- il y a 1 semaine
De nombreuses études montrent que le racisme anti-Africains est à tel point banalisé dans les sociétés européennes, qu'il en devient invisible alors que c'est un phénomène massivement répandu.
Pour quelles raisons et comment lutter contre cette "afrophobie" en Europe ?
Entretien avec Mireille Fanon-Mendes-France, la fille de Frantz Fanon, ancienne présidente du groupe d'experts de l'ONU sur les personnes d'ascendance africaine.
Pour quelles raisons et comment lutter contre cette "afrophobie" en Europe ?
Entretien avec Mireille Fanon-Mendes-France, la fille de Frantz Fanon, ancienne présidente du groupe d'experts de l'ONU sur les personnes d'ascendance africaine.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Mireille Fanon-Manès-France, bonjour.
00:02Vous êtes l'ancienne présidente du groupe de travail d'experts sur les personnes d'ascendance africaine à l'ONU.
00:07Vous êtes aussi, je le rappelle, la présidente de la fondation Frantz Fanon,
00:11Frantz Fanon qui était votre père,
00:13l'une des grandes figures de la lutte anticoloniale,
00:16de la lutte des peuples pour leur émancipation à partir des années 50.
00:21Il a été, ses livres, son travail,
00:23notamment le travail théorique et politique qu'il a fait,
00:26a été un travail de base pour tous les militants anticolonialistes, anti-impérialistes de cette époque.
00:33Alors, vous êtes ici, on est ici au Conseil de l'Europe,
00:36un député suédois qui s'appelle Mamadou Malcom Jallot
00:38vient de rédiger un rapport sur le racisme anti-africain, anti-noir, on va le dire,
00:44dont on parle peu et qui est un phénomène massif,
00:48à tel point qu'on en parle si peu qu'il n'y a pas réellement de nom pour nommer
00:53cette forme de racisme,
00:55alors qu'il y en a pour les autres formes de racisme.
00:57Comment un phénomène aussi massif, dont nous allons parler en détail,
01:00nous allons voir quels sont les symptômes de cette importance,
01:06comment se fait-il qu'un phénomène comme celui-ci n'est finalement pas de nom ?
01:10Est-ce que c'est un symptôme, ça aussi ?
01:11Oui, et ça participe d'ailleurs à l'invisibilisation de la racialisation
01:17dont sont victimes les personnes d'ascendance africaine et les Africains.
01:21Vous voyez que je n'emploie pas le mot racisme,
01:22j'ai bien employé le mot racialisation,
01:25parce qu'on doit le référer à la politique de la race
01:29qui a été mise en place au moment des grandes découvertes, 1492,
01:34et qui s'est étendue jusqu'au XIXe siècle,
01:38un certain temps donc,
01:39et qui a touché quatre continents,
01:41et qui a vu le transfert forcé de millions d'Africains
01:47et la mise en esclavage de millions d'Africains.
01:50Cet événement historique-là a toujours des conséquences concrètes,
01:55visibles aujourd'hui dans nos sociétés,
01:58spécialement dans les sociétés européennes.
02:00Dans les sociétés européennes,
02:02et malheureusement, comme l'Europe est devenue le modèle à adopter,
02:06enfin en tout cas le modèle intellectuel, culturel à adopter,
02:10il touche l'Amérique latine, l'Amérique du Nord, l'Asie, etc.
02:19Ça touche un certain nombre de pays
02:22où la pensée intellectuelle s'est construite autour de la modernité.
02:26Et il y a un eurocentrisme,
02:28et cet eurocentrisme se voit très bien
02:30avec la façon dont on continue à considérer les afro-descendants,
02:36parce que ça s'est intériorisé.
02:39Il y a un inconscient collectif
02:41qui fait que le noir, quand on voit un noir,
02:45on pense danger,
02:46ou on pense odeur, comme M. Chirac,
02:49ou on pense danse,
02:50comme ceux qui font de l'exotisme, etc.
02:53Mais on ne pense pas qu'on a en face de soi un égal.
02:57Notre égal, votre égal.
02:59Ce mal, comment l'extirper,
03:01sachant que vous êtes une familière des institutions internationales,
03:05si on est au Conseil de l'Europe, bien sûr,
03:06ces institutions internationales
03:09prennent des mesures,
03:10font des rapports sur ces phénomènes de racisme particulier
03:13qui concernent les populations d'origine africaine,
03:16les noirs en général.
03:18Comment se fait-il que ces rapports,
03:23ces mesures ne donnent rien, finalement ?
