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  • il y a 17 heures
Dans les colonnes sur magazine Le Point, Manuel Valls, ancien premier ministre, s'en est pris au Président de la République après avoir été évincé du second gouvernement de Sébastien Lecornu. Il explique « ne pas comprendre » la décision d’Emmanuel Macron et du Premier ministre de le remercier. « C’est un mélange de mesquinerie et de cynisme ». « Je constate que ce n’est ni un gouvernement renouvelé ni composé exclusivement de membres de la société civile. Quant au président, il m’a dit que les socialistes lui auraient demandé que je n’y participe pas. C’est faux et grotesque ». L'analyse de cette séquence politique avec Anthony Cortes, journaliste politique à l'Humanité, et RiboDansLaSauce, streameur.

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Transcription
00:00Manuel Valls, Manuel Valls que vous connaissez bien, donc c'était notre ministre des Outre-mer jusqu'à le gouvernement
00:06Le Cornu 2.
00:07Alors si on sait compliqué parce qu'il y a eu deux gouvernements Le Cornu.
00:09Dans le gouvernement Le Cornu 1 qui n'a duré que 14 heures, Manuel Valls était encore ministre des Outre
00:13-mer.
00:13Mais à partir du gouvernement Le Cornu 2, qui est encore en cours mais bon c'est un peu sur
00:17la scellette a priori,
00:18là il n'est plus ministre des Outre-mer Manuel Valls.
00:20Il semblerait même qu'il se soit fait un peu jarter parce qu'il dérangeait certains,
00:23parce que c'est Manuel Valls et globalement, bon, il est assez détesté politiquement à la fois par les électeurs.
00:28Et donc du coup ça la fout un peu mal dans le même gouvernement que lui.
00:30Donc il s'est fait un petit peu jarter et Manuel Valls n'est pas content, il en veut à
00:34la Macronie.
00:34Il est en train de régler ses comptes, premièrement.
00:36Et deuxièmement, il y a aussi le sujet de la Nouvelle-Calédonie derrière.
00:39Emmanuel Valls, bon on a beau faire des blagues tout le temps sur lui,
00:41là c'était le ministre des Outre-mer à l'heure actuelle,
00:43il y avait des choses qui étaient en train de se faire par rapport à la Nouvelle-Calédonie.
00:45Et ça a été coupé dans son élan par toutes ces affaires et toute cette crise politique
00:51qu'on le rappelle a été déclenchée par Emmanuel Macron et personne d'autre.
00:55Donc maintenant on va parler un petit peu de tout ça.
00:56Est-ce que tu peux, je ne sais pas, résumer un petit peu l'affaire ?
00:59Est-ce que tu as quelque chose à dire ou si on commence directement par l'extrait ?
01:02Très rapidement, mais c'est vrai que Manuel Valls était en train de se lancer dans une opération médiatique
01:06pour tirer à boulet rouge sur la Macronie.
01:09Il l'a mauvaise, tu l'as un petit peu dit, il l'a mauvaise de pouvoir retirer son portefeuille.
01:15Il a raison presque je dirais.
01:18Là-dessus, ce n'est pas là-dessus que j'ai envie de l'attaquer.
01:20On peut comprendre qu'il trouve tout ça ridicule.
01:22Voilà, après on peut juger son action bonne, mauvaise, on peut en débattre.
01:26Mais c'est vrai qu'il n'y a pas vraiment de cohérence.
01:28On en reparlera après un petit peu parce que Matignon a donné, et l'Élysée aussi a donné,
01:33certaines justifications par rapport à son remplacement par Aïma Moutchou,
01:38donc personnalité horizon du parti d'Edouard Philippe.
01:42Mais voilà, Manuel Valls, lui, ne comprend pas pourquoi il est limogé, remplacé.
01:47Et donc, il se lance dans une campagne médiatique.
01:49Il s'est exprimé auprès de l'Express, il s'est exprimé auprès du Point.
01:52En ce matin, il était sur France Info.
01:54Tout ça pour déverser toutes ses critiques vis-à-vis de la Macronie.
01:58Oui, et c'est très certainement, au final, comme beaucoup en ce moment,
02:01ça revient à ce qu'on disait tout à l'heure, cette fameuse histoire de restructuration.
02:03Il est a priori en train de préparer l'après Macron, comme tout le monde, j'ai envie de dire.
02:06Ou en tout cas, dans l'espace, dans le bloc bourgeois, le bloc central, le bloc centriste,
02:09vous appelez ça comme vous voulez.
02:11Bon, Manuel Valls, c'est un éminent représentant.
02:14Tout le monde dans ce bloc-là est en train de plus ou moins se positionner pour l'après Macron,
02:18y compris Manuel Valls, qui vraisemblablement n'a pas fini de vouloir faire de la politique.
02:22Dans ce pays, même si à un moment donné, ce pays pensait en avoir fini avec lui, j'ai envie
02:26de dire.
02:26Donc on va regarder, c'était un des extraits sur France Info, où il parle justement de ça.
02:29C'est une attaque qu'il avait déjà fait dans l'Express, et bon, j'ai pas lu l'article
02:31du Point,
02:32mais a priori, il avait dit la même chose, c'est un de ses nouveaux éléments de langage.
02:34Le macronisme a été la négation de la politique.
02:36Et là-dessus, c'est dur de lui donner tort, en réalité.
02:38Donc on va voir un petit peu ce qu'il a à dire, et puis tenter d'analyser dans quel
02:43contexte ça s'inscrit,
02:44quel plan peut-être a Manuel Valls pour la suite de sa carrière,
02:47et qu'est-ce que ça représente politiquement dans la restructuration qui s'annonce du post-Macron.
02:52Donc c'est parti.
02:53Vous défendez le macronisme alors ?
02:55Non, non parce que...
02:56C'est un non-ferme, il n'a pas de langue de voix avec Manuel Valls.
02:59Non, il ne défend pas le bilan du macronisme.
03:02J'ai appelé à voter Emmanuel Macron en 2017 et en 2022, il n'y avait pas d'autre choix
03:08à ce moment-là.
03:09Mais le macronisme, ça a été la négation précisément de la politique.
03:13Pourquoi c'est la négation de la politique ?
03:14Parce qu'il s'agissait d'absorber le Parti Socialiste ou les Républicains par le débauchage.
03:21Ça n'a pas été une coalition.
03:22Il aurait pu faire une coalition, et c'est sans doute une grande partie des problèmes qui viennent de là,
03:26en 2022, puisqu'il n'avait pas de majorité à l'Assemblée Nationale.
03:30Et c'est le message que lui avait fait passer le français.
03:32C'est là qu'il fallait dealer avec LR.
03:33Et c'est là qu'il fallait une coalition, évidemment, avec LR.
03:36Et donc, aujourd'hui, les sociétés sont trop complexes, la démocratie est trop en crise,
03:41pour qu'on ne se dise pas qu'il faut des coalitions.
