- il y a 1 jour
En direct de La Base à Paris, QG des organisations climat, avec Cécilia Rinaudo, juriste et porte parole de l'ONG Notre affaire à tous. Après deux ans d’instruction dans le cadre de l’Affaire du siècle, le tribunal administratif de Paris a déclaré l’État coupable de ne pas avoir mis en œuvre les mesures lui permettant de tenir ses engagements en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Un jugement inédit qui, au-delà de sa portée symbolique, pourrait ouvrir la voie à de nouveaux recours juridiques pour les victimes du changement climatique. L’État est également reconnu responsable de "préjudice écologique". Inédite en France, la décision marque un tournant historique quant à la considération juridique de l’urgence climatique. Décryptage.
« Une reconnaissance de la faute de l’État n’est pas uniquement symbolique », relève Cecilia Rinaudo, juriste et porte-parole de Notre affaire à tous. « Le tribunal établit pour la première fois un lien de causalité directe entre l’inaction de la France et l’impact du changement climatique sur nos sociétés et les écosystèmes », poursuit l’experte. « Il reconnaît ainsi une différence entre les responsabilités individuelles et celle de l’État. » Inédite, cette différenciation est aussi essentielle en droit, poursuit la juriste. « Elle peut permettre à des victimes du changement climatique d’ouvrir de nouveau contentieux vis-à-vis de l’État, quand elles estiment que le réchauffement leur fait perdre des revenus, par exemple, ou nuit à leur droit de vivre dans un environnement serein. »
« Une reconnaissance de la faute de l’État n’est pas uniquement symbolique », relève Cecilia Rinaudo, juriste et porte-parole de Notre affaire à tous. « Le tribunal établit pour la première fois un lien de causalité directe entre l’inaction de la France et l’impact du changement climatique sur nos sociétés et les écosystèmes », poursuit l’experte. « Il reconnaît ainsi une différence entre les responsabilités individuelles et celle de l’État. » Inédite, cette différenciation est aussi essentielle en droit, poursuit la juriste. « Elle peut permettre à des victimes du changement climatique d’ouvrir de nouveau contentieux vis-à-vis de l’État, quand elles estiment que le réchauffement leur fait perdre des revenus, par exemple, ou nuit à leur droit de vivre dans un environnement serein. »
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00:00Bonjour, nous sommes avec Cécilia. Alors, on est où exactement ici, Cécilia ?
00:04Bonjour. Alors, ici, on est à la base. C'est le lieu de regroupement des ONG climat.
00:12Donc, on est plus d'une quinzaine d'organisations qui travaillent ici.
00:17Donc, on a des espaces de... On a des bureaux, des espaces de coworking.
00:19Et ici, on a aussi un lieu associatif. Ici, on est dans le bar de la base,
00:24qui est actuellement fermée à cause des mesures salinitaires qui s'appliquent à tous les bars de France.
00:30Mais c'est un lieu de regroupement des mobilisations climat, où on organise des conférences,
00:36on organise des événements pour sensibiliser sur beaucoup de choses, de justice climatique,
00:42de justice sociale, d'environnement, impliquer les gens, leur permettre de se mobiliser eux-mêmes
00:46et elles-mêmes de participer à des actions, à des manifestations et à tout type d'action
00:51pour protéger le climat et l'environnement.
00:53Alors, merci. On nous recevra à la base exceptionnellement.
00:56Il s'est passé quelque chose de très important ce matin,
00:58puisque le tribunal a confirmé la condamnation de l'État français pour une action climatique.
01:05Alors, vous avez reçu le résultat du jugement. Qu'est-ce que vous en pensez ?
01:11Alors, aujourd'hui, c'est vraiment une journée historique.
01:14C'est vraiment une date qui fera... Ça va faire date dans l'histoire.
01:18Dans l'histoire de France et dans le monde entier, en vérité.
01:20Mais parfois, quand on vit des moments comme ça, on a tendance à oublier, en fait,
01:24la portée historique que ça peut avoir.
01:26Et là, c'est vraiment un moment très, très important, puisque le juge...
01:31Il s'agit déjà du premier procès climatique en France.
01:34Donc déjà ça, l'État a été jugé.
01:36On a demandé de reconnaître la responsabilité de l'État à agir contre le réchauffement climatique.
01:41Et aujourd'hui, le juge a reconnu la responsabilité de l'État en disant que l'État cause un préjudice
01:48écologique
01:49en n'agissant pas assez pour lutter contre le réchauffement climatique.
