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Utilisation du 49.3 - En direct, André Chassaigne, chef de file des députés communiste à l’Assemblée nationale, explique pourquoi une motion de censure a été déposée par les députés PCF, FI et PS. Ils entendent dénoncer le coup de force social du gouvernement qui veut faire adopter son projet de réforme des retraites sans le vote des parlementaires.
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00:02Bonjour André Chassaigne, vous êtes député PCF du Puy de Dôme et président du groupe de la gauche démocrate et
00:07républicaine à l'Assemblée Nationale.
00:08Nous sommes aujourd'hui dans votre bureau à l'Assemblée Nationale et aujourd'hui vous allez défendre une motion de
00:13censure contre le gouvernement suite à l'utilisation du 49-3.
00:16Alors pour commencer le 49-3, ça impose un projet de loi sans vote et là ça se passe sur
00:22les retraites.
00:22Est-ce que vous avez déjà vu dans votre expérience de parlementaire ou de militant d'ailleurs une loi aussi
00:29antisociale adoptée de façon aussi antidémocratique ?
00:32Je commencerai par la dimension antidémocratique de l'adoption de ce projet de loi.
00:40Parce que ce 49-3 qui a été créé dans la Ve République,
00:45Ces créateurs ont toujours dit que le 49-3 avait un risque de dérive et qu'il ne devait être
00:55utilisé que dans des cas exceptionnels.
00:59Tous les cas de mise en œuvre du 49-3, c'est dans le cadre de majorités qui étaient des
01:07majorités fragilisées.
01:08C'est-à-dire un gouvernement qui avait une majorité fracturée, voire qui n'était pas assuré de sa majorité,
01:18c'était le cas notamment de Michel Rocard.
01:21Tous les gouvernements appliquaient le 49-3 pour faire passer un projet de loi qui était menacé par le vote
01:28de l'Assemblée.
01:29C'est donc par nature bien évidemment un acte très antidémocratique.
01:35Mais là c'est encore pire. Ça a une autre dimension.
01:40Parce que le 49-3 aujourd'hui, il a actionné, non pas parce que la majorité introuvable est fractionnée,
01:48non pas parce qu'il y a un risque que le projet de loi ne soit pas voté,
01:53mais il a actionné parce qu'on veut bloquer, le gouvernement veut bloquer le débat démocratique.
02:00Et il a été sorti au moment où justement on arrivait vers les articles sur lesquels nous allions poser de
02:10multiples questions.
02:12Je pourrais citer la valeur du point, la garantie de ce que représentera le point.
02:18Je pourrais citer quel sera l'âge d'équilibre, quelle sera son évolution.
02:24Je pourrais citer quel sera le revenu au final d'un retraité par rapport au revenu qu'il avait de
02:31rien en sa période de travailler.
02:32Je pourrais citer les femmes qui vont être victimes.
02:37Je pourrais citer ceux qui n'ont pas de carrière régulière.
02:42Je pourrais citer les retraités agricoles d'aujourd'hui qui ne seront pas mis à niveau.
02:48Donc au moment où ces questions de fond, ces questions fondamentales qui sont posées par les citoyens,
02:54qui sont posées par les organisations syndicales, qui sont posées par le Conseil d'État,
02:58au moment où arrivaient ces questions-là, le Premier ministre dégaine le 49-3.
03:02C'est-à-dire qu'on a là un acte qui est absolument exceptionnel et qui est un véritable déni
03:10de démocratie.
03:12Et il l'habille. Il l'habille en disant, c'est la démocratie parlementaire qui est menacée,
03:19c'est de l'obstruction, c'est le blocage.
03:23Mais quel culot ! Mais quel culot !
03:27Alors que toutes les questions que nous avons posées, tous les amendements que nous avons défendues,
03:31c'était justement pour aller au fond du texte.
03:33C'est justement parce que le règlement de l'Assemblée nous permet de déposer des amendements.
