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  • il y a 1 semaine
Un nouveau groupe de bateaux de la Global Sumud Flotilla appareille jeudi pour briser le blocus de Gaza et apporter un début d’aide humanitaire qu’Israël interdit aux Palestiniens, dans un contexte où deux attaques de drones viennent de frapper des bateaux de la Flottille en Tunisie.  Depuis la Sicile, le point sur la Flottille avec la députée européenne Emma FOURREAU (La Gauche), et l’ancien maire de GENÈVE, Rémy PAGANI, militant international des droits de l’homme, l’un des organisateurs de la flottille suisse.

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Transcription
00:00Bonjour et bienvenue sur le plateau de l'Humanité au Parlement européen de Strasbourg.
00:05Où en est la flottille pour Gaza, qui s'apprête à parier de différents ports de Méditerranée ?
00:11Nous allons faire le point d'abord avec vous, Emma Fourreau.
00:15Bonjour et merci d'être sur le plateau de l'Humanité de si loin.
00:20Vous êtes députée européenne, je le rappelle, du groupe La Gauche.
00:23Vous êtes actuellement en Sicile.
00:25Vous allez larguer les amarres demain à bord d'un voilier.
00:28Alors pouvez-vous nous dire un peu où on en est, des préparatifs, un peu plus sur votre bateau peut
00:34-être,
00:35et surtout peut-être l'esprit qui règne autour de vous pour ce qui reste, rappelons-le,
00:39la plus grande flottille pacifique jamais réunie ?
00:44Emma Fourreau.
00:46Effectivement, là le départ il est imminent, on part demain, évidemment c'est un gros enjeu
00:50parce qu'on n'a jamais envoyé autant de bateaux, autant de gens sur mer pour briser le blocus illégal
00:56à Gaza.
00:56Donc c'est aussi une prouesse technique de pouvoir faire partir autant de bateaux, de ports différents.
01:01Donc moi je suis effectivement en Sicile où mes camarades et moi-même sommes impatients de partir,
01:06surtout qu'on a des images de plus en plus terribles de Gaza,
01:09avec notamment plus de 50 bâtiments explosés en trois jours.
01:13Donc on sait qu'il y a urgence et que cette initiative peut contribuer à la fois
01:17à faire de la lumière médiatique mais aussi politique sur ce qui est en train de se passer à Gaza.
01:22Donc on est tous très impatients de pouvoir partir et atteindre Gaza.
01:25C'est ce qui vous a motivé évidemment cette urgence comme tout le monde,
01:28au bout de plusieurs mois maintenant, de presque deux ans maintenant,
01:33alors que rien ne se passe, j'allais dire pour l'instant, c'est-à-dire que ça continue comme
01:36au départ.
01:37C'est ce qui vous a motivé vous bien sûr, l'urgence de la situation.
01:42Surtout en tant que députée au Parlement européen,
01:44moi je vois dans mon travail quotidien tous les jours la lâcheté des États
01:47et la complicité de l'Union européenne et c'est ça aussi qui m'a poussé à partir,
01:51à m'engager sur cette flottie qui est, comme vous l'avez dit, non violente, chargée de civils.
01:56C'est justement parce qu'il y a un blocage politique et une complicité que nous voulons dénoncer.
02:00Donc c'est pour ça qu'on a des civils qui sont obligés de partir,
02:03prendre des risques pour briser ce blocus parce que nos responsables politiques
02:06ne font rien ou sont complices comme l'est l'Union européenne
02:09avec l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël
02:11qui aujourd'hui finance directement le génocide en cours.
02:14Alors précisément, est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ?
02:17On sait qu'il y a des éléments qui ne peuvent pas être communiqués,
02:20mais est-ce que vous pouvez quand même nous dire comment vous allez naviguer,
02:25en gros avec cette flottille extrêmement importante à partir de la Sicile
02:29et il y a une grande route maritime à faire,
02:32comment est-ce que vous allez naviguer pour rallier Gaza ?
