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  • il y a 3 mois
Cette semaine, S comme Santé s'intéresse à la vaccination. Quelle soit ponctuelle pour éviter des pandémies (covid), liée à la prévention de certaines maladies (papillomavirus, bronchiolite, méningite) ou tout simplement saisonnière (grippe), la vaccination est une question individuelle mais pas seulement. Pour François Braun, ancien ministre de la Santé et conseiller au CHR Metz-Thionville, c'est aussi une affaire collective car "se vacciner, c'est faire attention aux autres et souvent les plus vulnérables". Retrouvez ce thème dans notre émission du 29 octobre 2025, en partenariat avec le journal La Semaine.

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Transcription
00:00La rubrique santé en partenariat avec La Semaine.
00:05La rubrique santé avec le fonds de dotation Merci, Talpia et le centre hospitalier régional Mestianville.
00:24Ça y est, c'est l'heure de prendre soin de vous dans S comme santé.
00:28Même contenu, mais nouveau format cette saison.
00:30L'occasion d'évoquer toujours des projets en matière de santé, de bien-être et de sécurité au travail.
00:37Et notre rubrique cette fois-ci n'est pas pour les phobiques de l'aiguille, n'est-ce pas François Braune ?
00:41Non, effectivement, bonjour.
00:43Bonjour, nous allons évoquer la vaccination.
00:46Alors chaque automne, c'est la même rengaine.
00:49On parle de vaccination sur la grippe par exemple ou le Covid ces dernières années.
00:52Est-ce qu'on parle de saisonnalité, de périodicité où finalement on se fait vacciner tout au long de sa vie ?
00:59C'est un petit peu les deux.
01:00On parle de saisonnalité pour les pathologies de saison.
01:03Vous l'avez cité, la grippe, le Covid, la bronchiolite de l'enfant.
01:07Mais on parle de périodicité pour un certain nombre de vaccins qui sont la plupart du temps les vaccins obligatoires.
01:12Que ce soit le tétanos, la dystérie, la coqueluche et d'autres.
01:16Alors sans cette vaccination qui est, on va dire, soit obligatoire, soit facultative selon certaines pathologies,
01:23à certains moments de la vie, on peut mettre en danger les autres, se mettre en danger soi-même ?
01:28Comment le voir ?
01:29C'est bien sûr se mettre en danger soi-même, puisqu'il y a un certain nombre de pathologies qui sont extrêmement dangereuses.
01:35On a parlé de la rougeole chez les jeunes enfants, de la coqueluche, la bronchiolite par exemple.
01:40Mais la grippe, le Covid, sont des pathologies qui peuvent être extrêmement dangereuses dès lors qu'on est ce qu'on appelle un public cible,
01:47c'est-à-dire des personnes fragiles, déjà d'une façon générale à plus de 65 ans.
01:52Et on peut mettre en danger aussi les autres, puisque si vous êtes en contact avec des jeunes enfants ou avec des personnes fragiles,
01:57que vous n'êtes pas vacciné, vous allez pouvoir transporter la maladie et leur transmettre.
02:01Alors on l'a dit, à cette période de l'année, on va plutôt penser à des vaccinations courantes, comme la grippe et désormais le Covid.
02:07Mais on peut aussi évoquer d'autres choses, comme le papillomavirus ou VRS.
02:12Vous parliez de bronchiolite pour les nourrissons, avec des avancées aussi.
02:16Alors la grippe, bien sûr, vous le dites très bien, c'est la période Covid aussi.
02:20Maintenant, il faut mettre ça dans un package, entre guillemets, puisqu'en plus, on a un vaccin, ce qu'on appelle le multivalent,
02:26c'est-à-dire qui permet de vacciner contre les deux.
02:29On n'est pas bon.
02:29On n'est pas bon en France sur ces vaccinations, puisqu'on considère qu'entre 50 et 60% de la population fragile,
02:36donc de plus de 65 ans, est vaccinée, ce qui est largement insuffisant,
02:39et de l'ordre de 20% des soignants, ce qui est quand même quelque chose de plutôt inquiétant,
02:44parce qu'eux sont en contact avec des personnes fragiles, même si, par exemple, dans les maisons de retraite,
02:50c'est plutôt 70% des gens qui sont vaccinés.