01:52C'est quelque chose de très fort et de très nouveau, puisque le préjudice écologique, notamment,
01:56n'avait été invoqué que dans le droit privé, comme ça avait été le cas avec Erika.
02:01Et là, en fait, le juge a dit que l'État a une responsabilité d'agir pour le réchauffement climatique.
02:06Et l'État n'en fait pas assez. L'État a pris des engagements, se porte en champion pour le
02:10climat.
02:11Il a pris des engagements en matière climatique au niveau français, européen, international.
02:14Et il a considéré en faisant ça, en fait, qu'il avait la capacité d'agir.
02:18Et en n'agissant pas, il ne respecte pas ces engagements.
02:22Il cause un tort aux Français et aux Françaises.
02:24Et il aggrave le réchauffement climatique.
02:27Et donc, là, le juge dit qu'il faut cesser ça, il faut réparer ce préjudice.
02:31Donc, nous, on avait demandé aussi la réparation de...
02:34On avait demandé une indemnisation de 1 euro du préjudice écologique,
02:37qui était 1 euro symbolique, mais avec cette idée, derrière ça,
02:41qui n'était pas de demander de l'argent, mais d'obliger l'État à agir.
02:44Et d'ailleurs, c'est ce que le juge a dit.
02:45Il a rejeté cette demande des 1 euro symbolique sur la réparation du préjudice écologique.
02:50Parce qu'il a dit qu'il faut d'abord prouver qu'on peut le réparer en nature.
02:53Et donc, c'est là aussi où le juge dit à l'État,
02:57on veut prouver-nous que vous avez réparé le préjudice écologique.
03:02Et en fait, il dit, si vous ne l'avez pas réparé,
03:04on va vous obliger à agir pour le réparer.
03:06Donc, c'est pour ça que là, dans 2 mois,
03:08le juge a donné 2 mois aux différentes parties pour pouvoir échanger
03:11et pour pouvoir obliger l'État à prendre des mesures nécessaires
03:14pour se faire cesser ce préjudice écologique.
03:17Notamment sur les réductions des émissions de gaz à effet de serre.
03:20Alors, on le voit, ça ouvre des possibilités énormes.
03:23C'est la confirmation que l'État français est dans l'inaction climatique,
03:27voire, comme vous le dites et comme le dit le juge,
03:29aggrave le réchauffement climatique.
03:32Cette victoire, elle vient d'où ?
03:34Parce qu'on se souvient de la marge du siècle.
03:36On se souvient des centaines de milliers de Français partout en France
03:39qui avaient manifesté le dépôt de la plainte.
03:44On va rappeler, ceux qui nous écoutent en direct
03:46et qui d'ailleurs, qu'on salue,
03:48et n'hésitez pas à partager et à poser vos questions aussi.
03:51On y répondra.
03:52On va être ensemble une quinzaine, une vingtaine de minutes
03:55pour apprécier ce moment historique ensemble.
03:59Est-ce que vous pouvez nous rappeler toute cette histoire ?
04:03Comment vous êtes arrivés à cette victoire, cette première victoire ?
04:06Alors, déjà, si on remonte à l'origine,
04:08vraiment l'origine de l'affaire du siècle,
04:11en fait, ça a commencé en 2015.
04:13L'idée, elle est née en 2015 suite à la victoire d'Urganda aux Pays-Bas,
04:17qui était un recours climatique contre l'inaction climatique
04:20du gouvernement néerlandais.
04:22Et c'est suite à cette victoire que Marie Toussaint,
04:24qui est la cofondatrice de notre affaire à tous,
04:26a eu cette idée, cette envie de faire la même chose en France,
04:30de faire reconnaître la responsabilité de l'État en matière climatique.
04:33Et donc, a commencé ce travail de recherche, d'analyse
04:35avec des avocats, des juristes pour préparer ce recours.
04:38C'est comme ça qu'après, on est allé chercher d'autres organisations
04:40qui se sont jointes à nous dans ce dossier,
04:42la Fondation Nicolas Hulot, Oxfam France et Greenpeace France.
04:45Et en décembre 2018, on a lancé l'affaire du siècle
04:50avec cette pétition qui a été signée par 2,3 millions de personnes
04:54en un temps record, en presque deux semaines.
04:58Il y a eu ces 2 millions de personnes qui ont signé la pétition.
