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Rosa Moussaoui, rédactrice en chef de l'Humanité, nous fait un point sur la situation au Liban et sur l'escalade militaire dans la région. Nous dressons également le constat du rôle de la France, qui s'est largement amenuisé depuis les années Sarkozy sur le plan géopolitique international.

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#Liban #Israel #International

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Transcription
00:00Dans les événements qui sont en train de se produire,
00:02on perçoit une vraie volonté de Benyamin Netanyahou
00:04d'étendre la guerre à l'échelle régionale,
00:06d'escalade, d'entraîner toute la région dans la guerre
00:09pour pouvoir se maintenir au pouvoir.
00:10C'est une espèce de fuite en avant
00:13qui l'emmènerait jusqu'à l'élection américaine
00:15avec l'idée de s'appuyer sur une victoire de Donald Trump
00:18pour avoir complètement carte blanche.
00:20Derrière cet affrontement avec le Hezbollah,
00:22derrière ces bombardements massifs
00:24qui n'épargnent pas les populations civiles au Liban,
00:26ce qui se joue c'est aussi une confrontation avec l'Iran
00:29une réaction iranienne qui là obligerait finalement les Etats-Unis
00:33à entrer aussi en guerre,
00:36ce qui entraînerait un engrenage là aux conséquences incalculables.
00:39Depuis la présidence Sarkozy,
00:41la France a complètement perdu la voix dans cette région
00:45parce qu'elle s'est alignée complètement sur les Etats-Unis,
00:49sur le gouvernement israélien,
00:51alors que jusque-là la France traditionnellement
00:53faisait entendre une voix un peu singulière
00:55qui lui conférait un rôle d'acteur dans la région.
00:58Là, il y a le nouveau gouvernement Barnier.
01:00Qu'est-ce que ça change ?
01:01Est-ce qu'ils ont une expérience par rapport à ces dossiers ?
01:03Qu'est-ce qu'on peut attendre du nouveau gouvernement ?
01:05Rosa, t'es Red Chef à l'Humanité,
01:07t'es spécialiste des questions internationales.
01:09Et c'est pas un azar si t'es là aujourd'hui,
01:10parce qu'aujourd'hui, on va continuer à parler du Liban,
01:13du Moyen-Orient, il y a plein d'actualités.
01:14Le record battu au Liban pour Benyamin Netanyahou et son armée.
01:18Lundi 23 septembre, les frappes israéliennes ont fait 492 morts,
01:23dont 35 enfants et 58 femmes,
01:25et blessées 1645 personnes.
01:28Ce qui fait de cette journée la plus meurtrière depuis la guerre civile
01:31qui s'est déroulée dans le pays entre 1975 et 1990.
01:36L'armée israélienne a confirmé avoir frappé jusque tard dans la soirée,
01:39environ 1600 cibles dans le sud du Liban et dans la vallée de la Beka.
01:43Et toujours le même discours.
01:46Parmi les cibles frappées, des bâtiments où le Hezbollah
01:48aurait caché des roquettes, des missiles, des lanceurs, des drones
01:51et des infrastructures terroristes supplémentaires.
01:54Pas un mot pour les civils tués, les maisons détruites,
01:58le déplacement de milliers d'habitants forcés de fuir.
02:01L'attaque au biper piégé du 17 septembre
02:04semble marquer le début d'une escalade guerrière
02:07qu'Israël compte bien mener au Liban.
02:09Il faut bien dire que depuis le 7 octobre, 8 octobre, 9 octobre,
02:15en fait depuis le début de la guerre à Gaza, voilà un an,
02:19il y a des échanges de tirs à la frontière israélo-libanaise
02:22qui sont récurrents, qui étaient restés à un niveau plus ou moins maîtrisé
02:27parce que ni le Hezbollah ni l'Israël ne voulaient de ce front-là
02:34à un niveau comme il est en train de se dessiner aujourd'hui.
02:38Mais cette frontière israélo-libanaise,
02:40elle est vraiment le théâtre de tensions récurrentes
02:45depuis plusieurs décennies.
02:47On va y revenir peut-être parce que je pense que c'est important
02:50de faire un retour historique pour comprendre ce qui s'est passé.
