- il y a 1 jour
Vice-président du Conseil départemental du Val-de-Marne, le communiste Pierre Garzon s’est imposé le 28 juin à Villejuif à la tête d’une liste de rassemblement de la gauche, des écologistes et de citoyens.
Les jeunes ont joué un rôle moteur dans cette victoire, fruit d’une culture de résistances face aux six années de violentes politiques de la droite. Services publics rénovés, priorités sociales, transition écologique…
Tour d’horizon des défis d’une ville pour tous avec son nouveau maire.
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NewsTranscription
00:00Bonjour Pierre Garzon. Bonjour Cathy. Merci de nous accueillir ici au 21 rue Jean Jaurès, la maison des communistes, comme
00:09vous avez la coutume de l'appeler.
00:11Merci aussi du temps précieux que vous nous accordez, puisqu'hier soir, dimanche 28 juin, au terme du second tour
00:17des élections municipales, vous vous êtes imposé face au maire sortant de droite.
00:22Vous étiez à la tête d'une liste de larges rassemblements incluant des citoyens et des citoyennes sans étiquette politique,
00:31le Parti communiste français, bien sûr, votre formation politique, mais également Génération, Europe Écologie, Les Verts, le Parti socialiste.
00:39Quels enseignements tirez-vous de cette victoire ?
00:42Peut-être la première des choses, des leçons à tirer, c'est que nous avons vécu six ans d'une
00:48droite extrêmement violente, qui avait mis main basse sur la ville en 2014, dans des conditions rocambolesques pour le moins,
00:59et qui a pu déployer durant six ans une politique dure, dure à l'égard des vies juifoises et des
01:05vies juifois, dure à l'égard de l'environnement,
01:10une ville qui s'est bétonnée à l'envie de par la mainmise des promoteurs sur la ville, dure à
01:17l'égard des agents du service public,
01:19des services publics, ceux de la commune, mais aussi ceux de nos hôpitaux qui ont trouvé en sommaire un allié
01:27de ceux qui travaillent à la réduction au sens propre
01:32comme au sens figuré des services publics hospitaliers sur la ville, et donc une violence qui a nécessité tout de
01:40suite, il y a six ans, une culture de la riposte,
01:43de la résistance, de l'engagement plein et entier, et je pense que cette victoire que nous avons obtenue à
01:50Vies juif, elle tire d'abord et avant tout,
01:53non pas d'une bonne campagne, même si nous avons mené une bonne campagne, mais d'une présence sur le
01:58terrain depuis six ans, pied à pied,
02:00pour empêcher tous les mauvais coups qui pouvaient se présenter, être systématiquement aux côtés des plus faibles, des plus démunis,
02:08comme aux côtés du mouvement associatif, des hommes et des femmes de culture qui ont subi ce qui est la
02:16politique de droite,
02:17celle de l'austérité, de la privatisation et des coups portés. C'est donc une victoire acquise de longue date,
02:25dans six années de résistance et de bataille pied à pied pour y arriver, qui a donc à la fois
02:32imprimé la campagne
02:35et la liste que j'ai pu tirer au premier tour et qui est arrivée en tête de la gauche
02:42et qui a permis ce rassemblement,
02:44donc avec une imprimature très fortement ancrée dans la résistance, dans la lutte, dans la présence au quotidien.
02:51Et ça, je crois que ça a été vu et observé par les Vies juifois et qu'ils ont validé
02:56et plébiscité,
02:57pas seulement un programme, mais aussi une posture politique durant ces six années.
03:07Je crois que c'est l'élément essentiel à chaud de ce résultat.
03:14Pierre Garzon, on dit des jeunes qu'ils sont en rupture avec la politique,
03:20que la défiance est absolument énorme à l'égard de ces responsables.
03:26À l'annonce des résultats, hier soir, il y a eu plein d'images de l'IS,
03:31notamment devant l'hôtel de ville, avec une présence massive des jeunes issus des quartiers populaires,
03:39dont les parents font ce qu'on appelle le socle dans nos quartiers de l'immigration.
