00:01Face à la suppression des contrats aidés, les associations se sont mobilisées le 18 octobre partout en France.
00:08A Paris, devant le Panthéon, un enterrement en grande pompe, sous le mot d'ordre « Aux contrats aidés, la
00:15patrie reconnaissante »
00:16était organisé afin d'alerter sur cet immense plan social qui menace plus de 250 000 emplois
00:23et met en péril la survie de structures qui viennent en aide aux plus fragiles
00:27et constituent des outils démocratiques d'éducation ou d'expression populaire.
00:32On est cinq salariés et les cinq salariés de la radio sont en contrat aidé.
00:37Donc la situation, elle est simple, c'est qu'on va tous partir au fur et à mesure.
00:41Donc Julien d'abord, dans deux semaines, puis une autre technicienne de son,
00:46puis notre administrateur en février, puis moi, et puis il en restera un pour les trois derniers mois jusqu'en
00:52juin prochain,
00:53mais après il n'y aura plus de salariés.
00:54Clairement, quand l'administrateur va partir, ça va être compliqué de gérer la boîte,
00:57parce que c'est lui qui fait la com', c'est lui qui va chercher des sous.
01:01À partir de là, je ne vois pas trop comment nous, on peut continuer de tourner.
01:04Je pense que c'est une attaque en ligne à l'ensemble des associations
01:07et plus particulièrement, si on peut dire ça comme ça,
01:10à celles qui représentent des expressions alternatives à l'information.
01:14Tout au long de la vie télé-bocale, qui date quand même de quelques années,
01:18on a eu recours aux emplois aidés et ça nous a permis de nous développer,
01:22donner de l'activité, recevoir plus de gens, avoir plus de...
01:26densifier notre activité et donc ça apporte des conséquences énormes
01:29parce que je ne peux même pas envisager la possibilité de pouvoir encore nous développer.
01:36Donc c'est la mort de l'association et l'association, on peut dire que c'est la troisième voie
01:43démocratique
01:44où les gens peuvent s'exprimer, prendre des cours, avoir un appui logistique,
01:51avoir un appui éducatif, etc.
01:53Et aujourd'hui, la conséquence de ça, c'est que ces gens qui sont les plus démunis,
01:57les plus faibles, n'auront même pas recours à l'association pour les aider.
02:01Donc ça va loin quand même.
02:03Ce calcul, il est mauvais.
02:05Et pour les gens qui vont se retrouver au chômage, et pour les actions qui ne seront pas faites,
02:07et pour les quartiers qu'on va laisser se déliter, alors évidemment,
02:12je pense que dans les quartiers en difficulté, dans les cités, etc.,
02:15ce n'est pas les premiers lieux où on se mobilise, en effet,
02:17mais je pense que si on coupe les vivres d'abord à ceux qu'on en a le plus besoin,
02:22c'est un choix, c'est un choix quelque part, c'est un choix.
02:25Les associations sont vraiment les structures qui sont au plus proche du terrain.
02:30Ce sont elles qui font souvent le boulot,
02:32là où tout ce qui est service public n'est plus là, malheureusement.
02:36Et les associations sont là, notamment les régies de quartier.
02:39Les régies de quartier, elles sont où ? Elles font quoi ?
02:41Elles travaillent avec les personnes qui sont en difficulté.
02:45Donc on est en train de mettre en difficulté
02:49ce qui, justement, permettait de faire et d'aider les personnes qui sont en difficulté.
02:55Donc je trouve ça scandaleux.
02:57Il faut qu'on soit mobilisés, et que vu l'ampleur et le nombre de personnes et d'associations touchées,
03:02il faut que ça se sache.
03:03Aujourd'hui, il y a une prise de conscience un peu tardive,
03:06mais il y a une mobilisation qui se met en place très forte.
03:08Il faut obtenir quelque chose, autre chose que de lâcher deux, trois choses
03:12pour uniquement les Dom-Toms ou uniquement les Restos du Coeur.
03:15Enfin, ce n'est pas possible.
03:16Il faut vraiment une décision et quelque chose qui soit réel
03:19et qui ne soit pas juste au coup par coup.