00:00Quand j'ai le moral de lancer un cours, au bout de 10 minutes, je décroche, je pense à autre
00:05chose.
00:05Je ne suis même pas sur mon téléphone, je regarde juste le mur.
00:14C'est assez compliqué et c'est clair de me dire que je vais passer une année comme ça,
00:19voyant les résultats que ça m'a donné au premier semestre.
00:23Comme j'ai dit à mon professeur principal, je pense que je vais redoubler.
00:26On se connecte, on voit un prof devant nous qui a l'air fatigué, mais fatigué de fou.
00:33Nous, on ne se voit pas parce qu'on n'a pas les micros ni les caméras d'enclencher, on
00:36a juste le petit chat à côté.
00:38Et puis, je commence à me demander ce que je vais manger à midi.
00:43Je commence aussi à regarder autour de moi et je vois l'état de mon appartement.
00:47Du coup, je me dis qu'il faudrait peut-être que je fasse le ménage ici et ça parce que
00:49je ne suis pas sortie.
00:51Je ne sors pas du cadre de ma vie personnelle, de ma vie normale.
00:55En première année, au premier semestre, j'allais beaucoup sur Internet.
00:59J'ai regardé des vidéos complémentaires par moi-même après les cours.
01:02Je m'intéressais beaucoup, mais là, comme on est tout le temps devant l'ordinateur, on ne s'intéresse plus
01:07autant.
01:08L'ordinateur, c'est devenu un fléau.
01:11Avant, on était accro aux écrans et là, maintenant, on veut juste sortir.
01:14Ce n'est plus possible.
01:16Il faut aussi dire que, clairement, je suis tellement fatiguée de ne rien faire et de rester tout le temps
01:20assise, etc., que quand je me réveille à 5 heures, je suis en pyjama et je reste en pyjama jusqu
01:25'à 18 heures.
01:26Et les jours où je décroche, je fais pareil, sauf que je ne vais pas en cours.
01:31Voilà.
01:32Je suis enfermée chez moi en enquête avec mes problèmes.
01:34Je ne vois pas le bout.
01:35C'est là où je m'inquiète, c'est là où je dors, c'est là où je vois des
01:38amis.
01:38C'est là où, normalement, chez moi, c'est aussi un endroit que j'essayais de fuir avec les cours
01:44avant.
01:44Quand j'allais en amphi, quand j'allais à l'université, je ne pensais plus à chez moi, au fait
01:48que, oui, je n'avais presque plus rien en frigo.
01:51Je ne pensais plus au fait que j'étais toute seule.
01:54Je ne pensais plus à rien du tout.
01:55On voit que même quand c'est pire, qu'on n'ait pas écouté, au final, il y a de
01:59plus en plus d'étudiants qui commencent à avoir des pathologies alors qu'ils n'en avaient pas du tout.
02:03Les facteurs de stress sont énormes.
02:05Du coup, il y a des gens qui commencent à avoir des dépressions, qui commencent à se découvrir des pathologies
02:09parce qu'il y a eu des facteurs qui ont fait que ça a poussé la pathologie jusqu'à un
02:14extrême où il fallait vraiment la prendre en charge.
02:16Comme moi, cette année, où j'étais tellement seule face à moi-même que j'ai fini par aller voir
02:21un psychiatre, une psychologue, en fait.
02:23Et j'ai eu un diagnostic borderline, en fait.
02:27Donc, vivre avec des pathologies comme ça, en restant enfermé, ça, c'est compliqué parce qu'au final, à la
02:32fin de la journée, on est tout seul avec nous-mêmes.
02:33Et les crises, elles sont encore pires parce qu'on ne peut pas aller voir des amis, on ne peut
02:38pas forcément aller prendre l'air, etc.
02:40Il n'y a rien, en fait, qui nous change un petit peu les idées, etc.
02:44Du coup, les crises sont beaucoup plus violentes.
02:46Clairement, ce n'est pas gérable du tout.
02:48Et derrière, en plus, quand on a les problèmes avec les études, plus les problèmes d'argent, etc.
02:56Bah, je comprends clairement qu'il y en ait qui se jettent de la fenêtre, quoi.
02:59Et le pire, c'est que, d'un côté, le gouvernement regarde ça et fait, bon, on ne peut rien
03:06y faire.
03:06Mais en attendant, toutes les autres écoles, elles sont ouvertes.
03:08Il faudrait peut-être voir pourquoi les étudiants ne vont pas bien aussi.
03:11Ce serait cool.
03:13Voilà.
03:14Merci d'avoir regardé cette vidéo !