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  • il y a 20 heures
" Vous êtes resté muet depuis ce jour où le noir s’est abattu sur notre famille " dit Elsa Lefort dans son adresse au Président de la république. "Un français victime d’arbitraire d’État doit être défendu avec la même détermination et la même force partout dans le monde" exige-t-elle, demandant solennellement à E. Macron d'intervenir auprès de B. Netanyahu, le Premier ministre israélien, à l’occasion de sa venue à Paris début décembre, "Afin que mon mari sorte de prison et que nous puissions passer les fêtes de fin d’année en famille ». Réalisation : Abrahim Saravaki

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Transcription
00:01Monsieur le Président,
00:03Cela fait 100 jours aujourd'hui que mon mari, Salah Amoury, a été arrêté à notre domicile de Jérusalem-Est
00:10par l'armée d'occupation et jeté en prison.
00:14Il a été placé en détention administrative après un ordre du ministre de la Défense israélienne, Aligor Lieberman.
00:22Il a fallu plus de deux mois après cette arrestation pour qu'enfin le Quai d'Orsay exprime une position
00:27politique sur cette arrestation.
00:30Et en particulier qu'il souligne le caractère arbitraire de ce système de détention où ni mon mari ni ses
00:36avocats ne connaissent les motifs de son incarcération.
00:40Je rappelle que cette détention administrative est de six mois, renouvelable à l'infini, sans que jamais nous ne connaissions
00:47les motifs de cette détention.
00:49C'est l'arbitraire le plus total.
00:51Il a fallu plus de deux mois pour que le Quai d'Orsay exprime l'espoir, entre guillemets, de la
00:59France d'une libération de mon mari, puis récemment l'espoir d'une libération rapide.
01:07Monsieur le Président, vous êtes resté muet depuis ces jours où le noir s'est abattu sur notre famille.
01:14A l'inverse de la situation de Loubureau, incarcérant en Turquie, sous le motif qu'il aurait été membre d
01:21'une organisation terroriste.
01:24Non seulement vous aviez parlé publiquement, s'agissant de notre compatriote, mais vous aviez également agi.
01:32Et je m'en rejouis d'autant plus qu'il a été libéré après 52 jours de prison.
01:39Mon mari a quasiment purgé le double de cette peine.
01:43Et votre silence est lourd, Monsieur le Président.
01:46La question est légitime.
01:48Est-ce normale cette différence de traitement ?
01:52Est-ce qu'un franco-palestinien aurait moins de droits aux yeux de notre pays,
01:57parce que bien que victime d'un arbitraire total, il serait certes français, mais avant tout palestinien ?
02:04Dois-je expliquer à mon fils que son père est né du mauvais côté de la barrière pour obtenir le
02:09respect de son pays ?
02:12Je ne suis pas la seule à m'indigner de votre silence, Monsieur le Président.
02:16De nombreux citoyens, élus, associations, syndicats se sont déjà adressés à vous pour obtenir la libération de mon mari.
02:24Cette absence de réaction politique aboutit à ce que des individus et des organes de presse extrémistes
02:31salissent mon mari et ma famille en développant toute une campagne mensongère et haineuse extrêmement violente contre nous.
02:38Je ne peux accepter un instant qu'on nous salisse de la sorte, et pire encore, qu'on nous assimile
02:44à des terroristes, à des antisémites,
02:47jetant ainsi un terrible danger sur nous, avec des amalgames indignes jetés vers la population française,
02:54toujours sous le coup d'attentats terribles qui ont dédié notre pays.
02:58Nous n'avons strictement rien à voir avec cela.
03:03Monsieur le Président, un Français est un Français.
03:08Donc, un Français victime d'un arbitraire d'État doit être défendu avec la même détermination et la même force
03:15partout dans le monde,
03:15que ce soit en Turquie ou en Israël.
03:18C'est la politique qui a mis mon mari en prison, c'est donc la politique qui l'en sortira.
03:23Et la politique, en France, s'agissant du pays qui est en cause, Israël, ça ne peut être que vous.
03:31Début décembre, vous recevrez le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou.
03:37Je vous demande solennellement d'évoquer ces questions de principe,
03:42qui sont ne seulement reconnues mais exigées par le droit international,
03:46avec le Premier ministre israélien,
03:48afin que mon mari sorte de prison et que nous puissions passer les fêtes de fin d'année ensemble.
03:53Ma demande n'est pas excessive.
03:55Mon mari n'aurait pas dû effectuer un seul jour en prison.
03:59Nous en sommes à 100 aujourd'hui.
04:02Ma demande ne relève pas du passe-droit.
04:05Je souhaite un traitement égal pour tous les Français injustement détenus à l'étranger.
04:11Ma demande, enfin, est en conformité avec l'idée que je me fais de la France,
04:16qui doit, toujours et toujours, porter et défense la liberté partout dans le monde.
04:23Or la voix de la France, c'est vous, Monsieur le Président.
04:27Et dans le cas présent, elle manque cruellement.
04:31Sous-titrage Société Radio-Canada

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