- il y a 4 minutes
Commémorations, Gaza, Liban… Rosa Moussaoui revient sur l'attentat du 7 octobre 2023 et le chaos que connaît le Moyen-Orient depuis.
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NewsTranscription
00:00Et bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur la chaîne Twitch de l'Humanité.
00:03On est le 7 octobre, on a prévu un live un peu spécial aujourd'hui, une édition un peu spéciale.
00:09Une édition spéciale d'ailleurs qui s'inscrit un peu dans toute l'initiative du journal,
00:13à la fin dans le quotidien, à la fin dans le magazine et donc sur internet.
00:15Pour discuter de ça, bonjour Rosa.
00:17Salut Théo.
00:18Comment tu vas ?
00:19Ça va, merci, et toi ?
00:20Très bien, très bien.
00:22Alors on a préparé plein de choses, on va revenir assez en longueur sur
00:26qu'est-ce qui s'est passé depuis un an, qu'est-ce qui s'est passé depuis le 7
00:28octobre 2023.
00:30Mais avant, ça nous semblait important de faire un petit point sur la situation au Proche-Orient.
00:33Qu'est-ce qui s'est passé ces quelques derniers jours ?
00:36Est-ce que tu peux nous raconter, est-ce que tu peux nous expliquer ?
00:38En fait, ce qui s'est passé ces dernières semaines et ces derniers jours,
00:42c'est que le gouvernement de Benjamin Netanyahou, qui est donc en guerre à Gaza depuis un an,
00:48a décidé de déporter le centre de gravité de la guerre vers le nord,
00:53vers ce qu'ils appellent le front nord, où opérait le Hezbollah,
00:58qui est un groupe armé libanais, mais qui est aussi un mouvement politique
01:03ayant des représentants dans les instances libanaises,
01:07et qui était entré dans une forme de réponse au gouvernement israélien
01:13en ouvrant un front au nord, tant que les Israéliens opéraient à Gaza.
01:19Ce n'est pas seulement ça le problème, le Hezbollah était aussi déployé,
01:28disons, dans toute la bande sud du Liban, entre la frontière avec Israël,
01:33la ligne bleue et le fleuve Litanie, depuis extrêmement longtemps.
01:38En fait, ce mouvement s'est constitué au moment de l'occupation israélienne du sud Liban,
01:44à partir de 1982, quand les Israéliens sont entrés au Liban.
01:47Donc c'est un mouvement politique armé qui s'est constitué en résistance à l'occupation israélienne.
01:56Donc voilà, c'est plusieurs problématiques qui s'enchevêtrent.
02:00Ce mouvement, il est aussi lié à l'Iran.
02:07Et donc ce que cherche aussi Benyamin Netanyahou en déportant le centre de gravité de la guerre au nord,
02:13c'est à précipiter une confrontation avec l'Iran, dans laquelle évidemment il entraînerait son grand allié américain.
02:20Donc on se retrouve dans une situation où il y a eu toute l'affaire des beepers.
02:24On avait fait une émission là-dessus, qui avait visé les principaux cadres du Hezbollah,
02:30avec des beepers piégés, des Tokyo Hockey piégés, pour essayer de mettre à bas l'organigramme de cette organisation.
02:36Et dans la foulée de cette opération, il y a eu une offensive armée israélienne,
02:44ciblant en fait des positions du Hezbollah, par des bombardements,
02:50par désormais des incursions aussi terrestres en territoire libanais,
02:55et puis un pilonnage de la banlieue sud de Beyrouth, la capitale du Liban,
03:02officiellement pour cibler des positions du Hezbollah.
03:05Mais la banlieue sud de Beyrouth, ce n'est pas seulement un fief du Hezbollah,
03:09c'est aussi une zone résidentielle, densément peuplée,
03:13dans laquelle se trouvent des populations diverses,
03:16qui ont dû fuir en masse ces bombardements israéliens extrêmement violents,
03:21qui ont abouti entre autres à l'assassinat de Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah.
03:26– Tu disais effectivement qu'ils bombardent la banlieue sud de Beyrouth,
03:30est-ce que ce n'est pas un peu la même rhétorique
03:32quand ils disent on cible des responsables du Hamas à Gaza ou en Cisjordanie ?
03:36En fait ils justifient comme ça, alors qu'effectivement là aussi c'est beaucoup de civils,
03:40beaucoup de pertes civiles, est-ce que c'est un peu la même rhétorique
03:42et la même stratégie pour le Liban ?
03:44– Je crois que c'est exactement la même rhétorique et exactement la même stratégie,
03:49avec une volonté effectivement de cibler des organisations désignées comme ennemies,
03:55mais sans égard pour les vies civiles, et le cynisme va encore plus loin.
04:00Nous on avait traduit, souviens-toi il y a quelques mois,
04:02une enquête de nos confrères israéliens du magazine Plus 972,
04:07qui avait révélé l'usage par l'armée israélienne d'une intelligence artificielle
04:13qui s'appelle Lavender, et en fait Lavender, à partir du profilage d'un certain nombre
04:22de palestiniens désignait des cibles, et avec une règle qui était qu'en fonction
04:28de la position de la cible, de la position supposée de la cible dans l'organigramme du Hamas,
04:34définissait en fait un nombre de victimes civiles acceptable.
04:38Du style on peut cibler 20 civils pour une cible de barran,
04:43et puis pour une cible de oran, plusieurs centaines de morts civiles peuvent être acceptables.
04:49Et donc là on voit bien que la stratégie déployée au Liban est de même nature,
04:54c'est-à-dire qu'on peut faire s'effondrer des immeubles entiers
04:58dans lesquels vivent des populations civiles, au prétexte de toucher une cible du Hezbollah.
05:05Donc on est effectivement exactement dans les mêmes logiques,
05:09la même rhétorique et les mêmes stratégies.
05:12C'est la rhétorique de la guerre contre le terrorisme, on l'a vu aussi déployée ailleurs.
05:18Cette guerre contre le terrorisme, depuis maintenant plus de 20 ans partout dans le monde,
05:24elle a coûté la vie à des centaines de milliers de civils,
05:28sans pour autant rendre le monde plus sûr, bien au contraire.
05:33Elle a plongé des parties entières du monde dans des formes de chaos extrêmement dangereuses.
05:38Et donc voilà, on assiste au fait que le gouvernement israélien est dans cette fuite en avant,
05:45qui en fait non seulement ne rend pas la vie des Israéliens plus sûre,
05:50mais conduit en fait toute la région dans une espèce de guerre étendue et sans fin,
05:59puisqu'on ne voit pas bien quels sont aujourd'hui les buts de guerre du gouvernement Netanyahou.
06:05Ça fait depuis longtemps qu'on parle d'un risque d'escalade, d'un risque d'embrasement.
06:09Est-ce qu'on peut dire que là, ça y est, l'embrasement a eu lieu ?
06:12Je crois qu'on y est déjà.
06:14On l'a vu avec la réplique iranienne et l'attaque de missiles lancées sur le territoire israélien.
06:22Les États-Unis, comme Israël, sont en train de préparer la réponse à cette attaque iranienne.
06:32Et en fait, on n'est plus dans l'escalade.