02:54Globalement, on devrait être au-delà de 90% si on veut une campagne de vaccination efficace.
02:57Donc ça, c'est la vaccination saisonnière.
03:01C'est insuffisant.
03:02Il faut continuer à insister.
03:03Il faut continuer à expliquer aux gens pourquoi il faut se faire vacciner.
03:06Et puis, vous l'avez dit, papillomavirus, VRS, c'est-à-dire la bronchiolite.
03:10Alors, papillomavirus, c'est quelque chose qui est intéressant, puisque c'est vraiment la politique de prévention.
03:15Alors, c'est autour du cancer du col de l'utérus, plus précisément.
03:19Le cancer du col de l'utérus, mais pas que.
03:20Parce qu'on a souvent imaginé que c'était que ça.
03:23On disait, bon, les garçons, ce n'est pas la peine.
03:24Non, 100% des cancers du col de l'utérus sont liés à une infection à papillomavirus.
03:31De l'ordre de 40% des cancers également de l'anus et des cancers ORL aussi, également, sont liés à ce vaccin.
03:39Et si on vaccine les jeunes entre 11 et 14 ans, globalement, on peut prolonger jusqu'à 19, mais c'est 11-14, la cible.
03:45On éradique 100% de ces pathologies.
03:48Il faut voir que le cancer du col de l'utérus, outre son coût, qui est de l'ordre de 250 millions par an, en termes de soins, c'est 1 500 morts par an.
04:02C'est énorme.
04:03Avec cette simple vaccination, on le supprime complètement.
04:07D'autres pays ont entamé, il y a 15 ans, cette campagne de vaccination.
04:10La Suède, par exemple, en 2027, n'aura plus de cancer du col de l'utérus.
04:15Alors comment vous expliquez, au regard de ces chiffres-là, qu'il y a encore un recul, c'est peut-être pas le terme, mais en tout cas, qu'il y ait un a priori autour de ces vaccinations-là qui existent depuis de nombreuses années maintenant ?
04:28Probablement parce qu'on n'a pas expliqué suffisamment aux gens.
04:31Se faire vacciner contre la grippe, on n'a pas la grippe cet hiver, ok, on comprend.
04:34Là, on prend date pour 15 ans plus tard.
04:38Et puis on se dit, oh, les enfants, c'est pas la peine.
04:40Il y a une connotation aussi de rapport sexuel dans tout ça.
04:43On se dit, mais mes enfants, à 11 ans, ils ne vont pas avoir de rapport sexuel, c'est pas la peine de les vacciner.
04:48Oui, certes, mais c'est entre 11 et 14 ans qu'il faut vacciner, puisqu'ils peuvent rencontrer le virus d'une autre façon.
04:53Donc il y a toute une explication à faire à la population.
04:56Et il faut vacciner les garçons comme les filles.
04:59C'est vraiment toute une tranche d'âge qui doit être vaccinée.
05:02Le petit plus, c'est le coût finalement de cette vaccination, le coût maximal qu'aurait cette vaccination,
05:08serait de l'ordre de 200 millions par an, pour en gagner 240 et encore plus dans 15 ans.
05:13Mais c'est dans 15 ans.
05:15On a une vision de la prévention qui n'est pas très bonne dans notre pays.
05:19C'est ce que j'allais dire.
05:20On est plus dans le curatif que dans le préventif.
05:22C'est pas la première fois, d'ailleurs, qu'on le dit sur ce plateau.
05:24Il faut le répéter, vous savez, je regardais les chiffres de l'investissement dans le préventif en France.
05:29On dit souvent la France met beaucoup d'argent dans la santé.
05:32C'est globalement 11,7% de notre produit intérieur brut.
05:36Eh bien, dans ces 11,7%, il n'y a que 1,8% dédié à la prévention.