03:45Est-ce que c'est là aussi une clé de la réussite de votre liste ?
03:48Alors c'est vrai que souvent on dit que les jeunes sont en rupture avec la politique.
03:53Je dirais surtout que les politiques, depuis des décennies, sont en rupture avec les jeunes et les plus fragiles.
03:59C'est-à-dire que les décisions qui sont prises de programme d'austérité en programme d'austérité
04:05visent systématiquement et à chaque fois la jeunesse.
04:12Je pense aux femmes, on parle des jeunes, mais je pense aussi que c'est une victoire acquise de ces
04:17mamans
04:17qui travaillent dur, qui se retrouvent bien souvent en situation de famille monoparentale.
04:22Ce sont donc les deux catégories de populations qui sont systématiquement visées par l'abandon politique
04:32et qui, dans la façon dont on a, comme je l'ai dit, pu conduire notre présence depuis six ans
04:41sur le terrain
04:43en reconstruction d'un lien, d'une association permanente aux éléments de résistance
04:49et demain aux éléments de construction d'une politique publique municipale,
04:53ont pu se retrouver dans la méthode et ce faisant s'emparer d'une victoire qui n'est pas ni
05:02de mon fait
05:03ni seulement celui de la liste et d'un programme, mais vraiment d'une appropriation et d'une prise en
05:09main dans la ville.
05:11C'était extraordinaire. Hier, je disais un peu pour l'humour qu'on se serait cru à la phase finale
05:18de France 98,
05:20mais ça ressemblait à ça. C'était un millier de jeunes de vie juif venus.
05:26C'était bruyant, c'était joyeux, c'était festif, c'était populaire.
05:31C'était la banlieue qu'on aime, qui fait du bruit, qui chahute, mais parce qu'il y a de
05:37la joie,
05:38parce qu'il y a de la joie du résultat, il y a de la joie de ce qu'ils
05:41ont fait.
05:41Ils étaient fiers de ce qu'ils ont fait, ils ont raison d'être fiers de ce qu'ils ont
05:44fait.
05:45Et je crois que c'était extrêmement perceptible.
05:48C'est une sacrée responsabilité que nous avons en commun, c'est ce que je pense et c'est ce
05:53que je leur dis.
05:54Et j'insiste sur le « en commun », c'est-à-dire que ça renvoie une responsabilité qui est
05:57la mienne,
05:58que j'assume puisque je me suis porté devant eux à leur suffrage.
06:04Mais j'ai envie que ce que l'on a mis en œuvre depuis des mois, voire des années avec
06:09eux,
06:10perdure et imprime la politique publique que l'on va mener demain en responsabilité et en exécutif à vie juive.
06:17Donc hier, c'est un moment que pour ma part je n'avais jamais vécu, hormis l'occasion que j
06:27'ai évoquée.
06:28Mais qui en politique fait chaud au cœur.
06:30Dans la dernière semaine, j'avais fait le calcul, j'ai rencontré à peu près de quartier en quartier
06:36plus de mille jeunes pour débats de politique local.
06:41Mais pas seulement.
06:42On a abordé les politiques du gouvernement Macron, la question de l'éducation, les questions de formation, d'emploi,
06:52les questions de solidarité, les questions de racisme, de violence qui leur est faite dans tous les domaines,
06:59y compris de violence policière, qui a fait l'actualité de ces dernières semaines.
07:02Bref, une jeunesse consciente, consciente qu'elle n'est pas toujours au rendez-vous.
07:09Mais je suis aussi conscient que la politique n'est pas toujours aussi à leur rendez-vous à eux.
07:14Et hier, il me semble qu'on a su voir devant cette place pleine de la mairie de vie juive
07:22que quand, pour peu qu'on s'intéresse et que l'on travaille avec eux à définir les horizons politiques,
07:29la méthode politique, il y a de la possibilité, de la capacité à mobiliser les jeunes sur des sujets
07:35dont on a l'habitude de dire qu'ils se tiennent à distance de ceux-ci.