06:33On est déjà dans une forme de guerre régionale dont les implications sont aujourd'hui inconnues.
06:40On parle aussi d'une région qui est nucléarisée.
06:43On sait qu'Israël détire l'arme atomique.
06:46On sait que du côté iranien, il y a un programme de recherche pour se doter de l'arme atomique.
06:52Donc, on est dans un engrenage extrêmement dangereux, pas seulement pour la région, mais pour l'ensemble de la planète.
06:58Tu disais, au Liban, il y a eu les explosions des beepers, il y a eu des bombardements, il y
07:04a eu des incursions terrestres, notamment avec des chars.
07:05Est-ce qu'on a une idée du bilan actuel ? On en est où ? Au niveau de la
07:10destruction aussi, on parlait du sud de la banlie de Beyrouth, on en est où ?
07:14On en est à plusieurs milliers de personnes tuées, à de très nombreux blessés, à des centaines de milliers de
07:20personnes déplacées, avec un bilan qui s'alourdit chaque jour, mais qui a un bilan déjà extrêmement lourd.
07:29Je voyais qu'il y a effectivement beaucoup de déplacés qui fuient vers la frontière avec la Syrie.
07:34Mais j'imagine que ce n'est pas non plus une situation hyper sûre pour eux.
07:39En fait, on les voit un peu bloqués entre la Syrie d'un côté et Israël de l'autre.
07:42Vers où fuient les Libanais et les Libanaises ?
07:44Ils tentent de se mettre à l'abri là où ils peuvent.
07:48Tout le monde ne peut pas se déplacer non plus.
07:51Il y a aussi des personnes âgées, des malades, des familles.
07:55On a vu certains Libanais, et ça c'est très ironique, fuir vers la Syrie, passer la frontière alors qu
08:02'il y a peu de temps encore,
08:03c'était plutôt des Syriens qui venaient se réfugier au Liban.
08:07Le Liban a dû subir aussi le poids de la guerre en Syrie, avec des centaines de milliers de Syriens
08:18qui étaient réfugiés au Liban.
08:20Et puis, c'est évidemment extrêmement compliqué de fuir vers l'Europe, mais il faut parier sur le fait que
08:28cette nouvelle guerre va créer de nouveaux afflux de réfugiés en provenance du Moyen-Orient.
08:36Merci pour ce petit point un peu d'actualité, Rosa.
08:38On va un peu maintenant discuter, enfin c'est forcément lié, mais avec toute l'initiative de l'humanité qui
08:42a développé aujourd'hui,
08:43mais en fait déjà vendredi dernier, il y a déjà eu un numéro spécial.
08:47Je vous propose de regarder la une de l'humanité de ce matin.
08:51Hop, elle est là.
08:53Donc vous voyez le numéro spécial 7 octobre.
08:54La paix n'est pas une utopie.
08:56Pourquoi vous avez choisi ce titre ?
08:59Pourquoi vous avez choisi cette image ?
09:00Je regardais un peu, j'ai fait le tour des unes ce matin.
09:03En fait, la plupart choisissent des images de destruction, voire des images du 7 octobre 1823 dans les kibbutz, etc.
09:11Pourquoi à l'humanité, on a fait ce choix d'une image et de ce mot fort de la paix
09:16?
09:17Alors, je voudrais parler de l'image d'abord, parce que c'est une image qui a toute une histoire.
09:21Elle a été créée par un artiste israélien qui s'appelle Anok Piven.
09:25Et en fait, il a créé cette image pour le Joint Memorial,
09:28qui commémore toutes les victimes israéliennes et palestiniennes du conflit.
09:33Mais déjà, depuis avant le 7 octobre, depuis une vingtaine d'années,
09:37les espaces dans lesquels Israéliens et Palestiniens peuvent se parler sont devenus extrêmement rares.
09:44Et là encore, ça date d'avant le 7 octobre.
09:47Et ce Joint Memorial, en fait, il rassemble des parents, des proches de victimes palestiniennes et israéliennes
09:53qui se battent pour la paix et pour lesquelles la seule issue, c'est une paix juste et durable
09:59avec la création d'un État palestinien dans les frontières de 67, avec Jérusalem-Est comme capitale.
10:05Et ça nous paraissait important de donner à voir un peu ce que racontent des Israéliens
10:15qui ne partagent pas cette logique de guerre sans fin de Benyamin Netanyahou.
10:20Donc c'était aussi leur donner la voix à eux que l'on n'entend pas ou trop peu.
10:25Et cette image, elle est chargée de sens.
10:28En fait, cet arbre, il le figure avec des allumettes brûlées.
10:34C'est aussi une référence aux incendiaires qui sont en train de brûler toute une région.
10:40Ça peut évoquer l'olivier aussi, qui est l'arbre un peu symbole de la rive sud de la Méditerranée.
10:47Ces oliviers palestiniens sur les terres palestiniennes que brûlent chaque jour les colons israéliens.
10:54Et puis ces feuilles qui reverdissent au milieu d'un champ de ruines, de destruction.
11:02Donc elle a plein d'entrées possibles, cette image.
11:06Et ça nous paraissait important de donner à voir ce message-là sur le plan graphique.
11:13Et puis ensuite, comme je te le disais tout à l'heure, la région est aussi prisonnière d'incendiaires
11:19qui veulent l'entraîner dans des logiques de guerre sans fin.
11:22Et on vit aujourd'hui dans un monde où la question de la paix a été complètement, complètement évacuée du
11:28débat public
11:29avec des gens qui en permanence appellent à la mort, à la destruction, à la vengeance,
11:35à des cycles de vengeance et de guerre sans fin.
11:40Or, nous à l'humanité, c'est un peu dans notre ADN.
11:43Je rappelle que notre fondateur Jean Jaurès a été assassiné en 1914 parce qu'il était opposé à l'entrée
11:49de la France en guerre
11:51et il entrevoyait l'horreur de la Première Guerre mondiale.
11:56Et donc cette question de la paix, elle est dans notre ADN.
11:59Et on est, nous, déterminés, ça fait partie de nos engagements éditoriaux,
12:04à affirmer que des chemins de paix existent partout, même sous le régime de guerres atroces.
12:12Il faut penser des réponses diplomatiques, il faut penser des réponses de paix.
12:16Et c'est un peu ça qu'on voulait affirmer à l'occasion de ce 7 octobre.
12:20Et tu disais, effectivement, le mot paix a un peu disparu du débat public et du débat médiatique.
12:25Je te disais, quand on regarde les unes des différents journaux,
12:27en fait, il n'est marqué nulle part, le mot paix,
12:29alors qu'on pourrait penser que ça devrait être le maître mot, aujourd'hui, de la société civile.
12:36Mais bon, ça en est absent.
12:39Tu le disais tout à l'heure, l'extension du conflit à toute la zone est un peu incontrôlable.
12:49On ne sait pas très bien jusqu'où ça va mener.
12:51Mais en fait, ça correspond aussi à une vision d'Israël,
12:54de l'extrême droite israélienne, notamment de Benyamin Netanyahou,
12:58de Benyamin Netanyahou, mais pas que.
12:59Je te propose de regarder un petit extrait.