02:54Mais justement pour parler de l'histoire,
02:55l'explosion des biper et des talkie-walkie,
02:58c'est vraiment un mode opératoire terroriste
03:00qu'Israël a fait sien dans cette affaire-là.
03:04Et ça aussi, ce n'est pas nouveau.
03:05En fait, à la fin des années 70, au début des années 80,
03:09les services israéliens avaient engagé une série d'attentats
03:12à la voiture piégée qui avaient déjà fait des milliers de blessés,
03:18des dizaines de morts palestiniens, libanais,
03:20et avaient eu recours comme ça aux attentats,
03:24à des actes terroristes pour semer la terreur.
03:26On va revenir sur l'histoire de l'invasion israélienne du Liban, etc.
03:31Mais ça, ce n'est pas nouveau.
03:32De même que les bombardements du sud-Liban,
03:36de cette bande de terre qui se trouve entre la ligne bleue,
03:40donc cette frontière entre Israël et le Liban,
03:42et le fleuve Litani,
03:44là aussi, c'est le théâtre de très grandes tensions.
03:48En fait, c'est aussi une région qu'Israël a occupée longtemps,
03:53dont Israël ne s'est retirée qu'en l'an 2000.
03:56Et depuis ce retrait israélien,
03:59c'est resté vraiment le théâtre de tensions importantes.
04:04Qu'est-ce qui le reprojette dans l'actualité, là ?
04:06Si tu dis que c'est récurrent,
04:08que d'année en année, ça continue,
04:10là, c'est quoi ?
04:11C'est l'ampleur qui fait que ça...
04:12Le mode opératoire, si on parle des beepers ?
04:14Dans les événements qui sont en train de se produire,
04:17on perçoit une vraie volonté de Benjamin Netanyahou,
04:19en fait, d'étendre la guerre à l'échelle régionale,
04:22d'escalade, d'entraîner toute la région dans la guerre,
04:25pour pouvoir se maintenir au pouvoir.
04:27On voit bien que ce qu'il est en train de jouer,
04:29c'est une espèce de course, de fuite en avant,
04:33qui l'emmènerait jusqu'à l'élection américaine,
04:35avec l'idée de s'appuyer sur une victoire de Donald Trump,
04:40pour avoir complètement carte blanche.
04:42Il y a aussi le fait qu'il veut déplacer
04:44le centre de gravité de la guerre de Gaza
04:47vers ce qu'il appelle le front nord,
04:49mais en tout cas vers le Liban.
04:51Et en fait, derrière cet affrontement avec le Hezbollah,
04:55derrière ces bombardements massifs
04:56qui n'épargnent pas les populations civiles au Liban,
04:58ce qui se joue, c'est aussi une confrontation avec l'Iran.
05:02Ce que cherche à provoquer Netanyahou
05:04en s'en prenant au Hezbollah,
05:06c'est une réaction iranienne
05:08qui là obligerait finalement les États-Unis
05:11à entrer aussi en guerre,
05:15ce qui entraînerait un engrenage
05:18aux conséquences incalculables.
05:20Avec l'objectif revendiqué d'Israël
05:23de refaçonner le Moyen-Orient
05:25et d'imposer la politique expansionniste de Netanyahou.
05:29Netanyahou et les fanatiques qui sont dans son gouvernement
05:32sont dans une logique de grand-israël,
05:35de recolonisation de Gaza,
05:38de réoccupation d'une partie du Liban, du Sud-Liban.
05:45Il faut rappeler aussi qu'Israël occupe illégalement
05:48une partie de la Syrie, le plateau du Golan,
05:51qui a été annexé par Israël.
05:53Donc on voit bien que cette logique expansionniste
05:56se déploie sur plusieurs fronts.
05:58En réalité, les opérations de l'armée israélienne
06:01elle-même sont récurrentes.
06:04En 2006, par exemple,
06:06il y avait eu déjà une opération militaire
06:09très vaste de l'armée israélienne,
06:13donc des opérations de bombardement
06:14qui ont fait de très gros dégâts
06:17au niveau des infrastructures au Liban,
06:18qui ont fait de très nombreuses victimes civiles,
06:21avec une opération terrestre aussi à ce moment-là.