03:26Les États ne font pas de rapports.
03:29Ce sont les organisations de la société civile qui en font,
03:32et qui alertent les États.
03:33Mais si vous regardez aux États-Unis,
03:35si vous regardez en France,
03:36l'État n'a jamais fait un rapport
03:38sur la situation des afro-descendants,
03:40particulièrement en Guyane, en Guadeloupe, en Martinique,
03:43à La Réunion, à la Kanaki,
03:46et à Mayotte.
03:47Jamais.
03:48Jamais l'État n'a fait un rapport
03:50sur la situation des afro-descendants,
03:51non seulement économique,
03:52mais aussi la forme de racisme structurel
03:56dont ils sont victimes.
03:57Jamais.
03:57Parce que l'État, faisant des lois,
04:03une loi générale, générique, sur toutes les formes de racisme,
04:07donc, on fait son travail.
04:09Le racisme, on vous dit que le racisme,
04:11toute atteinte, toute expression raciste,
04:15ou racialisante, est punie.
04:16Ça n'est pas vrai.
04:17Le meilleur exemple, c'est les violences policières.
04:19Quand elles s'exercent à l'égard de jeunes noirs,
04:24qui sont contrôlés 25 fois par jour
04:26dans les endroits où ils vivent,
04:28ou quand des jeunes noirs ou maghrébins
04:30sont tués par la police,
04:32il n'y a pas d'enquête.
04:33La plupart du temps, on dit,
04:34il est mort étouffé,
04:36il est mort par accident,
04:40on casse, on broie le larynx d'une personne
04:44et on nous dit que maintenant, c'est normal,
04:47il est mort d'étouffement.
04:49Et quand après, les familles veulent investiguer
04:51pour avoir les vraies raisons,
04:53parce qu'elles doutent de la véracité
04:55de ce que la police raconte,
04:57c'est impossible.
04:57Elles sont face à de puissantes réactions
05:02qui font qu'il faut vraiment se bagarrer
05:05pour arriver à obtenir justice.
05:08Et dans tous les cas, c'est ça.
05:10Si on regarde Adama Traoré,
05:12si on regarde Ali Ziri,
05:15si on regarde, je ne sais plus les noms,
05:16mais enfin, un certain nombre de jeunes,
05:18Ali Ziri était moins jeune,
05:20mais un certain nombre de jeunes
05:21qui sont morts de violences policières
05:23et la police n'est jamais jugée coupable.
05:27Donc on a aussi intériorisé le fait
05:31que ce n'est même pas la peine de s'avouer raciste.
05:33On peut être raciste sans avoir à s'avouer raciste.
05:37Et c'est ça qui est le pire,
05:38c'est qu'on peut avoir,
05:39il faut vraiment que ça atteigne des horreurs,
05:42comme pour Taubira,
05:43où on l'a traité,
05:44alors qu'elle était ministre de la Justice,
05:45où on l'a traité d'Oraoutan,
05:47où la personne disait
05:48qu'elle préférait la voir dans un arbre
05:50plutôt que sur les blancs des ministres
05:52à l'Assemblée nationale.
05:53Il faut vraiment que ça atteigne
05:55quelqu'un de haut placé
05:57pour que l'État regarde un peu plus.
06:00Et là, l'État était un peu forcé,
06:01c'était quand même un membre du gouvernement.
06:02Mais quand même,
06:06les histoires de racisme racialisant
06:09à la justice,
06:10où ne passe pas liberté d'expression,
06:13où sont jugées,
06:17il n'y a pas de suite, etc.
06:18Donc, on voit bien qu'on est...
06:20C'est ça le racisme structurel.
06:22C'est ça.
06:23C'est ça.
06:24Vous citez des effets concrets
06:26de ce racisme latent,
06:30permanent, invisible,
06:31mais présent.
06:31C'est-à-dire que ce n'est pas simplement
06:33des questions d'état d'esprit.
06:35Il y a des conséquences dans la société.
06:37Il y a d'autres conséquences,
06:38j'allais dire encore plus massives.
06:40Ce sont les conséquences économiques.
06:42Vous parlez, par exemple,
06:43de la situation
06:45dans les colonies françaises,
06:47dans les pays comme la Martinique,
06:49la Guadeloupe, etc.
06:52avec ce constat,
06:53c'est que dans ces pays-là,
06:55la situation économique
06:57des habitants de cette région
06:59et de ces régions
07:01est toujours inférieure
07:03à la situation moyenne
07:05des Français, même pauvres.