02:35Est-ce que vous pouvez nous donner quelques informations là-dessus
02:38qui ne soient pas confidentielles ?
02:41On a des bateaux qui sont partis de Barcelone
02:43qui ont maintenant rejoint la flottille de Tunis
02:45qui va se mettre en route très bientôt.
02:47On a ensuite d'autres ports qui vont envoyer des bateaux,
02:49notamment le mien en Sicile.
02:51Et donc évidemment, l'enjeu, c'est de coordonner tous ces bateaux
02:54pour qu'on puisse naviguer ensemble,
02:55pour qu'on puisse se protéger mutuellement.
02:56On a notamment un bateau qui s'appelle Emergency,
02:59donc de l'association du même nom,
03:01qui va venir également nous accompagner sur une partie de la navigation,
03:05justement pour nous prodiguer des soins si besoin,
03:09pour protéger les gens sur terre et en mer surtout,
03:12et les bateaux, donc on sait qu'on est très bien accompagnés,
03:14qu'il y a beaucoup de personnes qui vont nous suivre,
03:16qu'on va s'entraider, parce qu'on a y compris des petits bateaux,
03:18des petits voiliers et des plus gros bateaux.
03:20Donc tous ces bateaux vont partir ensemble, on va s'attendre.
03:22Et c'est pour ça que la navigation peut être un peu plus longue
03:24que pour le Madeleine ou le Randala,
03:26parce que justement, on se coordonne et on s'attend pour arriver à Gaza.
03:29– Précisément, vous parliez de conditions de surveillance et de sécurité.
03:33Deux attaques de drones ont eu lieu la nuit dernière
03:36et la nuit précédente en Tunisie,
03:39l'une au port à Sidi Bou Saïd et l'autre un peu plus au large.
03:42J'allais dire, comment vous analysez cette attaque
03:45et quelles sont les informations que vous avez sur son origine à l'heure actuelle ?
03:49Qu'est-ce qui se dit autour de vous ?
03:51– Ces deux attaques en deux nuits sont évidemment en violation flagrante
03:55du droit international, sont là pour nous intimider
03:57et faire en sorte que nous ne montions pas sur ces bateaux.
04:00C'est évidemment totalement vain, parce que la flottille est en train de partir,
04:03va partir et rien ne nous fera baisser la tête et les yeux.
04:06Mais il faut quand même se dire que c'est aussi une tentative pour Israël
04:10de nous détourner le regard de Gaza.
04:12C'est parce qu'on parle beaucoup des flottilles
04:14qu'on peut avoir tendance à ne pas parler de l'opération en cours à Gaza
04:17où on a demandé à un million de personnes de fuir, de se déplacer,
04:21alors que c'est déjà le 25e déplacement pour la plupart des familles.
04:24Donc c'est important de dénoncer les intimidations sur nos bateaux
04:28et rappeler que les équipages vont bien,
04:30mais qu'en attendant à Gaza, les gens sont bombardés tous les jours,
04:33il y a des morts tous les jours.
04:34Et donc Israël essaie aussi de détourner l'attention de ce qui se passe à Gaza.
04:38Donc c'est important de pouvoir relayer les deux,
04:40pouvoir relayer évidemment la flottille pour que nous puissions naviguer en toute sécurité,
04:44mais rappeler pourquoi la flottille part pour Gaza.
04:46Et c'est justement parce qu'il y a un génocide en cours,
04:48parce qu'il y a la famine organisée, et ça on ne doit pas l'oublier.
04:51La Convention internationale bafouée, vous le disiez à l'instant,
04:53j'allais dire encore plus dans le cas de ces attaques de drones.
04:57Je rappelle que la Convention internationale permet aux navires civils
05:00de naviguer dans les zones internationales sans aucun problème.