05:00Et ça, déjà, c'était un moment qui était assez historique,
05:03parce qu'il y a eu une mobilisation citoyenne forte.
05:05Ce n'est pas le recours uniquement de quatre organisations,
05:08c'est le recours des Français et des Françaises
05:10qui s'inquiètent du réchauffement climatique
05:12et des impacts que ça a sur leur vie et que ça va avoir.
05:14Aujourd'hui, on est toutes et tous impactés par le réchauffement climatique.
05:17Ça va continuer à s'aggraver, à s'empirer.
05:19On le voit déjà de jour en jour, et ça va être le pire d'année en année.
05:23Et donc, du coup, il y a eu ce recours-là,
05:24avec ces 2 millions de personnes qui ont signé cette pétition,
05:26qui ont dit, maintenant, la justice, elle peut avoir ce rôle.
05:29On a tenté beaucoup de choses.
05:30On a fait des propositions.
05:31On a mis des mesures sur la table avec le gouvernement.
05:34On a fait des marches pour le climat, etc.
05:36Et ça n'a pas été suffisant.
05:37On va attaquer l'État en justice.
05:39La justice, elle a ce rôle de contraindre.
05:40Parce que c'est bien le problème, en fait, dans l'action climatique.
05:42C'est que les États ne se sentent pas contraints,
05:44ou pas contraints assez vite.
05:45On prend des objectifs, on prend des engagements,
05:47mais on ne les respecte pas.
05:48Et là, c'était le moment de dire stop.
05:50On demande au juge de dire stop à cette inaction de l'État.
05:53Donc, on a lancé cette action en décembre.
05:55Après, on a déposé nos mémoires,
05:57donc une requête sommaire et un mémoire complémentaire
05:59en mars et en mai 2019.
06:02Et puis, on a attendu la réponse de l'État.
06:05Et là, c'était donc le juge avait tous nos arguments.
06:07L'instruction a été lancée.
06:09On a attendu la réponse de l'État,
06:10qui a tardé à venir,
06:11puisque l'État a tendance à jouer un peu la montre
06:14sur cette affaire-là,
06:15comme il le fait de manière générale,
06:17un peu sur tous les dossiers climatiques.
06:19Et l'État a répondu au dernier moment,
06:21donc à la fin de la période d'instruction,
06:23en juin 2020.
06:26Donc ça, c'était le moment où l'État a formulé,
06:29a déposé son mémoire en réponse,
06:32où globalement, il refute nos arguments,
06:34nous, dans nos documentations scientifiques et juridiques
06:37qu'on avait déposées dans nos différents mémoires,
06:39on développait à la fois les engagements de l'État
06:44et des précédents gouvernements,
06:45puisqu'on n'attaque pas l'inaction de l'État actuel,
06:47mais de tous les gouvernements
06:50qui n'ont pas assez agi dans la lutte contre le réchauffement climatique.
06:52Et nous, on a démontré tous les engagements
06:55qui avaient été pris,
06:56les textes de loi au niveau français aussi,
06:58qui parlaient des engagements climatiques, environnementaux de l'État,
07:01et les manquements de l'État,
07:03en disant, voilà, les retards qu'avait pris l'État
07:06sur les budgets carbone,
07:07sur le développement des énergies renouvelables,
07:09d'efficacité énergétique, des transports, de l'agriculture, etc.
07:12Et l'État en retard sur tous ses engagements.
07:14C'est ce qu'on a démontré dans nos mémoires.
07:16L'État nous a répondu et globalement a un peu renié sa responsabilité.
07:23Il a dit qu'il ne pouvait pas être tenu pour seul responsable
07:27de la lutte contre le réchauffement climatique,
07:28puisque les citoyens, les entreprises, les collectivités,
07:32elles aussi étaient responsables de la lutte contre le réchauffement climatique
07:35et émettaient aussi des émissions de gaz à effet de serre,
07:37en oubliant à ce niveau-là son rôle de régulateur et d'investisseur,
07:41qui est pour ça que l'État a un rôle fort
07:43et qui doit être leader dans ces actions-là climatiques.
07:48Il a annoncé aussi qu'il a mis en face les objectifs,
07:53les engagements qu'il avait pris.
07:54Et ce qui est bien justement ce que nous on dénonce dans notre recours,
07:57c'est que l'État a pris des engagements,
08:00a s'est fixé des objectifs, mais ne les respecte pas.
