du Chili, on s'en souvient,
06:22qui a une stature internationale, qui avait œuvré plusieurs fois sur des conflits
06:27en tant que diplomate, négociatrice, etc.
06:30Et Raphaël Grossi, donc, lui, avait été notamment le négociateur de l'accord avec l'Iran
06:36sur le nucléaire iranien en 2015.
06:39Donc...
06:39Gros dossier, quoi.
06:40Oui, exactement.
06:41Donc, effectivement, il est au cœur de toutes les tractations et négociations mondiales
06:45les plus importantes.
06:46Et il a toujours fait preuve de doigté et de diplomatie.
06:51En même temps, pour un diplomate, vous me direz, c'est normal.
06:53Mais quand même, il s'est...
06:55Voilà.
06:56Alors, les autres candidats et candidates sont peut-être plus loin,
07:00mais finalement, c'est assez incertain parce que...
07:04Justement, il pourrait y avoir quelque chose de plus consensuel.
07:07Par exemple, Raphaël Grossi, il a...
07:10Alors, il est reconnu mondialement, mais par exemple,
07:14il faut savoir que, donc, les membres du Conseil de sécurité
07:19disposent d'un droit de veto.
07:20Là aussi, sur la nomination du prochain secrétaire général.
07:26Même si c'est un vote, maintenant, de l'Assemblée générale,
07:29c'est sur proposition du Conseil...
07:31Non, c'est pas du Conseil de sécurité.
07:32Mais en tout cas, le Conseil de sécurité a son mot à dire.
07:35Donc, on peut imaginer que Trump, par exemple,
07:38s'opposerait à l'arrivée, comme secrétaire général,
07:42de celui qui avait négocié avec l'Iran.
07:44En pleine guerre contre l'Iran, ça ne serait pas...
07:46C'est pas hyper bien vu pour...
07:47Voilà.
07:49Et quant à Bachelet, pareil.
07:52Maintenant, on sait que dans l'international néo-fasciste,
07:56le Chili aussi a basculé.
07:58Michel Bachelet s'inscrit en faux.
07:59Donc, elle pourrait être, en gros...
08:01C'est une socialiste, non taxée d'être une socialiste.
08:05Donc, voilà, c'est très difficile, évidemment.
08:07Mais en tout cas, pour l'instant,
08:08les deux candidats qui se détachaient, c'était ceux-là.
08:11Donc, on est revenu sur cinq des candidats
08:14et sur le non-candidat de Gianni Anfantini.
08:16Mais celui dont on va aussi beaucoup parler aujourd'hui,
08:19c'est Macky Sall.
08:21Macky Sall, donc, l'ancien président du Sénégal.
08:24Le président du Sénégal actuel,
08:27Bassiro Diomaï Faille,
08:29qui a lui-même subi la répression de Macky Sall
08:31en ayant lui-même été emprisonné,
08:33a soutenu cette candidature.
08:34Oui, il y a deux, trois jours, oui.
08:37Oui, voilà.
08:38Donc, peut-être...
08:38Expliquer pourquoi, oui.
08:39Voilà.
08:39Donc, déjà, un petit rappel de qui est Macky Sall
08:42pour celles et ceux du fond qui n'ont pas suivi.
08:44On en a parlé déjà plusieurs fois ici,
08:45mais je pense que c'est bien un petit rappel de qui c'est,
08:48parce que ça nous permettra de bien comprendre
08:49de pourquoi cette candidature pose question, pose problème.
08:53OK.
08:54Alors, pour rappel, Macky Sall,
08:56ancien président du Sénégal, tu l'as dit, 2012-2024,
08:58il était arrivé au pouvoir déjà par la suite
09:02à un grand mouvement citoyen,
09:03notamment représenté par le collectif Yan Amar,
09:07qui avait s'aimé dans tout le Sénégal,
09:09au début des années 2010.
09:13Au début, son premier mandat, il n'y avait pas eu de...
09:18Après, c'est contestable sur sa politique,
09:20parce qu'il a plutôt une politique néolibérale.
09:22À Dakar, une bonne partie de l'espace a été privatisée, etc.
09:26Donc, il y a toutes ces questions-là qui sont internes.
09:28Mais c'est surtout la fin de son deuxième mandat.
09:31Entre 2021 et 2024,
09:33il a commencé à avoir une nouvelle contestation
09:36de la jeunesse sénégalaise.
