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  • il y a 2 jours
Les ouvriers de Semperit manifestaient ce jeudi à Argenteuil pour protester contre la délocalisation de leur usine en Pologne laissant 88 employés sur le carreau. Soutenu par la CGT, FO et des élus communistes, ils dénoncent des licenciements boursiers sur fond de juteuse opération immobilière.

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00:00Un salaire d'un Français, on a 4 points de l'année et on a 8 Chinois.
00:07Les ouvriers de Saint-Périt manifestaient ce jeudi à Argenteuil pour protester contre la délocalisation de leur usine en Pologne.
00:14Une fermeture qui laisserait 88 employés sur le carreau.
00:18Soutenus par la CGT, FO et des élus communistes, ils dénoncent des licenciements boursiers sur fond de juteuses opérations immobilières.
00:26On nous a appris le plan du PSE le 30 juin 2017, donc à une réunion assez extraordinaire.
00:35On est tombé vraiment abasourdi par rapport à la nouvelle. On ne s'attendait pas du tout à ça.
00:42Vu le directeur général autrichien de l'époque, on avait vu deux mois avant cette réunion, c'est-à-dire
00:47à peu près au mois de mai,
00:48qui nous avait dit les yeux dans les yeux qu'on voulait continuer à produire sur le site d'Argenteuil.
00:54Et deux mois après, on nous annonce cette nouvelle.
00:57Ils nous font vraiment un coup de poignard. C'est vraiment ordurier de nous foutre l'annonce de la fermeture
01:05en fin d'année à la veille des vacances.
01:07À la veille des vacances pour pourrir toutes les vacances des mecs.
01:12Et en plus, ils nous donnent le PSE, le plan de suppression d'emploi.
01:16On a deux mois pour donner et mettez les vacances dedans.
01:19Alors bon, on a obtenu quand même que ça soit reporté jusqu'au mois d'octobre, le temps de se
01:27retourner.
01:28Et puis de toute façon, leur PSE, on n'en a rien à foutre.
01:31Nous, le PSE, ce n'est pas le PSE qu'on a besoin. On a besoin des commandes.
01:35Aujourd'hui, cette entreprise est menacée.
01:37Quasiment 90 emplois qui risquent d'aller sur le carreau.
01:41Il faut savoir que sur la même ville à Argenteuil, il y a l'usine Dassault qui veut aussi délocaliser
01:45une partie de son travail et aussi laisser d'autres salariés sur le carreau.
01:51Cette désindustrialisation sur notre ville et sur notre département, c'est une véritable catastrophe.
01:56Et puis c'est des vies derrière, des vies de salariés qui se retrouvent à la rue avec leur famille
02:00à faire vivre, à vivre avec eux.
02:03C'est très difficile. Ça remet en cause beaucoup de choses.
02:06Les projets à court terme comme à long terme, on essaie de ne pas trop se faire mal à la
02:11tête.
02:12On attend les vacances avec impatience pour pouvoir essayer de souffler parce que là, ça devient très très difficile.
02:18On s'inquiète pour l'avenir de nos enfants.
02:20On a une fille de 16 ans qui va rentrer dans un internat d'excellence avec l'espoir qu'elle
02:27puisse réussir à le faire du droit.
02:30On se sacrifie déjà et là, ça remet en cause ça peut-être parce que ça coûte cher.
02:35On vient soutenir les salariés de Sampérit qui sont en lutte et qui refusent qu'on ferme leur entreprise.
02:41Tout ça pour enrichir encore davantage les actionnaires puisque l'idée, c'est de délocaliser l'entreprise en Pologne alors
02:49qu'elle fait des bénéfices.
02:50Et que voilà, il y a du boulot, les carnets de commandes sont pleins et pour tout ça, pour du
02:56moins dix ans social pour les salariés, encore une fois.
02:58On a senti que ça va fermer. C'est quand ils ont acheté l'usine en Chine.
03:04Alors là, on dit ça, c'est pas bon. Ça, c'est pas bon parce que Pologne plus Chine, Pologne,
03:11les grosses bandes, la Chine, les bas de gamme.
03:14Malgré quand ils achètent en Chine, ils disent non, non, c'est pour le marché chinois.
03:17Ils produisent beaucoup de charbon en Chine. Mon oeil, oui.
03:20Les bandes, elles arrivent par conteneur à Dunkerque. Elles sont vendues à la marque Sampérit.
03:24Là, on a senti le Roussie. L'autre cas qu'on a senti le Roussie, c'est quand on avait
03:29le commerce qui était au-dessus, là, juste au-dessus, là.
03:31Les commerciaux étaient là. Et le commerce, ils prenaient pas le commerce que les bandes transporteuses.
03:36C'est le commerce de toutes les divisions de Sampérit mondes.
03:42C'est-à-dire, leader mondial des gants d'examen et de chirurgie en Thaïlande et dans le sud-est
03:49asiatique.
03:50Leader mondial. Mais il fait aussi toutes les bases caoutchouc.
03:55C'est-à-dire, les tuyaux, ça va du tuyau d'arrosage au tuyau offshore, les gros tuyaux pétrole, etc.
04:02Donc, tout ce commerce était là.
04:03Voilà. Alors, par contre, ils ont compris tout de suite que c'était une faiblesse.
04:10Parce que nous, dès qu'on faisait grève, on allait bloquer aussi en même temps le commerce.
04:14Et ça, c'était leur talon d'Achille.
04:16Alors, quand on a senti le Roussie, c'est quand ils ont décidé d'enlever le commerce d'ici et
04:21d'aller l'installer à l'Euvalois.
04:22En plus, cette entreprise, elle veut délocaliser.
04:25Elle délocalise déjà son travail alors qu'elle touche le CICE.
04:28Elle touche de l'argent public. C'est purement scandaleux.
04:30Il faut se battre contre ça.
04:32Il faut vraiment être ferme avec ces entreprises et qu'elles se comportent un voyou vis-à-vis de leurs
04:36salariés, vis-à-vis de la France, on peut dire.
04:39Je pense que la direction ne s'attendait pas à notre mobilisation.
04:43Je pense qu'elle nous avait vraiment sous-estimé au niveau de ça, des réseaux sociaux, des journalistes, des supports
04:53syndicaux,
04:54des soutiens même amis que chacun a dans la ville ou d'autre part dans les autres villes.
04:59Parce qu'il faut savoir qu'il y a des autres villes qui viennent, des soutiens viennent de toutes parts,
05:03que ce soit dans le 95, 93, 92, tout le monde vient.
05:06Tout le monde regarde ça et pense que c'est un licenciement boursier.
05:11C'est vraiment aussi une ville, Argenteuil et Besoin pas loin, qui vont être vidées de leurs travailleurs et de
05:20boulot surtout, d'emploi dans la commune.
05:23Tout ça pour, je pense aussi, faire marcher l'immobilier avec le Grand Paris.
05:28C'est vrai que ce sont des terrains qui vont rapporter beaucoup d'argent et que le risque, c'est
05:33ça, c'est qu'on en fasse vraiment des communes proches de Paris
05:37et que ça fasse monter le prix de l'immobilier, etc. et qu'il n'y ait plus les travailleurs
05:40sur les sites.
05:41On ne lâchera rien. On ne lâchera rien. On fera tout ce qui est possible pour contrer cette décision et
05:49aller jusqu'au bout.
05:50On rejette le PSE et on veut le maintien de nos emplois sur le site d'Argenteuil.

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