03:38Et encore ce règlement, il a été changé.
03:40On ne peut défendre qu'un seul amendement si on le dépose 16 fois, une fois par député de notre
03:45groupe.
03:46Et bien malgré cela, malgré les réductions récentes du temps de parole des députés,
03:51malgré l'évolution restrictive dans le domaine de la démocratie et du règlement de l'Assemblée,
03:56on nous dit, on nous dit, et bien vous en faites trop.
03:59Vous parlez trop.
04:01Vous bouquez le débat.
04:02Vous posez trop de questions.
04:04On ne peut pas aller au fond des choses ?
04:06Je trouve cet argument-là qui est repris par les chaînes télévisées,
04:13qui est repris par les radios,
04:14qui fait partie de l'élément de langage que les députés En Marche reçoivent tous les matins,
04:19ces arguments-là sont absolument inacceptables.
04:21Et je dirais, je le dis fermement, ils sont scandaleux.
04:24On veut en quelque sorte écraser la démocratie parlementaire.
04:28– Est-ce que ce 49.3 vient parachever la méthode du gouvernement depuis le début de son projet de
04:32réforme des retraites ?
04:33Puisqu'il n'a pas écouté les syndicats, il n'a pas écouté les manifestants,
04:36il n'a pas écouté les Français qui sont majoritairement contre cette réforme des retraites,
04:40contre le 49.3 et même pour un référendum.
04:42Vous aviez défendu d'ailleurs une motion, vous déposé une motion référendaire.
04:45Est-ce que ça vient parachever une méthode antidémocratique,
04:48avec aujourd'hui ne veut même pas entendre les députés de l'opposition ?
04:50– Bien sûr, parce que je crois que là, on a un exercice d'école.
04:56Je crois que dans quelques années, quand on pourra prendre l'exemple d'un projet de loi
05:02qui arrive mal ficelé avec un amateurisme, qui est peut-être fin d'ailleurs,
05:10et qu'on voit comment il a été mis en œuvre au niveau de l'Assemblée nationale,
05:17notamment. Il y a eu d'abord, bien sûr, le rejet du mouvement social,
05:21on se ferme les yeux, on fait semblant d'écouter les relations syndicales,
05:24on fait ce qu'on veut, on lit les conclusions du Conseil d'État,
05:29on n'en tient pas compte, on sort une étude d'impact qui est complètement faussée,
05:33et après, quand ça arrive à l'Assemblée nationale,
05:36on commence tout simplement par mettre en place une commission spéciale,
05:44et la commission spéciale ne peut même pas finir ses travaux,
05:48et on arrête les travaux de la commission spéciale,
05:51ce qui ne s'est jamais vu, pour ensuite faire venir en discussion dans l'hémicycle,
05:54le texte initial, sans tenir compte de tout le travail qui a pu être fait par les députés
05:59pendant dix jours au sein de cette commission spéciale.
06:01Ensuite, quand ça arrive en séance, on s'efforce de jeter à la poubelle des milliers d'amendements.
06:08Donc, d'une part, des milliers d'amendements qui ont été considérés comme irrecevables,
06:14mais aussi des amendements qui étaient complètement recevables,
06:18et qu'on a essayé d'écarter du débat,
06:21ce qui a bloqué en définitive la discussion pratiquement pendant deux jours,
06:24où nous, puisque c'était nous, les députés communistes, qui étions visés,
06:27on s'est battus pendant deux jours avec des suspensions de séance,
06:30avec des rappels au règlement, pour faire en sorte que nos amendements
06:33qui étaient jetés à la poubelle puissent venir en débat.
06:35Nous avons gagné là-dessus, ce qui est la preuve que le comportement du président de l'Assemblée
06:41était anticonstitutionnel, puisque nous avons gagné sur ce point-là.
06:44Ensuite, il y a eu le grand jeu.
06:46Il y a eu le grand jeu.