05:03Là il s'agissait d'eau territoriale, qui plus est,
05:05et il s'agissait d'un acte de guerre,
05:07puisqu'il y a une bombe qui a été envoyée sur les navires.
05:11Est-ce que ces attaques vont, sans m'en dire plus,
05:16si vous ne pouvez pas m'en dire plus,
05:17modifier votre façon d'assurer votre sécurité,
05:20dans cette croisière qui commence à être à risque un peu ?
05:26Les risques, ils sont là parce qu'Israël nous menace
05:29et que les États, pour l'instant, se font complices d'Israël.
05:31Mais nous, on sait très bien que nous respectons le droit international jusqu'au bout,
05:36que ce sont aux États de nous défendre,
05:38que c'est à Netanyahou de respecter le droit international,
05:40qu'il ne faut pas inverser la charge de la responsabilité.
05:42Nous, ce que nous faisons, respecte le droit international,
05:45c'est pour livrer de l'aide humanitaire et dénoncer un génocide.
05:47On sait bien qu'il y a des risques sur nos personnes,
05:49parce qu'on a en face l'armée la plus immorale du monde,
05:52qui tue des enfants tous les jours.
05:55Donc, évidemment que nous, avec l'organisation,
05:57on fait en sorte d'assurer un maximum de protection
06:00à tous les civils qui vont monter sur les bateaux.
06:02Mais encore une fois, ce que nous faisons, respecte le droit.
06:05Nous sommes formés depuis plusieurs jours.
06:07On a aussi beaucoup de personnes qui sont déjà parties en flottis.
06:10C'est mon cas avec le Randala.
06:11On a des camarades qui sont partis presque une dizaine de fois pour Gaza,
06:15qui ont une grosse expérience sur le terrain,
06:17à la fois sur terre comme sur mer.
06:19Donc, on est très bien entourés.
06:20Maintenant, c'est au chef d'État de prendre leurs responsabilités
06:23et d'assurer la sécurité des participants à terre comme sur mer.
06:28D'autant que, vous en parlez, on parlait de droit international, encore une fois,
06:32même quand vous arriverez dans les eaux de Gaza,
06:37Israël est obligé de laisser l'action humanitaire se faire
06:41au terme des conventions internationales.
06:43Là, c'est la quatrième convention de Genève, si je ne me trompe,
06:46qui autorise absolument, y compris en période de guerre,
06:50le passage d'actions humanitaires dans les eaux qui sont les eaux territoriales
06:55d'une région, d'une ville, en l'occurrence là,
06:58enfin d'un territoire qui est occupé par un pays étranger.
07:01Je crois qu'il est important de le rappeler à ce moment-là.
07:03C'est-à-dire qu'un navire comme le vôtre n'est pas en inégalité,
07:07dans l'illégalité, quand il est dans les eaux territoriales de Gaza.
07:11Tout à fait.
07:12Donc ce que nous faisons n'est pas irresponsable.
07:13Ce qui est irresponsable, c'est de ne rien faire face au génocide.
07:16Mais nous, du point de départ jusqu'au point de l'arrivée,
07:19nous respectons le droit international.
07:20Israël n'a aucun droit, ni sur les eaux territoriales,
07:22ni sur les eaux internationales, ni sur les eaux palestiniennes.
07:25Donc vraiment, à aucun moment de la traversée,
07:27Israël n'a à intervenir.
07:29Et donc ce qu'on compte sur Emmanuel Macron,
07:30même si avec sa complicité avec Netanyahou,
07:33on se doute que pour l'instant, ce n'est pas son agenda.
07:35Mais il devrait, même pour respecter la poids de la France
07:38sur l'échelle internationale,
07:39pour ne pas tomber dans la honte absolue.
07:44Parce que quand même, sur le Madeleine et le Handala,
07:46on a quand même des ressortissantes et ressortissantes français
07:48qui ont été kidnappées en eau internationale.
07:50C'est un camouflet pour la France.