09:38et, en fait, lui a réprimé dans le sang
09:41et, en plus, a commencé à vouloir repousser l'élection,
09:47en gros, en essayant...
09:49Alors, il essayait de jouer sur du...
09:52C'est très, très touchy pour lui,
09:55parce que, évidemment, les institutions sénégalaises
09:58sont solides et interdisait un troisième mandat.
10:00Donc, il essayait de repousser en créant le chaos
10:03et pour créer une situation
10:06où il n'y aurait pas eu d'autre choix que de dire
10:07bon, il faut continuer pour ramener l'ordre avec Macky Sall.
10:10C'était ça, l'idée.
10:12Moi, j'avais fait des reportages, donc, pour le journal
10:14à ce moment-là, notamment en 2024,
10:16sur l'ampleur de la répression,
10:18en allant voir des familles de victimes, etc.
10:21Il y avait eu une centaine de morts,
10:23sans doute un peu plus officiellement,
10:26officiellement, 67.
10:28Voilà.
10:28Donc, notamment, par exemple,
10:30j'étais allé voir le directeur d'Amnesty International Sénégal,
10:32qui assiste les familles des victimes,
10:35judiciairement, etc.
10:37Eux sont vent debout devant cette candidature, évidemment.
10:40Donc, c'est pour ça que le papier que j'ai fait,
10:43il y a des citations,
10:44on ne peut pas verser du sang,
10:45puis diriger les Nations Unies.
10:46Oui, ça paraît, en effet, problématique.
10:51Maintenant, ensuite, il faut savoir d'où vient cette candidature.
10:54Donc, Makissal, il faut savoir qu'il vivait en exil au Maroc
10:57depuis 2024, et depuis qu'il avait été écarté,
10:59il arrivait au pouvoir de Bassirudio Maïfai
11:01et de Ousmane Sonko, du PASTEF.
11:03Mais de l'eau a coulé sous les ponts depuis.
11:07Cette candidature, d'abord,
11:08elle a été présentée par le Burundi,
11:11et pas du tout par le Sénégal.
11:13Parce que Evari Sendai-Chimie,
11:15qui est le président du Burundi,
11:16est un proche de Makissal,
11:18et ils étaient très proches ensemble,
11:19notamment à l'Union africaine.
11:22Et en fait,
11:23cette candidature a été présentée,
11:26mais l'Union africaine,
11:2820 pays,
11:29l'Union africaine en tant qu'entité,
11:30et 20 pays en tant que,
11:32voilà, indépendamment les uns des autres,
11:35se sont opposés,
11:3620 pays africains se sont opposés à cette candidature,
11:38en disant qu'il ne peut pas représenter à la fois l'humanité,
11:41l'ONU, mais pas l'Afrique non plus.
11:43Donc c'est déjà un désaveu majeur.
11:45Et y compris, son pays ne le soutenait pas.
11:47Alors pourquoi ce revirement ?
11:49Pourquoi ce revirement ?
11:50Quelle belle transition.
11:52Pourquoi ce revirement de Bassirou Diomaïfaï ?
11:54Eh bien, ça répond à des enjeux de politique intérieure
11:56qui ne sont pas glorieux.
11:59Donc, comme je vous disais,
12:01le PASTEF est arrivé au pouvoir.
12:03Bassirou Diomaïfaï a été élu
12:04un peu par défaut,
12:06parce que Ousmane Sonko avait été frappé
12:08d'inéligibilité par une condamnation
12:11providentielle.
12:12Diomaïfaï lui-même avait fait de la prison,
12:14avait été emprisonné par Makissal.
12:16Mais là, il est en rupture,
12:19en crise ouverte avec Ousmane Sonko.
12:20Il l'a congédié il y a un mois,
12:22deux mois, un mois.
12:24Et donc Diomaïfaï a besoin de soutien,
12:27a besoin de relais intérieurs.
12:28Il est en train de constituer une force politique.
12:31Le PASTEF est toujours dirigé par Ousmane Sonko,
12:35qui est devenu président de l'Assemblée nationale,
12:37ce qui crée d'ailleurs une situation
12:38de crise politique au Sénégal
12:39avec une Assemblée nationale
12:42qui n'est pas sur la même longueur d'onde
12:43qu'un président.
12:44Vous me direz, ça se voit au Sénégal.
12:47Voilà.
12:48Mais du coup, on en est là aujourd'hui.