06:48C'est-à-dire les, je les appelle les mercenaires d'En Marche,
06:54accompagnés par les supplétifs du Modem, ont sorti le grand théâtre.
07:00Or, le grand théâtre, c'est chaque fois qu'on pouvait poser des questions,
07:03on bloquait la démocratie.
07:05D'ailleurs, c'était très marrant, parce qu'en fonction de ce qu'envisageait
07:09de faire le président de la République, ils avaient le matin leurs éléments de langage
07:13qu'ils répètent comme des cacatouès,
07:15et ces éléments de langage échangés d'un jour ou l'autre.
07:18Le jour où peut-être qu'on envisageait de ne pas faire venir le 49-3,
07:21c'était relativement tranquille.
07:23Le jour où le matin, ils avaient reçu les ordres qu'il fallait taper sur l'opposition
07:28en disant que l'opposition était débloquée,
07:29et que d'un seul coup, il y avait des interventions qui n'en finissaient pas,
07:33mais qui surtout avaient pour but d'occulter les vraies réponses
07:39qu'on exigeait par rapport à nos questions,
07:41ou en noyant, en quelque sorte, le poisson avec des cris d'orfraie,
07:44en disant que l'opposition bloquait le débat démocratique.
07:48Et donc, on a assisté pendant plusieurs jours à ce grand jeu,
07:53à ce grand théâtre, jusqu'au moment où le Premier ministre,
07:58à la suite d'un conseiller des ministres qui avait un autre objectif,
08:03l'objectif sanitaire, est venu.
08:06Et avec des airs de donneurs de leçons de morale républicaine,
08:14nous a dit que nous étions responsables,
08:17nous a dit que nous avions bloqué le fonctionnement démocratique de l'Assemblée,
08:22nous a accusé d'être antidémocratique,
08:25et a sorti le 49-3.
08:27Et là, m'est venue cette image,
08:32cette expression,
08:34qui est une expression de ma petite province d'Auvergne,
08:37avec sa mauvaise foi.
08:39Il avait la queue du renard
08:41qui lui sortait de la gueule et disait qu'il n'avait pas bouffé.
08:45C'est-à-dire que tout ce comportement antidémocratique,
08:49ce qui dure depuis des mois maintenant,
08:53il le faisait supporter l'opposition,
08:54parce que tout simplement, l'opposition faisait son boulot.
08:58Le gouvernement sort le 49-3 sur un texte qui est composé de 29 ordonnances.
09:02Une ordonnance, en fait, ça revient à laisser le gouvernement faire le travail législatif,
09:06qui doit revenir normalement aux députés.
09:08Est-ce que vous avez déjà vu ça, vous voyez un 49-3,
09:09qui sort sur un texte où il y a 29 ordonnances,
09:11et où les députés ont déposé, vous avez été accusé d'obstruction,
09:14avec plus de 40 000 amendements,
09:16mais c'était pour connaître, vous dites, le fond de la loi ?
09:18Votre question est insuffisante.
09:20Parce que non seulement il y a les 29 ordonnances qui sont prévues depuis le début,
09:27non seulement il y a ça,
09:29mais en plus, il y a l'intégration,
09:33dans le projet des lois,
09:35d'amendements qui n'ont même pas été discutés.
09:37C'est-à-dire, non seulement on bloque le débat,
09:42le débat parlementaire,
09:43mais en plus de ça, dans ce projet de loi, on fait des piqûres,
09:46ça c'est la dimension sanitaire peut-être,
09:48on fait des piqûres pour injecter des amendements
09:52qui n'auront même pas été discutés,
09:54et qu'on pioche comme ça,
09:56on va nous dire, on en a pris un,
09:58qui a été présenté par les députés communistes,
10:00concernant les égoutiers,
10:01on va sans doute dire la même chose pour d'autres amendements de l'opposition,
10:06quelques-uns, combien, je ne sais pas,
10:08on donne la pittance,
10:09en disant, voyons, on est des grands démocrates, nous.