13:03Alors, il est là, du ministre des Finances d'Israël,
13:10Bezalel Smotrich.
13:11C'est pas ça.
13:13Alors non, c'est celui-là, voilà.
13:15C'est le ministre des Finances d'Israël qui explique ce que c'est que le grand d'Israël.
13:21C'est le ministre du ministère d'Israël qui explique ce que c'est un petit extrait.
13:26C'est le ministre des Finances d'Israël qui explique ce que c'est vrai.
13:29C'est le ministre des Finances d'Israël qui explique ce que c'est un petit extrait.
13:51Elle inclut les territoires palestiniens, mais aussi des territoires en Jordanie, en Syrie, au Liban, en Irak, en Égypte ou
14:01encore en Arabie Saoudite.
14:03Une vision certes radicale, mais admise dans le débat public.
14:08Je vais revenir un peu avant sur cette carte, parce qu'elle est assez intéressante cette carte en fait.
14:11On voit bien que dans le projet du Grand Israël et de l'extrême droite israélienne, il y a le
14:16Liban, il y a la Syrie, il y a la Jordanie,
14:18il y a une partie de l'Arabie Saoudite et de l'Irak.
14:21Aujourd'hui, est-ce que ce qu'on voit, tout le conflit au Liban, au Proche-Orient, est-ce que
14:26c'est une preuve de ce projet de Grand Israël, de l'extrême droite israélienne ?
14:31Écoute, c'est un projet que l'extrême droite israélienne revendique, elle est aujourd'hui au pouvoir.
14:37Bezalef Smotrich, c'est une des figures aujourd'hui du gouvernement Netanyahou, c'est un extrémiste, un fanatique.
14:44C'est quelqu'un qui s'est opposé à l'époque lorsque Ariel Sharon a décidé du retrait, du démantèlement
14:51unilatéral des colonies à Gaza.
14:53C'était opposé en fait au démantèlement de ces colonies et c'est quelqu'un qui effectivement a une vision
15:00complètement expansionniste.
15:01Mais d'une certaine manière, tout projet colonial a cette dimension expansionniste.
15:08Et ce qui se joue aujourd'hui au Liban, on peut imaginer que les plus radicaux, dans les franges les
15:18plus radicales du pouvoir israélien,
15:20envisagent de réoccuper pourquoi pas le sud-Liban.
15:24C'est des tentatives, c'est une configuration qui a existé et ils imaginent pouvoir reconquérir au moins une partie
15:33du Liban.
15:34Mais effectivement, parmi les plus fanatiques du gouvernement Netanyahou, certains ne dissimulent absolument pas ces projets d'expansion coloniale.
15:47Il faut rappeler qu'Israël aujourd'hui occupe illégalement les territoires palestiniens, non seulement Gaza, mais aussi la Cisjordanie, mais
15:58aussi Jérusalem-Est.
15:59Ces territoires-là ne sont absolument pas reconnus par les résolutions de l'ONU comme étant des territoires israéliens.
16:06Ils sont reconnus comme des territoires illégalement occupés et dont devraient se retirer les forces israéliennes, dont devraient se retirer
16:18Israël.
16:19Et d'ailleurs, la Cour internationale de justice a réaffirmé récemment, dans un arrêt un peu plus,
16:26a réaffirmé que cette occupation était illégale, comme sont illégales les colonies,
16:31qui se sont multipliées de façon exponentielle sous le pouvoir de Benjamin Netanyahou.
16:38Jamais on n'avait autant construit de colonies en Cisjordanie, à Jérusalem-Est.
16:43Et c'est aussi le moyen principal d'annexer des territoires entiers.
16:49En réalité, aujourd'hui, la Cisjordanie, il n'y a pas vraiment de continuité territoriale.
16:54C'est vraiment des îlots palestiniens au milieu de colonies israéliennes,
16:59avec un réseau de routes différenciées, avec une organisation du territoire
17:05qui est vraiment faite pour les colonies et pour enfermer les palestiniens
17:13dans des espèces de petites enclaves territoriales, séparées les unes des autres,
17:18sous contrôle de l'armée israélienne.
17:21Donc cet expansionnisme, il s'exprime déjà dans l'occupation,
17:26il se déploie déjà dans l'occupation des territoires palestiniens.
17:29Et s'agissant de Gaza, par exemple, on voit bien comment, aujourd'hui,
17:35Israël veut réoccuper, en fait, l'occupation en réalité n'a jamais cessé.
17:40La puissance administrante, c'est Israël, mais veut recoloniser une partie de la bande de Gaza
17:45avec, de la part de ses extrémistes, le projet, en fait, pour l'instant, l'Égypte tient,
17:51mais le projet de repousser les populations, vider, en fait, les territoires palestiniens,
17:58des palestiniens, comme ça a pu être fait en 1948 au moment de la Nakba,
18:03où on a chassé des palestiniens de leurs terres pour pouvoir les annexer, les coloniser.
18:10Il y a de la part de Bezalel Smotrich, mais aussi d'autres figures du gouvernement israélien,
18:15Itamar Ben Gvir et bien d'autres, la volonté, en fait, de se débarrasser des palestiniens,
18:21d'entreprendre des opérations de nettoyage ethnique en Cisjordanie, à Gaza,
18:27pour annexer de manière définitive ces territoires-là.
18:31Dans notre chat, il y a Moumal qui dit que c'est un impérialisme religieux.
18:35Est-ce qu'on peut résumer cette situation à ça ?
18:37Est-ce que ce n'est pas un petit peu simpliste ?
18:40Ou est-ce que ce n'est pas mettre de côté, finalement, beaucoup d'autres enjeux ?
18:43Alors, pour moi, la question, elle n'est pas religieuse.
18:46C'est vraiment un projet colonial qui se déploie au Proche-Orient.
18:51Avec l'appui des États-Unis, il faut aussi parler du rôle stratégique des États-Unis dans cette région.
18:57En fait, Israël est un peu le poste avancé de l'impérialisme américain dans cette région-là.
19:06Et rien ne se fait dans cette région sans l'aval des États-Unis.
19:09Moi, je ne suis pas du tout d'accord avec les discours consistant à dire que Benjamin Netanyahou tord le
19:16bras à Biden,
19:17tord le bras aux États-Unis, etc.
19:18Pas du tout. Il y a des hauts-gradés américains qui siègent à l'état-major de l'armée israélienne,
19:26qui donnent leur feu vert.
19:27Ce sont les États-Unis qui livrent les bombes qui sont aujourd'hui larguées par l'aviation israélienne.
19:35Ce qui se joue aussi dans l'extension régionale du conflit.
19:38C'est la confrontation, jusqu'ici indirecte, mais qui menace de devenir directe,
19:44entre les États-Unis et l'Iran,
19:46parce que les États-Unis refusent de voir l'Iran s'affirmer comme puissance régionale.
19:53Les États-Unis sont alliés dans cette région à d'autres puissances,
19:57comme l'Arabie saoudite, comme Israël, comme les pétromonarchies du Golfe, etc.
20:05Donc, il faut vraiment le voir.
20:08Pour moi, la grille de lecture la plus valable, c'est la grille de lecture coloniale,
20:14et c'est la grille de lecture qui met en lumière les intérêts stratégiques
20:19que les États-Unis défendent dans cette région.