07:40Votre victoire survient trois mois après une crise sanitaire sans précédent.
07:45L'onde de choc social et économique s'annonce absolument terrible.
07:50Elle se compte déjà en dizaines de milliers d'emplois supprimés.
07:55Que peut faire un maire ?
07:57Quelles vont être vos premières priorités pour tenter d'amoindrir ce choc ?
08:01D'abord, sur cette crise que l'on a vécue,
08:06elle a été vécue de façon très particulière à vie juive pour plusieurs raisons.
08:10La première, c'est qu'on est une ville d'hospitaliers.
08:13On a trois hôpitaux, donc on a été une ville qui était en première ligne de la crise contre le
08:20Covid-19
08:20avec plusieurs EHPAD, une dimension de soins et de santé qui forge la culture de vie juive.
08:28Et on a vu ce que l'on disait depuis des années,
08:32nos hôpitaux qui étaient d'excellence subirent la vague par le manque de moyens,
08:38par des politiques qui depuis des années ont dépecé petit à petit,
08:42que ce soit l'hôpital Paul Brousse, Paul Guiraud, hôpital psychiatrique ou l'IGR
08:47qui se sont retrouvés dans des situations extrêmement compliquées
08:50et sur lesquelles la politique municipale et le maire en particulier de droite
08:56durant cette période a été notoirement absent.
08:59Et on a vu par défaut l'effondrement du service public national
09:04qui n'a rien à voir avec l'engagement des personnels soignants
09:07qui ont été aux avant-postes dans cette bataille,
09:09mais le manque de moyens clients qu'on a pu regarder, pu voir ailleurs.
09:13Et de l'autre côté, additionné à ça,
09:16un désengagement total de la municipalité
09:19qui nous a obligés, dans un réflexe par définition naturel,
09:24à ce que nous mettions en place des brigades de solidarité
09:27et que très très vite, nous essayions de compenser
09:31l'absence du service public municipal.
09:33Alors, il y a deux façons de concevoir,
09:35de percevoir l'action municipale,
09:37c'est soit parce qu'elle est au rendez-vous
09:39et qu'on en prend conscience,
09:40soit quand elle n'est pas au rendez-vous, malheureusement.
09:43Et là aussi, c'est un élément de la conscience
09:45et sans doute du résultat.
09:48plus pratiquement sur ce qu'il conviendrait de faire
09:51et la façon que cela a de nous projeter
09:55dans la responsabilité qui est la nôtre,
09:58sachant que la crise est encore en cours,
10:01que la maladie circule,
10:02que les spécialistes ne savent pas encore nous dire
10:05si elle est saisonnière, pas saisonnière.
10:08Et donc, évidemment, on a une obligation
10:11d'anticiper politiquement les sujets qui sont les nôtres.
10:15On a basé, nous, d'abord dire que fondamentalement,
10:21ça n'a pas modifié, et c'est tout à notre honneur,
10:24notre programme.
10:25Nous avions lutté, je l'ai dit,
10:28contre la fermeture du centre de santé,
10:30mais nous étions donné comme objectif
10:33de redonner des moyens au système,
10:37au centre municipal de santé à vie juive,
10:40de retravailler avec les libéraux,
10:42les pharmaciens et médecins libéraux de notre ville
10:45pour lutter contre la désertification médicale.
10:48Ça accélère, évidemment, notre calendrier.
10:51On aura très, très vite un échange avec eux
10:54et je le souhaite le plus tôt possible
10:57pour, excusez-moi du terme anglais,
10:59mais débriefer ce qu'ils ont vécu sur la ville
11:03et ce qu'il conviendrait de faire dans une situation
11:07où la maladie reprendrait du terrain
11:11dans notre ville comme ailleurs
11:14pour envisager ce qu'il nous pourrions
11:16d'ores et déjà anticiper.
