00:02A l'occasion de la journée internationale pour les droits des filles,
00:05une série de clips réalisés par des collégiens était présentée ce mardi 11 octobre au Magic Cinema à Bobigny
00:12dans le cadre du premier festival de films « Jeunes contre le sexisme ».
00:16Un événement initié par l'Observatoire des violences faites aux femmes
00:20dont la présidente Ernestine René souligne l'importance.
00:24C'est le premier festival de films de jeunes contre le sexisme.
00:29Pour nous c'était important de valoriser les jeunes de la Seine-Saint-Denis
00:32parce que souvent on les stigmatise alors que si on leur en donne les moyens,
00:36ils sont capables de faire des choses magnifiques.
00:38Bien qu'appartenant à la même espèce, les mâles et les femelles forment deux groupes bien distants.
00:47Pour une raison inconnue, les mâles de cette espèce affirment une supériorité
00:52en lançant un cri bien particulier.
00:59De leur côté, les femelles doivent respecter des codes précis
01:03sous peine d'être exclues du groupe.
01:13« If you were rich, you would buy a nice car.
01:16If she was rich, she would buy a big house. »
01:20« Qui a fait ça ? »
01:22« Bon les garçons, vous me donnez vos carnets. »
01:25Au cours de leurs divers rituels et presque systématiquement,
01:30l'adulte humain considère le jeune mâle comme l'élément perturbateur.
01:35Ce qui est intéressant à voir, notamment ces clips,
01:38c'est que ce n'est pas des clips créés par les filles contre les garçons par exemple.
01:42C'est un voie qui travaille ensemble.
01:45Absolument, la volonté que nous avons, c'est que les garçons et les filles,
01:47bien sûr, travaillent sur cette thématique.
01:50Les filles sont évidemment très concernées,
01:52mais le travail qui se fait, c'est justement de montrer aux garçons
01:55qu'ils sont également concernés par ce sujet,
01:58parce que vous êtes obligés d'être le garçon fort qui ne pleure pas, etc.
02:01Ce n'est pas rigolo tous les jours.
02:03En réalité, ce qu'on montre avec ce dispositif,
02:06c'est que lorsqu'on donne les moyens aux jeunes de réfléchir
02:09avec des personnes qui les accompagnent compétentes,
02:13et bien ils arrivent à créer des choses formidables
02:16et aussi à comprendre mieux les choses et du coup à changer.
02:20Et ça, c'est un peu notre volonté,
02:22c'est d'aider à ce que les choses changent et bougent
02:25en Seine-Saint-Denis et en France et dans le monde, on pourrait dire.
02:29Pour Émilie Desjardins, la réalisatrice qui a accompagné au long cours
02:32les jeunes auteurs de ses courts-métrages,
02:34le cinéma, par son côté ludique, est un moyen efficace
02:38de les amener à réfléchir sur des problématiques qu'ils vivent au quotidien.
02:42En fait, en général, ils viennent pour les mauvaises raisons,
02:44ils viennent pour faire du cinéma.
02:45Et en fait, comme c'est la contrainte,
02:48c'est de faire une comédie sur les inégalités entre filles et garçons.
02:51Ils sont bien obligés de jouer le jeu.
02:53Et en fait, finalement, c'est des questions qui leur tiennent à cœur.
02:56Ils ont beaucoup de choses à dire.
02:58Et puis, dès qu'on arrive à dépasser le blocage
03:01qui est lié en général au fait qu'ils ont l'impression d'être totalement impuissants,
03:04c'est-à-dire qu'on ne peut rien faire, on ne peut rien changer,
03:06on n'a pas de pouvoir.
03:07C'est comme ça depuis la nuit des temps,
03:08ce qu'on entend toujours au départ.
03:11Et bien, essayer de leur faire prendre conscience que non,
03:12puisque ça se joue dans nos têtes,
03:14il y a tout à défaire et à reconstruire pour imaginer.
03:17Et ça, en fait, c'est très galvanisant.
03:18Ça leur donne une super énergie.
03:20Et ils se prennent très vite au jeu.
03:22Puis bon, ils sont jeunes, intellectuellement, ils sont là
03:24et ils ont plein de talents.
03:26Donc, ça se passe bien.
03:28Stéphane Troussel, le président du conseil départemental
03:31qui porte ce programme,
03:32insiste sur le rôle précurseur de la Seine-Saint-Denis
03:35en matière de lutte contre le sexisme.
03:37Je ne dis pas que tout est gagné.
03:38Et que, bien sûr, quand je vais parfois dans une cour de collège,
03:41quand je vais dans une salle de classe,
03:45on entend des propos.
03:46Mais notre action, à nous, adultes,
03:49c'est justement de lutter contre les stéréotypes,
03:52les stéréotypes de genre,
03:53de lutter contre la détermination sexuée,
03:57par exemple, des formations, des métiers.
03:59Et ça commence dès le plus jeune âge.
04:01Cette action, par exemple, qu'on mène dans une crèche
04:03depuis longtemps, la crèche Bourdarias à Saint-Ouen,
04:06avec une formation des professionnels de la petite enfance,
04:09une sensibilisation, le choix des jeux,
04:11le choix des livres,
04:14eh bien, c'est autant d'actions
04:15qui doivent se mener dès le plus jeune âge
04:17pour que, finalement,
04:18quelques-uns des travers de nos sociétés d'aujourd'hui,
04:21eh bien, ceux qui auront la responsabilité
04:23en étant adultes de faire société ensemble,
04:27eh bien, peut-être soient un peu moins inégalitaires que nous.
04:30Un engagement que, par sa présence,
04:32la ministre des Droits des Femmes et de l'Enfance
04:35avait tenu à saluer.
04:36Et puis, j'aime bien la façon dont ils observent
04:39et dont ils anglent la question du sexisme
04:41et cette façon d'inclure les garçons
04:43dans la lutte contre le sexisme
04:45est aussi un beau message.
04:47C'est ce que vous allez faire à l'Assemblée nationale, là ?
04:49Voilà, qui, comme chacun sait,
04:50est un lieu d'égalité femmes-hommes
04:51où le sexisme ne s'exprime jamais.
04:53Merci. Au revoir.
04:55Sous-titrage Société Radio-Canada