20:22C'est vraiment là-dessus qu'il faut mettre le focus.
20:24La question religieuse, elle vient couvrir ces motifs-là.
20:31Et bien sûr que dans le gouvernement israélien,
20:35il y a des fanatiques, des millénaristes,
20:40qui affirment des motifs religieux.
20:42Mais il me semble que ces motifs religieux servent de prétexte
20:46à la justification de ce projet colonial, de cet expansionnisme.
20:52Il y a une autre question de l'abribu dans le jardin,
20:53alors qu'il y a un peu long, je ne vais peut-être pas aller au bout.
20:55Les conditions de la paix sont-elles réunies ?
20:57Nous en sommes très loin pour des raisons géostratégiques,
20:59pour des raisons politiques en Israël, dans le monde arabe, en Europe,
21:01pour des raisons génocidaires.
21:02Et de haine sans fin, l'histoire n'a pas démarré le 7 octobre 2023.
21:05Est-ce que tu es d'accord avec cette analyse ?
21:07Est-ce que les conditions de la paix sont-elles réunies ?
21:10Ben non, les conditions ne sont pas réunies.
21:12Qu'est-ce que tu penses de ça ?
21:14Je pense qu'il faut les conditions de la paix,
21:16il faut y travailler, il faut les imposer.
21:21Dans ce qu'on a publié la semaine dernière,
21:23il y a un entretien très intéressant de Sylvain Sipel,
21:25qui est un journaliste spécialiste du Proche-Orient,
21:28qui explique qu'en fait la solution ne viendra pas de l'intérieur d'Israël,
21:33que les choses y sont trop verrouillées,
21:35et que ça viendra de l'extérieur.
21:37Et moi, je crois en fait à l'idée qu'il faut imposer des sanctions,
21:43il faut imposer un embargo sur les armes.
21:45Alors, on voit bien là, ce week-end,
21:48le sort fait par Benyamin Netanyahou et Emmanuel Macron,
21:52qui a osé affirmer qu'il fallait cesser de livrer les armes utilisées à Gaza.
21:58Il s'est effectivement assez vite rétracté,
22:01mais je crois qu'on est sur le bon chemin.
22:02C'est-à-dire que pour arrêter cette guerre,
22:05un, il faut stopper les livraisons d'armes,
22:07deux, il faut sanctionner le régime israélien pour les crimes de guerre
22:10qui sont commis aujourd'hui à Gaza et au Liban.
22:14Et de ce point de vue-là, la justice internationale s'est saisie de ces questions.
22:18Non seulement la Cour internationale de justice,
22:21on évoquait tout à l'heure les arrêts qu'elle a rendus
22:23sur l'illégalité de la colonisation et de l'occupation,
22:26mais elle a aussi, à la demande de l'Afrique du Sud,
22:29ouvert une procédure sur la question du génocide,
22:32avec des mesures conservatoires qui ont été ordonnées
22:36par la Cour internationale de justice,
22:38qui a demandé à Israël de tout faire pour empêcher la commission
22:41d'un crime de génocide à Gaza,
22:46de tout faire aussi pour empêcher l'incitation au génocide à Gaza.
22:50Donc ça, c'est une procédure,
22:52elle se prononcera définitivement, peut-être dans plusieurs années,
22:55mais c'est quelque chose d'un peu nouveau.
22:58Et puis, il y a aussi la procédure en cours à la Cour pénale internationale
23:02qui pourrait délivrer des mandats d'arrêt.
23:05En tout cas, le procureur de la CPI a demandé la délivrance de mandats d'arrêt
23:09contre des dirigeants politiques et militaires israéliens
23:14pour accuser, disons, de crimes de guerre à Gaza.
23:20Donc il y a ces procédures judiciaires, etc.
23:23Et puis, on est aussi dans une configuration
23:25où il y a des complaisances, des complicités occidentales,
23:30mais le reste du monde s'élève contre ce qui est en train de se produire à Gaza,
23:36ce qui est en train de se produire au Liban.
23:39Je ne sais pas si tu as vu ces images de Netanyahou intervenant
23:42à la tribune des Nations Unies.
23:44Lorsqu'il a pris la parole, il a parlé devant des travées vides
23:48parce que la plupart des délégations ont décidé de boycotter son discours
23:52et de sortir en signe de protestation contre sa politique d'anéantissement à Gaza.
24:01Donc le monde ne se résume pas aux puissances occidentales.
24:06Il y a des pays du Sud, du Sud global, qui ont un poids grandissant.
24:12Aujourd'hui dans le monde, les institutions multilatérales
24:16ne reflètent pas forcément cet état du monde
24:20qui est de plus en plus multipolaire,
24:22mais les choses sont en train de bouger, sont en train d'être bousculées.
24:26Et on a des précédents historiques.
24:28Le régime d'apartheid en Afrique du Sud,
24:31il a fini par tomber parce qu'il y a eu une mobilisation
24:36des formes de solidarité internationale
24:39qui se sont exprimées partout dans le monde
24:41pour la libération de Mandela, pour la fin du régime d'apartheid,
24:44qui ont fini par contraindre les états à prendre des sanctions
24:47contre le régime d'apartheid, des sanctions économiques,
24:50un embargo sur les armes,
24:51et ça a contribué à faire chuter le régime d'apartheid.
24:54Donc, je serais tentée de dire que tout est fait pour nous déprimer,
25:03pour nous expliquer qu'il n'y a pas d'issue possible,
25:06que la paix est impossible dans cette région,
25:08qu'on serait sous le régime de guerre sans fin, perpétuelle, etc.
25:14Non, il y a des solutions diplomatiques
25:17et il faut que des états sous la pression,
25:22des peuples sous la pression des citoyens,
25:24s'engagent à mettre sur la table ces solutions diplomatiques
25:27et obligent l'état d'Israël à mettre fin à ces crimes
25:34et obligent aussi l'état d'Israël à reconnaître
25:40que cette terre n'est pas pour un seul peuple.
25:44Non, ce n'est pas vrai.
25:46Cette terre est aussi la terre des Palestiniens.
25:51Il y a des solutions qui ont été envisagées à deux états,
25:56peut-être d'autres solutions, mais elles existent,
25:59elles sont réfléchies, pensées.
26:02Il faut mettre en œuvre ces solutions
26:03qui vont permettre au peuple palestinien
26:06que son droit à l'autodétermination
26:09soit enfin reconnu et appliqué.
26:12Et ça passe, par exemple, en France,
26:15par la reconnaissance d'un état palestinien.
26:18D'ailleurs, on avait lancé un grand appel
26:20il y a quelques mois maintenant,
26:21c'était quand c'était au mois de mai, au mois de juin,
26:24pour un grand appel avec beaucoup de personnalités,
26:26beaucoup de personnes de la société civile
26:27qui demandaient à Emmanuel Macron
26:29de reconnaître l'état palestinien.
26:31Pour toi, ça fait partie des conditions
26:33qui pourraient faire en sorte
26:35d'amener la paix au Proche-Orient,
26:37la reconnaissance de cet état palestinien ?