03:44C'est vrai sur le plan politique, c'est vrai avec les partenaires sociaux, c'est vrai avec les élus
03:48locaux.
03:49On a nié les corps intermédiaires.
03:51Vous défendez le macronisme.
03:52On a nié les corps intermédiaires.
03:53D'accord, donc il a une critique du macronisme sur la dépolitisation,
03:57que c'est la négation de la politique, le macronisme, que c'est juste une affaire un petit peu politicienne,
04:03de phagociter, on va dire, le centre-droite et le centre-gauche pour faire un nouvel espace politique,
04:07mais qui ne correspond pas à une culture politique qui va avec,
04:10qui est aussi une négation, très certainement, du parlementarisme.
04:13C'est une critique qu'on entend pas mal et qu'on entend aussi beaucoup à gauche.
04:15Et là que Manuel Valls est en train de se réapproprier pour préparer la suite.
04:19Alors juste avant de débattre un petit peu de tout ça, je trouve qu'il y a quand même quelque
04:22chose qui est assez fou,
04:23c'est que Manuel Valls a commencé en disant, j'ai appelé à voter Macron en 2017, j'ai appelé
04:27à voter Macron en 2022,
04:28parce qu'il n'y avait pas d'autres solutions possibles.
04:29En 2022, bon, ça le concerne, il était macroniste à ce moment-là.
04:32Mais quand même, il faut rappeler qu'en 2017, Manuel Valls avait participé à la primaire du Parti Socialiste.
04:36Il l'avait perdu, alors qu'il était quand même ultra favori.
04:38Il l'avait perdu contre toute attente face à Benoît Hamon, du coup,
04:41qui a remis un petit peu un coup de barre à gauche par rapport au Cancana Hollande au sein du
04:45Parti Socialiste,
04:45notamment en avançant le thème du revenu universel, etc.
04:48Emmanuel Valls, qu'est-ce qu'il a fait ?
04:50Ce n'est pas la première fois qu'il a retourné sa veste, mais c'est peut-être la fois
04:52la plus spectaculaire,
04:53alors qu'il avait signé une charte, l'obligeant, soi-disant, à soutenir le candidat victorieux de la primaire socialiste,
05:00il pensait que ça serait lui, et bien il ne l'a pas fait, il n'a pas soutenu Benoît
05:03Hamon,
05:03il a dit, je m'en fous, je vais devenir macroniste,
05:06il a commencé directement à soutenir Emmanuel Macron et à appeler à voter Emmanuel Macron.
05:09Donc là, il omet de dire que c'était la seule solution en 2017,
05:11mais qu'il a littéralement trahi le camp politique dans lequel il avait pourtant fait la primaire.
05:16Complètement. Mais c'est vrai qu'il n'est pas à une incohérence près et à une contradiction aussi près,
05:21parce qu'il critique le débauchage en étant lui-même débauché, déjà.
05:24Ça a carrément.
05:25Et ensuite, il critique la macronie avec une critique qui peut être légitime et qu'on peut entendre,
05:30et qu'on peut même reprendre en partie sur le fait que la macronie s'appuie sur une volonté un
05:34petit peu de dépolitisation,
05:35même si la macronie poursuit un objectif politique très clair, ultra-libéral, etc.
05:39Mais il y avait quand même une volonté de dépolitiser en se voulant se montrer au centre,
05:43en tout cas dans un même temps.
05:44Sauf qu'il fait cette critique en disant qu'on aurait dû faire une coalition du PSALR.
05:48Donc en fait, là encore, je ne vois pas où est la logique, où est la cohérence,
05:52à part de se montrer comme une espèce de néo-macroniste,
05:55mais sans complètement revendiquer l'héritage de cette aventure à laquelle il a participé.
06:01Ça rappelle un petit peu Gabriel Attal, alors sur un autre registre.
06:04Sur un autre registre qui est plus de l'ordre du parlementarisme.
06:06Là où Gabriel Attal essaie de refaire le macronisme en disant « soyons honnêtes,
06:09à un moment donné, il va falloir privatiser la Sécu ».
06:11Là-dessus, il est un peu plus honnête que le reste de la droite en réalité,
06:15qui n'ose pas le dire parce que ce n'est pas très vendeur de dire « on va privatiser
06:18la Sécu ».
06:18Au moins, voilà, Gabriel Attal, on ne peut pas lui enlever ça.
06:21Il est peut-être un tout petit peu plus sincère que les autres,
06:22au sens où il dit « l'État-providence, ça va être compliqué par la suite ».
06:26Bon bref, peu importe.
06:27Emmanuel Valls, c'est un petit peu pareil, il essaie de refaire le macronisme,
06:29mais le macronisme originel de 2016.
06:31Ce que lui, ce n'est pas en disant « on va devoir privatiser la Sécu »,
06:34c'est en disant « on va devoir changer de culture parlementaire
06:38pour réussir à faire des coalitions et à gouverner en faisant du vrai parlementarisme,
06:41un petit peu comme ce qui se fait dans la plupart des régimes parlementaires ».
06:44Je rappelle que la France n'est pas un régime parlementaire à proprement parler,
06:46il est qualifié de semi-présidentiel, parce que c'est un régime parlementaire,
06:50en principe, mais comme le président est élu au souffrège universel direct,
06:53héritage de Gaulle, au final c'est un peu foireux,
06:55le président a beaucoup trop de pouvoir, donc ce n'est pas vraiment un régime parlementaire.
06:58Donc s'il était sincère, Manuel Valls, il dirait « moi je vais refaire le macronisme,
07:01mais dans une sixième république vraiment parlementaire à la limite ».
07:03Ça serait un peu ça sa position.
07:05Mais c'est vrai que sa position, on la retrouve un peu plus dans l'interview,
07:08dans les deux entretiens qu'il a pu accorder à l'Express et au Point,
07:12enfin dans l'Express c'est dans un papier dans le Point, c'est dans une interview,
07:14mais il explique en gros qu'il faut réinventer notre manière de gouverner,
07:17donc faire davantage confiance aux corps intermédiaires.
07:20Alors ça il l'a dit sur France Info, il parle du…
07:23Alors lui il dit « je ne crois pas au retour du clivage gauche-droite traditionnel ».
07:28Là aussi ça contredit un petit peu ce qu'il disait sur le côté
07:31« la Macronie a voulu dépolitiser, c'était une mauvaise chose ».
07:33Bon ben du coup on ne sait plus vraiment où il faut habiter.
07:38Et il explique à un moment donné, d'abord il met plusieurs pics aussi,
07:41à Darmanin et Retailleau, il dit en gros, alors sans les nommer évidemment,
07:45je ne cache pas mon malaise face aux mises en cause récurrentes
07:48de l'indépendance de la justice ou du conseil constitutionnel.