11:18Nous, je vais très, très vite rencontrer
11:21l'ensemble des agents du service public municipal.
11:23C'est un de mes premiers objectifs.
11:25Dès mon élection, deux jours après,
11:28mon élection qui a lieu samedi, dès lundi,
11:30je m'adresserai à eux par écrit pour les rassembler
11:34et m'adresser à eux sur le sens du service public
11:37dans la ville, évidemment, avec la dimension
11:40face à une crise en cours,
11:41comment nous agissons dans le domaine de l'éducation,
11:44des loisirs, de la santé et de l'action sociale
11:48puisque derrière la crise sanitaire,
11:50il y a aussi une grave crise en cours
11:52du système financier et du système économique
11:57qui génère chômage, précarité en inflation dans la ville.
12:03Nous avons mis en place un plan spécial été
12:06pour les enfants.
12:08On a vu pendant cette crise,
12:10on a estimé à 300, 400 enfants
12:12qui n'avaient plus à manger chaque jour
12:14parce que les cantines étaient fermées.
12:17Ça envoie une sacrée responsabilité
12:19sur le rôle des repas collectifs
12:22et de l'école au-delà de la question éducative
12:26mais sur les enjeux sanitaires
12:30et tout simplement de nutrition pour les enfants.
12:34Donc on va examiner ça à plus près
12:36pour les identifier, pour les repérer
12:37pour que nous ne puissions pas seulement déléguer
12:40aux associations qui ont fait un travail extraordinaire.
12:42Je pense au Secours populaire français,
12:44je pense à l'épicerie solidaire,
12:45je pense à la Croix-Rouge à vie juive
12:47mais que le service public municipal
12:49prenne sa responsabilité elle aussi
12:51en anticipation de ce type de situation.
12:56Évidemment, en termes de loisirs,
12:58on sait que beaucoup de familles,
13:00déjà à l'ordinaire,
13:01à peu près une famille sur deux
13:02ne part pas en vacances à vie juive
13:05en temps normal.
13:06On sait probablement que cette proportion
13:09a augmenté, va augmenter
13:11dans les semaines qui viennent.
13:12quid des activités pour ces enfants
13:17qui ont vécu trois mois enfermés, confinés,
13:20plus d'écoles pendant cinq mois
13:22si l'on considère les deux mois d'été
13:24et probablement pas de perspectives de vacances
13:28où on pourrait aller prendre l'air,
13:30jouer à la montagne ou à la mer
13:32ou tout simplement retrouver les familles
13:34puisqu'on est une ville type de banlieue
13:38où l'on vient des quatre coins du monde
13:40et où d'habitude les vacances d'été
13:42servent à regrouper les familles
13:44et à se retrouver au-delà des frontières
13:47de l'Hexagone.
13:48Donc, un plan spécifique
13:50de déploiement des services jeunesse
13:53de la ville
13:54pour que pas un quartier
13:56ne dispose d'éléments de loisirs,
14:00d'éléments d'aide au doigt
14:03pour ceux qui le veulent et qui le souhaitent.
14:05On ne va pas leur rajouter de l'école à l'école
14:07pendant l'été,
14:08mais il faut bien tenir compte
14:10qu'il y a eu cinq mois de déscolarisation
14:12qui ne sont pas une mince affaire
14:14quand même pour ces jeunes
14:15et pour l'éducation nationale.
14:18Et donc, on avait déjà travaillé
14:19durant la campagne
14:20à avoir ce plan spécifique d'urgence
14:22durant l'été.
14:24Et puis, évidemment,
14:27le troisième élément,
14:29c'est le diagnostic social
14:30de la population adulte
14:34et où en sommes-nous du chômage,
14:37où en sommes-nous des éléments de précarité,
14:39où en sommes-nous des politiques sociales
14:43sur le sujet.
14:44On a déjà besoin d'identifier cela
14:46parce qu'on est encore dans une phase
14:47un peu d'inconnue statistiquement.