10:11Mais ces amendements-là,
10:12la plupart des amendements qui vont être injectés
10:14dans le projet de loi n'auront pas été discutés,
10:16ce n'est pas ça, démocratie.
10:17Or, dans ce cas-là, autant dissoudre.
10:19Bref, je te disais que si on n'est pas satisfait du peuple,
10:21il faut dissoudre le peuple.
10:22Est-ce qu'aujourd'hui,
10:25Philippe va dire,
10:26on n'est pas satisfait de l'Assemblée,
10:27il faut dissoudre l'Assemblée ?
10:28Il y a un véritable problème démocratique qui se pose,
10:31par les ordonnances,
10:32et par aussi, par la mise en œuvre de ce 49-3,
10:34et ce qui est connexe à ce 49-3,
10:36c'est intégrer des amendements qui n'ont même pas été discutés.
10:39Au final, ce texte n'aura jamais été voté,
10:42ni en commission spéciale,
10:43ni par l'hémicycle.
10:45Non, il n'aura jamais été voté,
10:47et le Premier ministre
10:50et ses mercenaires
10:52ont le culot
10:53de donner des leçons de démocratie.
10:55Ils essaient de renverser l'opinion publique,
10:58je ne pense pas qu'ils vont y arriver.
11:00Et ils essaient même d'apparaître
11:02comme ceux
11:04qui portent
11:06la semence
11:06d'un pacte social nouveau
11:08avec leurs lois sur les retraites.
11:10Tout ça, il y a de l'habillage,
11:12il y a des grands envolés lyriques,
11:13on se croirait dans une épopée napoléonienne,
11:15pratiquement.
11:15Mais la réalité,
11:17c'est qu'ils ne récupèrent pas la semence
11:20de ces grandes lois
11:21qui sont issues du Conseil national de la résistance.
11:23Ils se contentent de marcher sur les débris.
11:25Et c'est ce qu'ils font aujourd'hui.
11:27Ils disent qu'ils portent la flamme.
11:28Avec un culot monstre,
11:30la flamme d'Angroise-Croisa.
11:32En fait,
11:33ils ne portent pas la flamme d'Angroise-Croisa.
11:35Ils se contentent de récupérer des cendres.
11:38Et c'est ce message-là
11:39qu'il faut faire passer.
11:40Parce qu'on a affaire à un pouvoir
11:41qui non seulement est antidémocratique,
11:44mais habille,
11:46habille leur déni de démocratie
11:47en accusant les autres
11:49d'être responsables
11:50de leur comportement.
11:51Et ça, c'est absolument inacceptable.
11:52On va leur mener une bourre jusqu'au bout.
11:54On le fera cet après-midi
11:55pendant la discussion
11:58sur les motions de censure.
12:00Je ne doute pas
12:01que nos sénateurs sont prêts
12:02et vont combattre pied à pied
12:03ce projet de loi.
12:05Et puis,
12:05le mouvement social n'est pas éteint.
12:07J'ai la certitude
12:08que ce mouvement social,
12:10au contraire,
12:10il va reprendre de la force
12:12avec le comportement inacceptable
12:14de ce gouvernement.
12:16donc les sénateurs vont prendre le relais.
12:18Il y a aussi pour les députés
12:19la loi organique,
12:19puisqu'il y a deux textes
12:20dans cette réforme des retraites,
12:21une loi ordinaire,
12:22une loi organique.
12:22La loi organique va arriver
12:23dans les jours qui viennent.
12:25Le gouvernement ne peut pas utiliser
12:26le 49-3
12:27parce que c'est une loi organique
12:28qui relève de la Constitution
12:29et parce qu'il l'a déjà utilisée
12:30une fois pendant la séance,
12:31pendant la session.
12:32Est-ce que vous allez combattre
12:33aussi cette loi organique
12:34et chercher à montrer ces dangers ?
