00:00Ça peut arriver à tout le monde. Moi, normalement, ça n'aurait jamais dû m'arriver.
00:06J'habitais dans un 100 mètres carrés à Paris, dans le 5e arrondissement.
00:11Et suite à un accident de la vie et à un licenciement, je n'ai pu payer mes loyers.
00:22Je n'aurais jamais cru qu'un jour, je devrais faire appel à la fondation de l'abbé Pierre,
00:30je n'ai jamais bénéficié d'aucune aide, je ne savais même pas comment faire.
00:37J'ai vraiment eu un soutien à tous les niveaux, psychologique, juridique, vraiment.
00:43Je pense que je ne serais pas là aujourd'hui si je n'avais pas eu cette rencontre.
00:51Il faut que le parc social joue davantage son rôle, d'accueillir davantage de ménages qui sont menacés d'expulsion.
00:59Si on n'agit pas sur les facteurs structurels de l'expulsion locative, qui sont la hausse des loyers,
01:04donc c'est en refusant de les encadrer, comme c'est prévu là dans le projet de loi Elan,
01:08en désolvabilisant les ménages avec cette baisse de 5 euros des APL,
01:11avec la désindexation par rapport à l'inflation des APL, etc.
01:15Forcément, il y a des personnes qui ne peuvent plus payer leurs loyers.
01:23Quand on s'adresse aux citoyens, on leur dit, prenez conscience de la difficulté pour ces personnes qui sont concernées,
01:28mais n'oubliez pas que ça peut aussi vous arriver à vous, à vos enfants, à vos amis,
01:31que personne n'est à l'abri d'un accident de la vie.
01:33On peut perdre son mari, sa femme, tomber malade, tomber en dépression.
01:37Et donc dans ces cas-là, on aurait bien envie d'avoir des filets de sécurité.
01:40Pas toute la vie, ce n'est pas pour être accompagné en permanence,
01:42mais pendant six mois, un an, que quelqu'un vous aide, vous tende la main, vous dise
01:45« Écoutez, ce n'est pas parce que tu as eu un problème à un moment que tu vas finir
01:48à la rue. »
01:48On est la cinquième puissance économique du monde.
01:50Si on ne peut pas faire ça, franchement, on est en dessous de tout.