14:51On sait que les associations
14:52que j'ai rencontrées à plusieurs reprises
14:54caritatives ont dit,
14:55on a eu toutes,
14:56ont observé un doublement
15:02des vies juifoises et des vies juifois
15:03qui faisaient appel à ces associations
15:05avec l'entrée de nouvelles familles
15:07qui n'avaient jamais été identifiées
15:08comme en précarité ou en difficulté.
15:12Donc, ça, c'est celles qui font la démarche
15:13d'aller voir les associations caritatives.
15:16Et puis, il y a toutes celles
15:16qui s'y refusent pour x, y raisons
15:20qui tiennent à la complexité
15:22d'accepter une situation nouvelle,
15:25en particulier de désocialisation sur la ville
15:31et qui va nous amener à très vite
15:33réouvrir la caisse d'action sociale,
15:37très, très vite redonner des moyens
15:40aux services sociaux
15:41pour répertorier, identifier, problématiser
15:44et apporter des réponses adaptées
15:46à la situation.
15:47Et puis, enfin, se tourner vers l'État
15:49parce que, quand même,
15:50que ce soit la question de l'emploi,
15:52de la rémunération,
15:54de l'indemnisation du chômage,
15:56les questions des politiques sociales,
15:58en sachant que les départements
16:00qui sont par la loi en première ligne
16:04des politiques sociales dans notre pays
16:07sont aujourd'hui exsangues
16:09à la fois par les mesures d'austérité
16:12qui se sont succédées de Nicolas Sarkozy,
16:15de François Hollande et Emmanuel Macron
16:18qui ont asséché complètement les finances
16:21des départements,
16:22tout en leur demandant toujours de faire plus
16:24en matière d'action sociale,
16:25mais qui, là, du fait de la crise
16:27et perdant énormément de recettes,
16:30se retrouvent dans une situation
16:31qui est celle de la quasi-faillite
16:34dans le pays.
16:35Et donc, dans l'incapacité,
16:37au moment où on a le plus besoin
16:38des politiques sociales,
16:39de pouvoir y répondre.
16:40La ville ne peut pas tout,
16:41mais par contre,
16:42elle a une orientation politique
16:45qui permet,
16:46et c'est aussi mon rôle de maire,
16:48de pointer les responsabilités
16:50et d'identifier les combats à mener
16:52pour corriger ce qui doit être corrigé.
16:56Ça fait aussi une sacrée différence
16:58avec un maire de droite,
16:59mais qui cachait le fait
17:00à la fois qu'il soit de droite
17:02et qu'il faille faire de la politique
17:03quand on prend un mandat.
17:04Moi, j'assume complètement
17:06d'être de gauche communiste
17:07et de considérer que je veux faire
17:09de la politique avec les habitants
17:11parce que si nous ne faisons pas
17:12ensemble de la politique,
17:13alors nous sommes condamnés
17:14à les subir.
17:16Pierre Garzon,
17:17vous évoquiez dans votre première réponse
17:19la violence du mandat
17:20de ce maire de droite sortant
17:22et dans les formes de violence,
17:24vous évoquiez le bétonnage.
17:26On a compté à Villejuif
17:27jusqu'à à peu près 70 chantiers
17:30avec la volonté manifeste
17:32d'une gentrification,
17:34ce qui a d'ailleurs beaucoup heurté
17:35les villes juifoises
17:36et les villes juifois
17:38qui avaient peur
17:39d'être chassés
17:40de leur ville.
17:42Est-il possible
17:43de penser une ville pour tous
17:45alors que Villejuif
17:47est au cœur
17:47des grands projets économiques
17:49et urbanistiques
17:50du Grand Paris ?
17:51Ça a été l'enjeu central
17:53et qui décline tout
17:55dans la ville
17:56et qui n'est pas propre
17:58à Villejuif.
17:58Je me souviens
17:59des manifestations
18:01à Madrid,
18:02à Berlin.