07:51Et ce qu'il dit c'est qu'en gros quand il faut réinventer potentiellement la suite
07:55ou en tout cas se projeter sur la suite, il dit « il faudrait unir sur la République,
08:01donc ordre et justice, alors que Macron a voulu le réunir autour du seul libéralisme ».
08:06Donc en fait, on voit sur quel créneau…
08:08C'est presque pas inintéressant ce qu'il dit en réalité, c'est assez impressionnant.
08:11C'est pas inintéressant du tout et on voit sur quel créneau il veut se positionner.
08:14Et d'ailleurs, tu parlais, enfin on parlait de Gabriel Attal notamment,
08:17c'est intéressant parce que là, on a l'impression qu'il se positionne presque
08:20face à l'offre de Gabriel Attal.
08:21Parce que Gabriel Attal lui, il se présente un Macron presque plus libéral,
08:25une sorte de libéralisme un peu à l'anglo-saxonne,
08:28avec sa proposition sur la GPA notamment.
08:30Oui voilà, libéralisme un peu au sens noble,
08:31où le libéralisme économique se mélange un peu au libéralisme dit philosophique,
08:35la liberté individuelle.
08:36qui essaye de prendre un peu comme de la hauteur
08:37et d'être un vrai libéral au sens noble.
08:39C'est ça exactement, au sens de Tocqueville je crois, si je ne me trompe pas.
08:44Oui, dans les loques, je ne sais pas, tout ça.
08:46On révisera pour la prochaine fois, on fera un petit café philo.
08:49C'est là, c'était là, Mourouza, dans le chat,
08:50qui ne veut pas nous faire une fiche de lecture
08:51sur les différents philosophes du courant libéral.
08:55Et là, Emmanuel Valls revient à son ADN originel,
08:59c'est-à-dire la République, la laïcité, on se souvient,
09:03déjà sous François Hollande, car il était Premier ministre.
09:05Et quelque part, il rejoint Bernard Cazeneuve,
09:08c'est le socle un petit peu idéologique de Bernard Cazeneuve.
09:12Comment dire, ce président, en tout cas,
09:14il se souhaiterait un président, disons, de la Troisième République,
09:18disons, en hauteur sur ces quelques sujets-là,
09:22garant de la République, la République originelle, etc.
09:25Donc, ce n'est pas inintéressant de voir ce positionnement-là
09:28qu'il exprime en ce moment.
09:29Et sur la critique du macronisme,
09:31alors du coup, venant de sa part, c'est un peu inaudible,
09:32parce que c'était un macronisme de la première heure,
09:34et à aucun moment il s'est désolidarisé de la macronie.
09:36Il attend vraiment la fin de Macron,
09:40il attend le moment où le socle commun, entre guillemets,
09:42est en train de vraiment tomber en lambeau,
09:44pour là se réveiller et puis dire les critiques qu'il a à faire.
09:45Mais en vrai, la critique est assez pertinente.
09:47Dire le problème du macronisme,
09:49c'est que ça a un peu phagocité la droite et la gauche,
09:53ça aurait pu être dans une culture de la coalition et du compromis
09:56pour essayer de trouver un juste milieu,
09:58à même d'avoir la stabilité.
09:59Mais en fait, non.
10:00Ce qu'il a pris à droite et à gauche,
10:01enfin au centre-droite, au centre-gauche et au centre-droite,
10:04voire même à droite,
10:05au final, c'est leur libéralisme économique qu'ils ont en commun,
10:09leur adhésion totale à l'économie du marché,
10:11à l'économie néolibérale,
10:12alors qu'en fait, un autre centrisme aurait été possible
10:15autour de nos belles valeurs démocratiques.
10:16C'est un petit peu le discours qu'il a.
10:18Bon, après, sur la solution qu'il donne et les valeurs démocratiques,
10:20je ne sais pas, mais sur le constat qu'il fait,
10:22c'est assez intéressant parce qu'on peut être vraiment
10:23de gauche radicale, vraiment en lutte des classes et compagnie,
10:26tout en adhérant à ce constat.
10:27Et de remarquer,
10:29et c'est là que le concept de bloc bourgeois prend sens d'ailleurs,
10:31qu'au moment où on a voulu faire la fusion
10:33entre le centre-droite et le centre-gauche,
10:34ce qui est resté finalement, c'est l'adhésion à l'économie du marché,
10:37le libéralisme économique ou le néolibéralisme,
10:39même plus précisément.
10:41Et cette critique-là, qui peut être une critique de gauche radicale
10:43très intéressante et qui a été beaucoup faite d'ailleurs
10:45par beaucoup d'observateurs,
10:47là c'est Valls qui la reprend à son compte,
10:48dit de manière un peu aseptisée,
10:49mais pour effectivement proposer une porte de sortie
10:51qui serait une culture du compromis
10:53et un projet à la Bernard Cazeneuve.
10:55Donc ça reste pas très d'enthousiasmant, on est d'accord.
10:57Mais en fait, on est tellement dans une période troublée
10:58où évidemment on est un peu exaspéré
11:01de voir dans quel état est la vie politique,
11:04le débat démocratique, etc.
11:06que quand on voit un sosdem sortir de terre,
11:08parce qu'il en a pas mal en ce moment,
11:09nous dire je vais remettre la démocratie au centre,
11:12on va réinventer les façons de délibérer,
11:14parce qu'il le dit un petit peu dans le papier du point,
11:16où il dit en gros, il va falloir revenir
11:17à la délibération citoyenne au référendum, etc.
11:20On finit, presque on souffle de soulagement,
11:22c'est la même chose avec Dominique de Villepin,
11:24où on oublie que c'est un homme de droite,
11:25parce qu'en fait, oui, il parle pas d'immigration H24,
11:28et il stigmatise pas en permanence telle ou telle population.
11:31C'est là qu'il y a cet effet-là.
11:33Manuel Valls était vraiment un des hommes politiques
11:34les plus détestés il y a dix ans,
11:36et là il revient, il fait un comeback,
11:37et on se dit, bizarrement, c'est presque pas le pire.
11:40C'est dire à quel point le filmage politique s'est dégradé.
11:43C'est dégradé.
11:46Manuel Valls reste un opportuniste,
11:47il y a un sauron explosion dans le chat qui nous dit,
11:49je trouve que vous donnez beaucoup de gage à Valls
11:50sur la profondeur de ce constat,
11:51il est plutôt très opportuniste.
11:52On est d'accord que dans tous les cas,
11:53tout ça c'est pour préparer la suite de sa carrière,
11:55et que tout ça est fait pour des raisons très très politiciennes
11:58et des mauvaises raisons.
11:59On est d'accord.
12:00Mais sur le constat qu'il fait,
12:00en tout cas, c'est plutôt que même des personnes
12:02que nous autres on aime pas trop,
12:04voire qu'on déteste,
12:05sur le constat de ce qu'a été le macronisme,
12:07on en a un point de délitement du macronisme,
12:09que même Manuel Valls part d'un constat qui s'entend.