06:24Et ça s'était assez mal terminé d'ailleurs
06:26pour l'armée israélienne,
06:27et une trêve avait été conclue
06:29au bout de 33 jours, je crois.
06:31Il faudrait remonter dans l'histoire
06:33pour comprendre ça,
06:34parce qu'après 1948,
06:37quand il y a eu la Nakba,
06:38quand des centaines de milliers de Palestiniens
06:42ont été chassés de leur terre,
06:43beaucoup sont arrivés au Liban.
06:45Et puis par la suite,
06:47lorsqu'il y a eu la guerre des Six Jours,
06:501967, l'annexion de la Cisjordanie,
06:52de Gaza,
06:54dans les années 70 aussi,
06:56quand il y a eu ce septembre noir
06:57et la terrible répression du pouvoir jordanien
06:59contre les fédalines palestiniens,
07:02beaucoup se sont retrouvés au Liban
07:03et ont fait du Liban une sorte de base arrière
07:06à partir de laquelle
07:07ils menaient des opérations
07:09contre l'armée israélienne
07:11dans le nord d'Israël.
07:12Ça a été un des facteurs
07:13de la guerre civile libanaise
07:16entre 75 et 90,
07:18mais au début des années 80,
07:19en fait dès la fin des années 70,
07:21c'est ça aussi qui a servi de prétexte à Israël
07:24pour des opérations,
07:27de vastes opérations armées au Liban.
07:29C'est ça qui a servi de prétexte aussi en 82
07:32pour l'invasion du Liban
07:35par l'armée israélienne
07:37qui était aussi dans des formes d'alliances
07:39avec les chrétiens phalangistes.
07:42Et ça avait abouti...
07:43C'est ça Brahe Chatilo aussi,
07:44les chrétiens phalangistes ?
07:45Exactement.
07:46Ça avait abouti à ce moment-là,
07:49en fait, au départ de l'OLP
07:50qui avait dû être évacué vers Tunis.
07:53L'organisation de libération de la...
07:54L'organisation de libération de la Palestine
07:56qui avait été évacuée vers Tunis
07:57avec Yasser Arafat.
07:59Et à ce moment-là, effectivement,
08:01les chrétiens phalangistes,
08:02sous la garde et sous l'œil
08:05de l'armée israélienne
08:07qui les encourageait,
08:08avaient perpétré ce terrible massacre
08:09du camp de réfugiés de Sabra et Chatilo.
08:12Donc, cette question palestinienne,
08:14elle est omniprésente, en fait, au Liban.
08:18Elle a façonné l'histoire contemporaine du Liban.
08:21Elle a façonné aussi
08:23les confrontations avec Israël.
08:27Et par la suite,
08:29enfin, toutes les années 80-90,
08:32la guerre civile s'est poursuivie.
08:36Il y a aussi le problème au Liban
08:38que c'est le théâtre aussi
08:40de très nombreuses ingérences étrangères,
08:43les ingérences des ex-puissances coloniales,
08:46la France mandataire,
08:48les ingérences américaines,
08:50les ingérences régionales.
08:51Longtemps, le pays a été aussi
08:52sous tutelle de la Syrie.
08:54Une situation d'instabilité totale,
08:56de paralysie totale.
08:57Et ça l'est d'autant plus que,
09:00souviens-toi, à partir de 2019,
09:02il y avait eu un gros soulèvement populaire au Liban.
09:06Les Libanais contestaient,
09:07en fait, justement,
09:08se sont mis à contester
09:09ce système de communautarisme confessionnel
09:13qui, en fait, a fait le lit
09:15du clientélisme politique,
09:17de la corruption,
09:19avec une classe politique
09:20totalement corrompue
09:23qui tournait complètement le dos
09:24aux intérêts des Libanais.
09:26Alors, il y a une question,
09:26c'est comment se positionne la France
09:28d'un point de vue diplomatique
09:29sur cette situation.
09:29On va enchaîner avec Macron,
09:31parce qu'il était lui aussi
09:32à l'ONU hier,
09:34l'Assemblée générale des Nations Unies.
09:36Mes pensées fraternelles
09:38vont au Liban
09:39et au peuple libanais.