18:04il n'y a pas
18:05une ville
18:06dans le développement
18:07actuel
18:08des villes capitales
18:10dans le monde
18:10où l'on
18:12les transforme
18:13petit à petit
18:14en musée,
18:15en usine
18:15à cash
18:16et où on repousse
18:18les classes populaires
18:18toujours plus loin
18:20avec des métropoles
18:21qui sont de plus en plus grosses.
18:24On retrouve partout
18:25cette problématique-là.
18:26Est-ce qu'il est possible
18:27de vivre de son travail
18:28quand on est simple salarié,
18:31nouveau retraité
18:32ou jeune travailleur
18:35ou jeune étudiant
18:37dans une métropole
18:40à fortiori
18:41aux portes de Paris
18:42comme ça l'est
18:44à Villejuif ?
18:45Toute l'histoire
18:45de Villejuif,
18:47c'est une ville
18:48sans moyens
18:49en tant que ville,
18:51une population
18:52extrêmement populaire
18:54au sens social
18:56du terme
18:57avec des revenus modestes
18:58d'aides-soignantes,
18:59d'infirmières,
19:00celle-là même
19:01qu'on a applaudie
19:01tous les soirs
19:02mais celle-là même
19:03aussi qui depuis des années
19:04réclame des revalorisations
19:05de salaires
19:06qui ne sont jamais
19:07au rendez-vous
19:08des différents gouvernements.
19:10Mais je cite celle-là
19:12mais je pense
19:12à tous ces travailleurs
19:14aussi qui vont faire
19:15le ménage à la défense
19:16et qui vivent
19:18de trois fois rien.
19:19Je pense à nos retraités
19:21dont les pensions
19:22ne suivent pas
19:23la progression
19:25en termes de pouvoir d'achat
19:27de l'augmentation
19:28du coût de la vie
19:30et de l'autre côté
19:31donc une culture
19:32de la lutte
19:33pour obtenir
19:34un Villejuif
19:34ce que nous n'avons pas
19:35par les salaires
19:36pour avoir
19:36des services publics forts
19:38bien dimensionnés
19:39accessibles à tous.
19:41Je pense à la création
19:42du théâtre Romain Roland,
19:44je pense à la médiathèque,
19:46au centre nautique
19:48un des plus grands
19:49de France
19:50lors de sa construction
19:51donc toujours avec le souci
19:53de se doter
19:54d'équipements publics
19:55au service de tous
19:56les meilleurs
19:57pas les services publics
19:59des plus pauvres
19:59le service public
20:00pour tous
20:01le meilleur
20:01pour tous.
20:02Ça ne peut pas
20:03être plus simple.
20:05Et aujourd'hui
20:06on a une inversion
20:07de la logique
20:09c'est-à-dire qu'une fois
20:09qu'on a fait tout cela
20:10on a une rapacité
20:14qui s'installe
20:15des promoteurs
20:16et qui sont venus
20:17à la faveur
20:17de l'élection
20:18d'un maire de droite
20:19qui a dit
20:19allez-y
20:20bienvenue maintenant
20:21chez vous
20:22le métro arrive
20:22les équipements sont là
20:24tout a été payé
20:24vous n'avez rien à financer
20:25vous n'avez qu'à prélever
20:26maintenant la rentabilité
20:28qu'elle génère
20:29mécaniquement
20:30dans la loi du marché
20:32et c'est ce qui s'est passé.
20:34D'ailleurs
20:35quand on lisait
20:35les plaquettes
20:37qu'elles soient
20:38de Kaufman & Broad
20:39ou d'autres
20:40qu'est-ce qu'ils vantent ?
