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  • il y a 18 heures
"Il faut très vite que nous nous remettions à parler de la France, aux Français" : Gabriel Attal glisse-t-il vers l'extrême droite ?

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Transcription
00:00Il faut très vite que nous nous remettions à parler de la France aux Français.
00:05Encore une journaliste insupportable qui va voir des dogs whistle partout et qui va sortir sa phrase de son contexte.
00:09Gabriel Attal est juste en train de dire que les politiciens ont besoin de reparler aux Français d'un sujet
00:13qui a été trop longtemps oublié.
00:15La France.
00:15On a quand même encore le droit de parler de l'Italie aux Italiens, non ?
00:17Je vous arrête tout de suite, exemple choisi complètement au hasard.
00:19Ça, c'est des remarques que je vais forcément recevoir, donc je préfère les neutraliser dès maintenant.
00:23Il va falloir arrêter de faire comme si les responsables politiques parlaient au hasard.
00:27Il faut bien comprendre une chose, c'est que les discours politiques sont surtravaillés en amont, chaque mot est pesé,
00:32tout comme leur ordre ou leur intonation.
00:34Et ce travail-là, ça s'appelle la rhétorique, c'est une chose qui est absolument essentielle lorsqu'on fait
00:38de l'analyse politique.
00:39Il faut voir dans les discours et dans leur prononciation des manières très diverses d'influer en quelque sorte sur
00:44les opinions ou les inconscients collectifs.
00:46Si Gabriel Attal, comme vous adorez le dire, avait seulement voulu parler aux Français de la France, pourquoi ne pas
00:51l'avoir dit dans cet ordre-là ?
00:52Et pourquoi avoir insisté dans son intonation sur la France aux Français ?
00:56Il faut absolument sortir de cette espèce de naïveté, voire de naïvation, mot que je viens d'inventer, oui oui
01:01je vous l'accorde,
01:02mais qui désigne le fait de plaquer sur, en l'occurrence des responsables politiques, une espèce de naïveté qui en
01:07devient presque performative.
01:08Et qui en l'occurrence consiste à nous faire croire que quand Gabriel Attal prononce ces mots, il n'a
01:12aucune notion de leur portée symbolique ou historique.
01:15Sauf que si si, il sait.
01:16Il sait qu'en prononçant ces mots, il recycle non seulement un slogan, mais avec lui tout un imaginaire associé
01:22aux droits nationalistes, à l'action française,
01:24et plus généralement à toute une opposition symbolique entre d'un côté les vrais Français et de l'autre côté
01:28les autres.
01:29Il sait.
01:30Ce n'est ni un hasard, ni une dérive, c'est une stratégie consciente,
01:34qui consiste à faire résonner une petite musique bien familière à l'oreille de l'électorat du RN,
01:39qui reconnaît immédiatement ce type de formule et qui frétille à leur écoute.
01:43Il sait, tout comme Aurore Berger savait ce qu'elle remuait quand elle parlait de LFI comme un parti anti
01:48-France.
01:48Il y a quelques semaines d'ailleurs, je faisais une vidéo à propos de cette dérive pétainiste de la Macronie.
01:53Sommes-nous gouvernés par des responsables politiques étonnamment incultes,
01:56ou alors par des stratèges qui savent pertinemment qu'ils sont en train de normaliser l'extrême droite comme jamais
02:02auparavant ?
02:02La réponse est assez évidente et la conclusion reste la même.
02:05À force d'être repris par des responsables dits républicains,
02:08des mots et des formules qui autrefois étaient disqualifiés deviennent banals.
02:11Mais je vais même aller plus loin que la dernière fois,
02:13cette banalisation-là, elle ne repose absolument pas uniquement sur les gens qui prononcent ces mots,
02:19mais aussi sur tout un écosystème d'éditorialistes ou de commentateurs
02:23qui s'empressent de vider ces mêmes mots de leur sens.
02:25Vous surinterprétez, vous voyez le mal partout.
02:28En dépolitisant des mots qui sont fondamentalement et essentiellement politiques,
02:31ils dédouanent complètement ceux qui les utilisent,
02:34et ils transforment des signaux profondément idéologiques en simples malentendus.
02:38Petite remarque au passage, les mêmes personnes qui nous disent qu'on surinterprète des mots
02:41qui ont bien été prononcés sont les mêmes qui créent des scandales sur des mots
02:45qui, eux, ne l'ont jamais été.
02:46Je pense par exemple à Balibagayoko, à qui on a reproché d'avoir parlé de la ville des Noirs
02:51alors qu'il avait parlé de la ville des Rois et du Peuple.
02:53Bref, ceux qui nomment le problème sont excessifs,
02:56en revanche, ceux qui le produisent sont raisonnables.
02:58Pas mal, non ?

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