09:40Le Hezbollah prend depuis trop longtemps
09:42le risque insoutenable
09:43d'entraîner le Liban dans la guerre.
09:44Israël, quant à lui,
09:46ne peut sans conséquence
09:47étendre ses opérations au Liban.
09:48La France exige le respect
09:50par chacun de ses obligations
09:52le long de la ligne bleue.
09:54Nous agirons donc
09:55pour faire émerger
09:56une voie diplomatique
09:57indispensable
09:58afin d'épargner
09:59les populations civiles
10:01et empêcher
10:02une explosion régionale.
10:04Il les renvoie dos à dos ?
10:05Il renvoie le Hezbollah
10:06et Israël dos à dos ?
10:07Déjà, premier mensonge.
10:08Quand il dit
10:09que le Hezbollah
10:10prend depuis trop longtemps
10:12le risque d'entraîner
10:13le Liban dans la guerre,
10:14en fait, au contraire,
10:15depuis des mois et des mois,
10:17si tu compares
10:18les arsenaux
10:19dont dispose le Hezbollah
10:21et la nature
10:22des opérations
10:22qu'ils ont conduites
10:23depuis un an,
10:25c'est resté
10:25à une très basse intensité
10:26parce que justement,
10:27le Hezbollah
10:28ne voulait pas
10:29se laisser entraîner
10:30dans cette guerre,
10:32répondre à la stratégie
10:33de Netanyahou.
10:34Emmanuel Macron,
10:35il n'a fait qu'apporter
10:38son soutien inconditionnel
10:40à Netanyahou,
10:41à l'État d'Israël.
10:42Là, en fait,
10:43en renvoyant dos à dos
10:45comme ça,
10:45c'est une manière aussi
10:46de diluer
10:47les responsabilités
10:48du gouvernement israélien
10:49dans les événements
10:50tragiques
10:51dans lesquels
10:51est aspiré aujourd'hui
10:53le Proche et le Moyen-Orient.
10:55Et Macron
10:57a été
10:58dans cette séquence
10:59mais complètement
11:00à côté de la plaque.
11:01au lendemain
11:02du 7 octobre,
11:04je ne sais pas
11:05si vous vous souvenez
11:06de ça,
11:06mais il avait proposé
11:07que se constitue
11:08une coalition internationale
11:10anti-Hamas
11:10à l'image
11:11de la coalition internationale
11:13anti-Daesh.
11:14Donc déjà,
11:14c'est ignorer complètement
11:15les données
11:15du problème palestinien.
11:18Ça,
11:18c'est le premier problème.
11:19Imagine que la France
11:20se soit mise
11:23dans une telle configuration.
11:25Ça veut dire
11:25qu'aujourd'hui,
11:25tu aurais des soldats français
11:26à Gaza
11:27épaulant
11:28les soldats israéliens
11:31dans leurs opérations.
11:32Ça aurait été
11:32un désastre absolu.
11:34On assiste au fait
11:35que la France
11:37a complètement
11:38perdu la voix
11:40aux Proches
11:41et au Moyen-Orient,
11:41de manière générale
11:44sur la scène mondiale
11:45mais particulièrement
11:46dans cette région
11:46où la France
11:47pouvait jouer un rôle
11:49dans un certain nombre
11:51de négociations
11:52de paix
11:52pouvait être
11:54écoutée,
11:55entendue.
11:56Ce n'est plus du tout
11:57le cas en fait
11:57depuis,
11:58alors là pour le coup
11:59faisons crédit à Macron
12:00du fait que ce n'est pas lui
12:01qui a engagé
12:02ce mouvement-là
12:03mais depuis
12:04la présidence Sarkozy,
12:05la France a complètement
12:07perdu la voix
12:08dans cette région
12:09parce qu'elle s'est alignée
12:11complètement
12:12sur les États-Unis,
12:13sur le gouvernement israélien
12:15alors que jusque-là
12:16la France
12:16traditionnellement
12:17faisait entendre
12:18une voix un peu
12:19un peu singulière
12:21qui lui conférait
12:23un rôle d'acteur
12:24dans la région.
12:24Là il y a
12:25le nouveau gouvernement
12:26Barnier,
12:26qu'est-ce que ça change ?
