00:00Le vaccinodrome en soi c'est une bonne opération, c'est pour vacciner en masse.
00:04Malheureusement, nous n'avons pas de vaccin en nombre suffisant pour vacciner en masse dans notre pays.
00:09Et donc nous nous retrouvons avec une opération médiatique contre-productive
00:13puisque les centres de vaccination de proximité se sont vus retirer 50% de leur dose cette semaine,
00:21en particulier en Seine-Saint-Denis, pour une opération médiatique au Stade de France
00:25où se sont rendus tous les élus, tous les gouvernants pour faire les beaux devant les chaînes d'information en
00:30continu.
00:30Je peux vous citer le centre de vaccination de René-Soubois par exemple,
00:33où un de mes collègues m'a signalé, enfin il est l'organisateur de ce centre de vaccination,
00:37il a fallu qu'il passe son week-end à téléphoner à des patients, enfin pas des patients parce qu
00:43'ils ne sont pas malades,
00:44mais à des citoyens pour annuler leur rendez-vous.
00:47Voilà, donc c'est une catastrophe, c'est-à-dire que le temps aujourd'hui des soignants est précieux.
00:53Donc la gestion erratique de la crise fait qu'on consomme beaucoup de temps des soignants pour des tâches administratives,
01:02alors que ce temps serait beaucoup plus utile pour la prise en charge des patients à l'hôpital,
01:10où on accumule les heures supplémentaires, on est obligé de pousser les murs,
01:14et puis surtout on déprogramme des patients avec les conséquences sanitaires que cela aura dans les semaines et les mois
01:18qui viennent.
01:18L'autre argument, c'est que c'est très bien de créer ces vaccinodromes, encore faut-il vacciner en masse,
01:26ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, des enceintes sportives de cette taille quand elles sont utilisées pour
01:31vacciner,
01:32comme c'est le cas par exemple aux Etats-Unis ou dans d'autres pays, c'est pas 10 000
01:35vaccins par semaine, c'est 10 000 vaccins par jour.
01:37L'état de la Seine-Saint-Denis est catastrophique, on peut dire les choses comme cela.
01:42Depuis le début de la crise, les inégalités préexistantes ont aggravé la situation.
01:47100 lits de réanimation pour 1 650 000 habitants déclarés, mais 1 800 000 habitants réels sur le terrain.
01:53Une population qui ne peut pas bénéficier majoritairement du télétravail, puisque ce sont ceux qu'on a appelés les premiers
01:59de cordée,
01:59ceux qui travaillent pour que les autres puissent télétravailler justement.
02:03Le fait qu'on ait ciblé la population âgée, c'est une bonne chose.
02:06Vous savez, aujourd'hui, dans mon activité quotidienne au SAMU, je suis très content d'avoir très peu de patients
02:10âgés,
02:11en particulier en provenance des EHPAD, parce qu'ils ont été vaccinés.
02:15Peut-être que maintenant, il faut cibler les populations les plus exposées,
02:19et les populations qui, effectivement, sont obligées de circuler dans les transports en commun,
02:24d'être en contact avec d'autres collègues de travail,
02:27parce qu'ils assurent ce qui est essentiel au quotidien, dont on ne s'était pas rendu compte avant cette
02:33crise.
02:34Aujourd'hui, je pense qu'entre le trader boursier qui télétravaille de chez lui,
02:40et l'ouvrier qui est derrière sa baigne pour ramasser des poubelles,
02:43on sait qui est le plus efficace aujourd'hui et le plus utile.
02:45La solution, c'est celle que l'on a mise sur la table en France, en Europe et dans le
02:50monde,
02:51c'est de ne pas être à genoux devant l'industrie pharmaceutique.
02:54C'est la levée des brevets, comme c'est prévu dans le cadre des instances internationales
02:58comme l'Organisation mondiale du commerce, et la réquisition des usines,
03:02et ne pas attendre que, généreusement, le patron de Sanofi prête généreusement deux usines,
03:09alors que sa préoccupation, c'est plutôt de verser des dividendes monstrueux à ses actionnaires,
03:15plutôt que de mettre son outil de production à disposition pour pouvoir produire massivement des vaccins
03:21pour la France, pour l'Europe et pour le monde entier.
03:23Parce qu'il faut comprendre que si on ne vaccine pas l'ensemble de la planète au même rythme,
03:27des variants vont apparaître dans les pays peu vaccinés,
03:30et les variants ne connaissent pas les murs ni les frontières.
03:32Vous savez, si vous vaccinez une population d'un côté d'un mur et pas de l'autre côté du
03:36mur,
03:37le variant passera au-dessus du mur, quelle que soit la hauteur de ce mur.