12:36Bien sûr qu'on va combattre
12:38la loi organique.
12:39Bien sûr qu'il ne faut pas
12:40baisser la garde.
12:42Pour d'ailleurs une raison,
12:43c'est que la loi organique,
12:45au niveau de ce qu'on appelle
12:47la hiérarchie des normes,
12:49est supérieure à la loi ordinaire.
12:51La loi organique,
12:53pour faire simple,
12:54en quelque sorte,
12:56elle inscrit dans la loi
12:58ce qui pourrait relever
13:00de la Constitution.
13:01C'est l'objectif,
13:04c'est de faire en sorte
13:06qu'on inscrive dans le marbre,
13:07en quelque sorte,
13:08sans que ce soit dans la Constitution,
13:10les éléments les plus importants.
13:12Et en particulier,
13:13il y en a deux,
13:13sur les deux premiers articles.
13:15En particulier,
13:16sur la règle d'or,
13:17qui consiste à dire
13:20qu'on ne bouge pas,
13:21on ne tient pas compte,
13:22par exemple,
13:23des aléas économiques.
13:25On a cette règle d'or
13:26qui fera qu'au final,
13:28les retraites seront fragilisées,
13:30seront inférieures
13:30à ce qu'elles sont aujourd'hui
13:32et qu'il n'y aura aucun moyen d'action
13:34pour pouvoir jouer
13:35sur le niveau des retraites.
13:37Et ça,
13:37c'est donc
13:40le caractère extrêmement important
13:41de cette loi organique
13:42et qu'on ne mesure peut-être pas insuffisamment.
13:44Et le deuxième point,
13:45c'est faire en sorte
13:46que l'on déshabille
13:47tout ce qui était avant
13:49l'intervention
13:49des partenaires sociaux,
13:51comme on dit,
13:52des organisations syndicales,
13:53dans le cas
13:53de gestion paritaire,
13:56notamment l'intégration
13:57dans le projet de loi de finances
13:59de régimes
14:00qui étaient des régimes spéciaux,
14:02qui portent aussi un coût extrêmement grave
14:04à notre organisation aujourd'hui
14:05de la retraite.
14:06Donc, effectivement,
14:07la loi organique
14:08qui arrive en discussion
14:09demain après-midi
14:11n'est pas à sous-estimer.
14:13Effectivement,
14:13les députés de notre groupe
14:15vont déposer des amendements,
14:16nous en avons à peu près 600,
14:18sur cette loi organique,
14:19nous battrons
14:19sur cette loi organique
14:20comme nous l'avons fait
14:21sur la loi ordinaire
14:22parce qu'elle est importante,
14:24elle va inscrire dans le marbre
14:25ces évolutions extrêmement régressives.
14:27Pendant la discussion
14:28sur la loi ordinaire,
14:30avant que le 49.3
14:31ne soit dégainé,
14:32les députés communistes
14:32ont réussi à imposer
14:33dans le débat
14:34l'examen d'une autre réforme
14:35des retraites,
14:36une proposition de loi
14:37écrite, rédigée
14:38par les députés communistes.
14:39L'objectif,
14:40c'était de montrer
14:40qu'une autre réforme est possible
14:41et que c'est possible
14:42de financer, par exemple,
14:43la retraite à 60 ans.
14:44bien sûr, on a déposé cette proposition
14:50de loi que nous avions
14:51depuis plusieurs semaines,
14:52d'ailleurs,
14:53pour qu'elle puisse être l'objet
14:55d'une intervention
14:56durant le débat sur leur rétête,
14:57le retraite en leur faisant
14:58la démonstration
15:00qu'une autre évolution
15:04du système des retraites
15:05est possible
15:06et que leur soi-disant
15:08système universel
15:10qui doit s'appuyer
15:10sur l'équité
15:12était un système fallacieux
15:13qui, en fait,
15:15au final,
15:15allait servir
15:17les retraites privées,
15:20la financiarisation
15:20du système de retraite
15:21et que nous,
15:22nous,
15:23on estimait
15:24qu'on pouvait faire
15:25améliorer le système actuel,
15:26qu'on pouvait améliorer
15:26le système actuel.