07:51Et on a au contraire Jean-Noël Barraud,
07:53qui était ministre de l'Europe des Affaires étrangères,
07:55qui est maintenant démissionnaire,
07:56mais qui faisait des tweets pour, en fait,
07:58limite, excuser Netanyahou.
08:00Mais ce qui est désastreux pour la France à l'international,
08:02et ce qui montre que la France ne compte pas respecter
08:04le droit international non plus.
08:05Donc on appelle aussi les citoyens et les citoyennes
08:08à faire pression sur le gouvernement pour nous protéger,
08:11parce que nous respectons le droit international
08:12et nous dénonçons un génocide,
08:13ce que devrait faire Emmanuel Macron.
08:15Précisément, vous êtes députée européenne.
08:17Il y a eu un débat hier au Parlement européen sur Gaza.
08:20Est-ce que vous sentez une nuance de différence
08:22dans l'attitude du Parlement européen
08:24et en général de l'Union européenne,
08:27de la Commission européenne,
08:28dans l'attitude vis-à-vis d'Israël ?
08:30Qu'est-ce que vous sentez de nouveau ou pas ?
08:33L'Union européenne est incapable de condamner fermement Israël
08:37et on a un deux poids deux mesures au Parlement européen
08:39qui est criant parce que sur l'Ukraine,
08:41on a adopté énormément de résolutions
08:43et c'est une bonne chose,
08:44mais on n'a adopté aucune résolution qui condamne Israël.
08:47Pas une seule depuis deux ans de génocide.
08:49Donc ce qu'on est en train de dire,
08:50c'est que les vies palestiniennes,
08:51les vies des enfants palestiniens,
08:53valent beaucoup moins que les vies d'Ukrainiens
08:55ou de personnes blanches.
08:56Donc c'est la honte pour le Parlement européen,
08:58pour l'Union européenne.
08:59Et donc c'est pour ça que nous, on défend depuis le début du génocide
09:03la fin de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël
09:06qui est un partenariat économique en fait
09:08qui enrichit Israël et qui permet aux produits israéliens
09:11de rentrer de manière préférentielle sur le territoire européen.
09:15On est aussi évidemment pour un embargo total
09:17sur la vente d'armes.
09:19Ce sont des mesures qui sont nécessaires.
09:20On doit avoir des leviers diplomatiques, économiques
09:23d'actionner au niveau européen.
09:25On pourrait avoir la puissance de le faire,
09:27mais on choisit aujourd'hui de ne pas le faire.
09:29On choisit de laisser les mains libres à Netanyahou.
09:31C'est comme ça que Netanyahou peut avancer en Palestine et à Gaza.
09:34C'est parce que l'Europe se couche face à lui,
09:36face à l'allié de Netanyahou qui est les États-Unis.
09:39Donc en fait, depuis le début, l'Europe se couvre de honte.
09:42Et heureusement qu'on a des députés au Parlement européen,
09:44notamment le groupe The Left,
09:45qui tous les jours rappellent ce qui se passe à Gaza,
09:48qui tous les jours proposent des résolutions
09:50qui sanctionnent Israël.
09:52Mais pour le moment, on n'est pas écoutés.
09:54C'est pour ça qu'il faut continuer la pression.
09:56Cette attitude de l'Europe,
09:57alors même que les citoyens par centaines de milliers,
10:00par millions maintenant en Europe,
10:01se mobilisent en permanence et toujours aujourd'hui,
10:04sans arrêt, pour Gaza.
10:06Là est la contradiction flagrante, visible, j'allais dire.
10:10Exactement.
10:11En fait, on voit que les peuples sont dignes.
10:13Les peuples sont du côté du peuple palestinien.
10:15Là où on a une faillite morale de l'Occident
10:16qui est criante, avec des responsables
10:18qui ne sont pas à la hauteur de leur population.