12:27Est-ce que ça change
12:28quelque chose ?
12:28Sébastien Lecornu
12:29c'est ça,
12:29c'est le nouveau ministre
12:30des armées
12:31et il y a Barrault
12:32aux affaires étrangères,
12:34est-ce qu'ils ont
12:35une expérience
12:35par rapport à ces dossiers ?
12:37Moi j'ai l'impression
12:37que c'est un gouvernement
12:39qui souffre à la fois
12:41de formes d'inexpériences,
12:43qui n'a pas vraiment
12:44de cap en dehors
12:45de cette politique
12:47d'alignement en fait,
12:48sur les Etats-Unis,
12:50sur le gouvernement israélien,
12:51ça, ça ne change pas.
12:52J'ai regardé un peu
12:53le discours du ministre français
12:55des affaires étrangères
12:57à la veille de l'ouverture
13:00de l'Assemblée générale
13:01des Nations Unies,
13:01c'était quand même
13:02d'une indigence
13:02assez triste.
13:04C'était simplement
13:05des grandes déclarations
13:07d'intentions
13:08assez vagues
13:10sans aucune espèce
13:12de direction,
13:13sans aucune espèce
13:14de piste,
13:14sans aucune espèce
13:15de proposition concrète
13:17aussi pour faire avancer.
13:18C'est aussi flou
13:18que la situation
13:19du gouvernement.
13:20et puis c'est ce que je disais
13:22tout à l'heure,
13:23c'est tout le temps
13:23dans le « en même temps »
13:24avec une manière
13:26non pas de problématiser
13:29les situations
13:30pour mieux les comprendre,
13:31pour mieux les démêler,
13:32etc.,
13:32mais tout le temps
13:33du « en même temps »
13:35qui floute en permanence tout.
13:36On ne sait pas
13:37où on va,
13:38il n'y a pas de cap,
13:39il n'y a pas d'armature,
13:41il n'y a pas d'ossature,
13:42c'est complètement visqueux.
13:45Le ministre des Affaires
13:46étrangères,
13:46il vient du numérique,
13:47donc il y a une espèce
13:48de mise en scène
13:49du fait de dire
13:50les grands enjeux
13:51du monde de demain
13:52seront ceux du numérique,
13:54de l'intelligence artificielle
13:55et donc on met ce profil-là,
13:57etc.
13:58Peut-être.
14:00En tout cas,
14:00ça revoit un peu
14:00ce symbole-là
14:01de dire la France
14:02va se démarquer
14:03par sa puissance technologique.
14:04Oui,
14:05mais ce n'est pas ça
14:05qui te fait une épaisseur diplomatique
14:07et aujourd'hui,
14:08c'est quand même de ça
14:11que la France,
14:12que l'Europe,
14:12que le monde
14:14aurait besoin
14:15et cette épaisseur diplomatique
14:17qui était celle de la France
14:19autrefois
14:19qui faisait entendre
14:20une voix
14:21pas non alignée
14:23mais en tout cas...
14:23La destruction des corps diplomatiques
14:25que Macron a mis.
14:26Tu peux nous expliquer là-dessus
14:27que je le...
14:28Tu vas le dire dix fois mieux que moi,
14:29ça sera mieux.
14:29En fait,
14:30Macron a conduit
14:31une réforme
14:32du corps diplomatique
14:34qui lui permet
14:35de nommer
14:36un peu à tort
14:36et à travers
14:37des ambassadeurs
14:41ou des cadres
14:42de la diplomatie française
14:44en dehors
14:45des...
14:47disons,
14:47des voies de recrutement
14:49qui pouvaient exister
14:51auparavant,
14:51ce qui explose
14:53complètement,
14:53en fait,
14:54le corps diplomatique français,
14:56ce qui permet
14:57qu'arrivent des gens,
14:58effectivement,
14:59qui ne connaissent
14:59strictement rien
15:00aux situations...
15:02C'est la start-up nation
15:03au Quai d'Orsay
15:04et dans les ambassades.
15:05Et avant,
15:06c'était quoi,
15:06les profils
15:07qui étaient à ces postes-là ?
