00:00A voter !
00:02C'est l'une des conséquences majeures de la guerre en Ukraine sur notre quotidien ici en France,
00:07la nouvelle hausse du prix des carburants.
00:09A la pompe, le gazole, le Super 95 et le Super 98 atteignent aujourd'hui 2 euros le litre,
00:15soit 50 centimes plus cher que lorsque les gilets jaunes avaient pris la rue et les ronds-points en 2018.
00:20Un problème de pouvoir d'achat auquel le gouvernement n'a trouvé qu'une seule réponse,
00:24une petite ristourne de 15 centimes d'euros par litre,
00:26accordée à tous les français, du plus pauvre au plus riche, qu'ils roulent en Twingo ou en Land Rover.
00:32Pourtant, l'essence est clairement une question de fracture sociale.
00:35C'est mathématique.
00:36Plus les revenus d'un foyer sont modestes, plus la part des dépenses consacrées au carburant pèse dans le budget.
00:42Si le prix augmente, les fins de mois sont donc plus difficiles,
00:45obligeant les moins aisés à se priver de déplacement, de loisirs, voire même de nourriture.
00:50Mais c'est aussi un sujet de fracture territoriale.
00:52Les premières victimes de la hausse sont les personnes qui vivent loin des centres urbains,
00:56dotés de transports collectifs.
00:58Ces français n'ont d'autre choix que de prendre leur voiture pour aller travailler,
01:01faire des courses ou encore déposer les enfants à l'école.
01:04A l'approche du premier tour de la présidentielle, la problématique agite le débat.
01:07Enfin, le débat, de débat il n'y en a pas vraiment et c'est bien le problème
01:11parce que le pouvoir d'achat est tout simplement la préoccupation numéro 1 de 53% des français.
01:16Alors, comment lutter contre la flambée des prix ?
01:19C'est loin d'être simple, mais les différents candidats à l'Elysée mettent leurs propositions sur la table.
01:23Des solutions que l'on peut classer dans 4 catégories.
01:26Option 1, c'est faire un chèque compensatoire.
01:28C'est l'idée du président candidat Emmanuel Macron que l'on vient d'évoquer.
01:31Une remise de 15 centimes à la pompe remboursée par l'État aux pompistes.
01:35L'écologiste Yannick Jadot propose lui une variante plus ciblée.
01:39Un chèque annuel de 400 euros pour 6 millions de personnes, les moins riches.
01:43Une mesure qui permettrait seulement de neutraliser, grosso modo, pour les moins riches,
01:47un surcoût de 50 centimes.
01:49Pour 15 autres millions de personnes, il propose un chèque de 100 euros.
01:52L'option 2, c'est la baisse des taxes qui représente à elle seule 60% du prix de l
01:57'essence.
01:58Une façon de rendre aux Français de l'argent que l'État a perçu de façon disproportionnée
02:02du fait de l'envolée des prix.
02:03La proposition est plébiscitée à divers degrés par Fabien Roussel, Anne Hidalgo, Valérie Pécresse
02:08et Marine Le Pen.
02:09Cette option qui prive l'État de recettes et qui fait in fine payer la note aux contribuables
02:14ne vaut que si elle s'articule avec les deux options suivantes.
02:17Les voici.
02:17L'option numéro 3 consiste à taxer les profits des pétroliers.
02:21C'est profiteur de la crise comme les appelle le communiste Fabien Roussel.
02:24Vous devez le vivre, la station d'essence, c'est le seul endroit où on tient le pistolet
02:28et où on se fait braquer.
02:30Ce dernier demande à Total, qui a quand même réalisé 16 milliards d'euros de bénéfices
02:34en 2021, de baisser lui-même les prix.
02:36Sinon, il promet, je cite, de taxer 100% des dividendes.
02:41Enfin, dernière option, le blocage des prix pour faire payer la facture aux pétroliers.
02:45Fabien Roussel propose de les bloquer à 1,70€ le litre, Jean-Luc Mélenchon à 1,40€
02:50et Éric Zemmour à 1,80€.
02:52Une mesure possible par un simple décret qui a déjà été utilisé pendant la crise du
02:56Covid pour limiter l'inflation du prix des masques et du gel hydroalcoolique.
02:59Bref, des produits essentiels pour le quotidien des Français durant la pandémie.
03:02Et il faudrait être fou pour oser prétendre aujourd'hui que l'essence n'est pas un bien
03:07de première nécessité.
03:34Sous-titrage Société Radio-Canada