12:12Complètement.
12:13Et puis on peut essayer de...
12:14En fait, on valide pas évidemment sa démarche,
12:17parce que très clairement c'est opportuniste.
12:18Ni sa démarche, ni les propositions qu'il met sur la table.
12:21Sur le constat de base,
12:23effectivement, force est de constat...
12:24On commence à tous être d'accord sur ce qu'a été vraiment le macronisme.
12:27C'est plus ça que je voulais dire.
12:28C'est ça.
12:28Et puis en plus, c'est hyper intéressant
12:30d'essayer de se mettre à la place, disons, de la macronie,
12:32et d'essayer d'analyser,
12:33et d'essayer de comprendre un petit peu les mouvements
12:35qui peuvent la secouer.
12:37Parce qu'évidemment, on a déjà parlé de l'échéance de 2027,
12:40mais ça va être intéressant de voir
12:41quelles offres vont pouvoir sortir de terre.
12:43Et là, de voir ce positionnement-là,
12:45ça veut dire qu'il peut y avoir un débat d'idées autour de ces questions-là.
12:48Enfin, un débat d'idées, c'est beaucoup dire,
12:49parce qu'on reste quand même malgré tout en surface.
12:52Et comme tu le disais, c'est un constat
12:54qu'on partage tous depuis un certain temps.
12:56Mais malgré tout, il est en train de se créer
12:59différentes offres politiques.
13:00Pour nous, évidemment, à gauche, c'est une question de nuance.
13:02Mais pour eux, ça peut être
13:04de grandes questions de division
13:06qui peut amener un éclatement
13:08encore plus accru
13:10du socle commun, en tout cas du feu socle commun.
13:12Et si on veut essayer d'analyser un petit peu en profondeur
13:14ce qui se passe, il faut s'intéresser à ce qui se passe
13:15dans le bloc central. Il faut savoir réussir aussi
13:18à se mettre à la place
13:19des différents politiciens qui naviguent dans le bloc central
13:22et aussi de leurs électeurs.
13:23Donc c'est vrai que nous, on se dit, tout ça, c'est des rigolos.
13:25Au final, ils vont toujours faire la même politique de classe
13:27au service de la bourgeoisie. Et on a raison.
13:30Mais ceci étant dit, si on va analyser
13:32justement cette restructuration qui nous pend un peu au nez
13:34de l'après-Macron, il faut aussi savoir penser
13:36en macroniste de temps en temps. Et force est de constater
13:38qu'effectivement, Gabriel Attal, Manuel Valls
13:39ont des propositions qui sont
13:42de l'ordre de la nuance, mais qui ne sont pas tout à fait les mêmes.
13:44Et du coup, moi, la question que je me pose
13:45et que je te pose, c'est
13:47du coup, quelle alliance
13:48pourrait trouver Manuel Valls
13:50cette offre politique avec qui il pourrait un petit peu
13:52s'acoquiner à l'avenir
13:54dans la perspective de l'après-Macron ? Est-ce qu'il irait plutôt avec
13:56du coup, des Cazeneuve, Glucksmann, le PS
13:59qui rejoindrait un peu le bloc central ?
14:00Est-ce qu'il essaierait de, en fait, rester
14:02avec une partie de la Macronie, peut-être la partie
14:04de gauche, la plus progressiste, quoi ?
14:06Donc pas forcément Darmanin, plutôt un Gabriel Attal
14:09ou ce genre de choses.
14:11Tu as un avis là-dessus ou franchement, c'est trop tôt pour le dire ?
14:13C'est très difficile à imaginer.
14:15C'est vrai que, d'abord, on peut dire qu'il y a une affinité,
14:17disons, avec Bernard Cazeneuve.
14:18Il a d'ailleurs dit encore ce matin sur France Info
14:20qu'il était proche, évidemment, idéologiquement,
14:22politiquement, mais aussi, c'est son ami.
14:24Enfin, ils sont amis dans la vie,
14:27compagnons de route politique de Languedat.
14:29Et ils partagent ce socle-là,
14:32cette envie de se montrer comme la figure républicaine,
14:34un peu vieillotte, mais qui, voilà,
14:37encore une fois, a très Troisième République
14:39autour de la laïcité, notamment.
14:40Enfin, une laïcité plutôt dure.
14:42Versailles, c'est tout ça.
14:43Voilà, c'est ça.
14:44Donc ça, évidemment, c'est le lien naturel.
14:47Alors, est-ce qu'il peut y avoir un lien entre les deux ?
14:49D'abord,
14:51oui, peut-être, peut-être,
14:52mais sauf que Bernard Cazeneuve n'a pas beaucoup de troupes,
14:54donc est-ce que ce serait vraiment intéressant pour Manuel Valls,
14:56au-delà de ça, d'avoir une forme d'alliance ?
14:58Donc, en fait, il faudrait peut-être pour ces deux électrons libres
15:02se trouver un socle auquel se rattacher.
15:05Évidemment, on pense à leur ancienne formation,
15:07au Parti Socialiste,
15:08mais bon, on a quand même du mal à imaginer
15:10une réconciliation.
15:11Manuel Valls, je le disais,
15:13a quand même trahi au moment de la primaire.
15:15Il a quand même eu des mots très durs,
15:17notamment contre Olivier Faure.
15:19Il y en a d'ailleurs encore.
15:20Et puis, il y a quand même de grandes lignes de fractures,
15:23notamment sur la question de reconnaissance de l'État palestinien.
15:26Ça, c'est une spécificité de Valls, j'ai l'impression,
15:29plus que de forcément la sensibilité politique
15:31qu'il représenterait, je ne sais pas.
15:33Oui, oui, non, mais bien sûr,
15:34parce que c'est vrai que Cazeneuve n'a pas...
15:36Mais en tout cas, j'ai quand même du mal à imaginer
15:38une sorte d'alliage comme ça,
15:41dans cette perspective-là.
15:43Donc en fait, c'est très difficile à imaginer.
15:45Moi, je pense, si je devais faire un pronostic,
15:48qu'il est condamné à échouer sur son radeau.
15:50Ok, ok, d'accord.
15:51Et alors oui, il va exister sur son petit créneau.
15:53C'est simplement.
15:54Et peut-être qu'il peut raccrocher un poste ministériel
15:57selon qui est notre futur président ou présidente,
16:00je ne sais pas.
16:01Mais je ne le vois pas réussir à coaliser
16:04des forces autour de lui.
16:05Non, autour de lui.
16:06Je pensais plus à la sensibilité
16:08qu'il pourrait représenter éventuellement.
16:09Plus que lui-même,
16:10parce qu'effectivement,
16:10Valls, c'est assez impopulaire en France.
16:12Il faut dire ce qu'il y a.
16:13Après, je ne sais pas.