12:51C'est-à-dire que Diomaïfaï,
12:52son calcul,
12:53c'est de s'assurer,
12:57en gros, un retour d'ascenseur
12:59avec Makissal,
12:59en assurant le soutien du Sénégal.
13:02En échange,
13:04il l'a reçu à Dakar
13:05en fin de semaine dernière,
13:06et en échange,
13:07l'idée, c'est que Makissal
13:09l'aide dans sa volonté
13:11de construire une force politique
13:13pour rester au pouvoir
13:13pour les prochaines échéances électorales.
13:15Donc on le voit,
13:16c'est vraiment un marchandage
13:18de tapis,
13:18il n'y a pas d'autres mots,
13:21et qui provoque la colère au Sénégal,
13:23mais pas que.
13:24Par exemple, le Nigeria,
13:25qui est un des poids lourds
13:27de l'Union africaine et en Afrique,
13:29a dit, de toute façon,
13:30si c'est Makissal qui représente,
13:31nous, on sera prêt à présenter
13:32un candidat ou une candidate
13:35juste pour lui savonner la planche.
13:37Tu parlais d'Amnesty tout à l'heure,
13:39je reprends la citation
13:40que tu as mis dans ton papier,
13:40personne ne devrait soutenir un homme
13:41qui a eu un règne aussi sanglant
13:42avec un bilan aussi désastreux.
13:44Jamais dans l'histoire du Sénégal,
13:45même au temps du parti unique
13:46de Senghor dans les années 1960,
13:47on a connu une telle répression,
13:48donc ça, c'est Amnesty Sénégal.
13:50Tu cites un autre collectif,
13:52le collectif des victimes
13:53du régime de Makissal,
13:55Boubacar Seyer.
13:56Il est inconpréhensible
13:57que l'État du Sénégal
13:58soutienne cette candidature,
13:58on ne peut pas verser du sang
13:59puis diriger les Nations Unies.
14:01Est-ce que ces contestations,
14:03est-ce que ces oppositions
14:05ont une chance de faire plier
14:06et que Makissal retire sa candidature,
14:09ou en tout cas que le président actuel
14:11du Sénégal retire son soutien
14:12à la candidature de Makissal ?
14:13Est-ce que ces oppositions
14:14ont une chance d'aller à terme
14:15ou de toute façon,
14:16Makissal sera candidat ?
14:17Alors, il y a deux questions.
14:19Sur le soutien du Sénégal,
14:22ça pourrait peut-être
14:23faire bouger les lignes,
14:24ça provoque une polémique nationale,
14:25évidemment, dans tout le pays.
14:28Mais par contre,
14:29sur le fait que Makissal reste candidat,
14:31il le sera.
14:32Et il a obtenu le soutien,
14:34d'ailleurs,
14:34il a été reçu par Macron
14:35il n'y a pas longtemps
14:36parce qu'il est très pote avec Macron,
14:37mais quand il était président aussi
14:38puisqu'il menait la même politique
14:39néolibérale et france-africaine,
14:41ce qui lui allait très bien
14:42à Macron.
14:43Donc c'est pour ça aussi
14:44qu'il dispose de relais
14:46assez puissants,
14:48principalement en Occident.
14:50Donc,
14:52mais par contre,
14:53du côté,
14:54donc il va rester candidat.
14:56Par contre,
14:57le fait qu'il n'ait absolument
14:58aucun soutien africain,
14:59voire même
15:00que d'autres pays
15:02africains
15:03pourraient présenter
15:04un candidat
15:04contre lui,
15:06en vrai,
15:06fait que,
15:08à terme,
15:08enfin,
15:08je pense que
15:11ça risque de gréver
15:12toutes ses chances,
15:12heureusement,
15:13mais on n'est jamais sûr
15:14de rien
15:15parce qu'il pourrait
15:17apparaître
15:17comme un espèce
15:17de candidat de consensus
15:18pour l'Occident.
15:20Donc,
15:21voilà,
15:21mais ce serait quand même
15:24un signal
15:25vraiment délétère
15:26que le procès
15:27de secrétaire général
15:27de l'ONU
15:28ait du sang sur les mains.
15:29Tu me rappelles
15:30comment ça se passe
15:30la désignation du secrétaire général
15:31qui vote ?
15:32Parce qu'on parle bien
15:33de candidature,
15:33c'est-à-dire qu'il y a une élection
15:34qui vote ?
15:35Et quand surtout ?
15:36Je crois que c'est pas tout de suite.