26:38En tout cas, il faut tirer les leçons
26:40de l'échec du processus d'Oslo.
26:43Le processus d'Oslo qui avait été engagé
26:46par Yasser Arafat et Isaac Rabin.
26:49Ce processus de paix s'est fracassé
26:51sur le fait qu'il laissait dans le flou
26:54le statut final.
26:55C'est-à-dire que le but,
26:57la création d'un état palestinien
26:59était renvoyé au calandre grec.
27:00Puisque ça n'a pas marché comme ça,
27:02peut-être qu'il faut commencer aujourd'hui
27:03par reconnaître que la communauté internationale
27:06reconnaisse un état palestinien
27:08ce qui donne aussi des leviers aux Palestiniens
27:10dans les enceintes internationales, etc.
27:13Et que cette reconnaissance
27:15par le reste du monde
27:19parvienne à contraindre Israël
27:21à prendre en considération
27:23cette réalité politique
27:24et à engager un processus
27:26de décolonisation authentique.
27:28Dans le chat, il y a la modération
27:30qui nous met les liens
27:32notamment les reportages dont tu parlais.
27:34C'est vrai que là,
27:35ça fait deux semaines maintenant
27:37que notamment Pierre Brabancet
27:38est en Israël.
27:40D'ailleurs, on l'aura tout à l'heure
27:42dans un quart d'heure, une demi-heure.
27:44Normalement, on l'aura sur WhatsApp
27:45en visio.
27:46Il sera, si tout va bien,
27:48devant la Knesset,
27:49donc le Parlement israélien.
27:51Il nous montrera peut-être
27:52des hommages, des cérémonies,
27:53des militants pacifistes.
27:54On ne sait pas encore très bien.
27:55C'est toujours un peu difficile
27:56d'organiser les visios.
27:57Je vous le dis aussi,
27:58normalement, on aura Paul Califé
27:59qui est un pigiste
28:01pour l'humanité
28:02qui travaille au Liban
28:04et qui a produit pas mal de papiers
28:05ces derniers temps, évidemment,
28:07et qui, normalement,
28:08pareil, si on réussit à l'avoir,
28:09on le rend en visio
28:10pour qu'il nous parle un peu
28:11de la situation là-bas,
28:12de lui, ce qu'il vit,
28:13de ce qu'il voit.
28:15Donc, je disais,
28:16il y a eu beaucoup de reportages
28:17qui ont été faits
28:17par Pierre Brabancet.
28:18Voilà, super.
28:20La modération met tous les liens.
28:22Je pense notamment,
28:23il me semble que tu en parlais tout à l'heure,
28:24d'un reportage
28:26dans un village
28:28qui a été envahi
28:29par il me semble
28:30400 soldats israéliens
28:32qui a été mis à sac
28:34et qui, depuis, quotidiennement,
28:36les colons et les soldats
28:37viennent empêcher
28:38les gens de travailler,
28:39viennent voir brûler
28:40leur récolte, etc.
28:42Pourquoi c'était important
28:43de prendre autant de temps
28:44et de dépêcher des gens
28:45sur place
28:47pour participer
28:48à ce numéro du 7 octobre ?
28:50Parce que c'est vrai
28:51que l'apportage a beaucoup de place
28:52dans les numéros.
28:53Pourquoi c'était important
28:53de faire ça pour l'humanité ?
28:55Alors, d'abord,
28:56c'était important pour nous
28:57de faire entendre
28:59des voix de Gaza,
29:00de donner à voir aussi
29:01le travail
29:02des journalistes palestiniens
29:03qui, au péril de leur vie,
29:06ils sont 130
29:06à avoir été assassinés
29:08depuis le 7 octobre,
29:09mais des journalistes palestiniens
29:11continuent de travailler
29:12à Gaza
29:13et dans le numéro spécial
29:14qu'on publie aujourd'hui,
29:17vous pouvez retrouver
29:18le reportage
29:19de nos confrères palestiniens
29:21qui nous parlent
29:22du sort des enfants à Gaza
29:25et c'est un reportage
29:27vraiment poignant.
29:28Je cite aussi
29:29l'Humanité Magazine,
29:30on a fait aussi
29:31un numéro spécial
29:32de l'Humanité Magazine
29:33dans lequel on publie
29:34le témoignage
29:35de Ziad Médouk
29:36qui est un prof
29:36de français
29:39miraculé,
29:40il le dit,
29:41le fait d'être
29:41toujours en vie
29:42un an après
29:42tient du miracle
29:43et il raconte
29:45cette année
29:45en enfer
29:46qu'il a vécu
29:48avec toute la population
29:49de Gaza
29:50donc c'était important
29:51pour nous
29:52de se faire l'écho
29:54de ce travail-là
29:55d'autant que
29:57la guerre
29:58qui s'y déroule
29:59est une guerre
29:59à huis clos
30:00puisque nous
30:03journalistes étrangers
30:04nous n'avons pas le droit
30:05d'entrer dans le Gaza
30:07les autorités israéliennes
30:08dès les premiers jours
30:10du bombardement
30:10ont complètement verrouillé
30:12ce territoire
30:12et l'ont interdit
30:14aux journalistes étrangers
30:16et puis
30:17c'était important
30:18pour nous
30:19de mettre en lumière
30:20aussi ce qui se passe
30:21en Cisjordanie
30:22on va publier
30:23encore demain
30:23un reportage
30:24de Pierre Bermancet
30:25à Tulcarem
30:26où il témoigne
30:27en fait
30:28de la guerre
30:29qui est menée
30:30aux réfugiés
30:32palestiniens
30:33de ce camp
30:34de Tulcarem
30:35qui fait aussi
30:36l'objet
30:37qui est aussi
30:38la cible
30:38de bombardement
30:40qui est la cible
30:41la semaine dernière
30:42je crois que c'était
30:42un camp de réfugiés
30:42qui a été bombardé
30:43à Tulcarem
30:44c'est ça ?