15:27C'est pour ça
15:27que nous avions demandé
15:28la mise en place
15:29d'une commission spéciale
15:31en disant
15:31vous avez votre loi
15:33régressive
15:34qui a été étudiée
15:35pendant des jours
15:35par une commission spéciale,
15:36nous, nous souhaitons
15:37que notre loi,
15:39notre projet de loi,
15:40soit aussi étudiée
15:41dans une commission spéciale.
15:42Bien évidemment,
15:43ils ont refusé
15:43parce qu'ils se refusent
15:45à toute solution,
15:46à toute proposition alternative.
15:47Pour vous,
15:48quels sont les plus grands dangers
15:49de la réforme des retraites
15:50telle qu'elle est en train
15:52d'être adoptée
15:52en force,
15:54par la force,
15:55par le gouvernement ?
15:56C'est sur le montant
15:57des pensions
15:58et c'est sur l'âge de départ ?
16:00Je dirais que,
16:01d'abord, globalement,
16:02c'est ce que j'appellerais
16:03avec une image
16:05une mèche lente
16:06sur un bâton dynamite.
16:08C'est-à-dire,
16:09on ne mesure pas forcément
16:10aujourd'hui
16:10ce que ça va représenter.
16:11Je crois qu'il y aura
16:12un abaissement général,
16:15quasi général,
16:16quasi général
16:17du montant des retraites.
16:19Il y aura surtout
16:20l'incertitude.
16:22C'est tout le contraire
16:23de ce que portait
16:24Ambrose Croisa
16:25quand il parlait
16:26de sécurité sociale
16:28pour qu'il n'y ait pas
16:29l'angoisse du lendemain.
16:31Là,
16:32ce projet de loi
16:33sur la retraite,
16:34c'est l'insécurité sociale
16:37et c'est l'angoisse
16:38du lendemain.
16:39Et ça,
16:39ça portera
16:40sur l'âge de départ
16:42gravissime.
16:43On ne sait pas
16:43ce qu'il y aura
16:44par rapport
16:44à la prise en compte
16:45de la pénibilité.
16:46Ça portera
16:47sur le niveau
16:48de la retraite.
16:49Ça portera
16:50sur la différence
16:51qu'il y aura
16:52entre le salaire
16:53pendant l'activité professionnelle
16:55et le montant
16:56de la retraite.
16:57C'est véritablement,
16:59là aussi,
17:00allez,
17:00je vous sors
17:00une deuxième expression
17:01en verniade.
17:02On nous fait acheter
17:03un âne dans un sac.
17:05On nous fait acheter
17:06un âne dans un sac.
17:08Mais dans le sac,
17:10il y a de multiples dangers
17:11et en tout cas,
17:12si je devais définir,
17:13c'est globalement,
17:14c'est la régression sociale.
17:16Aujourd'hui,
17:16deux motions de censure
17:17vont être examinées
17:18dans l'hémicycle.
17:19Une déposée
17:20par les députés de gauche
17:21communistes,
17:22insoumis et socialistes,
17:22une par les députés
17:23et républicains.
17:24Quel est l'objectif
17:25de votre motion ?
17:26C'est de pousser le...
17:27Qu'est-ce que vous dites
17:28en fait aux députés
17:28de La République En Marche
17:29parce qu'il faut leur vote
17:30pour que cette motion
17:30soit adoptée ?
17:34Je dis aux députés
17:36En Marche,
17:37d'abord,
17:38dans mon intervention,
17:40que j'ai travaillé
17:40de très bonne heure
17:41ce matin,
17:42dans mon intervention,
17:44que j'ai ici d'ailleurs,
17:47je démonte
17:48ce qui s'est passé,
17:49ce que je viens
17:49de vous expliquer.