08:02Donc c'est bien beau d'avoir des belles paroles, des beaux discours,
08:05mais en fait il est temps d'agir, et là l'État n'agit clairement pas.
08:09– Alors cette action qui a été menée par des millions de Français,
08:15avec le Covid on a eu l'impression, le sentiment que ça s'était un peu tassé,
08:20en réalité il n'en est rien, c'est-à-dire que la mobilisation,
08:23même si elle n'est pas dans la rue, elle est toujours présente,
08:26et le jugement d'aujourd'hui va certainement lui donner un nouveau rebond.
08:32– Oui, on a bien vu que la mobilisation était toujours très forte,
08:36on a continué régulièrement à recevoir des messages de soutien
08:38des citoyens et des citoyennes qui s'étaient engagés auprès de l'Affaire du siècle,
08:43et on le voit aussi dans tout le mouvement climat,
08:45où il y a cette volonté de plus en plus forte aussi de faire bouger les choses,
08:48parce que les gens s'inquiètent.
08:49On voit bien que l'épidémie de la Covid,
08:51elle est due aussi à notre mode de prédation sur l'environnement,
08:56à force de détruire les écosystèmes,
08:57du coup des espèces sauvages qui finissent par se rapprocher des zones peuplées
09:01et qui peuvent être porteuses de maladies,
09:03et c'est comme ça que l'épidémie de la Covid est arrivée chez nous.
09:06Donc il y a cette préoccupation majeure de l'environnement
09:08qui est de plus en plus importante,
09:09les Français sont inquiets des impacts du changement climatique,
09:11ils veulent des actions fortes,
09:13et parfois il n'y a plus à voir cette inquiétude des Français et des Françaises
09:17de se dire « il n'y a rien qui marche ».
09:19On l'a vu aussi avec l'exemple récent de la Convention citoyenne pour le climat,
09:23où il y a eu ces 150 citoyens qui ont fait 149 propositions,
09:28très fortes, très ambitieuses,
09:29pour respecter la demande qui avait été faite par le gouvernement
09:32de faire des propositions permettant de réduire de moins 40%
09:36les émissions de gaz à effet de serre.
09:38Et au final, le gouvernement n'a pas pris en compte ces propositions-là,
09:42il a totalement dénaturé la portée de ces mesures-là,
09:45en en supprimant un certain nombre,
09:47en enlevant leur substance d'autres mesures,
09:53et on est bien loin d'atteindre les objectifs qu'on s'était fixés initialement.
09:56Donc là, il y a un petit côté un peu désespérant pour les gens,
09:59en disant « mais il n'y a rien qui fonctionne ».
10:00Et là, avec cette affaire-là, le juge dit « non, mais vous avez raison ».
10:03Déjà, le juge reconnaît la preuve scientifique,
10:06il reconnaît l'urgence climatique,
10:07il reconnaît qu'il faut agir maintenant et que l'État doit agir.
10:10Et c'est ce qu'on dit, c'est ce que les scientifiques disent,
10:13c'est ce que les associations disent,
10:14c'est ce que les citoyens disent depuis des années,
10:15et qui n'est pas écoutées.
10:16Et là, le juge le dit et le juge a ce rôle-là.
10:19Donc je pense que ça va créer vraiment encore plus de ferveur aussi
10:22de la part des citoyens qui vont dire « là, on a enfin une victoire ».
10:25On avait besoin de victoire, on n'en avait pas assez.
10:27Là, on a une première victoire symbolique, historique,
10:29qui est même plus que symbolique,
10:30qui est vraiment historique,
10:31qui va vraiment faire changer les choses pour les citoyens et les citoyennes
10:34qui vont pouvoir aussi faire valoir leurs préjugés écologiques
10:36dans d'autres actions en justice.
10:37Ça ouvre la voie à plein d'autres contentieux,
10:40pour des associations aussi qui œuvrent pour la protection de l'environnement,
10:43c'est ce qu'a dit aussi le juge aujourd'hui.
10:45En disant qu'on n'avait pas besoin d'être une association agréée
10:48de protection de l'environnement pour faire valoir son préjugé écologique,
10:53que toute association dont les statuts parlent de protection de l'environnement
10:57peuvent faire valoir ce préjugé écologique.
10:59Ça aussi, c'est très très important.
11:01Et ça ouvre la voie à un champ des possibles qui est assez important.