16:14J'ai l'impression que parfois,
16:15des gens qui ressurgissent un peu du passé,
16:17tout va tellement mal politiquement,
16:18tout est tellement inquiétant.
16:19Et ça, la plupart des Français sont d'accord
16:21par de ce constat-là.
16:22Que juste...
16:23Moi, je peux presque imaginer un monde
16:25où Valls, ça se cotait un petit peu rassurant
16:26parce qu'il me rappelle il y a 15 ans,
16:28en fait, tout simplement.
16:29Ah, c'était mieux à l'époque quand même.
16:31C'était un peu moins terrible.
16:32Je ne sais pas.
16:33Je ne sais pas.
16:33Il nous rappelle il y a 15 ans
16:34et en même temps,
16:35avec une radicalité dans le discours nouvel,
16:38enfin nouvel,
16:39pas nouvel,
16:40mais en tout cas,
16:41renforcé sur la question identitaire.
16:43Parce qu'il se rapproche largement plus.
16:45Il était déjà proche, évidemment,
16:46mais il se rapproche du printemps républicain.
16:47Oui, voilà, c'est ça.
16:48Et d'ailleurs, il participe à des événements communs.
16:50Je crois qu'il a créé sa fondation
16:52avec laquelle il fait régulièrement intervenir
16:55Rachel Kahn et autres.
16:56Oui, tout ce qui est un peu
16:57Raphaël Enthoven,
16:58Caroline Fourest,
16:59toute cette sphère-là
17:01qui de base sont plus identifiées
17:02au centre-gauche,
17:03mais de plus en plus sont identifiées
17:04avec des gros racistes,
17:06il faut dire ce qu'il y a.
17:07Il y a un côté très réactionnaire,
17:09très anti-WOC, etc.
17:10Il y a vraiment une détestation de la gauche
17:12et surtout de la gauche un peu mélenchonienne,
17:14on va dire.
17:15Donc, il s'inscrit aussi là-dedans.
17:16C'est vrai qu'il y a cette sensibilité
17:17un peu printemps républicain
17:17qui existe en France.
17:21C'est vrai que plutôt,
17:22cette sensibilité-là,
17:23est-ce qu'il irait plutôt avec l'aile droite
17:25de la Macronie,
17:26plus avec quand même
17:28continuer à faire semblant d'être progressiste ?
17:30Il y a plein de questions qui se posent
17:31et toutes ces sensibilités
17:32dans le bloc central
17:33vont devoir un petit peu
17:34accorder leur violon
17:35et partir soit en rang séparé,
17:37soit s'unir d'une nouvelle manière.
17:38Mais c'est vrai que ça,
17:39c'est des choses,
17:39on va le voir dans les mois qui viennent,
17:41on va le voir d'ici 2027
17:42et après 2027,
17:43il va y avoir une grande restructuration
17:44a priori là-dedans.
17:45Ça, ça me paraît clair.
17:46Complètement.
17:46Et je voyais dans le chat,
17:47comme on mentionne notamment
17:48Jean-Pierre Chevènement,
17:49mais c'est vrai qu'il y a un peu en lien
17:50là aussi Jean-Pierre Chevènement
17:52avec son ministre de Gauche
17:54qui a depuis soutenu Emmanuel Macron
17:56mais qui se revendique plutôt souverainiste
17:58et là aussi dans une ligne républicaine dure,
18:02disons,
18:02même si une étiquette républicaine
18:03on peut tous la revendiquer évidemment
18:04et on mettra toutes ces choses différentes derrière.
18:06Mais sur cette question
18:08à la fois d'allier souveraineté économique,
18:11disons, protectionnisme
18:12et de l'autre côté
18:13une république forte sur ses valeurs,
18:15ses principes
18:16qui est un peu parfois restée coincée en 1905,
18:19mais c'est un peu ce courant-là,
18:21on va dire.
18:22Alors par contre,
18:22on parlait du printemps républicain,
18:24oui, il reprend quelque chose en France,
18:26en tout cas dans le paysage médiatique.
18:27Après, je me pose la question
18:28de ce qu'il représente électoralement.
18:29Oui, c'est plus ça.
18:30C'est une autre question.
18:31Je ne sais pas si ça a été testé dans les sondages,
18:33mais je pense que là,
18:35nous, vu qu'on regarde les médias,
18:37etc.,
18:37je pense qu'on grossit un petit peu leur importance.
18:39Mais je ne suis pas sûr
18:40qu'en termes d'impact citoyen,
18:42auprès des citoyens,
18:43je pense que ce n'est pas aussi fort.
18:44Surtout que dans le cas d'une présidentielle,
18:48pas tout le monde,
18:49mais c'est des thèmes qui restent assez secondaires
18:50par rapport à la politique économique à mener,
18:52le pouvoir d'achat,
18:53la vie économique concrète,
18:55micro-économique presque,
18:56j'ai envie de dire,
18:56des citoyens français.
18:58C'est vrai que toutes ces questions,
18:59c'est un peu des questions d'éditorialistes.
19:01Bon, je vois, j'ai envie de dire.
19:02Il faut dire ce qu'il y a.
19:03Mais ça a son importance,
19:04parce que, encore une fois,
19:05c'est un peu ce qu'on disait tout à l'heure.
19:06Parfois, il faut essayer aussi de penser
19:08comme un macronisme
19:08pour comprendre les restructurations à venir.
19:10Voilà, ça, je veux dire,
19:11toutes ces questions-là,
19:12représentées un peu
19:13par ce qu'on appelle
19:13le printemps républicain,
19:15ça reste des trucs
19:17qui sont assez centrales
19:18dans le positionnement
19:18des acteurs de ce bloc central-là.
19:21Et donc, même si électoralement,
19:22ça pèse pas pour grand-chose,
19:23c'est quelque chose
19:23qu'il faut garder dans un coin de la tête
19:24pour essayer de comprendre aussi
19:25comment ça pourrait évoluer à l'avenir.
19:29Ce que je te propose,
19:30c'est de passer au deuxième volet,
19:31Manuel Valls,
19:31c'est un peu comme le budget,
19:32on a le volet recettes,
19:34le volet dépenses.
19:34Donc là, on va passer au deuxième volet
19:35où là, pour parler un petit peu
19:36de la Nouvelle-Calédonie,
19:37donc là, c'est peut-être plus à toi
19:38que j'ai posé des questions,
19:39j'ai moins préparé le sujet.
19:40Il y a d'autres fois,
19:41ça sera l'inverse,
19:42je ramènerai mon sujet un peu plus.
19:44Mais oui,
19:44donc qu'est-ce qui s'est passé
19:45un petit peu là
19:46par rapport à la Nouvelle-Calédonie ?
19:47Donc juste, Manuel Valls
19:47était ministre des Outre-mer
19:48depuis maintenant Bayrou.