10:21Et heureusement qu'il y a tous ces rassemblements,
10:24ces manifestations, ces blocages,
10:25ces actions de boycott.
10:27On le voit aujourd'hui avec le 10 septembre,
10:29avec notamment des entreprises qui sont liées au génocide,
10:32qui sont attaquées.
10:33C'est une bonne chose.
10:34On a en fait les peuples qui se soulèvent
10:36parce que nos responsables,
10:38nos chefs d'État ne le font pas.
10:40Et donc, il est grand temps
10:41que les chefs d'État soient à la hauteur de leur population.
10:44Écoute enfin les voix de la paix,
10:45parce que c'est de ça dont on parle.
10:47On réclame à la fois la paix en Palestine,
10:49mais aussi la justice pour le peuple palestinien
10:51parce que rien n'a commencé le 7 octobre.
10:53Évidemment, tout a commencé avec la Nakba en 1948.
10:56Et donc, c'est tout ça qu'il faut venir réparer aujourd'hui
10:59aux côtés du peuple palestinien
11:00qui se bat depuis le début
11:01avec un courage, une dignité immense.
11:03Et donc là, il est temps de montrer
11:04qu'ils ne sont pas seuls,
11:05que nous sommes capables aussi
11:07de nous mobiliser à leur côté.
11:08Et pour l'instant,
11:09on voit qu'Emmanuel Macron a choisi
11:11d'être du mauvais côté de l'histoire.
11:13Merci beaucoup, Emma Fourreau.
11:14Merci beaucoup.
11:15Je sais ce que ça vous coûte
11:16d'être en direct avec nous
11:17dans un moment aussi difficile
11:19puisque vous partez dans quelques heures maintenant.
11:22Merci beaucoup.
11:23Bonne chance et bonne route
11:25et bon vent pour cette mission humanitaire
11:28et bon vent à toute la flottille,
11:29bien sûr, qu'on continuera à suivre
11:31puisque l'un de nos journalistes,
11:34notre camarade Emilien Urbach,
11:35est lui-même dans la flottille.
11:37Il est présent et qu'il nous informe,
11:38qu'il vous informe aussi tous les jours
11:41de ce qui se passe dans la flottille.
11:42Merci à vous, Emma Fourreau.
11:43À bientôt. Au revoir.
11:45Au revoir.
11:45Voilà, nous allons rejoindre maintenant
11:47un autre participant à la flottille de Gaza.
11:50C'est l'ancien maire de Genève,
11:53Rémi Pagani. Bonjour.
11:54Vous avez été trois fois maire de Genève
11:57et merci d'être avec tous
11:58sur le plateau de l'Humanité.
12:00Vous êtes depuis longtemps
12:01un défenseur des droits de l'homme
12:02partout dans le monde.
12:04Vous êtes en Sicile.
12:05On ne va même pas dire le port
12:07dans lequel vous êtes.
12:07On ne l'a pas dit non plus tout à l'heure.
12:09J'allais dire, même question
12:10qu'est-ce qui vous a poussé, vous,
12:12à vous engager dans cette flottille
12:14et qu'est-ce qui, dans cette mission humanitaire,
12:17vous en avez fait de nombreuses
12:18à travers le monde,
12:19se distingue des autres missions
12:21que vous avez faites depuis des années ?
12:23Rémi Pagani.
12:24Alors, j'ai une longue relation
12:28avec la Palestine
12:30puisque j'ai été notamment
12:32soutenir des militants
12:33quand j'étais en fonction,
12:35soutenir des militants
12:37paysans de Bilin
12:38qui ont vu leur village
12:41coupé de leur champ.
12:42Et puis, j'ai même manifesté,
12:43je me suis même fait gazer.
12:45Et suite à ça,
12:46on a trouvé l'argent
12:47au Ville de Genève
12:47pour payer une ambulance
12:49parce que les gaz israéliens,
12:51c'est autre chose
12:51que les gaz français.