11:05Alors concrètement, c'est un levier juridique aussi,
11:07sur lequel les citoyens vont pouvoir agir
11:11pour obtenir réparation du préjudice.
11:15C'est une action de l'État sur la question climatique.
11:18Quels sont les grands domaines sur lesquels il faudrait que l'État intervienne très rapidement ?
11:27Alors, il y a le premier objectif central,
11:29qui est la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
11:31Ça, c'est vraiment l'objectif principal sur lequel le juge est prononcé.
11:35Il y a d'autres... Après, la question, c'est...
11:37Alors ça, sur cette question-là, concrètement, faire baisser les gaz à effet de serre,
11:42pour l'État français, ça veut dire quoi ?
11:44En fait, ça veut dire prendre tout un tas de mesures
11:46qui permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
11:49Et c'est pour ça qu'on parle aussi d'objectifs sectoriels.
11:51Et que je disais, comme je le disais tout à l'heure,
11:53il y a ce besoin de développer les énergies renouvelables,
11:58de favoriser le transport en train
12:02et de réduire le transport aérien qui est très polluant.
12:06Toutes ces mesures-là, en fait, structurelles,
12:08l'agriculture, l'investigation de l'agriculture durable, etc.,
12:10toutes ces mesures structurelles, mises conjointement,
12:13vont permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
12:15Et alors, le deuxième point, donc, premier point, celui-ci.
12:18Deuxième point, d'action possible...
12:22...possible en levier juridique avec le juge de ce matin
12:25pour que l'État intervienne concrètement,
12:29dès maintenant, contre le dérèglement climatique ?
12:31Ça va vraiment être tout l'objectif du travail
12:33qu'on va fournir pendant ces deux mois,
12:35puisque là, le juge a donné deux mois à l'État
12:37pour montrer s'il avait réparé le préjudice écologique.
12:39Nous, on va faire des propositions, justement,
12:42pour expliquer ce que l'État peut mettre en place,
12:43ce que le juge peut ordonner à l'État de faire.
12:46Comme les propositions de la Convention citoyenne pour le climat,
12:48qui sont des propositions, justement,
12:50qui permettent de réduire ces émissions de gaz à effet de serre.
12:53Donc déjà, reprendre sans filtre
12:54les propositions de la Convention citoyenne pour le climat,
12:56ce sera déjà un pas important
12:59pour respecter les objectifs climatiques.
13:01Et encore, c'est important et pas suffisant,
13:04puisque les mesures proposées par la Convention citoyenne
13:06pour le climat permettent de réduire de moins 40%
13:08les émissions de gaz à effet de serre.
13:09Or, maintenant, on a rehaussé cet objectif à moins 55%.
13:12Ça montre à quel point il est important d'agir vite,
13:15d'arrêter l'artificialisation des sols,
13:17de développer dans les énergies renouvelables,
13:19d'améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments
13:21qui peinent à venir.
13:22Pour l'instant, si on suit les objectifs,
13:24on est très, très loin d'atteindre les objectifs.
13:27Il faut multiplier par 4 nos actions actuellement
13:31pour atteindre les objectifs qu'on s'est fixés.
13:33Donc, en clair, ce que vous dites,
13:34c'est qu'on reprend les objectifs qui ont été fixés
13:36et on les met en œuvre.
13:37C'est ça. On les met en œuvre concrètement.
13:39C'est bien le problème, en fait.
13:40C'est arrêter de se fixer des objectifs
13:42si on n'est pas capable de les tenir.
13:43C'était pareil avec les budgets carbone, en fait.
13:46La France a été fixée un objectif de budget carbone
13:48puis l'a finalement rehaussé.
13:49Donc, il faut non seulement se fixer des objectifs,
13:53mais ce n'est pas après se fixer un objectif
13:55qui n'est pas du tout ambitieux.
13:56C'est se fixer un objectif qui soit ambitieux,
13:58qui permette de limiter le réchauffement climatique
14:01et après mettre en place les mesures au niveau national
14:04qui permettent vraiment d'atteindre ces objectifs-là.
14:06– Et ce que vous dites aujourd'hui,
14:07à tous ceux qui font le même constat,
14:09on est des millions à faire ce constat-là,
14:11qu'il y a besoin d'agir très, très rapidement,
14:13mais avec cet esprit un peu de fatalité,
14:16de se dire malgré tout, ça continue à se détériorer
14:20et on a peu de prises.