19:50Oui, il est revenu sous Bayrou,
19:51donc depuis le début de l'année,
19:53en gros, toute l'année 2025,
19:54c'était lui le ministre des Outre-mer.
19:55Et donc par rapport
19:56à la Nouvelle-Calédonie en particulier,
19:57avec ce projet de réforme constitutionnelle,
19:59avec encore un référendum
20:00qui avait dû être fait en 2024,
20:01qui n'a pas été fait en 2020,
20:02qui a été boycotté.
20:04À l'époque, d'ailleurs,
20:05c'était Sébastien Lecornu
20:06qui était ministre des Outre-mer.
20:07Donc est-ce que tu peux faire
20:08un tout petit résumé de la situation,
20:09déjà juste de la situation
20:10par rapport à la Nouvelle-Calédonie ?
20:11Et quel a été
20:14le rôle de Manuel Valls là-dedans ?
20:16Et en quoi c'est une bonne
20:17ou une mauvaise nouvelle
20:17que Manuel Valls se fasse
20:18virer comme un mal propre
20:19parce qu'il y a des politiciens
20:21qui ne voulaient pas de lui
20:21dans leur gouvernement ?
20:22Oui, un essai de prendre
20:24de la hauteur, disons,
20:25et encore une fois,
20:26sans être taxé de vallsiste,
20:28mais il essaie de montrer
20:30le travail qu'il a pu effectuer,
20:31bon ou mauvais,
20:32ça c'est à chacun de le juger
20:33encore une fois,
20:34mais c'est vrai que Emmanuel Macron,
20:36il est encore dans ma tête,
20:37Manuel Valls a notamment
20:39son actif l'accord de Bougival,
20:40donc l'accord de Bougival
20:41qui conclut avec les différentes
20:44forces politiques en Nouvelle-Calédonie.
20:46Il y a plusieurs points
20:47dans cet accord-là,
20:48on va le faire un petit peu rapidement.
20:49C'est son accord,
20:49c'est vraiment Valls
20:50qui l'a fait l'accord ?
20:51En tout cas, Valls a été
20:52à la manœuvre du côté
20:54des négociations.
20:55Et il a réussi à mettre
20:56un petit peu autour de la table
20:59autant indépendantistes
21:00que loyalistes.
21:01Voilà, c'est ça.
21:02Il y avait beaucoup de tensions,
21:04notamment sous Sébastien Lecornu,
21:05Sébastien Lecornu
21:06qui est largement rejeté,
21:07et encore aujourd'hui d'ailleurs,
21:08par les indépendantistes.
21:09Manuel Valls, lui,
21:10il a, par différentes manœuvres,
21:13évidemment ça mériterait
21:14une émission spéciale,
21:14mais il a tendu la main
21:17quelque part aux indépendantistes
21:18en disant,
21:19voilà, maintenant on va
21:20tout reprendre à zéro,
21:22vraiment on va tout mettre
21:23sur la table
21:23et on va trouver un accord
21:25qui va au maximum
21:26à tout le monde.
21:27Alors, évidemment...
21:27Donc il a fait quand même
21:28un peu avancer la situation
21:29par rapport à Lecornu en tout cas.
21:30C'est ça, par rapport à Lecornu,
21:32largement...
21:32C'est quoi de rôle d'époque
21:32où Valls fait mieux
21:34que son prédécesseur ?
21:34On se dit,
21:35oula, que s'il se passe ?
21:36Aïe, aïe, aïe,
21:37des temps troublés.
21:38C'est ça, on n'a plus de repères.
21:40Tout fout le camp,
21:41ma bonne dame.
21:42Et cet accord,
21:44il comporte plusieurs points.
21:46Il comporte plusieurs points.
21:48La création d'un État
21:49adossé à la Constitution française,
21:50donc un État néo-calédonien,
21:53un État kanaki,
21:55avec sa propre loi fondamentale,
21:58donc sa propre constitution.
22:01Bon, ça,
22:01ça sera un processus
22:02qui viendra après, évidemment.
22:04L'Assemblée constituante,
22:05peut-être quelque chose comme ça.
22:06C'est ça.
22:07Il y a la composition aussi
22:08d'une nationalité calédonienne,
22:10donc en plus de la nationalité française.
22:12Donc si j'ai bien compris,
22:13si ça n'a pas bougé depuis,
22:15les néo-calédoniens,
22:16les kanaki pourront avoir
22:18les deux nationalités.
22:19Donc en fait,
22:20c'est un pas à la fois
22:21vers une autonomie accrue,
22:22mais aussi potentiellement
22:23vers l'indépendance.
22:24Et c'est ce qui faisait hurler
22:26notamment les loyalistes.
22:27On se souvient de Sonia Bacchès,
22:29ex-ministre...
22:29Oui, macroniste du coup.
22:31Macroniste en plus.
22:32Donc ministre de Nouvelle-Calédonie.
22:34C'est ça, exactement.
22:35Et qui est députée d'ailleurs,
22:37si je ne me trompe pas.
22:39Et qui, elle,
22:39avait dénoncé justement cet accord
22:41parce qu'il trouvait
22:41qu'il était trop clément
22:42vis-à-vis des indépendantistes
22:44et qu'il ouvrait la voie
22:44à une indépendance
22:46dans les années à venir.
22:47En gros, en disant...
22:48C'est un peu le même argument
22:49que les réacs
22:50au moment de la PM1.
22:50en disant, mais si on accorde
22:52la PM1, il y aura la GDP1.
22:53C'était vraiment pas grand-chose.
22:54Il n'est pas du tout
22:55en train de programmer
22:56l'indépendance.
22:56Mais comme peut-être,
22:57éventuellement,
22:58il y a une porte ouverte
22:59qui irait plus dans le sens...
23:01Enfin, contre le sens des loyalistes,
23:03c'était déjà beaucoup trop pour eux.
23:04Exactement.
23:04Un peu de la même manière
23:05où juste augmenter la TVA
23:06sur les produits luxe à 33%.
23:07Pour la droite,
23:08c'est déjà quasiment le bolchevisme.
23:10Alors qu'en vérité,
23:10c'est rien, c'est que dalle.
23:11C'est ça.
23:12C'est exactement ça.
23:13Et donc, en fait,
23:13cet accord-là,
23:14bon, alors vraiment,
23:15j'ai fait les principaux points,
23:17mais il y a tout un ensemble de points.
23:18Il y a même un plan
23:19contre la vie chère, etc.
23:21Enfin, on ne va pas partir
23:22dans les micro-détails.
23:23Mais en gros,
23:23ce plan-là,
23:24il doit être voté
23:26via un référendum
23:27qui doit se tenir
23:28en février 2026.
23:29Et là où il y a un débat,
23:30notamment avec les indépendantistes,
23:31c'est que ce corps électoral,
23:32il va être restreint.
23:34Il y a tout un débat
23:34sur qui peut participer
23:36ou pas à cette consultation.