12:54Il n'y a pas de jugement de valeur,
12:56mais il y a toujours été
12:56que les gaz israéliens
12:58vous asphyxient.
12:59Il y a même eu un mort.
13:01Et ceci dit,
13:02ils ont gagné pour finir.
13:03J'en suis très content.
13:05Et puis, sur le long cours,
13:08je travaille avec Elia Sambar
13:10et puis Mettine Arditi
13:12et le Conservatoire de Genève,
13:14les directeurs et directrices
13:16qui, on aide dans la fondation
13:21des instruments de paix.
13:23On aide les enseignants.
13:25On a été plusieurs fois les visiter
13:28à Jérusalem, à Ramallah,
13:30à Bethléem, dans des écoles
13:33et on finance des enseignants
13:34pour enseigner la musique
13:37en même temps aux petits palestiniens,
13:39aux petits enfants palestiniens
13:40et israéliens.
13:42Donc, c'est dire que je suis très attaché
13:44à la Palestine pour d'autres raisons aussi.
13:48Je ne vais pas expliquer là,
13:49mais il y en a beaucoup.
13:51Et puis, ce qui m'a motivé,
13:53c'est qu'en fait,
13:54avant de partir,
13:55j'ai appris que la situation à Gaza,
13:59depuis trois mois,
14:01on assiste à un crime de guerre
14:03au sens des conventions de Genève
14:05que j'ai toujours défendues.
14:08Les deux articles 59 et 54
14:11sont violés tous les jours
14:13puisqu'on interdit
14:14aux organisations humanitaires
14:18de rentrer à Gaza
14:20et aux citoyens.
14:22On nous attaque il y a deux jours,
14:24on a tenté de mettre le feu
14:26à deux bateaux.
14:27Et puis, on affamine la population.
14:31Il y a un sens juridique
14:32qui a été déclaré le 22 août,
14:34très clairement par l'ONU,
14:35par une de ses institutions.
14:37C'est une malnutrition chronique
14:40pour un enfant sur trois.
14:43Ça veut dire que si on ne le soigne pas,
14:45on ne lui donne pas des aliments,
14:47on ne l'alimente pas,
14:48y compris en perfusion,
14:50il meurt, cet enfant,
14:51dans la semaine
14:51ou dans les deux semaines
14:52qu'ils vont venir.
14:53Et puis, il y a un adulte sur 10 000
14:55qui meurt chaque jour.
14:57Donc, on ne peut pas rester indifférent,
15:00surtout quand on est de Genève
15:02et qu'on porte,
15:03et qu'on a eu l'honneur
15:04de porter le nom
15:05des conventions de Genève.
15:06Bien sûr.
15:07Alors, il n'y a pas que vous
15:09qui vous engagez,
15:10je crois que c'est important de le dire.
15:11Vous êtes avec un certain nombre
15:13d'autres bateaux
15:14qui vont partir de Suisse.
15:15C'est un peu quand même
15:18la Suisse qui part
15:20sur cette opération
15:21de la flottille pour Gaza.
15:23parce que vous êtes nombreux
15:24et ensemble en plus
15:26pour partir dans cette flottille.
15:28Oui, oui.
15:28On a créé une fondation, nous.
15:31On est soumis, évidemment,
15:33à la flottille,
15:34à la maison mère,
15:35si j'ose dire.
15:36Mais on a trouvé l'argent
15:38pour payer les bateaux.
15:40Ça va se monter
15:41entre 5 et 10.
15:43Je n'ai pas encore d'informations.
15:45La seule information que j'ai,
15:46c'est le nom du bateau
15:47dans lequel je serai,
15:48c'est-à-dire Mango.
15:52Qui est un voilier.
15:53On a décidé.
15:54Comment ?
15:55C'est un voilier.
15:57Oui, c'est un voilier.
15:58On va faire de la voile.
15:59D'ailleurs,
16:00j'ai essayé dimanche.