30:44exactement
30:44et qui est aussi
30:45l'objet d'incursions
30:46très fréquentes
30:48de l'armée israélienne
30:49qui maltraite
30:50les populations
30:51qui détruit
30:52toutes les infrastructures
30:54etc
30:55donc
30:56il y a eu aussi
30:57des centaines de morts
30:58en Cisjordanie
30:59depuis un an
31:01depuis le 7 octobre
31:03à la fois
31:04dans des opérations
31:05de l'armée israélienne
31:06mais il y a aussi
31:07ce phénomène
31:08des colons
31:09extrêmement violents
31:10qui s'en prennent
31:11aux palestiniens
31:12qui bloquent des routes
31:13qui font irruption
31:15dans les oliverets
31:16qu'ils brûlent
31:17ou dont ils volent
31:18les récoltes
31:19qui tuent
31:19il faut rappeler
31:21que le ministre
31:22de l'intérieur
31:23israélien
31:23Itamar Ben Guvir
31:24l'une des premières choses
31:25qu'il a faites
31:26dans la foulée
31:28des premiers bombardements
31:28à Gaza
31:29c'est de distribuer
31:30des milliers d'armes
31:31aux colons
31:32de Cisjordanie
31:33donc on parle de gens
31:34qui sont armés
31:35fanatiques
31:36dangereux
31:37pour qui une vie
31:38palestinienne
31:39ne vaut strictement rien
31:40et donc qui tue
31:42donc il nous fallait
31:44aussi témoigner
31:45de cette situation
31:46en Cisjordanie
31:47qui a eu tendance
31:50à être un peu
31:51peut-être éclipsée
31:52par l'horreur
31:54de l'entreprise
31:55d'anéantissement
31:56en cours à Gaza
31:57mais raconter
31:58la colonisation
31:59c'est aussi
32:00raconter
32:01ces exactions
32:01des colons
32:02qui sous la protection
32:03de l'armée israélienne
32:05rendent la vie
32:06des palestiniens
32:07de Cisjordanie
32:07absolument invivable
32:10Justement là
32:10on voit là
32:11sur le stream
32:12le reportage
32:13de Pierre Barouancet
32:14qui a été publié
32:14vendredi dernier
32:15sur Al Mougaïr
32:18Un village
32:18qui est l'objet
32:20de ces attaques
32:20de colons
32:21Il y a aussi
32:22des reportages
32:22sur les kiboutts
32:23qui ont été attaqués
32:25le 7 octobre
32:25je vous invite
32:26à aller lire tout ça
32:27Je vous rappelle
32:28il y a vraiment
32:30un gros travail
32:31qui a été fait
32:31pour ces derniers jours
32:32donc si vous avez
32:33envie d'aller lire tout ça
32:34allez-y
32:35tout n'est pas en accès
32:36gratuit
32:36mais de toute façon
32:37vous pouvez vous abonner
32:38à l'Humanité
32:39ça permet de soutenir
32:40ce travail
32:40qui est assez indispensable
32:41pour donner la parole
32:44aux palestiniens
32:45aux cijordaniens
32:48Je voulais aussi
32:49vous montrer
32:49quelques jours
32:49c'est toi en fait
32:50Rosa qui voulait
32:51nous montrer quelque chose
32:51donc c'est Arthur
32:53journaliste
32:54plutôt spécialisé
32:55data à l'humanité
32:55qui a fait un travail
32:57avec une association
32:58avec une ONG
32:59Tech for Palestine
33:00et qui a fait
33:01tout un travail
33:01de recensement
33:02de recroisement
33:03de données
33:03et qui arrivait
33:04à tout un tas
33:05de chiffres
33:06de données
33:08donc là voilà
33:08on voit le nombre
33:09de morts
33:11depuis le 7 octobre
33:12mais il y a aussi
33:13ce dont tu parlais
33:15à côté de ces morts
33:16dans la bande de Gaza
33:16il y a aussi
33:17les morts
33:18en Cisjordanie occupées
33:20donc là on voit
33:22je crois que c'est 1200
33:231300
33:241300 personnes
33:251400 décidément
33:271400 c'est les attaques
33:28de colons
33:29ah oui pardon
33:29et les victimes
33:30qui sont en dessous
33:33il y a aussi tout un travail
33:35sur les profils
33:36des personnes mortes
33:38c'est hyper important
33:40ce travail sur les profils
33:41des victimes à Gaza
33:42parce que
33:44l'armée israélienne
33:46le pouvoir israélien
33:49prétend cibler essentiellement
33:51des combattants du Hamas
33:53or on voit que
33:54près d'un tiers
33:55des victimes
33:58identifiées
34:00sont des enfants
34:02de moins de 18 ans
34:04il y a aussi
34:04la ventilation
34:05par femmes
34:06hommes
34:06on sait qu'il n'y a pas
34:08de femmes
34:08dans les rangs
34:14du Hamas
34:15et donc ça prouve
34:17l'essentiel des victimes
34:18sont des femmes
34:19et des enfants
34:20donc on voit bien
34:20là
34:21que le bilan
34:23le plus lourd
34:23il est du côté
34:24des civils
34:25évidemment
34:26il y a aussi
34:26un graphique
34:27sur les bâtiments
34:28qui ont été détruits
34:28donc là on voit
34:29125 écoles
34:30et universités
34:30ont été détruits
34:31depuis le 7 octobre
34:34donc des bâtiments
34:34publics
34:35les écoles
34:35et des universités
34:36sont là
34:36et des mosquées
34:38voilà
34:39et ensuite là
34:40il me semble
34:40que c'est le nom
34:42de nombreux
34:43nombreuses victimes
34:44ça c'est
34:44les noms
34:45des journalistes
34:46qui ont été
34:47assassinés à Gaza
34:48voilà
34:48on a tenu
34:49en fait
34:50un des aspects
34:52aussi
34:52de la couverture
34:53de ce conflit
34:54c'est que
34:55les victimes
34:57palestiniennes
34:57ne sont jamais nommées
34:58leurs visages
34:59sont rarement
35:01mis en avant
35:03et
35:03les nommer
35:05c'était aussi
35:05important pour nous
35:07pour s'inscrire
35:10disons
35:10un contre-courant
35:11de cette
35:13déshumanisation
35:14dont les victimes
35:15palestiniennes
35:16ont fait l'objet
35:17donc voilà
35:18inscrire les noms
35:19de nos confrères
35:21journalistes
35:22assassinés
35:22à Gaza
35:23c'était
35:24aussi quelque chose
35:26qu'on tenait à faire
35:27il faut aussi rappeler
35:28qu'à l'heure d'aujourd'hui
35:29les journalistes
35:29sont toujours empêchés
35:30d'aller dans la bande de Gaza
35:31les journalistes internationaux
35:32donc en fait
35:33on ne peut compter que
35:34sur les journalistes palestiniens
35:35qui font un travail
35:36remarquable
35:36qui mettent leur vie en danger
35:38mais aujourd'hui
35:39les journalistes internationaux
35:40ne peuvent pas entrer
35:41dans la bande de Gaza
35:41de la même manière
35:42que les commentateurs
35:45à part les ONG
35:46encore c'est compliqué
35:47mais sinon
35:48la bande de Gaza
35:48est complètement verrouillée
35:49et complètement étanche
35:50à toute venue extérieure
35:56et en fait
35:56même sur les convois humanitaires
35:58c'est quelque chose
35:59d'extrêmement compliqué
36:00l'aide humanitaire
36:01n'entre qu'aucune goutte
36:03au bon vouloir
36:04de l'armée israélienne
36:05demain dans l'humanité
36:07si vous vous plongez
36:09dans notre édition
36:09de demain
36:10on aura un long