07:08C'est structurellement,
07:10fondamentalement,
07:11dans ces pays-là
07:11qu'on voit finalement
07:12l'effet massif
07:13de ce que vous décrivez.
07:15Et c'est particulièrement vrai
07:16en termes de PIB par habitant.
07:19Il y a plus de 10 points d'écart.
07:22C'est vrai aussi sur le chômage,
07:24où nous, on est à peu près...
07:25Enfin, maintenant,
07:25avec la manipulation des chiffres,
07:28on est à moins de 8 %,
07:30mais là-bas, c'est 25 %.
07:33Sans oublier que pour la jeunesse,
07:36entre 18 et 25 ans,
07:37c'est 60 %.
07:39Donc, ensuite,
07:41vous avez la lecture aussi.
07:43L'illettrisme
07:44et je ne sais plus
07:45de quel point
07:46au niveau national,
07:47mais il y a encore
07:4810 points d'écart.
07:49Donc, on voit bien...
07:50Et ça, justement,
07:52voilà,
07:53encore un élément
07:54qui vient renforcer
07:55le racisme structurel,
07:56c'est qu'on n'en parlera pas.
07:57On ne dira jamais
07:58aux Français
07:59de la métropole,
08:00je n'aime pas ce terme,
08:01mais enfin,
08:01de la métropole,
08:03parce que c'est un terme
08:03quand même un peu colonial,
08:04tout à fait colonial.
08:05On ne dira pas
08:06à ces Français
08:07que dans les colonies,
08:10la situation
08:11est totalement dégradée.
08:12Mais tout comme,
08:13si vous regardez bien,
08:14l'histoire du chlordécone,
08:17interdit depuis 1974
08:18dans l'ombre de pays,
08:20en Martinique,
08:21en Guadeloupe,
08:22ça n'a été interdit
08:23que dans les années fin 90,
08:24avec un désastre écologique
08:26et un désastre humain
08:28très important,
08:30on n'en parle pas.
08:31Ça ne dépasse pas la ligne,
08:33on en parle à l'intérieur
08:34des îles,
08:35mais on n'en parle pas,
08:36ça ne traverse pas
08:37l'Atlantique.
08:38Très peu, très peu.
08:39Donc, on a même,
08:40sur un point de vue
08:42environnemental,
08:43il y a un racisme
08:44environnemental aussi
08:45qui s'exerce.
08:46Et on n'en parle pas
08:47parce que tout qu'on le fait,
08:48ce n'est pas la peine
08:49de s'avouer raciste.
08:50On n'est pas raciste.
08:52De facto,
08:52on n'est pas raciste
08:53puisqu'on vous dit
08:54que tous les hommes
08:55sont égaux.
08:56Mais il ne faut pas oublier
08:57qu'en 1789,
09:00lorsque cette première déclaration
09:02est arrivée,
09:03des citoyens français
09:04ont été exclus.
09:05de facto,
09:05puisqu'il y avait encore
09:08la mise en esclavage
09:09qui a existé
09:10jusqu'en 1804.
09:12D'accord ?
09:14Non, pardon,
09:15jusqu'en 1994.
09:16La première abolition
09:17a élué en 1794.
09:19Donc, pendant cinq ans,
09:22des citoyens français
09:23ont été exclus
09:24de ça.
09:25Donc, l'égalité
09:25ne fonctionnait pas.
09:281802,
09:28Napoléon remède
09:30l'esclavage
09:30en partie
09:31jusqu'en 1848.
09:33Donc,
09:33cette première déclaration,
09:35mais elle est caduque.
09:36Elle est caduque
09:37et elle devrait même
09:37être constitutionnellement
09:38considérée comme caduque
09:40puisqu'elle a exclu
09:41de facto des citoyens,
09:43des milliers,
09:44voire des millions,
09:45peut-être pas des millions,
09:47mais enfin des milliers
09:47de citoyens
09:48de l'égalité de droit.
09:50Et c'est de ça aussi
09:51que l'on part.
09:52C'est de ça.
09:53On n'a jamais été
09:55un pays égalitaire.
09:56Et tant que la France
09:57ne voudra pas reconnaître
09:58que cette inégalité structurelle,
10:00elle affecte encore aujourd'hui
10:01la perception que l'on a
10:03ou la représentation
10:04que l'on a
10:05des personnes d'ascendance africaine
10:06et maintenant sur les Africains
10:08parce que ce qui s'est mis en place
10:11pour les afro-descendants
10:12s'est généralisé après aux Africains.