16:01Il va super bien.
16:03Et puis,
16:05surtout,
16:06on a 10 jeunes voies
16:08qui sont avec moi.
16:10Et puis,
16:12on a ces plantes
16:13à 100 Suisses
16:14qui sont là,
16:15d'origine différente.
16:17Parce que vous savez
16:17qu'aujourd'hui,
16:18la Suisse,
16:19c'est le multiculturalisme.
16:22Déjà,
16:22à l'époque de ma fille,
16:23quand elle était à l'école,
16:25il y avait qu'elle
16:26qui était genoise,
16:27pour dire,
16:27toutes les autres enfants
16:28venaient de plusieurs horizons
16:31dans le monde.
16:33Et donc,
16:34on est représentant,
16:36malheureusement,
16:37la Suisse
16:37et les autorités suisses
16:39se comportent de manière scandaleuse.
16:41Mais scandaleuse
16:42à tel point
16:42qu'il y a des anciens ambassadeurs
16:46qui ont trahi
16:47leurs anciens employeurs
16:49en écrivant une lettre ouverte.
16:53J'en ai pris connaissance.
16:54Ils demandent
16:55qu'on boycotte Israël,
16:56qu'on intervienne
16:57pour faire rentrer les camions,
17:00qu'on protège
17:01celles et ceux
17:02qui vont à Gaza
17:04porter secours.
17:05Et puis,
17:06il y a des médecins
17:07qui se sont mobilisés
17:08la semaine dernière.
17:10Il y a une occupation
17:11de la place de l'ONU
17:12et le gouvernement,
17:13M. Cassi,
17:14qui est conseiller fédéral,
17:16se comporte
17:16pour casser
17:18les racines même
17:20de notre ville,
17:21qui est une ville
17:23humaniste,
17:24qui est profondément
17:26ancrée
17:27dans le secours humanitaire,
17:32la politique humanitaire.
17:33Et malheureusement,
17:35ce conseiller fédéral
17:36fait tout le contraire.
17:37Et on l'invite
17:38à venir sur le bateau.
17:40Voilà.
17:40Alors que,
17:41comme on disait tout à l'heure,
17:42il y a des manifestations
17:43des populations en Suisse
17:45pour soutenir
17:46les populations palestiniennes.
17:48Les gens ne sont pas inertes.
17:50Ensuite,
17:50les gens se mobilisent,
17:52manifestent également.
17:54Oui,
17:55c'est-à-dire qu'il y a quasiment
17:57tous les jours
17:58des manifestations,
18:00des protestations.
18:02Ce conseiller fédéral
18:03s'est fait traiter d'assassin
18:04parce qu'il n'a jamais,
18:06contrairement aux conventions
18:07qu'on a signées,
18:08aux conventions de Genève
18:08qu'on a signées,
18:09il n'a jamais levé
18:10le petit doigt
18:11pour intervenir
18:13auprès de M. Nathan Niaou
18:14pour lui faire respecter
18:16les conventions de Genève.
18:18Moi-même,
18:18quand j'étais en fonction,
18:20j'ai été voir le maire
18:21de Tel Aviv
18:22pour lui dire
18:23que ça n'allait pas
18:24parce que j'avais constaté
18:25notamment Billin
18:26toute une série
18:27d'infractions
18:28aux conventions de Genève.
18:29Si moi,
18:29je suis capable de le faire,
18:31pourquoi le gouvernement
18:31en Suisse ne le fait pas ?
18:33Bien sûr.
18:34Que transportez-vous
18:35en matière d'aide humanitaire ?
18:37Alors,
18:38on transporte
18:40du lait en poudre
18:43et du matériel
18:44pour assainir l'eau
18:46pour que la population
18:48qui, je rappelle,
18:49c'est un million de personnes
18:50au moins
18:52puissent boire de l'eau propre.