14:22Ce que vous dites aujourd'hui,
14:23c'est que le jugement qui a été rendu ce matin
14:26est un point d'appui pour inverser les choses.
14:30Et vous y croyez ?
14:31– Oui, c'est vrai que l'urgence climatique, elle est là
14:34et chaque année de retard continue à amplifier
14:38les impacts du réchauffement climatique
14:40et plus on tarde, plus c'est catastrophique.
14:43Et les conséquences sont catastrophiques
14:45en termes d'augmentation des températures,
14:49de catastrophes naturelles de plus en plus fortes,
14:51de plus en plus régulières, etc.
14:52On le voit avec les canicules, les inondations, etc.
14:55C'est déjà là, c'est déjà présent, c'est déjà tard.
14:57C'est vrai, c'est déjà tard.
14:58Mais il n'est pas trop tard.
15:00On peut encore arranger les choses,
15:02on peut encore changer les choses,
15:04mais il faut agir dès maintenant, en fait.
15:05On n'a plus le temps d'attendre.
15:06Et c'est pour ça que la décision était très attendue aujourd'hui
15:08et qu'elle peut vraiment contraindre l'État à agir.
15:11Et c'est vraiment ce qu'on attend.
15:12C'est pour ça qu'on attend aussi maintenant dans deux mois.
15:14Aujourd'hui, c'était une décision forte et historique.
15:17La décision dans deux mois le sera encore plus
15:19si le juge contraint vraiment l'État à agir
15:22et à prendre des mesures vraiment fortes,
15:24comme ça a été le cas notamment aux Pays-Bas.
15:26Alors, est-ce que les citoyens peuvent,
15:28dans ce laps de temps, durant ces deux mois et au-delà,
15:31agir et de quelle manière, selon vous ?
15:33Il y a beaucoup de manières d'agir.
15:35En tout cas, ce qui est important,
15:36c'est de continuer à maintenir la pression sur l'État.
15:39On l'a bien vu quand on a lancé l'affaire du siècle
15:41et qu'il y a eu cette pétition avec les 2,3 millions de personnes.
15:44Ça a donné un poids énorme à cette action.
15:46Ce n'était pas juste une action, comme je l'ai dit tout à l'heure,
15:47ce n'était pas juste une action de quatre associations.
15:50C'était des Français et des Françaises
15:52qui s'inquiètent et qui demandent à l'État d'agir.
15:55Et d'ailleurs, c'est comme ça, en fait,
15:56qu'est né le projet de la Convention citoyenne pour le climat.
15:58C'est qu'il y a eu l'affaire du siècle,
16:00il y a eu les manifestations des gilets jaunes,
16:04il y a eu la marge du siècle peu de temps après.
16:06Et là, après, avec l'initiative de Cyril Dion et d'autres,
16:10le gouvernement a décidé de mettre en place
16:12la Convention citoyenne pour le climat
16:13parce qu'il y a vu qu'il y avait une demande forte des citoyens.
16:16Donc en continuant à être là, à être présent,
16:19à soutenir l'action, à signer la pétition toujours,
16:21puisqu'on a 2,3 millions de personnes,
16:22mais on pourrait atteindre les 3 millions
16:24et continuer à montrer que ces personnes
16:26qui ont soutenu l'affaire du siècle avant,
16:28il y en a encore plus qui la soutiennent maintenant
16:30et qui sont encore plus portées par cet espoir.
16:31Donc on peut encore faire beaucoup de choses.
16:34Bon, merci beaucoup pour tous ces éclairages.
16:37Merci d'avoir suivi ce live.
16:39N'hésitez pas à le partager.
16:41On reviendra.
16:42Là, on a fait un debriefing à chaud, on va dire,
16:46mais on va continuer à suivre durant ces deux mois
16:48jusqu'au résultat final.
16:50Et ça aura certainement un gros impact.
16:54Comme vous le dites,
16:55c'est une décision historique qui a été prise aujourd'hui.
16:58Oui, une décision historique
17:00et vraiment qui met du baume au cœur
17:02dans cette période qui est un peu morose
17:04où on perd un peu espoir.
17:05Là, on se dit, il y a quelque chose de fort
17:07qui vient de se passer
17:08et ça nous donne espoir pour continuer nos combats.
17:10A toutes et à tous.
17:11Merci beaucoup.
17:12Merci.
17:12A bientôt.