10:14C'est étendu
10:15par une espèce de poussée
10:18sémantico-fausse,
10:22enfin de pousser
10:23à l'ensemble du continent africain.
10:25Parce qu'ensuite,
10:25à la fin de la mise en esclavage
10:27dans 1848,
10:29on est allé coloniser l'Afrique.
10:32N'oublions pas non plus
10:33qu'en 1848,
10:34dans l'article de loi,
10:36dans le décret de loi
10:37qui validait l'abolition
10:41de l'esclavage,
10:42il y avait un article 5
10:44qui disait
10:46les propriétaires d'esclaves
10:47vont recevoir
10:48une compensation
10:49parce que c'est un dommage
10:51économique énorme pour eux.
10:53Or, on est donc
10:54dans une société
10:55qui ne reconnaît pas
10:56l'égalité de droit
10:57entre les personnes
10:59de sa société
11:00et en plus,
11:01on compense
11:02les perpétrateurs
11:04du crime
11:05contre l'humanité
11:06et de génocide
11:06alors que les victimes
11:08sont restées
11:09hors de tout ça.
11:10Donc, on voit bien
11:10que si on n'arrive pas
11:12à parler des réparations
11:13à un moment donné,
11:14on restera toujours
11:15au même endroit
11:16à faire des recommandations,
11:17à faire des rapports,
11:19mais le rapport,
11:20il doit vraiment
11:20se structurer
11:21à partir de cette histoire.
11:23Il y a un facteur aggravant
11:24en plus de tout ce que
11:25vous êtes en train de dire.
11:26Vous dites que le capitalisme
11:27même, en tant que mode
11:28de production,
11:28en tant que type de société,
11:30produit aussi cet effet-là.
11:31Mais le capitalisme,
11:32ce n'est même pas
11:33qu'il produit ça.
11:34Le capitalisme s'est construit
11:35sur la déshumanisation
11:37de millions de personnes.
11:39C'est ça que les gens
11:40ne veulent pas entendre.
11:41C'est que le capitalisme,
11:42il n'est pas venu de n'importe où.
11:44À partir du moment
11:45où vous avez considéré
11:46que vous pouviez
11:49acheter des hommes
11:51et des femmes
11:52comme biens meubles,
11:53puisqu'il y a le code noir
11:54qui précise bien
11:55que ce sont des biens meubles
11:56et qu'ils n'ont pas de droits,
11:59ils n'ont pas de noms,
12:00ils sont totalement déshumanisés.
12:01Vous avez là les bases
12:03même du concept du capitalisme.
12:05La mise en esclavage
12:06a enrichi les banques,
12:08les ports,
12:09les pays, etc.
12:11Et c'est ça,
12:12le capitalisme aussi,
12:13dont on doit vraiment
12:14aujourd'hui interroger.
12:16On doit l'interroger
12:17à l'aune de cette histoire
12:18et pas seulement
12:19des désastres que ça fait.
12:20Parce que ces désastres,
12:22ils viennent de là.
12:23Des centaines de jeunes Africains,
12:26femmes, enfants,
12:27aujourd'hui disparaissent
12:30en mer
12:31en tentant
12:32de rallier
12:34les côtes européennes.
12:36On n'en parle pas plus que ça.
12:38On en parle un petit peu,
12:39mais pas plus que ça, finalement.
12:41Ça fait souvent
12:42dans les informations
12:42des brefs,
12:43comme on dit.
12:44C'est aussi
12:45un signe massif
12:47de cette absence,
12:49de cette invisibilité,
12:50comme vous dites,
12:51des populations
12:51d'origine africaine
12:52dans nos cultures.
12:54Oui, parce qu'en fait,
12:55c'est aussi
12:58l'absence
12:58de reconnaître
12:59que la colonisation
13:01que nos pays
13:02ont organisée
13:04sur le continent africain
13:08a eu un impact durable
13:10et encore maintenant
13:11sur la vie du continent africain,
13:13sur l'ensemble
13:14du continent africain.
13:15Comment est-ce qu'on explique
13:16quand même
13:16qu'il a fallu attendre
13:181994
13:18pour la fin de l'apartheid
13:19en Afrique du Sud ?
13:21Un petit groupe
13:23de blancs
13:24a terrorisé,
13:26torturé
13:27des millions
13:28d'Africains
13:29en Afrique du Sud
13:30pendant des années
13:30et ça,
13:31au vu et au su
13:31de tout le monde.