36:11entretien
36:12avec Tamara Al-Rifaï
36:14qui est la porte-parole
36:15de l'UNROI
36:16c'est l'agence
36:17des Nations Unies
36:18pour les réfugiés palestiniens
36:19qui est le principal
36:20opérateur humanitaire
36:22aujourd'hui à Gaza
36:23pour ne pas dire
36:25le seul
36:26enfin disons que
36:27sans l'infrastructure
36:29de l'UNROI
36:30l'aide humanitaire
36:31ne pourrait pas
36:32se déployer
36:33dans la bande de Gaza
36:34et donc elle revient aussi
36:38sur les difficultés
36:40d'acheminement
36:41de l'aide humanitaire
36:42sur le fait que
36:43cette agence onusienne
36:45elle-même
36:45a payé un lourd tribut
36:46avec des dizaines
36:48de ses employés
36:50tués
36:51dans les bombardements
36:53avec aussi
36:54une façon
36:55pour l'état israélien
36:56de prendre pour cible
36:57cette agence
36:58des Nations Unies
36:59qu'elle accuse
37:00de tous les maux
37:01ce qui complique
37:02évidemment
37:03beaucoup le travail
37:04de l'ONU
37:04dans cette région
37:05elle nous explique
37:06aussi dans cet entretien
37:07que les bâtiments
37:09de l'UNROI
37:09les écoles
37:10de l'UNROI
37:11qui avaient été
37:11transformées en abri
37:12ont été
37:13pour beaucoup d'entre elles
37:14prises pour cibles
37:15des centres de santé
37:16de l'UNROI
37:17aussi
37:17ont été
37:18pris pour cibles
37:19ce qui
37:20évidemment
37:21met en péril
37:21tous les services
37:22de base
37:23que cette agence
37:24de l'ONU
37:24fournit
37:26à la population
37:27c'est aussi quelque chose
37:28dont on discutera
37:29un petit peu tout à l'heure
37:29en fait
37:29c'est vrai que j'y repense
37:30je ne vous ai pas fait
37:31le programme de ce stream
37:33donc tout à l'heure
37:33aux alentours de 15h
37:35normalement
37:36dans une vingtaine de minutes
37:37on recevra
37:38quelqu'un du secours
37:39populaire français
37:40qui nous parlera
37:41à la fois
37:41de la situation humanitaire
37:42dans la bande de Gaza
37:44mais aussi
37:44au Proche-Orient
37:45au Sud-Liban
37:45etc
37:46et qui nous parlera
37:47des actions
37:48du secours populaire
37:48qu'est-ce qu'ils peuvent
37:49ou pas faire
37:50dans ces endroits là
37:53je reprends le fil
37:55le fil
37:55est-ce qu'il y avait
37:56d'autres choses
37:57que je voulais vous montrer
37:58je ne sais plus
37:59ah oui si
38:00peut-être sur le Grand Israël
38:01on a fait
38:03attendez
38:04normalement je l'ai là
38:05à l'Humanité
38:06on a fait un article
38:09un article
38:10de Bruno Audan
38:10mais que c'est Mathilde
38:11la personne chargée
38:12des réseaux sociaux
38:12qui l'a mis en vidéo
38:13peut-être on regarde ça
38:15et ça permettra un peu
38:16de refaire le point
38:17c'est assez court
38:17sur ce dont on parlait
38:18tout à l'heure
38:20vous avez déjà entendu
38:21parler du
38:21peut-être juste
38:23de la quelle
38:24c'est-à-dire
38:25c'est-à-dire
38:25c'est-à-dire
38:25c'est-à-dire
38:25c'est-à-dire
38:29c'est-à-dire
38:33c'est-à-dire
38:51l'Humanité
39:00érêtiserait
39:01sa fantasie
39:01ainsi
39:02permet un état
39:08voilà pendant que Eliane est venue faire
39:10des petits réglages sans
39:12ça résume un peu ce que tu disais tout à l'heure Rosa
39:14sur cette stratégie
39:21la petite vidéo
39:22de Mathilde ça résume un peu ce que tu disais tout à l'heure
39:24sur Eretz Israël, le grand Israël
39:29attends je suis perdu avec mes trucs là
39:33je pensais aussi
39:34je disais tout à l'heure
39:35il y a eu des reportages dans Cisjordano
39:37il y a eu des reportages dans les Kibbutz
39:40il y a aussi eu des reportages à Tel Aviv
39:42et à Jérusalem
39:44pour beaucoup de médias
39:45le 7 octobre c'est d'abord
39:47l'attaque du Hamas sur Israël
39:49pour nous c'est pas que ça
39:52c'est à la fois
39:54l'attaque du Hamas sur Israël
39:55mais c'est aussi un an d'escalade
39:57un an de massacre
39:58comment vous avez réussi à mélanger tout ça
40:02à manier tout ça
40:03pour réussir à montrer les deux
40:05dans ce numéro spécial ?
40:07ça a été toute une série de discussions
40:09on a beaucoup réfléchi
40:11à la façon dont on allait traiter cet anniversaire
40:14cet obscur anniversaire
40:16et une des convictions que nous on a
40:19c'est qu'on n'a pas à avoir une empathie sélective
40:21c'est à dire que les civils israéliens
40:25qui ont été assassinés le 7 octobre
40:31ils ont notre empathie tout autant que les victimes palestinaines
40:35et on voulait commémorer toutes les victimes civiles
40:38ça c'est un choix éditorial qui est le nôtre
40:42et en même temps on voulait aussi mettre en perspective tout ça
40:46alors à la fois avec des reportages évidemment
40:50qui racontent les choses sur place un an après
40:54côté israélien, côté palestinien
40:56mais on voulait aussi mettre les choses en perspective
41:00et je ne sais pas qui tout à l'heure disait
41:03les choses n'ont pas commencé le 7 octobre
41:05ces événements ils s'inscrivent aussi
41:07dans le temps long d'une entreprise coloniale
41:10et c'est ce qu'on a aussi essayé de donner à voir
41:14avec des entretiens
41:16avec un certain nombre d'articles d'analyse
41:20et c'est ça qu'on a voulu mettre en relief
41:22et on a voulu aussi explorer un peu
41:27toutes les questions politiques qui sont posées
41:29et tout à l'heure dans la vidéo
41:34Mathilde revient sur les projets de Netanyahou
41:38on a voulu donner des clés de compréhension
41:40de ce côté là aussi
41:41sur ce qu'est ce gouvernement israélien
41:45quels sont les projets de cette extrême droite israélienne au pouvoir
41:49on a notamment publié un portrait de Benyamin Netanyahou
41:52et en fait Netanyahou est l'une de ces figures
41:56du refus de la paix mais depuis longtemps
41:58lorsque les accords de paix d'Oslo
42:00ont été conclus entre Isaac Rabin et Yasser Arafat
42:04qui avait à l'époque
42:05même s'ils ont sombré depuis
42:07à l'époque ça avait ouvert quand même une fenêtre d'espoir
42:11à ce moment là les ultras israéliens
42:14déjà manifestaient en vilipendant Rabin
42:18en le traitant de traître
42:20et Benyamin Netanyahou se trouvait
42:22parmi ces manifestants
42:23qui critiquaient extrêmement violemment Rabin
42:28qui en appelait à le tuer
42:30et quelques semaines plus tard
42:32Rabin était assassiné par un extrémiste juif
42:35Benyamin Netanyahou a fait partie de ce processus
42:38c'est à dire que
42:39et d'ailleurs c'est comme ça qu'il est arrivé aussi
42:42au pouvoir
42:43et aussitôt