20:42Ils vantent
20:42la dimension
20:43service public
20:44mais la rentabilité
20:48c'est eux
20:49qui la captent
20:50eux ils ne la redistribuent pas
20:51à la population
20:52de vie juive
20:53donc la question
20:54c'était
20:56peut-on vivre
20:57aux portes de Paris
20:58et il y avait
20:59deux points de vue
21:01qui s'affrontaient
21:02l'un qui disait
21:03vous n'avez plus votre place
21:04et vous ne pouvez pas habiter
21:06là vous n'avez pas
21:07les moyens d'habiter
21:08et donc aller voir
21:09en Essonne
21:10et si on y est
21:12parce que c'est ça
21:13le mouvement
21:13après avoir chassé
21:14les classes moyennes
21:15parisiennes
21:16on les a envoyées
21:16en première couronne
21:17et puis maintenant
21:18on en voit
21:18en deuxième couronne
21:19et le camp
21:21que j'incarnais
21:22qui considère
21:24qu'il y a
21:24une exigence
21:25sociale
21:26et écologique
21:28et les deux
21:29complètement liées
21:30à pouvoir maintenir
21:31une ville
21:32qui se densifie
21:33respectueuse
21:36de toutes les couches
21:38sociales
21:38de notre ville
21:39on n'exclut pas
21:40les uns
21:40par rapport aux autres
21:41on n'est pas une ville
21:41de l'exclusion
21:42on est une ville
21:42de l'inclusion
21:43qui se soucie
21:45de lutter
21:45contre l'étalement urbain
21:47qui génère
21:47une dépense sociale
21:49individuelle
21:50et collective
21:51extrêmement préjudiciable
21:53pour la société
21:54un gâchis
21:55donc économique
21:56et social phénoménal
21:57et un gâchis écologique
21:58parce qu'on sait
21:59évidemment
22:00que l'étalement
22:01qui se fait
22:02au détriment
22:02des terres agricoles
22:04des terres
22:05pas encore
22:07perméabilisées
22:08est un non-sens
22:09aujourd'hui
22:10pour le devenir
22:11de notre société
22:12donc
22:13tout l'enjeu
22:14pour nous
22:14c'est cette liaison
22:15là
22:17la fin du mois
22:18la fin du monde
22:20une ville
22:21aux portes
22:22de Paris
22:22populaire
22:23qui accueille
22:24et qui continue
22:24d'accueillir
22:25de nouvelles lignes
22:26mais qui ne se laisse
22:26pas déposséder
22:27de ce qui s'est
22:30construit
22:30qui accepte
22:31d'accueillir
22:32toute l'histoire
22:33de vie juive
22:33c'est d'accueillir
22:34mais pas à la place
22:35de ceux qui sont là
22:36et donc sans chasser
22:37les populations
22:38qui ont fondé
22:40cette ville
22:40je suis moi-même
22:41le fruit de ça
22:42je suis d'abord
22:43un parisien étudiant
22:44qui n'arrive pas
22:45à se loger à Paris
22:46et qui arrive
22:47à vie juive
22:47dans ces conditions
22:48et donc il faut
22:49maintenir cette capacité
22:50d'accueil
22:52sans exclusion
22:53et ça ne peut pas
22:54se faire
22:54évidemment
22:55avec la voracité
22:57des promoteurs
22:58qui se sont emparés
23:00pendant 6 ans
23:01de cette ville
23:01donc une des premières
23:03aussi actions
23:04va être de les rencontrer
23:06de siffler la fin
23:07de la récréation
23:08en leur disant
23:09c'est terminé
23:11le business
23:11c'est terminé
23:12ici
23:13nous on est là
23:14pour répondre
23:14aux besoins
23:15de logement
23:16pas répondre
23:17aux besoins
23:17de rentabilité
23:18qu'exigent
23:19vos actionnaires
23:20dans vos conseils
23:20d'administration
23:22c'est aussi simple
23:23que cela
23:24merci beaucoup
23:24Pierre Garzan
23:25de nous avoir accueilli
23:26ici au 21 rue Jean Jaurès
23:28à la maison des communistes
23:29je sais que votre temps
23:30est précieux
23:30il y a beaucoup de travail
23:31sur la table
23:32merci et bonne continuation
23:34merci
23:38merci