00:01Le projet d'Anglais dans ce livre, L'armoire est pleine, le scandale des rapports enterrés de la République,
00:07le dernier chapitre est consacré aux musées, qui sont un lieu où l'on ne met pas simplement de vieilles
00:13choses,
00:13mais on met aussi des gens qui ont servi l'État et qui se recassent très très facilement à la
00:21tête des musées nationaux, notamment.
00:25Il y a eu des rapports là-dessus et on n'en entend jamais parler.
00:29C'est vrai qu'on n'en parle pas beaucoup, la gestion de tout le parc de musées, qui s
00:36'étend au-delà des musées proprement dit,
00:38parce que ça peut être le château de Versailles, qui sont des musées en eux-mêmes,
00:42et qui sont en fait un fromage national important, où on retrouve très souvent dans les conseils d'administration,
00:50ou à des postes assez lucratifs, des parents de ministres, alors que ce soit des enfants, des époux, des épouses,
01:05où on voit bien que là, il y a un monde de l'entre-soi qui est visiblement juteux,
01:13et quand on regarde les choses de près, on s'aperçoit que c'est un monde où on entretient des
01:19relations,
01:19des réseaux d'influence, et où aussi on peut s'enrichir,
01:23et parfois même profiter du mobilier national, du patrimoine,
01:28qui régulièrement constate la disparition de toutes sortes d'objets précieux.
01:34Voilà, qui se retrouvent dans des demeures plus ou moins privées ou publiques.
01:38Oui, ou franchement privées, parfois on en a même retrouvé dans des coffres de voitures de préfets,
01:43parce que ça peut aller jusqu'au préfet, qui a envie d'avoir tout à coup un vase napoléonien définitivement
01:50chez lui, par exemple.
01:52Et donc la Cour des Comptes revient aussi régulièrement sur le sujet,
01:56et déplore donc la disparition d'objets du patrimoine national,
02:01qui ne font l'objet d'un vrai traçage maintenant que depuis quelques années.
02:04Donc là aussi, on voit quand même que ce fleuve continuel de rapports finit par avoir quelques effets.
02:14Et alors, en termes de plus général, et qui touche à la limite,
02:18bon, ça c'est quelques privilèges, c'est de l'argent ôté, bien sûr, aux citoyens et aux biens publics,
02:26mais ce qui est plus grave, c'est justement ce fait que le budget de la culture est contraint,
02:31que par contre, les musées arrivent à garder leur précaré et leur subvention,
02:37parce que même des musées rentables, vous parliez notamment, vous donnez l'exemple,
02:40on ne va pas développer ici, mais du musée Rodin, qui était rentable et qui l'a été plus que
02:47rentable,
02:47il est devenu juteux grâce justement des subventions de l'État dont il n'avait pas besoin.
02:53Mais par contre, tout ce qui est culture au sens de l'éducation populaire,
02:58au sens du financement des associations, est vraiment laissé à l'abandon et puis complètement dépouillé.
03:06Donc oui, on a cette situation, on a une mode des musées.
03:10C'est vrai qu'en termes de fréquentation, par exemple le musée Rodin, c'est un des plus visités au
03:14monde,
03:16où donc il y a un attrait touristique aussi important,
03:19beaucoup c'est des touristes étrangers, etc.
03:21Ça fait tourner beaucoup d'argent.
03:23Maintenant, en termes de traduction sociale et culturelle vraiment pour la population,
03:31là on s'aperçoit qu'on est de plus en plus là aussi dans le règne de la consommation.
03:37Et donc, par exemple, il faut avoir visité le musée Picasso, le musée de Rodin,
03:41quel que soit ce qu'on en ait retiré intellectuellement, moralement, etc.
03:47Et donc on n'a pas un travail en profondeur.
03:49Les moyens donnés à la culture sont de plus en plus du côté des temples de la consommation.
03:56Je ne dis pas que ce n'est pas intéressant, il y a quand même des choses,
03:59mais on s'aperçoit quand même que l'argent est concentré,
04:02et que bien évidemment, comme d'habitude, là où il y a beaucoup d'argent,
04:05eh bien on a les afféristes qui sont là.
04:07Surtout aujourd'hui où on gère les musées comme des entreprises privées,
04:12où il s'agit de faire vraiment du chiffre.
04:14Et où on a, comme par exemple au musée Rodin,
04:17pendant très longtemps, pendant des années,
04:19une direction qui laissait voler des objets,
04:22qui refusait d'installer les portiques d'antivol,
04:25alors que la Cour des comptes le demandait.
04:27Vous voyez, on avait là vraiment une espèce de concussion curieuse
04:32entre les gardiens qui regardaient ailleurs
04:35et la direction qui les, littéralement, qui laissait faire.
04:40Et où on a des, je le sais, des dirigeants en particulier de ce musée
04:45à une certaine époque,
04:46qui aujourd'hui contemplent un horizon radieux sur des plages de milliardaires.
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