15:08C'était des gens
15:09qui étaient polyglottes,
15:12qui étaient spécialistes
15:13des régions
15:14dans lesquelles
15:15ils étaient envoyés,
15:17qui avaient une solide connaissance
15:20des conflits,
15:22des acteurs politiques
15:23des pays
15:25dans lesquels
15:25ils étaient envoyés,
15:26qui avaient aussi
15:28un savoir-faire diplomatique,
15:29un savoir-faire
15:30de la négociation,
15:32une connaissance
15:33des acteurs
15:34dans les situations
15:35de crise.
15:36Aujourd'hui,
15:36ce n'est plus du tout ça,
15:37en fait.
15:37Il y a une volonté aussi
15:40de transformer
15:42les ambassades
15:42en des espèces
15:43de boutiques
15:49pour vendre,
15:50je ne sais pas,
15:50de l'armement
15:51ou en VRP
15:53en fait,
15:54en VRP
15:54de la start-up nation
15:55et puis voilà quoi.
15:58Ça va être des vitrines
16:00pour...
16:00Pour une sorte
16:01de diplomatie économique
16:02qui se résumerait
16:04à vendre des rafales
16:05et des missiles
16:06et ce genre de choses.
16:09Il y a un commentaire
16:10de Axe
16:11qui dit
16:12la France pouvait
16:13sur la planète
16:13pas seulement au Moyen-Orient
16:14être une voie pour la paix.
16:15Les libéraux
16:16ont méticuleusement
16:17détruit
16:18les voies fraternelles
16:19pour la paix.
16:19C'est tellement rentable
16:20la guerre.
16:21Il y a un peu
16:21cette idée-là
16:22de la destruction
16:23du corps diplomatique
16:24même si je pense
16:25qu'il ne s'est pas dit
16:26en faisant ça
16:26ça va être encore plus
16:27le bordel dans le monde.
16:29Mais il s'est dit
16:30je vais pouvoir
16:30placer des gens
16:32qui représentent
16:34son idéologie libérale
16:35justement.
16:36Oui, oui, tout à fait.
16:36L'idéologie libérale de Macron.
16:39OK.
16:41Là, bon,
16:43il y a une instabilité
16:45politique en France
16:46qui est incomparable
16:48évidemment
16:48avec ce qui se passe au Liban
16:49mais qui est quand même
16:49pargné à avoir du mal
16:50à former un gouvernement.
16:51Il y a possiblement
16:53une dissolution
16:54qui se profile
16:54dans l'année à venir
16:56au bout d'un an
16:57c'est ça.
16:58Est-ce que ça
16:59ça a un impact
16:59sur comment
17:01la France
17:02ou les gouvernements
17:04le gouvernement en place
17:05envisage
17:06la politique internationale ?
17:08Est-ce que
17:08le fait que
17:09Macron sait
17:10qu'il y a une instabilité
17:11ça peut
17:12ne pas relayer
17:13un petit peu
17:14au second plan
17:14la politique internationale ?
17:16Est-ce que ça favorise
17:17pas ça aussi
17:17le fait de ne pas avoir
17:20de positionnement
17:22fort
17:22et structuré
17:23sur ces questions-là ?
17:24Alors, je pense que lui
17:25dans sa stratégie
17:26ce qui joue
17:27en tout cas
17:27dans la séquence
17:28qui s'ouvre là
17:29c'est de faire semblant
17:31de s'extraire
17:33du marigot français
17:34après ses élections
17:35qu'il a perdu
17:36tout en créant
17:37les conditions
17:38de perpétuer sa politique
17:39en ne nommant pas
17:40un premier ministre de gauche
17:41et il va essayer
17:42de mettre en scène
17:43ce qu'il appelle
17:43une séquence internationale.
17:45Alors, la France
17:46et les Etats-Unis
17:46viennent de faire
17:47une déclaration
17:47qui appelle à une trêve
17:48de 21 jours au Liban.
17:50Pour l'instant,
17:51c'est complètement rejeté
17:52par Israël
17:54mais il est question
17:56de la reconnaissance
17:57de l'Etat palestinien aussi.
17:58Au début de l'année,
17:59Macron disait
18:00« si, si, il faut le faire
18:01mais il faut le faire
18:02en temps utile
18:02donc pas tout de suite »
18:03Là, il va avoir une question
18:04dans sa déclaration ?
