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  • il y a 3 semaines
Très prisés pour "recaser" les hauts fonctionnaires de la République, les Musée sont le pré carré d'une élite et font l'objet de toutes les attentions, captant une part disproportionnée du budget de la culture au détriment de l'éducation populaire. C'est ce que signale de nombreux rapports, peu relayés et dont les conclusions sont consciencieusement ignorées, mais dont Roger Lenglet et Jean Luc Touly, qui les ont exhumés nous révèlent la teneur dans "L'armoire est pleine, Le scandales des rapports enterrés de la République"

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Transcription
00:01Le projet d'Anglais dans ce livre, L'armoire est pleine, le scandale des rapports enterrés de la République,
00:07le dernier chapitre est consacré aux musées, qui sont un lieu où l'on ne met pas simplement de vieilles
00:13choses,
00:13mais on met aussi des gens qui ont servi l'État et qui se recassent très très facilement à la
00:21tête des musées nationaux, notamment.
00:25Il y a eu des rapports là-dessus et on n'en entend jamais parler.
00:29C'est vrai qu'on n'en parle pas beaucoup, la gestion de tout le parc de musées, qui s
00:36'étend au-delà des musées proprement dit,
00:38parce que ça peut être le château de Versailles, qui sont des musées en eux-mêmes,
00:42et qui sont en fait un fromage national important, où on retrouve très souvent dans les conseils d'administration,
00:50ou à des postes assez lucratifs, des parents de ministres, alors que ce soit des enfants, des époux, des épouses,
01:05où on voit bien que là, il y a un monde de l'entre-soi qui est visiblement juteux,
01:13et quand on regarde les choses de près, on s'aperçoit que c'est un monde où on entretient des
01:19relations,
01:19des réseaux d'influence, et où aussi on peut s'enrichir,
01:23et parfois même profiter du mobilier national, du patrimoine,
01:28qui régulièrement constate la disparition de toutes sortes d'objets précieux.
01:34Voilà, qui se retrouvent dans des demeures plus ou moins privées ou publiques.
01:38Oui, ou franchement privées, parfois on en a même retrouvé dans des coffres de voitures de préfets,
01:43parce que ça peut aller jusqu'au préfet, qui a envie d'avoir tout à coup un vase napoléonien définitivement
01:50chez lui, par exemple.
01:52Et donc la Cour des Comptes revient aussi régulièrement sur le sujet,
01:56et déplore donc la disparition d'objets du patrimoine national,
02:01qui ne font l'objet d'un vrai traçage maintenant que depuis quelques années.
02:04Donc là aussi, on voit quand même que ce fleuve continuel de rapports finit par avoir quelques effets.
02:14Et alors, en termes de plus général, et qui touche à la limite,
02:18bon, ça c'est quelques privilèges, c'est de l'argent ôté, bien sûr, aux citoyens et aux biens publics,
02:26mais ce qui est plus grave, c'est justement ce fait que le budget de la culture est contraint,
02:31que par contre, les musées arrivent à garder leur précaré et leur subvention,
02:37parce que même des musées rentables, vous parliez notamment, vous donnez l'exemple,
02:40on ne va pas développer ici, mais du musée Rodin, qui était rentable et qui l'a été plus que
02:47rentable,
02:47il est devenu juteux grâce justement des subventions de l'État dont il n'avait pas besoin.
02:53Mais par contre, tout ce qui est culture au sens de l'éducation populaire,
02:58au sens du financement des associations, est vraiment laissé à l'abandon et puis complètement dépouillé.
03:06Donc oui, on a cette situation, on a une mode des musées.
03:10C'est vrai qu'en termes de fréquentation, par exemple le musée Rodin, c'est un des plus visités au
03:14monde,
03:16où donc il y a un attrait touristique aussi important,
03:19beaucoup c'est des touristes étrangers, etc.
03:21Ça fait tourner beaucoup d'argent.
03:23Maintenant, en termes de traduction sociale et culturelle vraiment pour la population,
03:31là on s'aperçoit qu'on est de plus en plus là aussi dans le règne de la consommation.
03:37Et donc, par exemple, il faut avoir visité le musée Picasso, le musée de Rodin,
03:41quel que soit ce qu'on en ait retiré intellectuellement, moralement, etc.
03:47Et donc on n'a pas un travail en profondeur.
03:49Les moyens donnés à la culture sont de plus en plus du côté des temples de la consommation.
03:56Je ne dis pas que ce n'est pas intéressant, il y a quand même des choses,
03:59mais on s'aperçoit quand même que l'argent est concentré,
04:02et que bien évidemment, comme d'habitude, là où il y a beaucoup d'argent,
04:05eh bien on a les afféristes qui sont là.
04:07Surtout aujourd'hui où on gère les musées comme des entreprises privées,
04:12où il s'agit de faire vraiment du chiffre.
04:14Et où on a, comme par exemple au musée Rodin,
04:17pendant très longtemps, pendant des années,
04:19une direction qui laissait voler des objets,
04:22qui refusait d'installer les portiques d'antivol,
04:25alors que la Cour des comptes le demandait.
04:27Vous voyez, on avait là vraiment une espèce de concussion curieuse
04:32entre les gardiens qui regardaient ailleurs
04:35et la direction qui les, littéralement, qui laissait faire.
04:40Et où on a des, je le sais, des dirigeants en particulier de ce musée
04:45à une certaine époque,
04:46qui aujourd'hui contemplent un horizon radieux sur des plages de milliardaires.
04:53Sous-titrage Société Radio-Canada

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