18:56Et ça,
18:56c'est quand même extraordinaire
18:57qu'ils n'aient même pas accès
18:58à une eau potable.
19:00Voilà.
19:01Mais je dois dire
19:02que c'est une goutte d'eau
19:04dans la mer
19:05puisqu'en fait,
19:07il y a des camions,
19:08des centaines de camions
19:09qui attendent
19:09depuis des jours,
19:11depuis trois mois,
19:12qui attendent
19:13de livrer
19:15le matériel
19:16et ce matériel
19:17et des denrées alimentaires
19:19à cette population
19:21martyrisée
19:22qui subit
19:23un crime de guerre,
19:24un crime contre l'humanité.
19:25Comment est-ce que vous imaginez
19:27et vous vous y préparez
19:29à l'arrivée
19:30dans les eaux de Gaza ?
19:31Est-ce que vous en parlez
19:32des gens entre vous
19:32sans nous dire éventuellement
19:34évidemment des choses
19:35qui ne relèveraient pas
19:36de l'information publique ?
19:38Mais vous vous y préparez,
19:39bien sûr.
19:40Oui, on a suivi des cours.
19:43Moi, je connaissais
19:44Martin Luther King,
19:46Gandhi,
19:47on a suivi des cours
19:48de non-violence,
19:52de calme.
19:55On a suivi des cours
19:57qui visaient
19:58à nous protéger
19:58contre un raisonnement
19:59et de se soumettre
20:04à l'abordage,
20:06puis au kidnapping.
20:08Mais visiblement,
20:11les responsables israéliens
20:13pratiquent maintenant
20:13d'autres stratégies,
20:16en tout cas,
20:16testent d'autres stratégies
20:19qui est d'arriver
20:20avec des drones
20:21pour tenter
20:22de mettre le feu au bateau.
20:24Ce qui va poser
20:25des problèmes,
20:26d'autres problèmes.
20:27Mais toujours est-il
20:28qu'on est aptes
20:30les uns et les autres
20:31à ne pas céder
20:33à la provocation
20:34s'il y en a une,
20:35et à se soumettre
20:39et à lever les mains
20:41et à attendre
20:43que tout ça se passe
20:44si nous sommes
20:45à raisonner.
20:46Mais je dois dire
20:47que j'étais extrêmement
20:51touché
20:51par le mouvement syndical
20:53qui est en train
20:54de se mettre en route
20:55sur la base
20:56des dockers.
20:57j'ai vu des interviews
20:59de dockers de Gênes
21:01et puis en fait,
21:03cette vague de fonds,
21:04ce n'est pas simplement
21:05une décision
21:06des dockers de Gênes,
21:08mais c'est des dockers
21:09de toute l'Europe.
21:11De toute l'Europe.
21:12Et je crois
21:13que c'est une protection
21:14dès le moment où j'étais
21:15moi-même
21:16pendant 20 ans
21:16syndicaliste.
21:17Et je peux vous dire
21:18que si la classe ouvrière
21:20s'y met,
21:21ça va être un peu plus difficile
21:23de ne pas respecter
21:24les conventions de Genève.
21:25Merci beaucoup à vous,
21:27Rémi Pagani.
21:28Bonne suite,
21:30bon vent,
21:30bonne mer
21:31et réussite
21:32pour cette flottille
21:35pour Gaza
21:35dont vous faites partie.
21:37Voilà,
21:38et puis je rappelle
21:38que l'humanité
21:39est présente
21:40également
21:40sur la flottille
21:42pour Gaza
21:42avec notre camarade
21:44journaliste
21:44Emilia Hurba
21:46qui vous tient informé
21:47tous les jours
21:47en temps réel
21:48de ce qui se passe
21:49dans la flottille
21:50et ce sera jusqu'au bout
21:51bien sûr
21:52de cette mission.
21:53Merci de nous avoir suivi.
21:54A très bientôt.
21:55Au revoir.

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