17:50Le déroulement,
17:51l'absence de démocratie,
17:52le délit de démocratie.
17:54Et ensuite,
17:55effectivement,
17:55je termine
17:56par un appel
17:58solennel,
17:59solennel
18:00aux députés
18:01d'En Marche.
18:03Et je leur dis
18:04en conclusion,
18:08chers collègues
18:08de la majorité,
18:11je voudrais
18:12m'adresser
18:12plus particulièrement
18:13à celles et ceux
18:15parmi vous
18:16qui vivent
18:17dans l'oubli
18:18de leur métamorphose,
18:21qui vivent
18:22dans l'oubli
18:23de leurs engagements
18:24passés,
18:25qui vivent
18:26dans l'oubli
18:27de ce combat
18:29que nous avons
18:30pu partager
18:31avec eux.
18:32Et je lance
18:33un appel solennel
18:35à ce qu'ils se libèrent
18:36et qu'ils votent
18:37en conscience
18:39et qu'ils votent
18:39nos potions
18:40de censure.
18:42pour terminer,
18:43est-ce qu'aujourd'hui
18:43il y a un gros problème
18:44de démocratie dans le pays
18:45au sens où les législatives
18:47sont complètement
18:47fagocydées par la présidentielle ?
18:48On voit que tout le pays
18:49est contre,
18:50le pays est majoritairement
18:51contre la réforme des retraites.
18:53Emmanuel Macron
18:54est minoritaire dans le pays
18:55et le seul endroit
18:55où il est de majorité,
18:56c'est l'Assemblée nationale.
18:57L'Assemblée nationale
18:57qui est censée représenter
18:58le peuple
18:58ne le représente pas.
18:59Il fait l'inverse
19:00de ce que demande le peuple.
19:01Et que faudrait-il faire
19:02pour remédier à ça ?
19:03Est-ce qu'il y a
19:04un grand danger
19:05avec ce problème ?
19:05Ça fait des décennies
19:08que le Parti communiste français
19:11exprime son opposition
19:12à cette Ve République
19:14qui de plus
19:15a mal évolué
19:16puisque le fait
19:17de mettre des élections
19:18législatives
19:18après les élections présidentielles
19:19s'est encore aggravé
19:20le pouvoir présidentiel
19:22et davantage menacé
19:23la séparation des pouvoirs.
19:24Nous, ce que nous disons,
19:25il faut un changement
19:26de constitution.
19:27Il faut qu'on sorte
19:28de ce système-là.
19:29Il faut qu'on sorte
19:30de ce système-là
19:30parce qu'il est à bout de course.
19:33Et on voit bien
19:33que sa perversité
19:36aujourd'hui
19:37est exploitée
19:38comme jamais.
19:39Et que je dirais
19:40même, même,
19:41et on les a combattus,
19:43les fondateurs
19:44de cette Ve République,
19:45je pense qu'il ouvrait
19:46de grands yeux
19:47si aujourd'hui
19:47ils voyaient
19:48comment cette constitution
19:50est instrumentalisée
19:52et aboutit en fait
19:53à écraser,
19:54à écraser la démocratie
19:55dans notre pays.
19:57Merci beaucoup,
19:58M. André Chasset.
19:59Nous étions en direct
20:00pour le journal
20:00de l'Humanité.
20:01On va faire plusieurs directs
20:02aujourd'hui
20:03et suite à cette journée
20:04où deux motions de censure
20:05vont être examinées
20:06à l'Assemblée nationale
20:06suite au dépôt du 49-3
20:08sur la réforme des retraites
20:09par le Premier ministre
20:09Edouard Philippe.
20:10Merci.
20:11C'est moi qui vous remercie.
20:12Merci.
20:13Merci.