05:40C'est ridicule.
05:41Merci en tout cas pour ces premiers chiffres.
05:44Pour revenir à la vaccination de manière plus globale,
05:47est-ce que le fait d'utiliser le terme personne vulnérable ou personne fragile
05:51n'exclut pas aussi une partie de la population ?
05:54On se sent peut-être moins concerné, que ce soit vous et moi, par exemple, sur ce geste.
05:58Moi, je suis très âgé, donc je me sens concerné.
06:01Je ne me permettrai pas.
06:03Non, effectivement.
06:04Mais pourquoi on cible ces personnes ?
06:06Parce que c'est des personnes qui risquent de faire des formes graves
06:09et donc d'aller à l'hôpital.
06:11Et ce n'est pas le moment de surcharger l'hôpital.
06:13On a bien vu ce que ça pouvait donner.
06:15Donc c'est un petit peu un intérêt, je dirais, de santé publique globale.
06:19Il y a l'intérêt individuel et il y a l'intérêt de santé publique.
06:23Quand on est plus jeune, qu'on n'a pas de facture de risque,
06:25on entend souvent les gens dire
06:27« Oui, moi j'ai fait une bonne grippe, j'ai été au lit pendant trois jours, ce n'est pas grave ».
06:30Effectivement, ce n'est pas grave.
06:31Mais en faisant cette bonne grippe, vous avez peut-être contaminé des personnes fragiles
06:35dans votre entourage.
06:37Donc il ne faut jamais oublier que dans toutes ces pathologies infectieuses,
06:41d'une façon générale, le primordial, ça reste les gestes barrières.
06:45Le masque, quand on est malade et qu'on a de la fièvre, et se laver les mains.
06:49Déjà, rien que ça, c'est très bien.
06:51Et puis, ce n'est pas sympa d'avoir une grippe en plus.
06:54Non, ce n'est pas très fun, nous sommes d'accord.
06:57Pour terminer sur cette rubrique,
06:59on l'a un petit peu dit tout au long de cette rubrique,
07:04mais je souhaitais quand même encore revenir là-dessus.
07:07On sent que c'est encore une priorité en France,
07:09et de santé publique d'ailleurs,
07:11de parler de vaccination à travers des campagnes.
07:15Oui, c'est vraiment nécessaire,
07:17puisque je vous le disais, sur la grippe, nous n'avons pas de bons chiffres.
07:2020% des soignants, c'est catastrophique.
07:2260% des plus de 75 ans, c'est largement insuffisant.
07:25Alors, on a des cibles qui marchent bien.
07:28On parlait rapidement de la bronchiolite.
07:30Bon, ce n'est pas trop mal, on n'a pas encore les chiffres
07:32sur la vaccination, soit de la maman au huitième mois de grossesse,
07:35soit de l'enfant à la naissance.
07:37Mais par exemple, on a beaucoup parlé de rougeole
07:38ces dernières années, qui peuvent être graves pour l'enfant.
07:42Eh bien, on a atteint 94,7% de jeunes enfants,
07:47de nourrissons vaccinés,
07:48sachant que la cible idéale est 95%,
07:50donc on n'est pas trop loin.
07:51Donc, il faut continuer, il faut continuer,
07:53il faut rappeler ça en permanence.
07:55Merci beaucoup, en tout cas, d'avoir détaillé la vaccination
07:58sur ce plateau.
07:59Désolée, encore pour les phobiques de l'aiguille,
08:01on a essayé de ne pas trop mettre d'images.
08:02Mais ça ne fait pas mal, ça ne fait pas mal.
08:04Il faut prendre son temps, ça ne fait pas mal.
08:06Merci encore pour toutes ces informations.
08:09On tourne la page santé,
08:11mais l'info continue sur Moselle TV, bien évidemment.
08:13La rubrique santé, avec le fonds de dotation Merci,
08:28Talpia et le centre hospitalier régional Mestianville.
08:34La rubrique santé, en partenariat avec La Semaine.
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