23:39Selon qui peut voter,
23:42forcément, ça va changer.
23:43Ça va changer le résultat
23:45parce qu'il y a la question
23:46de est-ce qu'on est
23:50habitant de la zone
23:51depuis un certain temps ?
23:52Est-ce que...
23:52Enfin, bref.
23:53C'était déjà la question en 2024.
23:55C'est le fameux gel
23:55du collège électoral
23:56qui faisait que s'il y avait
23:57un dégel du collège électoral,
23:59après, le référendum
24:00sur l'indépendance
24:00aurait été obligatoirement perdu.
24:04C'est justement,
24:04il faut trouver un petit peu
24:05l'équilibre
24:05pour que ça soit un petit peu
24:07représentatif des vraies sensibilités
24:08et du vrai rapport
24:09de force politique canaque
24:10pour qu'en cas de vote
24:12sur l'indépendance de la Kanakie,
24:14ça ne soit pas totalement déséquilibré
24:15pour des raisons démographiques récentes.
24:17C'est ça, c'est ça, exactement.
24:19Et là, la question
24:19qui va se jouer
24:21avec le départ de Manuel Valls,
24:23c'est que Manuel Valls
24:25s'est resté quand même
24:26malgré tout
24:26un interlocuteur considéré,
24:29disons,
24:29par toutes les parties.
24:30Par toutes les parties,
24:31même le FLNKS ?
24:32Même le FLNKS.
24:33Est-ce que tu peux rappeler
24:33ce que c'est que le FLNKS ?
24:34Oui, alors le FLNKS,
24:36c'est la plus grande composante
24:38des indépendantistes.
24:39C'est le Front de Libération Nationale
24:41Kanak et Socialiste.
24:43Voilà, c'est ça.
24:44Et qui a récemment
24:45quitté la table de Négo,
24:46mais le dialogue
24:47n'est pas totalement rompu
24:48malgré tout,
24:49en tout cas à l'époque
24:49de Manuel Valls.
24:50Oui, c'est ça.
24:51Ils observaient un peu
24:52avec l'intérêt
24:52ce qui se passait
24:53sans y prendre part,
24:54mais ce n'était pas
24:54dans un rejet total et absolu.
24:55C'est ça, exactement.
24:56Et donc, Manuel Valls,
24:58lui, parfois,
25:00essayait d'envoyer des signaux
25:01vis-à-vis des indépendantistes
25:03en disant, revenez autour de la table,
25:04on va discuter.
25:06Enfin bref,
25:06il tempérait parfois son discours.
25:08Là, avec le départ
25:09de Manuel Valls,
25:10d'abord,
25:11les loyalistes
25:12s'en frottent les mains,
25:13en particulier Sonia Bacchès,
25:14donc encore elle,
25:15et qui a notamment salué
25:17la nomination
25:18d'Enaïma Moutchou
25:20en disant,
25:21c'est une femme très compétente
25:22et de droite.
25:22Donc en fait,
25:23ça montre bien
25:24vers quelle partie,
25:27disons,
25:27va pencher.
25:28Les macronistes seraient de droite,
25:29c'est ce que tu es en train de dire.
25:30Intéressant, intéressant.
25:31Encore une fois.
25:33Et ce qui est intéressant,
25:34c'est que Sonia Bacchès
25:34n'a pas salué
25:35l'action de Manuel Valls
25:37au moment de son départ.
25:38Et alors,
25:39là où c'est...
25:40Donc on voit les loyalistes
25:41accueillir à bras ouverts
25:42la nouvelle ministre,
25:44et de l'autre côté,
25:44les indépendantistes
25:45à la fois déplorent
25:46Manuel Valls
25:46sans lui tisser des lois.
25:48Ou sans lui envoyer des fleurs,
25:49mais dire,
25:49ça allait être encore pire.
25:50Il y avait un tout petit peu de mieux
25:51et là,
25:51même ça,
25:52on ne l'a pas.
25:52Exactement.
25:53Et ce qu'il faut savoir...
25:53Notre consolation,
25:54déjà c'était Manuel Valls,
25:54c'est pas fou,
25:55mais en fait,
25:56même ça,
25:56c'est déjà trop quoi.
25:57C'est ça,
25:57rendez-nous Manuel Valls.
25:58Et ce qu'il faut savoir aussi,
26:00par ailleurs,
26:01c'est que les indépendantistes
26:02refusent de nouer tout dialogue
26:03avec Sébastien Lecornu.
26:04Ok.
26:05Donc en fait...
26:05Parce que Sébastien Lecornu,
26:07qui était ministre en 2024,
26:08a fait n'importe quoi,
26:09notamment avec ce fameux dégel
26:10du corps électoral,
26:11qui fait que le référendum de 2024
26:12a été totalement boycotté
26:13par les indépendantistes.
26:14C'est ça, exactement.
26:15Exactement.
26:15Il y avait déjà boycotté
26:16le précédent à cause du Covid.
26:17Oui, c'est ça.
26:18Donc c'est...
26:19C'est ça.
26:20Lecornu a essayé d'enfumer
26:21les canaques
26:21comme il a essayé d'enfumer le PS.
26:23Bon, ça a l'air de mieux marcher
26:23que le PS en l'occurrence,
26:24mais du coup,
26:25Emmanuel Valls,
26:25c'était quand même...
26:26C'était un certain progrès
26:27par rapport à Lecornu.
26:28Ouais, c'est ça.
26:28C'est ça.
26:29Donc en fait,
26:30là on voit que potentiellement,
26:32possiblement,
26:32on va revenir à la case départ,
26:34alors que ça fait des mois,
26:35des mois,
26:36des mois,
26:36des mois que ça traîne,
26:37pour ne pas dire des années,
26:46personne qui débarque complètement,
26:48qui découvre le sujet,
26:50qui n'a pas vraiment
26:51de réseau à droite, à gauche.
26:52Emmanuel Valls,
26:53de son côté,
26:54lui, voilà,
26:55qui est la mauvaise,
26:56forcément met de l'huile
26:57sur le feu de ce côté-là.
27:00Et donc voilà,
27:01on a du mal à imaginer
27:02comment le dossier peut être...
27:04Enfin, en tout cas,
27:04comment la discussion peut reprendre
27:06et comment le dossier
27:07peut vivre dans ce climat de tension,
27:11tout en sachant évidemment aussi
27:12qu'il y a un risque
27:13que le gouvernement tombe
27:14et que le processus soit...
27:16Les législatives anticipées
27:17et là,
27:17on remet toutes ces questions
27:18à plus tard, quoi.
27:19Sachant qu'il y a aussi le risque
27:20que la Kanaki s'embrase à nouveau
27:22comme en 2024.
27:23Je ne dis pas ça
27:24pour condamner les violences
27:25ou quoi que ce soit,
27:25ce n'est pas du tout mon discours.
