Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Selon le maire (PCF) de Stains, Azzédine Taïbi, la stratégie de vaccination proposée par le gouvernement en Seine-Saint-Denis ne peut plus être un échec. Elle doit obligatoirement passer par un renforcement des centres de vaccination de proximité, souligne l'édile.

Quelle est la situation épidémique dans votre commune ?
AZZÉDINE TAÏBI La situation à Stains est identique à celle que l'on connaît sur le département, avec un taux d'incidence extrêmement élevé, proche de 800 pour 100.000 habitants. Un taux de personnes vaccinées qui reste très faible malgré les opportunités dont nous avons pu bénéficier auprès des centres de vaccination de Bobigny et Pierrefitte-sur-Seine.

Une situation très préoccupante qui vient s'ajouter à la crise sanitaire qui a lourdement frappé les habitants de ce département et en particulier à Stains. Il faut absolument que le gouvernement prenne des mesures adaptées selon les territoires.

En l'absence de centre de vaccination de proximité à Stains, comment venez-vous en aide aux plus fragiles ?
AZZÉDINE TAÏBI Depuis des mois, je ne cesse de réclamer un centre de vaccination pour notre commune. Le préfet m'avait donné son accord mais quelques jours avant l'ouverture prévue, on m'a annoncé que celui-ci n'était plus possible donc imaginez ma déception, partagée avec les habitants. À partir de là, on s'est débrouillé avec les moyens du bord et on a inscrit les Stanois dans les différents centres de proximité, parfois la veille pour le lendemain, avec toutes les difficultés liées au transport.

Depuis le 3 mars, on est dans une situation de bricolage et nous avons réussi à faire vacciner 200 personnes sur les 4 dernières semaines, sans compter ceux qui ont fait la démarche individuellement, ce qui est très faible. Je ne désespère pas car j'ai engagé de nouvelles discussions avec le préfet afin d'obtenir un centre de vaccination, ici à Stains, très prochainement.

Le vaccinodrome du Stade de France a ouvert ses portes avec une capacité annoncée de 10.000 vaccinations par semaine, quel est votre sentiment ?
AZZÉDINE TAÏBI Je n'ai jamais voulu m'opposer à ce centre régional de vaccination car celui-ci va rayonner sur la totalité de la région Île-de-France. On peut avoir ce méga centre qui réponde à une demande auprès d'un public bien ciblé, qui a la possibilité de se déplacer facilement mais avoir également, une réponse adaptée au plus près des citoyens, avec un centre de vaccination de proximité. Tout ceci est très complémentaire, mais le réseau de centres de vaccination locaux doit être renforcé afin que les professionnels de santé se mettent en ordre de bataille pour aller au plus près des habitants qui sont les plus exclus en matière d'accès à la santé.

Les prochaines semaines sont extrêmement importantes et il ne faut pas qu'on se loupe. C'est indispensable que la stratégie vaccinale proposée par ce gouvernement ne soit plus un échec. Il faut rétablir un rapport de confiance avec les habitants de Seine-Saint-Denis car ils

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Aujourd'hui, au moment où je vous parle, encore beaucoup de stanois,
00:04y compris les plus vulnérables, les plus touchés par la crise sanitaire,
00:07n'ont pas accès à la vaccination.
00:12Ici en Seine-Saint-Denis, non seulement la crise sanitaire a été terrible,
00:16mais elle a créé un choc psychologique.
00:19Les personnes sont complètement, je dirais, affaiblies
00:22et très touchées par cette crise sanitaire qui a fait beaucoup de victimes
00:26et qui malheureusement a touché beaucoup, beaucoup de familles.
00:29Un taux d'incidence extrêmement élevé, on est pratiquement rendu au jour où je vous parle
00:34à presque 800 taux d'incidence sur 100 000 habitants, ce qui est énorme.
00:41Un taux malheureusement de vaccinés qui est encore, à mon sens, faible, voire même très faible.
00:48Depuis le 3 mars, depuis qu'on a la possibilité d'inscrire des habitants
00:52sur différents centres de vaccination, on est vraiment dans une situation de bricolage,
00:57je le dis très, très clairement.
01:00On a, bon au mal an, réussi à faire vacciner à peu près 200 personnes
01:04sur les 4 semaines de vaccination, ce qui nous ramène à peu près un ratio
01:09de à peine 50 personnes par semaine, ce qui est très, très peu.
01:12Il ne faut pas que la stratégie de vaccination telle qu'elle a été proposée
01:15par ce gouvernement continue à être un échec.
01:18Et moi, je pense que là, on est vraiment à la croisée des chemins pour reconsidérer,
01:23c'est ce que je demande ici, moi, Astaing, le fait d'avoir un centre de vaccination
01:27de proximité pour aller au plus près des gens, au plus près de la crise sanitaire,
01:32au plus près de celles et ceux qui, malheureusement, en souffrent.
01:35Je ne veux pas, et j'ai jusqu'à maintenant, jamais voulu opposer l'ouverture
01:40de ce centre de vaccination, de ce méga centre de vaccination.
01:43Certains l'appellent vaccino-dro.
01:44Moi, je préfère l'appeler centre régional de vaccination parce que c'est un centre
01:49qui va rayonner sur la totalité de la région Île-de-France et de Paris.
01:53Donc moi, je ne veux surtout pas opposer le principe qui a été choisi par le gouvernement
01:58d'avoir un méga centre de vaccination et par la nécessité d'avoir des centres
02:03de vaccination de proximité.
02:05On peut, dans une cohérence globale et en bonne intelligence,
02:10et à la fois d'avoir ce centre, ce méga centre qui va répondre à des publics bien ciblés, etc.,
02:18qui auront la possibilité sans aucune difficulté de se déplacer jusqu'au Stade de France
02:23et d'avoir une réponse adaptée, une réponse fine au plus près des gens,
02:29c'est-à-dire un centre de vaccination de proximité.
02:31Les deux, pour moi, peuvent avoir, je dirais, un rôle très complémentaire.
02:36La question maintenant, c'est de savoir les vaccins, comment les vaccins vont être acheminés.
02:41Et de ce point de vue-là, il ne faudra pas que ce centre, ce méga centre de vaccination
02:49capte une bonne partie de l'écoulement des vaccins
02:53au détriment des centres de vaccination de proximité.
02:57Je pense qu'il faut mener ce travail de manière très, je dirais, très cohérente
03:01et de manière très intelligente, à savoir qu'il faut acheminer, évidemment,
03:04des vaccins au centre de vaccination régional, mais ça doit être sur le contingent
03:09des vaccins à l'échelle régionale, et privilégier des vaccins en quantité suffisante
03:16dans les petits centres.
03:17Alors, j'ai lu, comme beaucoup, tout récemment dans la presse,
03:21que certains centres de vaccination ont vu leur nombre de vaccins diminuer en peu de temps.
03:28Alors, il se trouve que c'est arrivé au même moment que l'ouverture du centre
03:35au Sade de France, qui a ouvert d'ailleurs pas plus tard que mardi dernier.
03:38Là, il y a un risque.
03:40Je pense que là, il faut être très, très, très vigilant, parce que si ça se résume
03:44à cette stratégie, très franchement, c'est encore les habitants des villes et des quartiers
03:51populaires qui en payeront les frais et qui seront encore le moins vaccinés.
03:55J'ose espérer, et je pense que le préfet n'est pas du tout dans cette optique-là,
04:01j'ose espérer qu'on fera en sorte que les centres de vaccination de proximité,
04:06et j'espère qu'on en aura instint très prochainement, auront assez de vaccins
04:10pour pouvoir vacciner au plus près les gens.

Recommandations