18:05Non, pas dans sa déclaration
18:06mais il se dit
18:07qu'il pourrait aller
18:10vers la reconnaissance
18:11d'un Etat de Palestine
18:12pour prendre une initiative
18:13diplomatique dans ce sens, etc.
18:16Le problème, c'est qu'il n'y a
18:18aucune espèce de vision
18:21c'est-à-dire que même
18:22les initiatives qu'il prend
18:23à l'échelle internationale
18:24elles sont, disons,
18:27à usage interne un peu.
18:28Je ne sais pas comment
18:29dire les choses.
18:30C'est pour se donner
18:32une carrure
18:34plus présidentielle
18:35au-dessus de la mêlée.
18:38C'est comme l'histoire
18:38de la coalition internationale
18:39contre le Hamas.
18:40Ça fait une belle déclaration
18:42et puis en plus
18:42ça positionne en
18:43super chef de guerre
18:44je vais prendre les meilleurs
18:47pour aller faire
18:48des opérations là-bas
18:49mais ça n'a pas de corps
18:51puisque c'est...
18:52Oui, on est dans la posture
18:53on est dans la mise en scène
18:54on est dans des postures
18:57à usage interne
18:59et au fond
19:00il n'y a pas cette épaisseur
19:01diplomatique
19:02dont on parlait tout à l'heure
19:05il n'y a surtout pas
19:06ça ne réinstalle pas
19:08la France
19:09comme une voix
19:11indépendante
19:11écoutée
19:13qui est capable
19:14de faire bouger
19:15des choses
19:17positivement
19:17sur la scène mondiale.
19:19Il y aura peut-être
19:19voilà des initiatives
19:22comme ça
19:22des petits coups d'éclat
19:23mais en tout cas
19:24rien
19:25de la cohérence
19:26d'une politique étrangère
19:28qui pourraient compter
19:30en Europe
19:31dans le monde.
19:32Est-ce que tu as quelque chose
19:33à ajouter ?
19:34En tout cas
19:34c'était éclairant
19:36je pense qu'on va essayer
19:36de se faire des points réguliers
19:38si on en a le temps
19:39de temps en temps
19:40parce que la situation
19:41avance vite.
19:42J'en profite pour dire
19:43qu'on prépare
19:44une édition spéciale importante
19:46pour le 7 octobre
19:47dans laquelle vous allez trouver
19:48plein de reportages
19:50de clés de compréhension
19:51d'interviews
19:52donc ça ce sera
19:53le 7 octobre
19:54un an
19:54de l'attaque
19:58du Hamas
19:59en Israël
19:59et puis aussi
20:00un an de
20:01de guerre
20:01à Gaza
20:03avec le terrible
20:04le bilan dévastateur
20:06qu'on connaît
20:07donc ce sera
20:08une édition spéciale
20:09de l'humanité
20:09le 7 octobre
20:11les jours qui vont
20:12précéder
20:13les jours qui vont suivre
20:14on va aussi publier
20:15toute une série
20:16d'enquêtes
20:17de reportages
20:17de sujets
20:19dans lesquels
20:19vous allez pouvoir
20:21trouver
20:21toute une série
20:22de matières
20:24à penser
20:26sur
20:27la situation
20:28au Proche
20:29et au Moyen-Orient
20:29D'ailleurs
20:30à cette occasion
20:31et tu seras peut-être
20:32avec nous
20:32on fera une émission
20:33spéciale
20:34sur Twitch
20:35pour le 7 octobre
20:36je crois qu'il y aura
20:37des journalistes de l'UMA
20:38qui seront en direct
20:39On a des envoyés spéciaux
20:40qui sont déjà sur place
20:42à la fois en Israël
20:43dans les territoires
20:44occupés de Cisjordanie
20:46on va faire des duplex
20:48avec eux
20:49en gros
20:50dès la semaine prochaine
20:52on va avoir des productions
20:54dans le journal
20:55sur le sujet
20:56donc
20:56restez connectés
20:58et puis
20:59achetez l'UMA
21:02on va avoir des productions
21:15dans le journal
21:16on va avoir des productions
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