00:01Monsieur le Président,
00:03Cela fait 100 jours aujourd'hui que mon mari, Salah Amoury, a été arrêté à notre domicile de Jérusalem-Est
00:10par l'armée d'occupation et jeté en prison.
00:14Il a été placé en détention administrative après un ordre du ministre de la Défense israélienne, Aligor Lieberman.
00:22Il a fallu plus de deux mois après cette arrestation pour qu'enfin le Quai d'Orsay exprime une position
00:27politique sur cette arrestation.
00:30Et en particulier qu'il souligne le caractère arbitraire de ce système de détention où ni mon mari ni ses
00:36avocats ne connaissent les motifs de son incarcération.
00:40Je rappelle que cette détention administrative est de six mois, renouvelable à l'infini, sans que jamais nous ne connaissions
00:47les motifs de cette détention.
00:49C'est l'arbitraire le plus total.
00:51Il a fallu plus de deux mois pour que le Quai d'Orsay exprime l'espoir, entre guillemets, de la
00:59France d'une libération de mon mari, puis récemment l'espoir d'une libération rapide.
01:07Monsieur le Président, vous êtes resté muet depuis ces jours où le noir s'est abattu sur notre famille.
01:14A l'inverse de la situation de Loubureau, incarcérant en Turquie, sous le motif qu'il aurait été membre d
01:21'une organisation terroriste.
01:24Non seulement vous aviez parlé publiquement, s'agissant de notre compatriote, mais vous aviez également agi.
01:32Et je m'en rejouis d'autant plus qu'il a été libéré après 52 jours de prison.
01:39Mon mari a quasiment purgé le double de cette peine.
01:43Et votre silence est lourd, Monsieur le Président.
01:46La question est légitime.
01:48Est-ce normale cette différence de traitement ?
01:52Est-ce qu'un franco-palestinien aurait moins de droits aux yeux de notre pays,
01:57parce que bien que victime d'un arbitraire total, il serait certes français, mais avant tout palestinien ?
02:04Dois-je expliquer à mon fils que son père est né du mauvais côté de la barrière pour obtenir le
02:09respect de son pays ?
02:12Je ne suis pas la seule à m'indigner de votre silence, Monsieur le Président.
02:16De nombreux citoyens, élus, associations, syndicats se sont déjà adressés à vous pour obtenir la libération de mon mari.
02:24Cette absence de réaction politique aboutit à ce que des individus et des organes de presse extrémistes
02:31salissent mon mari et ma famille en développant toute une campagne mensongère et haineuse extrêmement violente contre nous.
02:38Je ne peux accepter un instant qu'on nous salisse de la sorte, et pire encore, qu'on nous assimile
02:44à des terroristes, à des antisémites,
02:47jetant ainsi un terrible danger sur nous, avec des amalgames indignes jetés vers la population française,
02:54toujours sous le coup d'attentats terribles qui ont dédié notre pays.
02:58Nous n'avons strictement rien à voir avec cela.
03:03Monsieur le Président, un Français est un Français.
03:08Donc, un Français victime d'un arbitraire d'État doit être défendu avec la même détermination et la même force
03:15partout dans le monde,
03:15que ce soit en Turquie ou en Israël.
03:18C'est la politique qui a mis mon mari en prison, c'est donc la politique qui l'en sortira.
03:23Et la politique, en France, s'agissant du pays qui est en cause, Israël, ça ne peut être que vous.
03:31Début décembre, vous recevrez le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou.
03:37Je vous demande solennellement d'évoquer ces questions de principe,
03:42qui sont ne seulement reconnues mais exigées par le droit international,
03:46avec le Premier ministre israélien,
03:48afin que mon mari sorte de prison et que nous puissions passer les fêtes de fin d'année ensemble.
03:53Ma demande n'est pas excessive.
03:55Mon mari n'aurait pas dû effectuer un seul jour en prison.
03:59Nous en sommes à 100 aujourd'hui.
04:02Ma demande ne relève pas du passe-droit.
04:05Je souhaite un traitement égal pour tous les Français injustement détenus à l'étranger.
04:11Ma demande, enfin, est en conformité avec l'idée que je me fais de la France,
04:16qui doit, toujours et toujours, porter et défense la liberté partout dans le monde.
04:23Or la voix de la France, c'est vous, Monsieur le Président.
04:27Et dans le cas présent, elle manque cruellement.
04:31Sous-titrage Société Radio-Canada