15:37Là,
15:37on en parle en ce moment
15:38parce que c'est le processus
15:39de déposition
15:40des candidatures,
15:41mais les élections,
15:42c'est pas tout de suite.
15:43Oui,
15:44c'est à la fin de l'année.
15:45Donc,
15:46le mandat se termine
15:47le 31 décembre
15:48et le nouveau secrétaire
15:49ou la nouvelle secrétaire générale
15:50prendra ses fonctions
15:51le 1er janvier.
15:53Ça se passera
15:54au moment
15:54de l'Assemblée générale
15:56de l'ONU
15:56qui se réunit
15:58chaque année
15:59au cours du mois de décembre,
16:00en gros,
16:01entre le 1er et le 20.
16:02Donc,
16:02c'est à ce moment-là
16:03que ce sera décidé.
16:05C'est chaque membre de l'ONU
16:06qui a une voix
16:06pour désigner
16:07le secrétaire général ?
16:08Oui,
16:09avec la particularité
16:11que,
16:11je vous le disais,
16:12que le Conseil de sécurité,
16:14les membres du Conseil de sécurité
16:15peuvent s'opposer
16:16à un ou une candidate.
16:19Donc,
16:20on rappelle
16:21les membres du Conseil de sécurité,
16:23France,
16:24Royaume-Uni,
16:24Chine,
16:25Russie,
16:26Etats-Unis
16:26et Angleterre.
16:28Non,
16:28je l'ai déjà dit.
16:29On était à 5.
16:31Oui,
16:31mais il y en a 6.
16:32J'en ai un qui perd une de ma tête.
16:33Je suis désolé.
16:35Je pense qu'il y en a beaucoup
16:36qui le savent.
16:37J'ai un petit trou de mémoire.
16:39C'est...
16:39Attends,
16:40on a fait...
16:40Etats-Unis,
16:41France,
16:42Etats-Unis,
16:42Chine,
16:42Royaume-Uni,
16:44Russie.
16:45Russie,
16:45on a dit.
16:45Ben voilà,
16:46ça fait 6.
16:46Ok,
16:47c'est bon alors.
16:49J'espère que vous avez suivi dans le chat.
16:50On est plus littéraire que...
16:52Les membres permanents,
16:53ils sont 5.
16:54Les membres permanents sont 5,
16:55nous dit le chat.
16:57Je crois qu'ils sont passés à 6,
16:58mais justement,
16:59c'est pour ça que j'en perds un, là.
17:01Bref.
17:02En fait,
17:02c'est des membres non permanents,
17:03à chaque fois,
17:05qui complètent.
17:06Mais ça,
17:06c'est tournant chaque année.
17:09Mais eux n'ont pas droit de veto,
17:10pardon.
17:11Oui.
17:12Et ben voilà,
17:13on n'a pas la réponse à la question
17:14qui sera le prochain secrétaire journal de l'ONU.
17:16Mais en tout cas,
17:17pas Gianni Infantino.
17:18Non,
17:18ça,
17:19non.
17:19Ça,
17:19c'est non.
17:20Et tu nous as quand même dit
17:21les deux favoris,
17:23Michel Bachelet,
17:24ancienne présidente du Chili,
17:26et Raphaël Grossi,
17:26l'actuel directeur de l'Agence internationale
17:28de l'énergie électronique,
17:29avec toutes les réserves
17:32auxquelles ils vont devoir faire face.
17:34Peut-être...
17:34Exactement.
17:35Peut-être que Trump ne sera pas très content.
17:37C'est ceux qui se dégageaient jusqu'ici,
17:38mais on peut voir,
17:40peut-être que par exemple,
17:41une candidate d'un plus petit pays
17:44comme le Guyana,
17:44qui évidemment ne pèse pas géopolitiquement,
17:47mais qui est actif au niveau diplomatique,
17:49et ben pourrait être une candidate de consensus.
17:51Parce que ça permet justement
17:53que le secrétaire général n'ait pas un poids,
17:56ou la secrétaire générale n'ait pas un poids
17:57politique, géopolitique, trop important.
18:00Et donc, ça pourrait contenter tout le monde.
18:02Parce qu'évidemment,
18:02on en est dans ces équilibres géopolitiques.
18:06Merci beaucoup, Benjamin,
18:08pour ce petit éclairage
18:09sur le secrétaire général de l'ONU.
18:11C'est parti !
18:12C'est parti !
18:14C'est parti !
18:22C'est parti !
18:22C'est parti !