13:32Comment se fait-il
13:33quand même
13:33que l'ONU,
13:35entre autres,
13:35ne se soit pas levée,
13:37n'ait pas eu
13:37une levée de bouclier
13:38dès le début ?
13:39Donc, il y a quand même...
13:40Et on voit bien
13:40comment se fait-il aussi
13:41que tout ce dont a besoin
13:43l'Europe
13:44et les Etats-Unis
13:46en termes de technologie,
13:47en termes de ressources naturelles
13:50pour avoir cette technologie particulière,
13:54vient d'Afrique.
13:54La plupart viennent d'Afrique.
13:56Donc, ces pays sont pillés
13:59par des consortiums canadiens
14:01ou européens
14:02mais sans aucune redistribution
14:04pour les populations.
14:05Donc, elles n'ont d'autre choix
14:06puisqu'elles sont maintenues
14:07dans une extrême pauvreté.
14:09Elles n'ont d'autre choix
14:10que de venir en Europe.
14:12Et l'Europe étant toujours euro-centrée
14:15et axée autour de la modernité
14:18qui a construite
14:19ses références intellectuelles
14:20et idéologiques,
14:22considère toujours
14:23que l'autre est un ennemi.
14:25Donc, effectivement,
14:26on bloque
14:27la venue de tous ces jeunes,
14:29particulièrement des jeunes,
14:30qu'ils meurent dans la Méditerranée
14:32qui était maintenant
14:32un grand cimetière,
14:34ne gêne personne.
14:35Ne gêne personne.
14:36Aucun pays.
14:37Et même la France
14:39fait des lois
14:41de plus en plus,
14:41depuis Sarkozy
14:42où on a eu
14:44le...
14:45Comment il s'appelait déjà ?
14:46Je ne me souviens plus.
14:47Mais enfin bon,
14:48cette loi si particulière
14:49de Sarkozy
14:50qui a mobilisé
14:52un très grand nombre
14:54d'acteurs
14:56travaillant avec les migrants.
14:59Depuis les lois de Sarkozy
15:00ou même les lois de Vaillant aussi,
15:02on peut remonter à Vaillant.
15:03Sarkozy et maintenant Macron,
15:04il n'y a pas une loi
15:06qui ouvre un espace
15:09et l'Europe s'y met aussi
15:11à tel point même
15:12qu'aujourd'hui,
15:12la Hongrie tire
15:14par des tirs de sommation
15:16sur les migrants.
15:17Donc on voit bien
15:17que c'est l'ennemi.
15:19Ce n'est même plus
15:19un ennemi comme un État.
15:21C'est une forme indéfinie.
15:25Mais c'est une peur.
15:26C'est une peur
15:27qui est basée vraiment
15:28sur l'afrophobie.
15:28Et c'est là vraiment
15:30sur l'histoire des migrants.
15:31Et moi, j'ai l'habitude
15:32de dire que les migrants
15:33sont les nouveaux esclaves
15:35du XXIe siècle.
15:36Et ça, il faut quand même
15:37qu'on s'intéresse à ça
15:39et qu'on réponde
15:40à cette question.
15:41Est-ce qu'on est,
15:42en faisant des lois européennes
15:44ou autres,
15:44contre la libre circulation
15:46des gens ?
15:47C'est ce que je disais
15:48tout à l'heure.
15:48Nous, on a le droit
15:49d'aller en Afrique.
15:51On a le droit de pouvoir.
15:52On a peut-être besoin
15:53de quelques visas
15:53dans quelques pays,
15:54mais cela dit,
15:55on peut aller se promener,
15:56on peut aller en vacances,
15:57etc.
15:57On peut même aller s'installer
15:58si on veut.
15:59Si l'inverse n'est pas vrai,
16:01donc où est-ce qu'on est
16:02sur la souveraineté ?
16:03Ça pose la question
16:03de la souveraineté des États,
16:05de la souveraineté des peuples,
16:07sur les droits qui sont...
16:08Ce sont des droits.
16:09À l'heure actuelle,
16:10nous sommes confrontés
16:10à des droits inégaux.
16:12Des droits inégaux.
16:13On est sur...
16:14Fonder notre vie,
16:16notre déclaration universelle
16:17des droits de l'homme,
16:18elle est fondée
16:18sur une inégale égalité.
16:20Quand est-ce que ça va cesser ?
16:22Je vous remercie,
16:24Mireille Fallon-Mannès-France.
16:25Merci beaucoup.
16:25Merci.