27:27Mais bon,
27:28ces violences qui ont éclaté,
27:29elles ne venaient pas de nulle part,
27:30elles venaient d'une précarité
27:33grandissante en Kanaki.
27:34Et là,
27:35je crois que j'ai lu ça
27:36dans l'article que tu m'as envoyé,
27:37genre il y a eu un truc
27:37où une baisse de 13%
27:40de je ne sais plus quoi
27:40en termes de consommation.
27:41Ça veut dire que là,
27:42en fait,
27:42toute cette crise politique,
27:44parfois nous autres Français
27:45de métropole,
27:45on est en mode genre
27:46c'est la crise politique
27:47mais il va falloir aller plus loin dedans,
27:48c'est la politique, etc.
27:49Mais pour le coup,
27:50et c'est toujours pareil,
27:51c'est toujours les Français
27:51les plus fragiles
27:52qui sont le plus en bas
27:53de l'échelle sociale,
27:54on va dire,
27:54qui trinquent les premiers.
27:55Donc là,
27:55il y a presque cette idée
27:57que la Kanaki,
27:58c'est la victime collatérale
28:00et oubliée
28:00de toute cette instabilité politique,
28:02de toutes ces manœuvres de Macron
28:03qu'on menait à rien
28:03à part de la crise.
28:05Et donc du coup,
28:06étant donné qu'il y a encore
28:07une précarisation,
28:08une dégradation des conditions de vie
28:09des Kanaks
28:09à cause de tout ça,
28:11c'est pas impossible
28:11que ça repète un petit peu là-bas
28:12auquel cas,
28:13ça sera un vrai aveu d'échec
28:14de Macron finalement.
28:15Complètement,
28:16mais ce que tu citais,
28:17pardon,
28:18je l'ai sous les yeux.
28:19Ouais, c'est vrai
28:19que c'est un papier de l'Express
28:21d'Alexandra Saviana.
28:22D'ailleurs,
28:23je vous conseille son travail
28:24parce qu'elle suit
28:24la Nouvelle-Calédonie
28:25et c'est vraiment
28:26la journée la plus sérieuse
28:27sur le dossier.
28:28Et elle explique
28:28qu'en gros,
28:30l'Agence française de développement
28:31et l'Institut d'émission
28:32d'outre-mer
28:33révèle que le produit
28:34intérieur brut calédonien
28:35a chuté de 13,5% en 2024
28:38et c'est la pire récession
28:39du territoire
28:40depuis un demi-siècle.
28:42Un demi-siècle,
28:42oui,
28:42sachant que nous en France déjà,
28:43on est en genre
28:44la croissance stagne à 1%,
28:45c'est vraiment pas bon.
28:46Eux,
28:46c'est moins 15%,
28:48enfin moins 13% en un an.
28:49Ça serait sur Métropole,
28:50ça serait alors là,
28:51le coup de l'EU,
28:51on va être mis sous tutelle
28:52du FMI,
28:53etc.
28:54Là, pour le coup,
28:54on commencerait à en parler sérieusement.
28:55que font les marchés.
29:01leader calédonien,
29:02sans citer lequel,
29:03c'est sous le couvert d'un minimum
29:04mais qui dit
29:04la question n'est plus
29:05de savoir si ça va exploser
29:06mais quand,
29:07comment et sur quelle durée.
29:09Donc déjà,
29:09qu'on en est là
29:11sans ce bazar politique,
29:13sans ces négociations
29:14au point mort,
29:15qu'est-ce que ça va être
29:16si en plus,
29:17il y a une sorte
29:18d'instabilité répercutée,
29:21puissance 1000
29:22qui empêche toute discussion
29:24et toute avancée du dossier,
29:25dans un sens comme dans l'autre.
29:27Mais c'est vrai que
29:28la population canaque
29:29attend une marche
29:30vers l'autonomie,
29:32pourquoi pas vers l'indépendance.
29:33Là,
29:34alors qu'on les a déjà empêchés
29:36plusieurs fois
29:37de s'exprimer sur la question,
29:38si en plus,
29:39le sort fait que,
29:40le sort politique
29:41fait que le dossier est bloqué,
29:43oui,
29:44on peut imaginer
29:44que ça s'embrase
29:45puissance à 5000.
29:46C'est comme si
29:47les habitants des Outre-mer
29:48étaient toujours
29:49un petit peu
29:49un angle mort
29:50pour les Français métropolitains
29:52et en politique en particulier.
29:54Effectivement,
29:54d'ailleurs,
29:55on a assez peu parlé
29:55de ces histoires-là.
29:57Mais c'est vrai
29:57qu'on aurait pu en parler
29:58sur la tranche budget.
29:59C'est une micro-parenthèse,
30:01mais c'est vrai
30:02qu'il y a des députés
30:03ultramarins,
30:03notamment socialistes,
30:05communistes,
30:05qui ont lancé l'alerte
30:06en disant
30:07le grand perdant de ce budget,
30:08c'est les Outre-mer en particulier.
30:10Je n'ai plus exactement
30:10les chiffres en tête,
30:11mais il y a eu
30:11toute une communication
30:13autour de ça,
30:13des lettres ouvertes
30:14adressées à Sébastien Legornu.
30:16Legornu a répondu
30:17en disant
30:17je vais vous recevoir,
30:18on va discuter.
30:18Mais c'est vrai
30:19que la question des Outre-mer
30:21doit largement nous préoccuper
30:23parce que,
30:23oui,
30:24il y a des milliards de coupes
30:26alors que ces territoires
30:28ont largement besoin
30:30du soutien de l'État.
30:31Ce sont ceux
30:32qui, de base,
30:32sont les territoires
30:33les plus pauvres de France.
30:34Le département
30:34le plus pauvre de France,
30:35typiquement,
30:35c'est Mayotte.
30:36Souvent,
30:36on se dit
30:36c'est le 93.
30:37Et non,
30:38c'est Mayotte
30:38parce qu'on oublie
30:39tout le temps
30:40les Outre-mer
30:40quand on parle de ça.
30:41En France métropolitaine,
30:42effectivement,
30:43c'est le 93.
30:44Mais on voit bien
30:44que là-dessus,
30:45c'est un peu
30:46les éternels oubliés
30:47de la République française.
30:48Il n'y a rien de nouveau
30:48là-dedans.
30:49C'est l'état de fait
30:56dans quelque chose
30:57de cet ordre-là.
30:57Il n'y a rien
30:58de très étonnant.
30:59Mais c'est important aussi
31:00de continuer à parler
31:01de ce qui se passe en Kanaki,
31:02y compris à l'aune
31:03de notre crise de régime
31:05qui est en vérité
31:06quand même plus
31:06une affaire peut-être
31:07métropolitaine.
31:07Je ne sais pas
31:08si on peut le dire comme ça.
31:08Mais bon,
31:09vous m'avez compris.

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