42:46il a oeuvré à enterrer
42:48ces accords de paix
42:49dans le même temps il y avait les attentats suicides
42:51du Hamas en Israël
42:53qui ont aussi contribué
42:54à enterrer cet espoir de paix
42:56et on voulait raconter aussi
42:58d'où venait cet homme politique
43:02quelle ligne il incarne sur le long terme
43:05et Netanyahou c'est véritablement
43:08un homme qui n'a jamais voulu de la paix
43:11qui a oeuvré à enterrer tout espoir de paix
43:14au Proche-Orient
43:16et cette droite et cette extrême droite israélienne
43:20se vit comme étant en guerre perpétuelle
43:23en mission
43:25et on a voulu aussi
43:27analyser cela
43:28et éclairer
43:32ce qu'était devenu la scène politique israélienne
43:34où les pacifistes ont été complètement marginalisés
43:37avec aussi une destruction systématique
43:39de tous les espaces démocratiques
43:41qui pouvaient encore exister dans cette société là
43:43on ne parle pas de démocratie
43:46ou de seule démocratie du Moyen-Orient
43:49mais il y avait quand même des espaces
43:50de libre expression qui pouvaient exister
43:52et que Netanyahou oeuvre à démolir
43:56les uns après les autres
43:58donc voilà on voulait aussi raconter
44:00cette société israélienne
44:03qui s'est radicalisée
44:05qui s'est déportée vers la droite
44:06qui a été désertée aussi
44:08par des générations entières
44:09de jeunes pacifistes
44:10qui n'en pouvant plus
44:12ont décidé de fuir le pays
44:14et d'aller vivre à Berlin
44:17à Londres
44:17à New York
44:19ou je ne sais où
44:21donc on voulait aussi
44:23avoir cet éclairage
44:25sur la société israélienne
44:28les contradictions qui la traversent
44:30et la façon dont
44:31les extrémismes aussi
44:33l'ont beaucoup travaillé
44:35ces dernières années
44:35c'est vrai que dans les différents reportages
44:37on entend en fait
44:38beaucoup de paroles israéliennes
44:40mais des paroles progressistes
44:41des paroles pacifistes
44:42je pense par exemple
44:43dans le reportage
44:44il me semble sur les kibbutz
44:47des habitants
44:48des kibbutz
44:48qui racontent
44:49l'horreur qu'ils ont vécu
44:50mais qui disent aussi
44:52la politique de Netanyahou
44:54contribue aussi
44:55à mener à ça
44:56je pense aussi
44:57à l'interview
44:58avec
44:59il me semble
44:59la journée de Haretz
45:00il me semble que c'est celui-là
45:03oui voilà c'est ça
45:05donc Haretz
45:06un grand quotidien
45:07israélien
45:08progressiste
45:09qui très régulièrement
45:11se fait censurer
45:12il y a eu quelques semaines
45:13ces bureaux à Ramallah
45:14ont été pénétrés
45:16par l'armée israélienne
45:17donc effectivement
45:19en fait on voit
45:20qu'il y a aussi
45:20beaucoup de paroles israéliennes
45:22alors là c'est pas Haretz
45:23là c'est un article
45:24de Agaï Matar
45:26c'est le directeur
45:27du magazine israélien
45:28plus 972
45:29qui raconte justement
45:31la façon dont
45:32la presse israélienne
45:33est soumise
45:33au baillon militaire
45:35qui empêche
45:35la publication
45:36d'un certain nombre
45:37d'articles
45:38ou qui expurge
45:39des articles
45:41d'un certain nombre
45:43d'informations
45:44dont l'armée israélienne
45:45juge qu'elle ne devrait
45:47pas être rendue publique
45:48donc ça ça renvoie
45:49à ce que je disais
45:50tout à l'heure
45:51sur les espaces
45:52de liberté
45:52qui se restreignent
45:54en Israël même
45:55mais je suis pas fou
45:57il y avait eu une interview
45:57avec un ancien journaliste
45:58d'Arts
46:00un éditorial
46:01qui l'arrêt
46:01ah bah si c'est vrai
46:02il était juste en dessous
46:04Gaïdion Lévy
46:05voilà
46:07donc ça montre bien
46:08qu'il y a effectivement
46:08beaucoup de
46:09il y a aussi il me semble
46:10une interview
46:10dans une tribune
46:11de l'ancien président
46:13de la Knesset
46:14Abraham Byrd
46:14voilà c'est ça
46:15alors ce sont effectivement
46:17des voix qui aujourd'hui
46:18en Israël sont
46:21minoritaires
46:21qui sont d'une certaine façon
46:23marginalisées
46:24mais nous on tient
46:26à faire entendre
46:28ces voix là
46:30qui ne partagent pas
46:31en fait les choix politiques
46:32et les choix
46:33de fuite en avant
46:35guerrière
46:36du gouvernement israélien
46:37on l'a toujours fait
46:38dans l'humanité
46:39faire entendre
46:39ces voix dissonantes
46:41ces voix critiques
46:42ces voix qui
46:44qui en fait
46:45appellent aussi
46:45au respect des droits
46:47du peuple palestinien
46:48et
46:49voilà
46:50ça fait partie aussi
46:51de nos engagements
46:54pour la paix
46:55qu'on évoquait
46:56au début
46:57de notre conversation
46:58Rosé il nous reste
46:59quelques minutes
47:00est-ce que tu auras
47:01un dernier mot à dire
47:02sur le 7 octobre
47:03sur ces un an
47:04d'escalade
47:05et de massacres
47:06sur les choix
47:07un petit peu
47:08de la rédaction
47:08je te laisse conclure
47:11simplement pour dire
47:11qu'effectivement
47:12l'histoire n'a pas
47:13commencé le 7 octobre
47:14l'histoire de l'occupation
47:16de la colonisation
47:18n'a pas commencé
47:19à ce moment là
47:19mais c'est quand même
47:20un point de bascule
47:22à un moment
47:22qui a fait basculer
47:24le proche
47:24et le Moyen-Orient
47:25dans une autre dimension
47:27aujourd'hui
47:28on est effectivement
47:29dans un engrenage
47:30qui peut avoir
47:31des implications
47:32à l'échelle mondiale
47:33et pour revenir
47:35un peu à ce qu'on disait
47:36tout à l'heure
47:38les voies de la paix
47:39elles ne sont pas
47:40complètement obstruées
47:42la seule possibilité
47:43pour emprunter
47:45ces voies de paix
47:46c'est aussi
47:47la mobilisation
47:48des peuples
47:48c'est la mobilisation
47:50citoyenne
47:51qui contraindra
47:52demain les états
47:53à mettre en avant
47:55et à promouvoir
47:56des solutions diplomatiques
47:58au Proche et au Moyen-Orient
48:00mais aussi ailleurs
48:01sur la planète
48:01et voilà
48:02ça fait partie
48:03de nos engagements
48:04éditoriaux
48:05et voilà
48:06je vous invite
48:07à continuer
48:08de lire l'humanité
48:10et à retrouver
48:10tous ces reportages
48:12ces entretiens
48:13ces analyses
48:14qui font entendre
48:15une autre voix
48:17que celle
48:18en fait
48:19de l'inéluctabilité
48:22de la guerre
48:22la guerre n'est pas
48:23inéluctable
48:24d'autres solutions existent
48:25et c'est à ça
48:25qu'il faut travailler
48:26merci beaucoup Rosa
48:27merci à toi
48:28merci à toi
48:28merci à toi